
Distance
(à vol d’oiseau) Gonaïves – Cap Haïtien≈ 60 km
Distance
(à vol d’oiseau) Gonaïves – Port-au-Prince ≈ 106 Km
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4341
Le Front de résistance
au contrôle des Gonaïves
Posté le 5 février 2004
Au
moins, cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors
d’une opération menée par le Front de résistance anti-Aristide pour prendre
le contrôle du commissariat de la Cité de l’indépendance.
Le
groupe de civils armés, qui a pris le contrôle de la ville des Gonaïves
(photo Archives), jeudi 5 février, s’est dressé contre le président Jean
Bertrand Aristide depuis l’assassinat, le 22 septembre 2003, de l’ancien
chef de l’armée Cannibale (groupement alors progouvernemental) Amiot Métayer.
Les
rebelles ont attaqué le commissariat Toussaint Louverture à la mi-journée et
mis en déroute les policiers après plus de deux heures de résistance.
Pendant
l’opération, les membres de l’armée Cannibale ont incendié un pan du bâtiment
logeant le commissariat et la résidence du premier maire de la ville Stephen
Topa Moïse. Les assaillants ont également mis le feu dans une station-service,
propriété du premier citoyen.
L’attaque
contre le commissariat local a été perpétré après qu’une marche
anti-gouvernementale, organisée par des étudiants jeudi matin, a été perturbée
à coups de feu, par des proches du pouvoir, dans les parages du Parc Vincent.
Après
l’attaque du commissariat, des membres de la population ont commencé à fuir
la ville, dans la perspective d’une éventuelle contre-attaque des unités
administratives, alors que des centaines d’autres sont descendus dans la rue
pour réclamer le départ du président Jean Bertrand Aristide.
Winter
Etienne, porte-parole de l’armée Cannibale, a réaffirmé jeudi que les armes
de sa troupe avaient été fournies par le président Aristide, le 17 décembre
2001, après l’annonce d’une attaque contre le Palais national. Il a ensuite
indiqué avoir fait le bon choix en libérant les prisonniers incarcérés à la
prison centrale des Gonaïves. Hui jours auparavant, Winter Etienne avait confié
à HPN qu’il souhaitait prendre le contrôle d’autres régions après les
Gonaïves.
Les
leaders du front s’étaient auto-proclamés, la semaine dernière, les
principaux garants de la sécurité des Gonaïviens.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4339
Bulletin urgent #2
Posté le 5 février 2004
Manifestations
de joie aux Gonaïves après la prise de contrôle du Commissariat. Bilan cinq
morts et une vingtaine de blessés. (photo Archives)
Des
manifestations de joie ont été enregistrées jeudi après-midi aux Gonaïves
après la prise de contrôle du commissariat de la ville par des membres du
Front de résisitance révolutionnaire de l’Artibonite (ex armée cannibale),
un groupe armé qui est passé dans l’opposition antigouvernementale après
avoir soutenu le président Jean Bertrand Aristide, ont confirmé des
correspondants de radios locales.
Selon
un journaliste sur place, plusieurs dizaines de milliers de personnes
manifestaient joyeusement dans les rues de la ville quelques minutes après
l’annonce de la prise du commissariat Toussaint Louverture qui a été par la
suite incendié ainsi que le bâtiment abritant le bureau de la délégation de
l’Exécutif.
Au
moins cinq personnes ont été tuées par balles et une vingtaine d’autres
blessées lors de cette opération, selon un premier bilan présenté par le
responsable du Front de résistance révolutionnaire, Butteur Métayer, qui
s’est auto-proclamé, directeur départemental de la police national.
Un
autre dirigeant du front, Winter Etienne, nouveau maire de la ville, a de son côté
annoncé que les membres du groupe ne remettraient les armes que lorsqu’un
nouveau Président sera nommé par la plate-forme de l’opposition. M. Métayer
a d’autre part indiqué qu’il se préparait à libérer d’autres villes de
l’Artibobnite. Il a invité les commerçants à reprendre leurs activités et
demandé cependant aux établissements scolaires de fermer leurs portes.
Aucune
réaction n’a été enregistrée jusqu’à présent du côté du
gouvernement.
http://lcn.canoe.com/lcn/infos/lemonde/archives/2004/02/20040205-095713.html
Mise à jour:
05/02/2004 09h57
Jean-Bertrand
Aristide tient bon
![]()
Les violences se poursuivent en Haïti
La violence ne connaît pas de répit en Haïti.
À
Port-au-Prince, des partisans du gouvernement Aristide ont lancé des pierres et
des bouteilles à des étudiants qui ont répliqué de la même façon.
Prise
entre deux feux, la police a lancé des bombes lacrymogènes pour tenter de
disperser la foule. Les autorités haitiennes ne font état d'aucun blessé
grave, mais au moins cinq étudiants ont été arrêtés.
Un
peu avant l'échauffourée, une centaine d'étudiants s'étaient rendus
manifester devant un palais de justice où devait comparaître un des leaders de
leur mouvement.
Au
moins 51 personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations en
septembre.
Les
manifestants réclament la démission du président Jean-Bertrand Aristide, mais
celui-ci compte bien compléter son mandat jusqu'en 2006.
http://www.edicom.ch/news/international/040206211519.fr.shtml
6
février 2004
21:15
Crise en Haïti: onze morts, selon un nouveau bilan
PORT-AU-PRINCE
- La prise du commissariat central des Gonaïves, au nord-ouest d'Haïti, a fait
onze morts et une vingtaine de blessés. Le Front de résistance qui a pris le
contrôle de cette ville de 200 000 habitants réclame la démission de
Jean-Bertrand Aristide.
Parmi
ces onze morts, figurent cinq policiers anti-émeutes, deux membres du Front et
quatre habitants de la ville, mortellement atteints au cours de la fusillade, a
précisé le responsable de la Croix-Rouge des Gonaïves, Raoul Elysée. Une
vingtaine de blessés par balles ont également été dénombrés par la
Croix-Rouge.
Le
bilan avancé par les rebelles était jusqu'à présent de quatre morts et 20
blessés. Selon un journaliste, les cadavres de trois policiers se trouvaient
encore vendredi à l'intérieur des ruines calcinées du commissariat. Le
cadavre d'un autre policier se trouvait à l'extérieur du bâtiment.
L'un
des cinq policiers ayant trouvé la mort pendant l'attaque s'est suicidé à
l'aide d'un poignard pour ne pas tomber vivant entre les mains des membres du
Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite, selon des témoignages
concordants d'habitants.
Le
Front, qui réclame la démission du président Jean-Bertrand Aristide, a pris
le contrôle des Gonaïves depuis jeudi. Le gouvernement a affirmé qu'il
s'agissait d'une action terroriste et annoncé l'envoi de renforts policiers
dans la région pour y rétablir l'ordre.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1187
Escalade
de la violence aux Gonaïves : 4 morts, 20 blessés
6
février 2004
PORT-AU-PRINCE,
5 fév (AFP) - Les violences sporadiques qui secouent depuis septembre la ville
des Gonaïves, dans le nord-ouest d’Haïti, ont pris jeudi une nouvelle
dimension avec l’assaut du commissariat central par des opposants armés au président
Jean Bertrand Aristide, faisant 4 morts et 20 blessés. C’est la première
fois que ce commissariat, cible d’une demi-douzaine d’attaques au cours des
derniers mois, tombe aux mains des assaillants. Gonaïves est la quatrième
ville d’Haïti avec 200.000 habitants. L’assaut du commissariat central,
situé dans le coeur historique de la localité, a débuté en milieu de journée
par une intense fusillade qui a duré deux heures. Retranchés dans le grand bâtiment
d’un étage bordant la rue, entre 50 et 100 membres de la police nationale
d’Haïti (PNH) ont fini par l’évacuer en catastrophe, certains en civil,
selon des témoins. "Quatre riverains sont morts dans la fusillade", a
affirmé aux médias locaux Buteur Métayer, un des chefs du Front de résistance
révolutionnaire de l’Artibonite, le groupe qui a mené l’assaut. Les tirs
auraient aussi fait vingt blessés, mais ce bilan n’a pu être confirmé de
source indépendante. Après s’être emparés du commissariat, les membres du
Front, fortement armés, l’ont incendié avant de se disperser dans la ville,
certains en motos-taxi à la recherche des policiers en fuite. On ignore si les
assaillants se sont appropriés les armes entreposées dans le commissariat. Une
manifestation antigouvernementale a suivi, en soutien à l’action des
rebelles. La prison de la ville qui jouxte le bâtiment de la police a également
été prise par les assaillants et la centaine de détenus qui s’y trouvaient
ont été libérés. La maison du maire des Gonaïves, Joachim Moïse, a aussi
été incendiée. "Gonaïves est libérée, les magasins peuvent ouvrir
mais les écoles doivent rester fermées", a déclaré Winter Etienne, un
autre responsable du Front. Il a précisé que son groupe "remettra ses
armes au nouveau gouvernement après le départ de Jean Bertrand Aristide du
pouvoir". Le gouvernement n’a pas réagi dans l’immédiat à
l’attaque du Front. Les violences aux Gonaïves ont débuté le 23 septembre,
au lendemain de la découverte du corps mutilé et criblé de balles d’Amiot Métayer,
chef d’une bande locale appelée Armée cannibale. Avant cette date, ce groupe
soutenait le pouvoir mais la mort de Métayer a fait passer ses membres dans
l’opposition armée à Jean Bertrand Aristide. Le frère d’Amiot, Buteur Métayer,
désormais à la tête du groupe rebaptisé Front de résistance révolutionnaire
de l’Artibonite, accuse le pouvoir d’être à l’origine de l’assassinat.
Récemment, Buteur Métayer s’est auto-proclamé "directeur départemental
de la police". Winter Etienne s’est désigné "maire de la
ville", et un troisième responsable du Front connu sous le nom de Ti Will,
a pris le titre de "commissaire de police des Gonaïves". Buteur Métayer
a aussi annoncé qu’il allait nommer prochainement un nouveau délégué départemental
(équivalent d’un préfet) pour la ville. Le gouvernement de Jean Bertrand
Aristide a démenti être impliqué dans l’assassinat d’Amiot Métayer,
mettant en cause "le bras armé de l’opposition". Le 1er janvier, le
président Aristide s’était rendu aux Gonaïves pour le bicentenaire de
l’indépendance proclamée en 1804 sur la place d’armes de la ville, mais il
avait dû écourter son séjour en raison de la tension qui y régnait. Depuis
septembre, les violences n’ont guère cessé : attaques du commissariat,
saccage des bâtiments publics, blocage de la vie économique locale,
manifestations antigouvernementales, et incendie de maisons ou véhicules privés
de partisans du pouvoir. Au total, sans compter les victimes de jeudi, les
violences ont fait depuis quatre mois 49 morts et 99 blessés par balles.
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=622
La
police asperge des étudiants de gaz lacrymogène
Source : HPN, 6 février
2004
Vendredi,
des étudiants, qui se sont retranchés dans les locaux de la faculté des
Sciences humaines et de l’INAGHEI, ont été cernés par des agents de la
police anti-émeute. Les policiers les ont aspergés de gaz lacrymogène et ont
tenté de s’approcher davantage de la faculté des Sciences humaines,
perturbant ainsi une cérémonie funéraire qui se déroulait dans une église
voisine. Les étudiants ont riposté, jetant des pierres contre les agents de la
police. Un des policiers, atteint d’une pierre, a été évacué. Les agents
de l’ordre ont malmené plusieurs contestataires. Auparavant, les étudiants
avaient marché dans les rues de la capitale pour réclamer le départ du chef
de l’Etat.
Les
étudiants ont manifesté vendredi dans la capitale pour réclamer le départ du
chef de l’État. La police a protégé par intermittence les manifestants, qui
scandaient qu’ils n’ont plus peur de mourir et que le président doit
abandonner le pouvoir.
Un
groupe d’élèves du lycée Jean-Jacques Dessalines (avenue Christophe,
Port-au-Prince) ont manifesté vendredi aux côtés des étudiants après
l’intervention, à coups de gaz lacrymogène, de la police anti-émeute.
Les
partisans du parti Lavalas (au pouvoir) organiseront une manifestation, samedi 7
février, à l’occasion du troisième anniversaire de la seconde investiture
du président Jean Bertrand Aristide. Les manifestants, qui se rassembleront
dans la banlieue nord de la capitale, entendent notamment réclamer le respect
du mandat de 5 ans du chef de l’État. La plate-forme de l’opposition a également
prévu d’organiser un « programme spécial » autour du thème « 7 février,
18 ans après ».
Nouvelle
manifestation de la plate-forme, dimanche 8 février, pour réclamer le départ
du chef de l’État. Les organisateurs demandent aux manifestants de ne plus
lancer de propos injurieux à l’endroit des autorités pendant la marche.
Les
responsables de l’Association nationale des médias haïtiens demandent au
chef de l’État de présenter ses excuses pour les propos qu’il a tenus
mardi à l’endroit du journaliste de la radio privée Vision 2000, Alex Régis.
L’ANMH menace de boycotter toutes les activités réalisées au Palais
national jusqu’à nouvel ordre.
Une
militante de défense des droits humains (IMED), Kéthelie Télémaque, a été
« arrêtée » en compagnie de quatre autres personnes par des hommes encagoulés,
à Delmas 19 (nord de la capitale). Mme Télémaque a été arrêtée sous
l’accusation de « complot contre la sûreté intérieure de l’État »,
selon son avocat. Les prévenus sont actuellement gardés au Service
d’investigation et d'antigangs
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4367
Gonaïves : 18 ans après
les Duvalier, 3 ans après la seconde investiture d’Aristide
Posté le 7 février 2004
La
situation est, pour le moins, confuse aux Gonaïves. Les correspondants locaux
parlent de six morts dans les rangs de la police dépêchée samedi pour rétablir
l’ordre dans cette ville contrôlée par les partisans de feu Métayer.
Les
balles ont crépité samedi dans la quatrième ville du pays (photo Archives).
La presse locale a fait état de huit personnes abattues, deux civils et six
agents de l’ordre, dans des affrontements qui ont opposé ces derniers aux
civils armés du Front de résistance révolutionnaire des Gonaïves. Des
journalistes internationaux ont confirmé qu'au moins trois policiers étaient
tués.
Un
porte-parole de l’ancienne « armée Cannibale », Winter Etienne, a lui avancé
le chiffre de 14 policiers tués samedi. Des blessés par balles seraient
enregistrés dans les rangs du front, a reconnu Winter Etienne. Au moins cinq véhicules
transportant les policiers auraient été saisis puis incendiés par les insurgés,
toujours selon leur porte-parole. Les autorités n'ont pas fourni de bilan
officiel.
Entre-temps
dans la capitale (155 kilomètres au sud-est), des dizaines de milliers de
partisans, rassemblés pour l’inauguration de trois nouvelles places publiques
à Port-au-Prince, ovationnaient le chef de l’Etat.
Des
rebelles de Raboteau - un quartier populaire des Gonaïves - avaient pris, le 5
février, le contrôle du commissariat central de la métropole du Haut
Artibonite. Des membres de la presse locale auraient identifié des civils armés,
arborant t-shirts et casquettes rouges, ainsi que des brassards noirs, au sein
de l’unité de police dépêchée sur place pour « rétablir l’ordre et
protéger la population civile. »
Des
témoins ont signalé la fuite d’agents de la police vers le Nord du pays. Le
fugitif Jean Tatoune aurait été aperçu à la tête d’une foule de
manifestants à la mi-journée dans un quartier de la cité de l’indépendance.
Au
Trou-du-Nord, le commissariat local a été incendié et les policiers mis en déroute,
dans la nuit du 6 au 7 février. Les assaillants ont malmené des partisans du
président Jean Bertrand Aristide, a rapporté un correspondant local. Aucun
groupe n’a encore revendiqué cette attaque.
La
police aurait été également chassée ou aurait délibérément pris la fuite
dans plusieurs communes du département de l’Artibonite dont Saint-Marc, Anse
Rouge, Ennery, Pont Sondé, L’Estère et Petite Rivière de l’Artibonite.
18
ans après la chute de la dictature et le règne de 29 ans des Duvalier, la
crise politique continue de dégénérer. La situation s’est consirablement
aggravée au cours des cinq derniers mois en Haïti, où les classes politiques
et la société civile sont de plus en plus déchirées.
Deux
événements majeurs ont marqué entre-temps l’échiquier politique haïtien.
L’assassinat, en septembre 2003 aux Gonaïves, du puissant chef
d’organisation populaire de Raboteau, Amiot Métayer, et l’invasion de
l’université d’Etat par les partisans du président Jean Bertrand Aristide,
le 5 décembre dernier.
Cette
crise, témoin d’un profond malaise social, a gagné différents secteurs
vitaux de la société dont le patronat, l’élite intellectuelle et
artistique, les étudiants et même des chômeurs. Le mécontentement a même
touché des membres du parti au pouvoir, parmi lesquels de hauts fonctionnaires
du gouvernement Aristide qui ont remis leur démission. En face, le chef de
l’Etat et ses partisans continuent de s’accrocher au respect du mandat présidentiel,
épicentre du second… mandat d’Aristide.
http://www.courrierinternational.com/afp/resultatDepeche.asp?id=040207191023.2skus3ai
Intervention
de la police haïtienne aux Gonaïves, sept policiers tués
07/02/2004 - 20:10
PORT-AU-PRINCE, 7 fév (AFP) -
La
police haïtienne est intervenue samedi matin aux Gonaïves (nord-ouest), pour
tenter de mater une rébellion lancée jeudi par des opposants au président
Jean Bertrand Aristide, a-t-on appris de source officielle et auprès des
journalistes locaux.
Sept
officiers ont été tués au cours de cette opération qui a eu lieu vers 10h30
locales (15h30 GMT) dans cette ville, la quatrième du pays, située à 170 km
au nord de la capitale Port-au-Prince, a indiqué Radio-Indépendance, une radio
locale privée. Un des rebelles a été blessé, a ajouté la radio.
L'un
des chefs rebelles, Winter Etienne, membre du Front de résistance révolutionnaire
de l'Artibonite, avait indiqué plus tôt que deux officiers de police avaient
été tués lors de l'intervention.
Les
unités de la police sont arrivées sur place à bord d'une dizaine de véhicules
tout-terrain et ont investi le commissariat central occupé par le Front de résistance
depuis jeudi, selon les médias locaux.
La
ville était presque complètement désertée, selon les journalistes.
Le
président haïtien Jean Bertrand Aristide a déclaré devant plusieurs milliers
de partisans rassemblés à Port-au-Prince samedi en début d'après-midi que
"les responsables seraient arrêtés et jugés selon la loi".
L'intervention
de la police a pour but de "protéger la population civile", avait
affirmé plus tôt le secrétaire d'Etat haïtien à la Communication, Mario
Dupuy depuis la capitale, en confirmant l'intervention de la police.
Le
Front de la résistance, qui réclame la démission du président haïtien,
avait pris le contrôle jeudi du principal commissariat des Gonaïves, ainsi que
d'autres postes de police de la région.
La
prise d'assaut du commissariat central avait fait au moins 11 morts et plusieurs
dizaines de blessés.
Les
affrontements aux Gonaïves entre partisans et adversaiares du président
Aristide ont fait depuis le 23 septembre 2003 plus de 60 morts et une centaine
de blessés.
Samedi,
plusieurs correspondants locaux ont fait état de la prise de contrôle vendredi
soir par des hommes armés du commissariat de police de la ville de Trou du Nord
(nord).
Selon
ces correspondants locaux, qui ignorent si cette attaque a également été menée
par les rebelles, tous les policiers ont abandonné leur base. Des victimes
figureraient parmi les partisans du pouvoir dont les maisons ont été saccagées,
ont précisé ces journalistes.
Le
Front affirme avoir été armé par la présidence haïtienne du temps où il la
soutenait. Après l'assassinat le 22 septembre de son chef, Amiot Métayer,
qu'il impute au gouvernement, le groupe avait décidé de passer dans
l'opposition et de se joindre aux demandes de la société civile et de partis
politiques pour réclamer la démission du chef de l'Etat.
M.
Dupuy a démenti formellement que des armes aient été remises par M. Aristide
aux rebelles.
L'ambassade
des Etats-Unis à Port-au-Prince a fermement condamné samedi les attaques et la
destruction de bureaux publics. "Les Etats-Unis rejettent de façon catégorique
toute violence utilisée comme moyen d'atteindre des buts politiques", déclare
l'ambassade dans un communiqué, en exprimant son appui aux efforts déployés
par la Communauté des pays des Caraïbes (Caricom).
La
médiation de la Caricom pour résoudre la crise politique est entrée dans une
phase délicate pour le président haïtien, qui a accepté une libération des
opposants incarcérés, un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et
une liberté de manifester pacifiquement pour l'opposition dans le pays.
De
son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a appelé
vendredi les Haïtiens à régler leurs divergences pacifiquement, en notant que
la prise de contrôle des Gonaïves par des rebelles marquait une "nouvelle
escalade dans la violence qui affecte le pays".
http://archives.lunion.presse.fr/cgi/union_handle?artid=/fmd/20040207.UNA8259.html
Haïti doit faire face à
ses opposants (07/02/04)
Les Gonaïves, quatrième ville d'Haïti, est aux mains depuis jeudi d'un
groupe d'opposants armés au président haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui a décidé
d'y envoyer des renforts policiers pour y rétablir l'ordre.
Hier, les rebelles du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite qui
réclame la démission de M. Aristide, circulaient très armés en
motos-taxi et en voitures dans les rues de la ville, au lendemain de la prise
d'assaut de son commissariat central, selon des médias locaux.
L'attaque a fait 11 morts et une vingtaine de blessés, selon le responsable de
la Croix-Rouge des Gonaïves, Raoul Elysée.
Les rebelles ont aussi vidé jeudi la prison voisine de ses détenus et mis à
sac les bureaux du délégué du gouvernement (équivalent d'un préfet), Billy
Racine. Les Haïtiens du centre-ville ont fui en masse lors de l'attaque.
La ville, située dans le nord-ouest du pays, à 170 km au nord de
Port-au-Prince, compte 200.000 habitants.
« Ce sont des actions terroristes et la police va intervenir pour rétablir
l'ordre et protéger la population », a déclaré hier le secrétaire
d'Etat haïtien à la Communication, Mario Dupuy.
Cette situation d'opposition armée « s'est déjà présentée au Plateau
central (est du pays) et le gouvernement avait réagi en conséquence », a
souligné Mario Dupuy.
En 2002/2003, le gouvernement avait envoyé dans cette région des unités spéciales
de la police après des attaques contre des bâtiments administratifs, des
cantonnements de la police et ses véhicules, qui avaient fait une vingtaine de
morts parmi les membres des forces de l'ordre et des partisans du pouvoir.
Hier, les rebelles ont indiqué attendre de pied ferme tout retour des policiers
aux Gonaïves, secouée depuis le 23 septembre par des violences
sporadiques, qui ont fait au total 53 morts et 119 blessés.
http://www.reuters.com/locales/newsArticle.jsp?type=worldNews&locale=fr_CA&storyID=4307664
Haïti/14
policiers auraient été tués aux Gonaïves
07 Feb 2004 23:49
PORT-AU-PRINCE
(Reuters) - Le groupe d'insurgés haïtiens qui s'est emparé vendredi du port
des Gonaïves a affirmé que 14 policiers avaient été tués en tentant de
reprendre samedi le contrôle de la quatrième ville du pays.
Des
journalistes sur place ont déclaré qu'un convoi de policiers avait tenté de pénétrer
dans la ville, ce qui a déclenché les affrontements.
Les
radios locales ont cité des rebelles parlant de 14 policiers tués dans des
affrontements avec les insurgés du "Front pour le départ
d'Aristide", qui réclame la démission du président Jean-Bertrand
Aristide.
Le
bilan n'a pu être confirmé de sources indépendantes. Il n'y aurait pas de
victimes dans les rangs rebelles.
Mais
les informations restent confuses pour savoir qui contrôle réellement la
ville.
Les
troubles aux Gonaïves marquent un nouveau cap dans la crise politique que
traverse Haïti depuis des mois.
Des
manifestations sont régulièrement organisées par l'opposition pour réclamer
le départ d'Aristide.
Les
adversaires politiques du président l'accusent de corruption et de mauvaise
gestion.
A
Port-au-Prince samedi, le chef de l'Etat a annoncé devant une foule rassemblée
dans le bidonville de Cité-Soleil que la police avait pénétré aux Gonaïves
pour rétablir l'ordre. Il a promis que le gouvernement "désarmerait les
terroristes".
Un
peu plus tard, des milliers de ses partisans ont défilé dans la capitale pour
lui exprimer leur soutien.
Le
porte-parole du gouvernement Mario Dupuy a affirmé de son côté sur les radios
locales que la police contrôlait à nouveau les Gonaïves, ce qu'a démenti un
porte-parole des insurgés, Wynter Etienne.
BARRICADES
Les
rebelles ont attaqué jeudi soir un commissariat du port et selon la
Croix-Rouge, sept personnes au moins y auraient péri dans une fusillade.
Le
groupe d'insurgés, dont le nombre s'élève à plusieurs centaines, a incendié
le lendemain le domicile du maire et libéré de nombreux détenus.
Alors
que la police et les rebelles s'affrontaient samedi dans un secteur de la ville,
des habitants manifestaient par milliers pour réclamer le départ d'Aristide
dans une autre partie du port, ont témoigné des journalistes.
A
midi toutefois, selon les radios, les rues de la ville étaient calmes. Des
civils exultaient alors que des policiers fuyaient la ville à pied.
Des
membres du front d'opposition ont dressé des barricades sur une route à l'extérieur
de la ville à l'aide de voitures renversées, de troncs d'arbre et de pierres,
ont déclaré des témoins.
Le
"Front pour le départ d'Aristide", d'abord connu sous le nom d'Armée
cannibale, a longtemps été une milice rangée aux côtés d'Aristide. Mais le
meurtre, en septembre, du chef de la milice, que ses proches imputent à
Aristide, a déclenché un revirement du groupe armé. Plusieurs dizaines de
personnes ont péri dans des affrontements entre les miliciens et la police ces
derniers mois.
Les
Gonaïves, dont la population est estimée à 200.000 habitants, est connue
aussi comme la ville de l'indépendance, puisqu'il y fut proclamé l'indépendance
d'Haïti d'avec la France en 1804.
Aristide
a été le premier président démocratiquement élu d'Haïti en 1991 avant d'être
renversé par un coup d'État militaire. Il est revenu au pouvoir grâce à
l'intervention des États-Unis en 1994 puis a été réélu en 2000.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4359
Le commissariat central
du Trou-du-Nord tombe aux mains des rebelles
Posté le 7 février 2004
Des
hommes armés se sont emparés vendredi soir du commissariat du Trou-du-Nord.
Les policiers ont pris la fuite et des partisans du pouvoir sont traqués.
La
situation était restée inchangée samedi dans la ville des Gonaïves
(nord-ouest de Port-au-Prince) où le principal commissariat de la ville est
toujours aux mains des rebelles du Front de résistance révolutionnaire
anti-gouvernemental.
Entre
temps, des hommes armés ont pris le contrôle du commissariat de la commune de
Trou du Nord (Nord-Est), a-t-annoncé dans la presse.
Selon
des correspondants locaux, cette incursion a été conduite vendredi soir par
des hommes lourdement armés. Tous les policiers en faction ont abandonné leur
base. On ignore si cette attaque a été menée par les membres du Front de résistance.
On
déplore cependant des victimes parmi des partisans du pouvoir dont les maisons
ont été saccagées, selon des journalistes locaux.
Les
affrontements dans le département de l’Artibonite ont déjà fait 11 tués et
une vingtaine de blesses, selon un bilan partiel présenté par la Croix-rouge
locale. Raoul Elisée, président de la Croix Rouge, a prévenu que le bilan
pourrait être plus lourd en raison de l’ampleur et de la durée de
l’attaque perpétrée par les rebelles du front.
Un
fonctionnaire de la secrétairerie d’Etat à la Sécurité publique, Dany
Fabien, a accusé la bourgeoisie haïtienne de se dresser contre le peuple.
Cette action menée dans l’Artibonite est soutenue par des éléments de la
bourgeoisie haïtienne, a laissé entendre M. Fabien. Il a d’autre part a
annoncé une action d’envergure des autorités pour ramener l’ordre aux Gonaïves
et dans le pays.
Vendredi
déjà le secrétaire d’Etat à la Communication Mario Dupuy avait annoncé «
une intervention de la police pour neutraliser les terroristes. » Cependant
plus de 24 heures après l’attaque des membres du Front de résistance révoltionnaire
aucune présence policière n’a été constatée aux Gonaïves.
L’ambassade
des Etats-Unis à Port-au- Prince a fermement condamné samedi les attaques et
la destruction de bureaux publics. « Les Etats-Unis rejette de façon catégorique
toute violence utilisée comme moyen pour atteindre des buts politiques »,
lit-on dans un communiqué. L’ambassade a d’autre part exprimé son appui
aux efforts déployés par la Caricom pour assurer que le gouvernement respecte
les normes et libertés démocratiques et favoriser un accord sur les réformes
en matière de sécurité.
http://mesnouvelles.branchez-vous.com/Monde/040207/M020728U.html
Scènes
d'horreur en Haïti: 14 policiers auraient été tués
GONAIVES,
Haïti (AP) - La police haïtienne a mené samedi des combats sanglants pour le
contrôle de la quatrième ville du pays, les Gonaïves, face à des rebelles
armés qui contestent depuis deux jours le pouvoir du président Jean-Bertrand
Aristide.
Les
radios haïtiennes ont annoncé que 14 policiers auraient été tués dans ces
affrontements, mais cette information n'a pu être confirmée.
En
revanche, les journalistes sur place ont vu au moins trois policiers se faire
tuer, après quoi des scènes de mutilation ont eu lieu, perpétrées par la
foule. Un des corps a été traîné dans la rue alors qu'un homme était en
train de lui donner des coups de machette. Et une femme a coupé une des
oreilles de l'officier.
Un
autre officier a été lynché, et les habitants l'ont lapidé avec de grosses
pierres.
Au
moins un des insurgés a été blessé au visage par la police, et il perdait
beaucoup de sang dans l'attente d'être pris en charge à l'hôpital.
Les
forces de l'opposition semblent avoir étendu leur avancée vers d'autres
banlieues de la ville samedi, avec notamment des opposants au président
Aristide qui ont réussi à prendre le contrôle d'une station de police à
St-Marc (côte ouest), selon la radio privée Radio Kiskeya.
Les
militants ont également attaqué des postes de police avec succès dans cinq
petites villes près des Gonaïves, selon la radio haïtienne.
Dans
cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du pays, située à une centaine
de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, des membres du Front de résistance
pour le renversement de Jean-Bertrand Aristide (ex-Armée cannibale) ont donné
l'assaut jeudi.
http://www.letemps.ch/template/static.asp?depeche=/depechesafp/mon/040208071404.th52a7o2.html
Haïti: la police tente
de mater la rébellion aux Gonaïves
08.02.2004
- 07h14
PORT-AU-PRINCE
(AFP) - La police haïtienne est intervenue samedi matin aux Gonaïves
(nord-ouest) pour tenter de mater la rébellion menée par des opposants armés
au président Jean Bertrand Aristide qui a fait plusieurs morts depuis jeudi.
Sept
policiers ont été tués au cours de cette opération qui a eu lieu vers 10h30
locales dans cette ville, la quatrième du pays, située à 170 km au nord de la
capitale Port-au-Prince, a indiqué Radio-Indépendance, une radio locale privée.
Un des rebelles a été blessé. Selon un autre bilan communiqué par des témoins,
trois policiers ont été tués au cours de l'intervention.
De
son côté, l'un des chefs rebelles, Winter Etienne, membre du Front de résistance
révolutionnaire de l'Artibonite, avait indiqué plus tôt que 14 policiers
avaient été tués. Il avait aussi annoncé auparavant que deux officiers de
police avaient été tués. Les unités de la police ont investi le commissariat
central occupé par le Front de résistance depuis jeudi, selon les médias
locaux. Le président Aristide a déclaré devant plusieurs milliers de
partisans rassemblés à Port-au-Prince samedi que "les responsables
seraient arrêtés et jugés selon la loi".
L'intervention
de la police a pour but de "protéger la population civile", avait
affirmé plus tôt le secrétaire d'Etat haïtien à la Communication, Mario
Dupuy depuis la capitale, en confirmant l'intervention de la police. Le Front de
la résistance, qui réclame la démission du président haïtien, avait pris le
contrôle jeudi du principal commissariat des Gonaïves, ainsi que d'autres
postes de police de la région. La prise d'assaut du commissariat central avait
fait au moins 11 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les affrontements aux
Gonaïves entre partisans et adversaires du président Aristide ont fait depuis
le 23 septembre 2003 plus de 60 morts et une centaine de blessés.
Samedi,
plusieurs correspondants locaux ont fait état de la prise de contrôle vendredi
soir par des hommes armés du commissariat de police de la ville de Trou du Nord
(nord). Des témoins ont aussi indiqué que le commissariat de Saint-Marc (nord)
était tombé aux mains d'une organisation de l'opposition, Ramicos, qui a aussi
libéré les prisonniers détenus dans la prison proche du commissariat. Le
Front affirme avoir été armé par la présidence haïtienne du temps où il la
soutenait. Après l'assassinat le 22 septembre de son chef, Amiot Métayer,
qu'il impute au gouvernement, le groupe avait décidé de passer dans
l'opposition et de se joindre aux demandes de la société civile et de partis
politiques pour réclamer la démission du chef de l'Etat. M. Dupuy a démenti
formellement que des armes aient été remises par M. Aristide aux rebelles.
L’ambassade
des Etats-Unis à Port-au-Prince a fermement condamné samedi les attaques et la
destruction de bureaux publics et a exprimé son appui aux efforts déployés
par la Communauté des pays des Caraïbes (Caricom). La médiation de la Caricom
pour résoudre la crise politique est entrée dans une phase délicate pour le
président haïtien, qui a accepté une libération des opposants incarcérés,
un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de
manifester pacifiquement pour l'opposition dans le pays. De son côté, le secrétaire
général des Nations Unies, Kofi Annan, a appelé vendredi les Haïtiens à régler
leurs divergences pacifiquement, en notant que la prise de contrôle des Gonaïves
par des rebelles marquait une "nouvelle escalade dans la violence qui
affecte le pays".
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4365
Haïti : au moins huit
commissariats désertés par la police
Posté le 7 février
2004
Au
moins huit commissariats de police ont été désertés, au cours des 72 dernières
heures, par les agents de la jeune force de police, forte d’environ 5 000
membres, ont rapporté des correspondants locaux.
Samedi,
un groupe d’opposants armés au président Jean Bertrand Aristide a libéré
les prisonniers de la prison centrale de Saint-Marc dans l’Artibonite (96
kilomètres au nord-ouest de la capitale) après avoir pris le contrôle du
commissariat local déserté par les agents de l’ordre.
Selon
les insurgés et des correspondants locaux, la police a abandonné au moins huit
commissariats dans l’Artibonite (Gonaïves, Saint-Marc, Ennery, Gros Morne,
L’Estère, Anse Rouge et Petite Rivière de l’Artibonite), depuis l’assaut
jeudi de celui des Gonaïves (59 kilomètres au nord de Saint-Marc) par les
rebelles armés du Front résistance révolutionnaire. Au Trou-du-Nord (Nord-Est),
des opposants ont mis le feu au commissariat local dans la nuit de vendredi à
samedi.
Le
secrétaire d’Etat à la Communication Mario Dupuy a affirmé le même jour
que la police avait repris le contrôle des Gonaïves des mains des opposants
armés. Ces derniers ont pris la fuite, a-t-il également dit. Il a annoncé que
les « terroristes » seraient pourchassés et punis selon la loi.
De
son côté, le porte-parole des rebelles Winter Etienne a parlé de 14 morts du
côté de la police depuis le début de la contre-offensive dans la principale
ville du département. La presse internationale a confirmé trois morts parmi
les policiers.
Le
département de l’Artibonite (plus d’un million d’habitants) représente
le principal pont entre le Nord et le Sud d’Haïti, notamment entre le Cap-Haïtien
(la deuxième du pays) et la capitale. Il compte deux grandes villes côtières
(Gonaïves et Saint-Marc) de plus de 150 000 habitants et deux autres villes intérieures
de plus de 100 000 habitants (Dessalines et Petite Rivière de l'Artibonite).
Les affrontements armés dans la Cité de l’indépendance ont pour le moins
bloqué le trafic routier interdépartemental sur la Nationale #1 et ses
principales ramifications.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4369
Bulletin special
Situation générale dans les grandes villes
Posté le 8 février 2004
Voici
un compte-rendu de la situation du pays ce dimanche 8 février 2004.Alors que la
situation se dégrade dans le pays...
La
situation s’est rapidement dégradée dans le pays ce dimanche avec les
nouvelles sur la prise ou l’abandon d’autres commissariats de police par des
opposants au régime du Président Jean Bertrand Aristide.
Dimanche,
des radios de la capitale ont annoncé l’abandon par les policiers du
commissariat de la ville de Grand-Goave (Ouest de la capitale). Le bureau de la
police a été par la suite incendié par des manifestants antigouvernementaux.
Des témoins ont fait état de barricades enflammées dans plusieurs endroits
sur la route nationale 2 (Sud) où il est pratiquement impossible de se déplacer
en voiture sur l’avenue de carrefour.
A
Port-au-Prince, des partisans du pouvoir ont posé des barricades enflammées
dans les quartiers du Canapé vert et à Carrefour. Les dirigeants de
l’opposition ont annulé une manifestation prévue ce matin en raison de la détérioration
de la situation. Evans Paul un des porte-paroles de la Convergence démocratique
a appelé les policiers et les militants Lavalas à s’exprimer pour demander
au Président Aristide d’abandonner le pouvoir. Aujourd’hui a-t-il dit
c’est le peuple qui est retourné contre le pouvoir, il ne s’agit pas, selon
Evans Paul, d’un mouvement de groupes armés isolés, « c’est tout un
peuple qui se révole contre le régime. »
A
Saint-Marc, plusieurs bureaux publics ont été incendiés après la fuite des
policiers qui ont abandonné le commissariat. Des membres de l’organisation
populaire Ramicos (proche de l’opposition) ont libéré les détenus de la
prison de la ville et se seraient ensuite attaqués à certains dignitaires du régime
dans la ville. Un membre d’une organisation populaire (Bale Rouze proche du
pouvoit) a accusé le commissaire de police d’être de connivence avec
l’opposition.
Au
Cap-haïtien, la deuxième ville du pays, le local relais de radio Vision 2000 a
été incendié au cours de la nuit. Dimanche matin, des barricades faites de
pneus enflammés ont été entreposés sur plusieurs artères de la ville par
des partisans du pouvoir.
Il
est pratiquement impossible de communiquer avec la ville des Gonaïves par téléphone.
Les dernières informations obtenues samedi faisaient état de tirs violents
dans la ville qui serait toujours contrôlée par les rebelles du Front de résistance
révolutionnaire anti-Aristide. Il était toujours difficile d’obtenir un
bilan officiel des victicmes dénombrées après une intervention de la police
pour tenter de repousser les hommes armés du Front.
Le
commissariat de police de Trou du Nord serait toujours aux mains des militants
armés de l’opposition.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4371
La
capitale haïtienne coupée des principales villes du pays
Posté le 8 février 2004
La
capitale haïtienne est coupée des principales villes du Nord du pays depuis
l’assaut jeudi du commissariat central des Gonaïves (155 kilomètres au
nord-ouest de Port-au-Prince) par des insurgés qui ont déclaré prendre le
contrôle de la ville.
Le
trafic a été interrompu dimanche sur les grandes liaisons routières entre la
capitale et la côte sud-ouest du pays. Des opposants armés au président Jean
Bertrand Aristide ont dressé des barricades enflammées sur la Nationale # 2,
à hauteur de la ville côtière de Grand-Goâve (une soixantaine de kilomètres
au sud-ouest de Port-au-Prince), désertée par les policiers.
Sur la RN1, la route
est barrée à la porte sud de la ville côtière de Saint-Marc (96 kilomètres
de la capitale), où la circulation est filtrée. Le trafic interdépartemental,
via les Gonaïves, la Cité de l’indépendance, a cessé depuis jeudi, coupant
ainsi le Cap-Haïtien et les villes frontalières de Ouanaminthe et Fort-Liberté
de Port-au-Prince.
Le Premier ministre haïtien
Yvon Neptune a déclaré dimanche que les actes de violence, enregistrés ces
derniers jours dans plusieurs régions du pays, participaient d’une politique
de coup d’Etat de la part de l’opposition.
M. Neptune, censé être
remplacé dans les cinq prochains mois, si les prescrits de la médiation de
l’organisation régionale Caricom sont respectés, a appelé les opposants à
faire cesser la violence pour que la paix et la sécurité s’établissent en
Haïti, dans la perspective des prochaines élections.
La Villa d’Accueil a
également appelé la population à collaborer avec. Des agents des unitées spécialisées
de la PNH envoyés sur place ont dû samedi abandonné leur position après
avoir rencontré une fortte résistance de la part des rebelles.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4370
La crise
prend une nouvelle dimension (par Clarens RENOIS)
Posté le 8 février 2004
La
situation s’est rapidement dégradée ces dernières 48 heures pour le Président
Aristide avec l’extension de la rébellion anti-gouvernementale dans
d’autres villes du pays.
Après
la ville des Gonaïves tombée depuis jeudi dernier aux mains des militants du
Front de résistance révolutionnaire, d’autres commissariats de police dans
le Nord mais aussi dans le Sud sont soient abandonnés par les policiers soient
incendiés par des groupes d’opposants au régime Lavalas. Dimanche le poste
de police de Grand-Goave (Sud’Ouest de la capitale) a été délaissé par les
policiers qui ont également abandonné armes et uniformes. C’est un repris de
justice (Néné) qui aurait pris la situation en mains dans cette ville de plus
de 50.000 habitants située à environ 60 kilomètres de Port-au-Prince. Le
commissaire de la ville qui ne se trouvait pas à son poste a indiqué que les
forces régulières se préparaient à lancer une offensive pour récupérer le
poste. A Grand-Goave comme dans la ville voisine de Petit-Goave (69 kilomètres
de Port-au-Prince), des partisans de l’opposition avaient dressé des
barricades enflammées et on signalait des manifestations anti-gouvernementales.
Aux Cayes des partisans du régime avaient dressé des barricades à l’entrée
de la ville.
Dans le Nord du pays à
Saint-Marc (Nord’Ouest de la capitale), des membres du Ramicos, une
organisation populaire proche de l’opposition, se sont emparés du
commissariat de la ville après que les policiers en faction avaient déserté
samedi soir. Une situation de tension règnait actuellement dans la ville où
les principaux bureaux publics ont été incendiés par des manifestants en colère.
Au moins deux personnes ont été tuées à Saint-Marc, selon des correspondants
locaux.
Aux Gonaïves où a
commencé la rébellion antigouvernementale, le Front de résistance révolutionnaire
affirme controlée totalement la situation. Selon un des dirigeants de cette
organisation des tranchées ont été creusées aux entrées de la ville pour prévenir
toute nouvelle incursion des forces de police. En effet les agents des unitées
spécialisées de la PNH envoyés sur place ont du abandonné leur position après
avoir rencontré une fortte résistance de la part des rebelles. Au moins 7
policiers ont été tués. M. Winter Etienne, porte-parole du Front avait avancé
le nombre de 14 victimes dans les rangs de la police. Dimanche, la Direction de
la PNH a confirmé le « retrait stratégique » de ses forces et a fait état
d’un seul tué.
Le Premier Ministre
Yvon Neptune qui intervenait à la Télévision nationale a accusé un secteur
de l’opposition de préparer un coup d’Etat en fomentant cette violence dans
le pays. « Ce n’est pas le gouvernement qui organise la violence », a lancé
M. Neptune qui a encouragé la population à collaborer avec la police afin que
cette dernière puisse rétablir la paix dans le pays. Il a d’autre part invité
l’opposition à faire cesser la violence et prendre le chemin des élections.
Pour sa part Evans Paul
un des dirigeants de la Plate forme démocratique (opposition) a demandé au Président
Aristide de quitter le pouvoir le plus vite afin de faire arrêter la violence.
M. Paul a fait prévaloir que la situation qui se développait actuellement dans
le pays n’était pas le fait de groupes armés isolés. « C’est toute la
population qui réclame le départ du chef de l’état », a-t-il fait
remarquer.
A Port-au-Prince, la
situation est en revanche calme mais face au développement de la situation,
l’opposition a reporté une marche prévue dans les rues de la capitale. La
veille des dizaines de milliers de partisans du régime avaient défilé sans
incident à l’occasion du troisième anniversaire de l’investiture du Président
Aristide qui a réitéré ses intentions de rester au pouvoir jusqu’au terme
de son mandat en 2006.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1206
Haïti
secouée par des troubles, communications coupées avec les Gonaïves (AFP)
9 février 2004
Plusieurs incidents ont été signalés dimanche en Haïti au
lendemain d’une intervention policière pour reprendre à des rebelles le
contrôle des Gonaïves, quatrième ville du pays où l’opposition réclame
depuis l’automne la démission du président Jean Bertrand Aristide.
Les communications téléphoniques étaient coupées dimanche
avec les Gonaïves (nord-ouest), où la situation tendue depuis des mois
s’est emballée jeudi avec un assaut donné au commissariat central et une
mise à sac des bureaux du délégué du gouvernement (équivalent d’un préfet).
Samedi,
des témoins et des radios haïtiennes avaient indiqué qu’entre trois et sept
policiers avaient été tués lors de l’intervention policière. L’un des
chefs rebelles, Winter Etienne, du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite,
a évoqué un bilan de 14 policiers tués, mais ce chiffre n’a pu être
confirmé de source indépendante.
Des
images diffusées par des chaînes de télévision ont montré des hommes en
armes ou détenant des gourdins à clous et machettes, parfois grimpés sur des
véhicules et patrouillant la ville, tandis que des cadavres gisaient dans les
rues.
La
localité des Gonaïves (200.000 habitants), où les violences ont fait plus de
60 morts et plus de 100 blessés depuis septembre, se trouve sur la route
reliant Port-au-Prince à Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville d’Haïti.
Dimanche,
les médias haïtiens ont signalé plusieurs incidents ailleurs dans le pays où
le durcissement de la contestation semble s’étendre.
Dans
la capitale, quelques barricades enflammées ont été érigées. Pour des
raisons de sécurité, une manifestation de l’opposition a été annulée dans
la matinée.
A
l’ouest de Port-au-Prince, dans la ville de Grand-Goavehabitants), le
commissariat a été déserté et le bâtiment incendié par des opposants, ont
rapporté des radios haïtiennes.
Au
nord de la capitale, à Saint-Marc, sur la route entre Port-au-Prince et les
Gonaïves, des témoins avaient indiqué samedi que le commissariat local était
tombé aux mains d’une organisation de l’opposition, Ramicos. Des
prisonniers détenus dans une prison proche du bâtiment ont été libérés.
Toujours
d’après les médias haïtiens, des barricades enflammées ont aussi été érigées
samedi soir et dimanche matin à Cap-Haïtien (nord), qui compte quelque 200.000
habitants. Le local d’une radio, Vision 2000, a été incendié dans cette
ville.
Un
dirigeant de l’opposition, Evans Paul, a demandé aux policiers de ne pas se
battre contre la population. Il a souligné que la mobilisation contre le président
n’était pas le fait de simples bandes armées mais de la population dans son
ensemble.
Le
président Aristide, qui refuse toute idée de démission, participe à des négociations
menées par l’Organisation des pays de la Caraïbe (Caricom) pour tenter de résoudre
la crise politique qui perdure dans le pays depuis 2000. Les recommandations de
la Caricom portent notamment sur une libération des opposants incarcérés, un
désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de manifester
pacifiquement pour l’opposition dans le pays.
Samedi,
Jean Bertrand Aristide a appelé ses partisans à la mobilisation et assuré
qu’aux Gonaïves, "les responsables seraient arrêtés et jugés selon la
loi".
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1208
Haïti :
retrait de la police des Gonaïves (AP)
9 février 2004
GONAIVES, Haïti (AP) - La police haïtienne s’est retirée de la ville des Gonaïves qu’elle avait tenté de reprendre aux insurgés samedi lors de combats sanglants qui ont donné lieu à des atrocités ayant fait au moins neuf morts, dont sept policiers. Les forces de l’ordre ont disparu samedi soir et ne sont pas réapparues dimanche matin, selon des témoins. Cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du pays, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, est en état d’insurrection depuis jeudi.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1209
Haïti : l’insurrection gagne d’autres villes de
l’ouest
9 février 2004
SAINT-MARC, Haïti (AP) -- Au lendemain des heurts
sanglants qui ont opposé policiers et rebelles dans plusieurs villes de
l’ouest de Haïti, dont les Gonaïves et Saint-Marc, des pillages de grande
ampleur ont été signalés dans le port de cette deuxième ville, confirmant
l’intensification du soulèvement contre le régime du président
Jean-Bertrand Aristide. Fait significatif, la police s’est retirée de la
ville des Gonaïves qu’elle avait tenté de reprendre aux insurgés samedi
lors de violents combats qui ont fait au moins neuf morts, dont sept policiers.
Après ces violences, les forces de l’ordre ont disparu samedi soir et ne sont
pas réapparues dimanche. Cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du
pays, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince,
est en état d’insurrection depuis jeudi. Les affrontements de samedi se sont
révélés particulièrement sanglants, donnant lieu à des atrocités. Les
journalistes sur place ont vu au moins trois policiers se faire tuer, après
quoi des mutilations ont été perpétrées par la foule. Un des corps a été
traîné dans la rue alors qu’un homme lui assénait des coups de machette.
Une femme a ensuite coupé l’une des oreilles de l’agent. Un autre policier
a été lynché et déshabillé avant d’être lapidé par la population.
Quatre autres membres des forces de l’ordre ont trouvé la mort quand leur véhicule
s’est renversé, a précisé un rebelle sous couvert de l’anonymat. Il a
ajouté que la police avait tué deux insurgés qui construisaient des
barricades. Plusieurs stations de radio haïtiennes faisaient état dimanche
d’un bilan de 14 morts du côté de la police mais ce chiffre n’a pu être vérifié.
En tout état de cause, l’insurrection semblait s’étendre. Dans la foulée
des Gonaïves, les opposants au président Aristide ont pris samedi le contrôle
d’un poste de police de Saint-Marc après de nouveaux affrontements qui ont
fait cette fois deux morts, un homme et une femme, selon des témoins. Les
habitants de ce port de la côte ouest, situé au sud des Gonaïves, bloquaient
dimanche les principales rues du centre-ville avec des troncs d’arbres, des
pneus enflammés et des châssis de voitures. Là encore, aucun policier n’a
plus été vu depuis les incidents de samedi. « Quand Aristide sera parti, le
pays reviendra à une situation normale », assurait Axel Philippe, 34 ans, sur
une route menant à cette ville de 100.000 habitants. Dans le même temps, des
centaines de personnes se livraient au pillage de conteneurs dans l’enceinte
du port, emportant toutes sortes d’objets, postes de télévision, poutres en
acier et autres matelas. Des membres d’un mouvement d’opposition, le RAMICOS
ou Rassemblement des militants conséquents, ont affirmé qu’ils s’étaient
emparés de Saint-Marc avec l’aide d’autres militants anti-Aristide. Comme
aux Gonaïves, des comités de quartiers ont été créés pour mobiliser la
population. Dans la région ouest, des insurgés ont attaqué samedi les postes
de police de cinq autres localités, dont Anse-Rouge, a rapporté la radio haïtienne.
Parallèlement, des dizaines de milliers de manifestants pro-Aristide ont défilé
samedi dans les rues de Port-au-Prince, la capitale, à l’occasion du troisième
anniversaire de la seconde investiture du président. Au cours de la nuit,
certains d’entre eux ont allumé des barricades de pneus dans la capitale. Les
dirigeants de l’opposition prévoyaient d’organiser une marche de
protestation dimanche mais ils y ont renoncé pour raisons de sécurité.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1210
Another
police station torched in
9 février 2004
Port-au-Prince, Feb 8 (EFE).- Another
police station was torched by anti-government demonstrators in the Haitian town
of Grand-Goave, after police abandoned their posts, radio station Vision 2000
reported Sunday.
Several
vehicles and buildings were also set on fire in the western town as protesters
set up barricades in the streets, the radio station said.
Attacks
on police stations began last Thursday in
Since
then, according to the local media, 17 other police stations in Artibonite were
abandoned, including the one in the province’s second-largest city of
Radio
correspondents said one person died and at least five others were injured in
Saturday’s incidents in Saint-Marc.
The
media have also reported enormous tension among residents of Jacmel in the
southeast and Cap-Haitien in the north.
In
Jacmel, government supporters put up barricades to prevent "terrorist acts,"
ruling Lavalas party official and former legislator Wilner Content told
reporters.
Radio
station Vision 2000 said its Cap-Haitien facility was torched Saturday night.
Joseph
Iberic, an employee of the radio station, said Vision 2000 workers were
threatened Saturday by government supporters, who were demonstrating in the
streets to commemorate President Jean-Bertrand Aristide’s third anniversary in
office.
Even in
Because
of the chaos and uncertainty in the country, the Democratic Platform, a group of
political, social and private opposition organizations, decided to cancel a
protest march planned for Sunday in the capital.
Opposition
leader Evans Paul told EFE that the Democratic Platform believed police were
"not in a position to provide security" for the demonstrators.
http://www.rfi.fr/actuchaude/DET_titres.asp?m1=1&m2=2&m3=1
09/02/2004 18:16
Une partie d'Haïti en situation
insurrectionnelle
lundi 09 février 2004
La partie nord d'Haïti échappait lundi au contrôle du président Jean
Bertrand Aristide et certaines villes continuaient d'être le théâtre de
violences, parfois entre bandes rivales.
L'ONU,
la France et l'Organisation des Etats Américains (OEA) ont appelé à l'arrêt
immédiat des affrontements en Haïti, qui ont fait 40 morts depuis jeudi. Le
secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a annoncé lundi que l'ONU
allait "très prochainement" accroître son engagement dans ce pays.
"La
France appelle à l’arrêt immédiat des violences d’où qu’elles
viennent, et au respect des règles de droit", a déclaré de son côté le
porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Hervé Ladsous.
Au cours du week-end, l'OEA avait aussi condamné le recours à la violence et réclamé
que tout changement politique soit mené "de manière pacifique et démocratique".
De
fait, depuis la fin de la semaine dernière, plusieurs régions du nord du pays
sont livrées à l'anarchie, avec des tirs et des pillages. Les policiers ont
fui les commissariats, mis à sac et incendiés, dans une dizaine de villes de
plus ou moins grande importance.
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Localisation
des violences |
Lundi,
grâce à des renforts acheminés de Port-au-Prince, la police aurait repris le
contrôle de la ville de Saint-Marc à 96 kilomètres au nord de la capitale,
selon des habitants. Dans la matinée, des affrontements entre bandes rivales
avaient été signalés dans cette localité de 160.000 habitants, où des
barricades enflammées ont été érigées.
La
police est venue aider des militants pro-Lavalas (au pouvoir) du mouvement local
"Balai Rouzé" à prendre le dessus sur une bande armée appelée
Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (Ramicos). Ce groupe, se
réclamant de l'opposition, avait incendié samedi le commissariat de la ville
et s'était emparé d'armes et de munitions après la fuite de policiers.
Située
en bordure de mer, Saint-Marc se trouve sur la route menant de Port-au-Prince
aux Gonaïves (nord-ouest), passée depuis jeudi sous le contrôle d'une bande
armée locale, le Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite. Les
Gonaïves (200.000 habitants) est la principale ville de la région Artibonite.
Dans
le nord d'Haïti, un petit commissariat de la localité de Dondon a été
incendié par la population. Les policiers de cette ville ont pris la fuite, a
affirmé lundi Radio Vision 2000, citant son correspondant local.
Des
tirs nourris ont d'autre part été entendus dans la nuit de dimanche à lundi
à Cap-Haïtien (nord), la 2e ville du pays, visant notamment les maisons de
membres présumés de l'opposition locale, dont celle d'un médecin, alors
qu'une voiture appartenant à un ancien officier de l'ex-armée haïtienne a été
incendiée, selon un journaliste local.
L'usine
qui fournit l'électricité à cette ville a cessé lundi ses activités, faute
de carburant qui transite par les Gonaïves. Selon des médias locaux, le calme
régnait lundi matin aux Gonaïves, où écoles et commerces ont ouvert leurs
portes.
A
Port-au-Prince, la situation était également calme, de même qu'à Jacmel
(sud-est) où des hommes armés opposés au gouvernement ont fait leur
apparition à l'est de la ville en fin de semaine dernière. Un riverain a été
blessé par balle dans la localité voisine de Tessaire. Par précaution, les
autorités pénitentiaires ont transféré dimanche les détenus de la prison de
Jacmel à Port-au-Prince, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dimanche,
le gouvernement a accusé l'opposition de favoriser un coup d'Etat contre le président
Aristide.
http://www.rtl.be/Site/Pages/Article.asp?SiteID=12&ID=48177
L’insurrection fait 41
morts en Haïti
Quarante
et une personnes ont été tuées depuis le début d'une insurrection armée
jeudi en Haïti, notamment dans le nord du pays, selon un décompte établi à
partir d'informations provenant de journalistes locaux, d'habitants et d'hôpitaux.
Au
total, dix commissariats haïtiens avaient été abandonnés lundi par la police
: les Gonaïves (200.000 habitants, 4e ville du pays), Gros Morne, Ennery, l'Estère,
Petite Rivière de l'Artibonite, Trou du Nord, Anse Rouge, Grand Goâve, Dondon
et Saint-Raphaël. Les morts sont survenues lors de combats entre rebelles réclamant
la démission du président Jean Bertrand Aristide et policiers, ou lors
d'actions de représailles contre de présumés partisans du pouvoir ou de
l'opposition.
Aux
Gonaïves, cinq policiers anti-émeutes sont ainsi morts, dont un par suicide
pour éviter d'être pris vivant lors de l'assaut mené le 5 février contre le
commissariat central. Quatre habitants ont perdu la vie dans les fusillades
ainsi que deux rebelles, soit un total de onze victimes selon la Croix-Rouge.
Le
samedi 7 février, sept policiers ont été tués ainsi que deux sympathisants
des rebelles lors d'une tentative avortée de la police de reprendre le contrôle
de la ville, soit un total de 9 morts, selon des médias locaux. Six personnes
accusées d'être de présumés auxiliaires de la police ont été lynchées et
leurs corps brûlés durant le week-end par la population à Badou Marchand,
petite localité voisine des Gonaïves, selon les rebelles. Six cadavres en décomposition
étaient visibles dimanche aux abords des ruines du commissariat, selon un
rebelle.
A
Saint-Marc, samedi, un habitant et un rebelle anti-gouvernemental ont été tués
lors d'affrontements à l'occasion d'une attaque du commissariat. Deux rebelles
ont été blessés et un tué lundi.
Dimanche,
à Cité Soleil, le plus important quartier déshérité de Port-au-Prince, six
présumés partisans de l'opposition ont été tués par de présumés partisans
du parti au pouvoir.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4375
La PNH tente de reprendre
la ville côtière de Saint-Marc
Posté le 9 février
2004
La
police nationale est entrée lundi après-midi à Saint-Marc à la suite
d’intenses combats avec des membres de l’organisation RAMICOSM, a appris HPN
d’une source de la direction générale de la PNH. On ignore si les combats
ont fait des victimes.
L’opération
pour reprendre la ville a été menée en début d’après-midi par des unités
de la police appuyées par un hélicoptère qui a longtemps survolé des
quartiers de Saint-Marc (96 kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince), selon
des témoins sur place qui ont fait état de tirs intenses.
Des
membres de la police ont été remarqués sur la place publique en face de l’Hôtel
de ville, cependant on ignore si les agents du Corps d’intervention et de
maintien de l’ordre (CIMO) ont pu reprendre le contrôle de toute la ville
barricadée à plusieurs endroits.
Le
premier ministre Yvon Neptune s’est brièvement rendu sur place, avons-nous
appris. Mais il n’a fait aucune déclaration à la presse. Des témoins ont
rapporté que des barricades de grosses pierres ont été dressées à la porte
sud de la ville. Elles seraient contrôlées par l’organisation populaire Bale
rouze, proche du pouvoir.
La
ville de Saint-Marc, le deuxième port en importance du pays, a été abandonnée
samedi 7 février par les policiers en faction.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4374
Intenses fusillades à
Saint-Marc, la police se retire du centre de la ville
Posté le 9 février 2004
Les
forces de la police, qui avaient tenté lundi matin une incursion dans la ville
côtière de Saint-Marc pour reprendre le contrôle du commissariat, se sont
heurtées à la résistance des rebelles armés, ont rapporté des témoins.
D’intenses
fusillades ont été entendues à la mi-journée à Saint-Marc (96 kilomètres
de la capitale). Les agents de l’ordre ont été contraints de se replier à
l’entrée sud de la ville face à la résistance des militants de
Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (RAMICOSM). On ignore si
les affrontements ont fait de nouvelles victimes.
Samedi,
des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide avaient incendié le
commissariat de la ville abandonné quelques heures auparavant par les policiers
en faction.
Ils
avaient également libéré les détenus de la prison centrale avant de
s’emparer des bureaux publics, notamment la douane, qui ont été par la suite
livrés au pillage. Au moins deux personnes auraient été tuées et plusieurs
autres blessées par balles depuis le début des incidents.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4377
La police entre à
Saint-Marc
Posté le 9 février 2004
Des
agents de la police, accompagnés d’un commando héliporté, sont entrés
lundi dans la ville côtière de Saint-Marc, quelques heures après l’échec
d’une première tentative, pour tenter de reprendre son contrôle.
ARTIBONITE
SAINT-MARC
(1) : Des agents de la police, accompagnés d’un commando héliporté, sont
entrés lundi dans la ville côtière de Saint-Marc, quelques heures après l’échec
d’une première tentative, pour tenter de reprendre son contrôle. Le
commissariat central avait été abandonné samedi par des policiers en faction,
avant d’être incendié par des membres de la population locale, ainsi que des
bureaux pillés auparavant. Des opposants armés au président Jean Bertrand
Aristide avaient alors déclaré prendre le contrôle de la ville. La police
anti-émeute, mise en déroute le même jour par des rebelles aux Gonaïves (59
kilomètres au sud), avait tué un habitant et un rebelle pendant son passage à
Saint-Marc, créant un mouvement de panique dans cette ville.
SAINT-MARC
(2) : Jean Hugues Narcisse a demandé aux Saint-Marcois de mettre fin aux actes
de pillage. Le responsable de RAMICOSM, une association proche de
l’opposition, a déploré les scènes de pillage enregistrées dans la ville.
Plusieurs bureaux de l’administration publique ont été incendiés, samedi à
Saint-Marc, par des hommes menés par RAMICOSM.
GONAIVES
(1) : La ville est tombée entre les mains du Front de résistance révolutionnaire
anti-Aristide depuis le jeudi 5 février, après l’assaut du commissariat
central qui a fait cinq morts parmi les policiers anti-émeutes. Quatre
habitants et deux rebelles ont été également tués lors des affrontements.
GONAIVES
(2) : Les membres du Front de résistance révolutionnaire ont pourchassé
samedi la police anti-émeute venue de Port-au-Prince pour tenter de reprendre
le contrôle de la Cité de l’indépendance. Sept policiers ont été tués,
selon des médias locaux. Deux insurgés ont également perdu la vie dans les
fusillades. Dieujuste Jeanty, membre du front, a déclaré dans la presse que
ses camarades étaient prêts à contrecarrer d’autres interventions.
GONAIVES
(3) : Les rebelles du Front de résistance révolutionnaire ont fait état du
lynchage, le week-end par la population dans la petite localité voisine de
Badou Marchand, de six présumés auxiliaires de la police. Six cadavres en décomposition
étaient visibles dimanche aux abords des ruines du commissariat, selon AFP,
citant un rebelle qui est intervenu sur la radio privée Kiskeya.
NORD
SAINT-RAPHAEL
- La police a abandonné lundi le commissariat de la ville, portant à 11 le
nombre de commissariats désertés depuis l’assaut mené jeudi par des
rebelles aux Gonaïves, la quatrième ville du pays. Les commissariats de
Saint-Marc, le deuxième port le plus important du pays situé à 96 kilomètres
au nord-ouest de Port-au-Prince, de Dondon et Trou-du-Nord, deux autres villes
du département du Nord, figurent sur cette liste.
OUEST
Grand-Goâve
- Un dénommé Jean Yves Auguste s’est auto-proclamé nouveau maire de Grand
Goâve après la désertion des policiers. Il a exprimé sa volonté de pacifier
la région des Palmes. M. Auguste a également promis de mettre tout en œuvre
pour favoriser la reprise du trafic des véhicules sur la Nationale #2, paralysé
depuis dimanche, et combattre les bandits qui veulent rançonner les passagers.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4380
Fortes tensions au Cap-Haïtien
Posté le 10 février 2004
La
tension est montée d’un cran ces dernières 72 heures au Cap-Haïtien où les
partisans du président Jean Bertrand Aristide multiplient des actions
incendiaires et destructives. Les activités commerciales de la deuxième ville
d’Haïti sont paralysées.
Dans
la deuxième ville du pays, les rues sont vidées dès 19H00, ont confié des
riverains à HPN. Des activistes du parti au pouvoir manifestent violemment leur
mécontentement à l’endroit des opposants dont ils menacent les intérêts.
Un
dancing très fréquenté (Lakay Restaurant), situé au bord de mer de la ville,
un autre restaurant, à la sortie sud du centre-ville, et un magazin de prêt-à-porter
ont été saccagés ou incendiés lundi soir. Des maisons de présumés
partisans de l’opposition ont été également brulées ou saccagées. Des
menaces pèseraint sur la vie de très populaire homme d’affaire Emile Obas et
l’enseignant Archange Bazile.
Les
stations-services, qui ne sont pas alimentées depuis plusieurs jours en rasion
de la situation aux Gonaïves (100 kilomètres du Cap-Haïtien), ont été
contraintes de fermer leurs pompes. La ville est sans électricité depuis
plusieurs heures et les tarifs des transports ont augmenté en raison de la
rareté du carburant.
Des
proches du pouvoir devraient descendre lundi dans la rue pour manifester en
faveur du régime. Des riverains craignent des actions violentes.
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http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4388
Deux à six morts à
Saint-Marc dans des affrontements
Posté le 11 février 2004
Entre
deux à six personnes auraient été tuées et un nombre indéterminé blessées
lors des affrontements entre policiers et opposants armés, mercredi à
Saint-Marc (96 kilomètres au nord-ouest de la capitale), selon différentes
sources.
Les
agents de la police, qui avaient réussi à reprendre lundi le contrôle du
commissariat local, sont entrés mercredi dans le quartier de « Scirie »,
bastion des militants de l’organisation de l’opposition RAMICOSM. Selon des
témoins, les policiers avaient bénéficié du support des membres de
l’organisation pro-gouvernementale « Bale Rouze ».
Au
mois six personnes ont été tuées au cours des affrontements, ont indiqué des
correspondants locaux. En revanche d’autres témoins ont fait état de deux
victimes, identifiées comme proches de l'opposition et brûlées dans leur
maison par de présumés partisans du pouvoir. De nombreux blessés ont été
dans les deux camps.
Auparavant,
les opposants avaient mis le feu à une clinique appartenant à un proche de
l’ancien député de Saint-Marc, Amanus Mayette, après avoir pris en otage
deux policiers, qui étaient soignés dans ce centre privé. Les locaux de la
station locale Radio Tête à tête(proche de l’opposition)a été brûlée
ainsi qu’une maison dans le voisinage.
Des
riverains ont indiqué dans la presse qu’il souhaitaient quitter le quartier
en raison de l’évolution de la situation.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4390
Commissariats attaqués,
policiers en cavale
Posté le 11 février 2004
Agent
de la police nationale, Pierre M.* a abandonné son poste mardi en compagnie de
quelques collègues affectés à Plaisance, une ville du département du Nord.
Leur commissariat venait d’être attaqué par des civils armés.
La
veille, des rumeurs circulaient autour d’une éventuelle attaque des membres
du Front de résistance révolutionnaire de l’Arbonite voisin. Sur le versant
sud du morne Puilboreau, qui sépare les deux départements, une dizaine de
villes sont déjà tombées entre les mains des insurgés lourdement armés.
Le
« petit » commissariat de Plaissance est coupé de la capitale et la plus
importante ville de la région, le Cap-Haïtien, est mise en alerte par les
partisans du pouvoir, depuis plus de 24 heures. La menace se précise.
Mardi,
des tirs nourris sont entendus dans la ville. La veille encore, l’activité la
plus subversive demeurait le trafic illégal des enfants vers la République
dominicaine, mais les riverains doutaient d'une éventuelle incursion des insurgés
des Gonaïves. Les assaillants débarquent. Pierre M., ainsi que ses compagnons,
s'enfuit. Il se retrouve du même coup dans la rue. Il logeait jusqu'alors au
Commissariat.
«
J’ai pu sauver mes effets personnels. » Il les a transportés chez un
autochtone, confie-t-il à un proche, qu’il a rejoint par téléphone à
Port-au-Prince. Il ajoute toutefois qu’il cherche à garder en lieu sûr un «
objet » auquel il tient particulièrement.
Depuis
le jeudi 5 février, une quizaine de commissariats, en majorité dans le Nord du
pays, ont été désertés et incendiés. La plupart des policiers en faction
errent depuis dans la nature.
Aux
Gonaïves (nord-ouest de la capitale), cinq policiers ont été tués pendant
l’assaut du commissariat central jeudi, dont un par suicide pour éviter de
tomber entre les mains des assaillants. Sept autres ont perdu la vie dans des
affrontements trois jours plus tard, pour tenter de reprendre le contrôle de la
ville, selon la presse locale.
Mardi,
le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, qui maintient le bilan
provisoire d’un policier tué samedi aux Gonaïves, a déclaré que des agents
portés disparus de la force publique s’étaient manifestés en début de
semaine, sans toutefois en préciser le nombre, ni fournir une estimation des
policiers qui n'ont toujours pas répondu à l'appel.
Un
bilan non officiel fait état d’au moins 42 personnes tuées lors des combats
entre les forces de l’ordre, des partisans armés du pouvoir et des rebelles.
La police a repris, après des affrontements sporadiques, le contrôle de trois
des villes, Saint-Marc(nord-ouest), Grand-Goâve(ouest) et Dondon(nord).
Entre-temps
d’autres commissariats sont incendiés au Limbé et à Plaisance (nord), et le
soulèvement se poursuit et continue de s'étendre en dépit des actions de la
police. Le gouvernement dénonce des terroristes qui prennent les commissariats,
les brûlent et s'en vont.
«
Nous ferons ce que nous avons à faire pour rétablir l'ordre sans nuire à la
population », a déclaré mardi le secrétaire d'Etat à la Sécurité
publique, Jean-Gérard Dubreuil, ajoutant que la police n'était pas préparée
pour la guerre. Les forces armées nationales ont été dissoutes depuis une
dizaine d’années. La force de police, créée après le retour du président
Jean Bertrand Aristide de l’exil, lors de son premier mandat présidentiel
(1991-1995), compte à peine 5000 hommes et souffre d’un déficit d’équipements.
Des
agents anti-émeutes, accompagnés de civils armés, peinent à contrer la plus
vaste contestation jamais manifestée contre M. Aristide. Le gouvernement a
toutefois réaffirmé mardi vouloir rétablir l'ordre dans le pays sans nuire à
la population.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4393
Butteur Métayer résolu
de renverser le président Aristide
Posté le 11 février 2004
Le
Front de résistance anti-Aristide (FRAA), ex-armée Cannibale, lance un avis de
recrutement. Anti-lavalas, ex-militaires, toute personne désireuse de
contribuer à la lutte pour renverser le président Jean Bertrand Aristide est
bienvenue.
Depuis
une semaine, le front a semble-t-il attiré beaucoup de sympathisants dans la
Cité de l'indépendance.
Armés
de machettes, couteaux, armes de guerre, les opposants au pouvoir lavalas
appellent à la désobéïssance civile.
Selon
l’un des chefs de file du FRAA, Butteur Métayer, les attaques contre les
commissariats et postes de police dans plusieurs villes de province ne sont pas
l’œuvre du front mais, selon lui, le mouvement a su vite trouver des alliés.
Les actions enregistrées à Saint-Marc ou Grand-Goâve ne portent pas la
signature du front, cependant ses leaders approuvent et encouragent toute
activité du genre pour renverser le président Aristide.
Pas
de relation avec l’opposition classique. Buteur Métayer distingue nettement
son mouvement de la plate-forme démocratique et de la Convergence démocratique.
Il reconnaît toutefois un point commun à leurs revendications : le départ de
Jean-Bertrand Aristide.
«
Je n’ai pas de représentant dans la politique parce que je ne suis pas un
politicien. Cependant, je dois venger la mort du leader de Raboteaux, mon frère
Amiot Métayer. La seule issue, est le départ de ce faux président », a-t-il
confié à un reporter de Haiti Press Network.
Mardi,
le président Jean-Bertrand Aristide a refusé, devant la presse internationale,
de démissionner, décrivant les groupes de rebelles qui mènent depuis
plusieurs jours un soulèvement populaire comme des «terroristes».
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1246
Looting
in
12 février
2004
Tensions
spilled over in several towns as the government of President Jean-Bertrand
Aristide struggled to win back control of towns taken over by armed rebels.
Two more
killings were reported in Saint Marc, raising the death toll since last Thursday
to at least 44.
The
population of the northern city of
The
"We
are extremely concerned about the wave of violence sweeping through
Defense
Secretary Donald Rumsfeld on Tuesday said the
A food
storage depot in Cap-Haitien was looted and burned down during the night and
businesses were badly hit by the tense atmosphere on Wednesday, a local
journalist told AFP.
Many
lottery stands and restaurants owned by people believed to oppose Aristide have
been burned down in recent days.
"We
call on the government to respect the rights, especially human rights, of the
citizens and residents of
Two
people accused of being members of the opposition were burned alive in their
homes Wednesday night in Saint Marc, according to a local journalist. The
killings were apparently in retaliation for the torching of a clinic run by a
doctor whose brother is in the pro-Aristide camp, according to the journalist.
Saint
Marc is one of three cities police took back on Monday from rebels who have
claimed control of a dozen towns since last Thursday.
Shots
were heard in a Saint Marc neighborhood controlled by Ramicos, an armed
opposition group.
Several
police stations have been destroyed since opponents of Aristide stepped up their
protests.
The main
police station in Limbe, just south of Cap-Haitien, was abandoned on Monday
night before it was burned down by an armed group, a journalist said.
Rebels
calling themselves the National Reconstruction and Liberation Front said they
were determined to fight to "liberate" the whole country.
"The
Haitian revolution is on the march," rebel spokesman Winter Etienne said in
a statement. "We have decided to no longer live in despair. We will regain
our hope for the future."
Aristide,
who has vowed to stay in office until his term ends in 2006, has been ruling by
decree after failed elections last year left Haiti without a functioning
legislature.
The
populist priest turned president has promised polls within six months but has
not set a date.
Aristide
has accused the opposition political groups of favoring a coup d’etat against
him, but opposition parties distanced themselves from the armed opposition.
"We
distinguish the popular movement we support demanding the departure of
Jean-Bertrand Aristide from armed rebels with whom we do not identify ourselves,"
socialist Micha Gaillard, a prominent opposition political figure, told AFP.
International
calls for peace continued as
The
United Nations warned that
The
Organization of American States and the 15-nation Caribbean Community have been
trying to find a peaceful solution to the crisis.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1247
Police
Attack Rebels in Haitian Slum
12 février
2004
IAN JAMES
GONAIVES,
Haiti - Police attacked rebels holed up in a slum in the port city of St. Marc
on Wednesday and gunmen loyal to President Jean-Bertrand Aristide torched homes,
killing two people as looting and reprisals raged in a popular revolt that has
left at least 45 dead.
Outside
With
the Haitian government locked in a deadly battle with opponents, the White House
on Wednesday issued a rebuke of Aristide’s government.
"We
are extremely concerned about the wave of violence spreading through
In
St. Marc, an important port
Government
opponents burned down a clinic because officials refused to hand over two
wounded anti-government militants, Radio Vision 2000 reported. It said Aristide
militants seeking revenge then set an opposition radio station ablaze.
In
the northern
Aristide
supporters set up blazing barricades, blocking the city for a second day against
a possible rebel incursion.
"We’re
going to devour them," Jean-Claude Joseph, 35, said at a roadblock.
In
"Get
in line. Don’t push !" shouted three rebels who held their rifles
high in the air in warning. People obeyed.
"I’ve
been here since
"I
want to resell it and try to buy some flour to make food," she said,
explaining food prices have multiplied since rebels and citizens supporting them
have blocked roads with massive barricades against a possible counterattack by
police.
But
no police were seen near the city
"To
avoid the suffering and involvement of the civilian population, we have to
implement a strategy," Gerard Dubreuille, undersecretary for public
security, said Tuesday. "Our reaction may be slow, it will be
efficient."
Police
have retaken three of 11 towns in northern and western
Radio
reports said gunmen had torched two northern police stations on Monday, forcing
police to flee from Limbe and Bassin Bleu. Police stations are a major target of
the revolt, which the government calls a coup attempt, because officers are
accused of siding with government supporters in increasingly violent protests
that began mid-September.
In
St. Marc, a city of about 100,000 people, witnesses said police were firing at
rebels holed up in a midtown slum.
Rebels
seized the city Sunday, and hundreds of residents looted shipping containers.
On
Monday, after sporadic gunbattles, police reoccupied the town.
The
Haitian Red Cross and the International Committee of the Red Cross said they
were having difficulty evacuating wounded people and supplying hospitals, and
complained armed people were breaking into hospitals.
"Each
day wounded people in dire need of medical care are being rushed to hospitals,"
said a statement.
The
World Health Organization said a food crisis is looming because roadblocks are
preventing deliveries to 268,000 people in the north dependent on food aid.
Dozens
of barricades, made up of burned-out trucks, commandeered cars, boulders, felled
trees and blazing tires set atop heaps of garbage, have blocked the road to
northern
The
Democratic Platform opposition coalition said it was trying to get government
permission for a peaceful demonstration in
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1244
Haïti :
la moitié du pays échappe à Aristide
12
février 2004
François
Hauter (Le Figaro)
Haïti
implose. Tout le Nord de l’île est entré en sécession contre le président
Jean-Bertrand Aristide qui se bat maintenant pour le contrôle du territoire
national. Hier, c’est Cap-Haïtien, la seconde ville du pays, qui était menacée
par les forces rebelles. Celles-ci tiennent déjà une demi-douzaine de villes
et les affrontements depuis une semaine ont déjà fait 42 victimes. Trois ans
après son retour au pouvoir, Aristide entre dans la phase active de décomposition
de son régime.
Les
émeutes, dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde, font réagir les
agences des Nations unies : « Cette insécurité et cette violence
nous font craindre une crise humanitaire majeure », déclarait, hier,
Elizabeth Byrs, porte-parole du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU
(OCHOA), « l’OCHOA est préoccupée par cette détérioration de la
situation humanitaire due à la violence, l’insécurité et les catastrophes
naturelles comme les récentes tornades qui ont dévasté le pays, laissant 25
000 personnes sans nourriture dans les villages du nord », a-t-elle ajouté.
L’ONU,
les Etats-Unis et la France réagissent, pour le moment sans agir. Kofi Annan,
le secrétaire général de l’ONU, annonce que son organisation va « très
prochainement » augmenter son engagement en Haïti, sans davantage de précisions.
Les Etats-Unis, à travers le porte-parole du département d’Etat, Richard
Boucher, fustigent le gouvernement Aristide : « Il y a des bandes
violentes, des brutes, des deux côtés qui ont été impliquées dans des actes
violents, regrette-t-il, avant d’ajouter : « La réaction du
gouvernement a contribué assez souvent à la violence. » La France est
plus laconique : elle « appelle à l’arrêt immédiat des violences
d’où qu’elles viennent et au respect des règles de droit ».
On
en est très loin sur le terrain. Alors que dans toutes les villes tombées aux
mains des forces rebelles - des bandes disparates de pilleurs -, les
policiers avaient donné le signal de la curée en désertant leurs
commissariats, les derniers partisans d’Aristide à Cap-Haïtien se
barricadent : l’agence Associated Press rapportait qu’hier matin les
derniers défenseurs du chef de l’Etat érigeaient des barricades autour de la
ville, pour pouvoir la défendre contre les « rebelles ».
Ces
forces de soudards sont devenues incontrôlables. Formées d’anciennes bandes
de voyous armées par le régime d’Aristide (les « chimères ») et
trahies par lui lorsqu’elles devenaient trop puissantes, elles n’ont pour
seule motivation que de se tailler des fiefs et de faire régner un ordre
barbare, en attendant de négocier les conditions financières de leur
reddition. Armés d’AK 47, de fusils à pompes et de machettes, ils pratiquent
une justice effarante. la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens
(NCHR) rapportait, hier, que dans la ville des Gonaïves, « un policier
blessé transporté à l’hôpital la Providence a été arraché sur la table
d’opération et exécuté en public par les membres du front de résistance de
l’Antibonite. Un présumé voleur a aussi été exécuté dans cette ville.
Les corps des policiers tués n’ont pas été remis à leurs parents pour
inhumation, ils ont été carbonisés en public ».
Les
nervis armés par Aristide pour défendre son pouvoir, des voyous des
bidonvilles, ne sont pas en reste. « Au moins cinq partisans de
l’opposition ont été exécutés sommairement par les partisans armés du
pouvoir » dans le bidonville géant de Cité Soleil, constate le NCHR, en
précisant que « les journalistes de la presse libre sont dans la ligne de
mire du pouvoir. Une liste de journalistes, de militants des droits humains, de
personnalités politiques et de personnalités du secteur privé à abattre
circule à Port-au-Prince ».
Jean-Bertrand
Aristide, qui a dissous l’armée pour ne plus compter que sur une force de 5
000 policiers, voit sa politique d’anarchie programmée lui revenir au visage
comme un boomerang. Ses bandes de malfrats, qui avaient instauré un régime de
terreur dans toutes les grandes villes du pays, sentent le pouvoir affaibli et
deviennent de redoutables électrons libres. Le premier ministre, Yvon Neptune,
avouait hier son impuissance : « La police nationale ne peut plus
restaurer l’ordre seule », déclarait-il. Comme c’est déjà arrivé
au cours de la si terrible histoire d’Haïti, de vastes régions échappent désormais
au contrôle de Port-au-Prince. Dans ce climat de violence absolue où le
pouvoir d’Aristide se décompose tragiquement, l’opposition refuse de
s’associer aux exactions des bandes armées insurgées.
« Nous
ne nous reconnaissons pas dans l’insurrection armée, déclarait lundi Misha
Gaillard, un politicien local proche de la plate-forme des personnalités qui
ont lancé l’an dernier le mouvement contre Jean-Bertrand Aristide. Andy Apaid,
qui dirige le groupe dit des 184 (une vaste coalition des forces civiles haïtiennes)
et l’opposition la plus responsable au régime actuel, déclarait hier à Libération :
« Nous sommes face à une situation presque insurrectionnelle qui
s’aggrave. Un mouvement qui n’est pas coordonné. (...) Nous, nous tenons à
ce que notre mouvement pacifiste reste la référence politique pour aider notre
pays à sortir de cette situation. »
De
fait, l’opposition haïtienne n’a strictement aucun moyen de contrôler le
pays, qui sombre dans une révolte anarchique et sanglante, les bandes de
malfrats armés par le pouvoir réglant leurs comptes sauvagement. Face à cette
énième décomposition du pouvoir haïtien, les Etats-Unis, l’ONU et la
communauté internationale n’éviteront pas une nouvelle intervention
militaire pour ramener la paix dans cette première république noire, qui célèbre
si dramatiquement son bicentennaire.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1240
Haïti
: troubles à Port-au-Prince, annulation d’une manifestation d’opposants
12 février 2004
Le centre de la
capitale de Haïti, Port-au-Prince, a été envahi jeudi par plusieurs centaines
de partisans du président Jean Bertrand Aristide voulant empêcher une
manifestation de l’opposition, finalement annulée par peur de violences.
"Nous sommes ici
pour empêcher l’opposition terroriste de prendre d’assaut un
commissariat", a expliqué à l’AFP Herold Geffrad, l’un de ces
partisans.
Autour de lui, des
centaines de jeunes avaient érigé plus tôt des barricades de pneus enflammés
afin de bloquer les artères donnant accès à la place du "Canapé
vert", où avait été convoquée la manifestation de l’opposition.
Membres
d’Organisations populaires (OP) du parti Lavalas au pouvoir, ces jeunes empêchaient
tout véhicule d’approcher et pourchassaient des passants présumés venir
manifester pour réclamer la démission de M. Aristide, a constaté un
journaliste de l’AFP.
Les jeunes des OP ont réclamé
que le président reste en fonctions jusqu’au terme de son mandat, en 2006.
Par crainte de
violences, l’opposition a annulé sa manifestation, comme elle l’avait déjà
fait dimanche.
"La vie des
manifestants est menacée", a déclaré à l’AFP le socialiste Micha
Gaillard, un des dirigeants de l’opposition. "Nous ne voulons pas tomber
dans la provocation violente et éviter l’amalgame" avec l’insurrection
armée lancée il y a une semaine, précise un communiqué de l’opposition.
Depuis le 5 février,
la ville des Gonaïves (nord-ouest), 4e localité du pays avec 200.000
habitants, est aux mains d’un groupe armé qui réclame la démission du président
Aristide. Mercredi, un pillard aurait été exécuté par ce groupe tandis
qu’un cadavre était signalé par des témoins. Ces deux morts feraient porter
le bilan des violences en une semaine à 49 morts.
A Port-au-Prince, André
Apaid, un dirigeant de la Plate-forme démocratique de la société civile, qui
réunit quelque 200 organisations et associations, a réfuté toute collusion
entre l’opposition et le mouvement insurrectionnel. Il a aussi dénoncé la
complicité de la police avec les OP du parti Lavalas et l’utilisation de la
violence par M. Aristide.
André Apaid a enfin
souligné à l’intention de la communauté internationale qu’il était
impossible de participer à des élections avec le président Aristide au
pouvoir.
A Washington, le secrétaire
d’Etat américain Colin Powell a assuré que les Etats-Unis ne visaient pas à
un "changement de régime" mais à trouver une "solution
politique et constitutionnelle". Il s’est toutefois déclaré "déçu"
par l’incapacité du président Aristide à bâtir une démocratie stable.
"On doit respecter
le président élu", souligne sur la place du "Canapé vert"
Herold Geffrad, qui se présente comme un simple partisan du chef de l’Etat,
mais qui semble avoir une influence sur les manifestants.
Si nous utilisons des
armes, "c’est pour nous défendre quand nous sommes attaqués (...) Il
n’y aura pas de guerre en civile en Haiti, nous sommes capables de contrôler
le pays", ajoute-t-il.
Sur la place trônent
sur un énorme panneau les portraits de François Toussaint Louverture, père de
l’indépendance haïtienne proclamée il y a 200 ans, et d’Aristide,
au-dessus du slogan : "Deux hommes, deux siècle, une vision". Les
jeunes rappellent que ce lieu rénové leur a été donné par le président haïtien.
Dans la matinée, un
photographe de l’Agence France-Presse, Thony Bélizaire, a été agressé par
des membres d’OP, qui lui ont donné des coups de poing dans le dos. Le
journaliste, qui n’a pas été blessé, a pu quitter les lieux par la suite.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1239
Situation
tendue en Haïti, au moins cinq morts à St-Marc
12 février 2004
(AFP) La situation était
toujours tendue mercredi en Haïti où une ville restait occupée par les
rebelles et où au moins cinq personnes ont été tuées à Saint-Marc (nord de
la capitale), portant le bilan à 47 morts depuis près d’une semaine.
L’opposition réclame
la démission du président Jean Bertrand Aristide et des affrontements
sanglants ont également lieu entre bandes rivales.
Le président contesté
a assuré qu’il n’envisageait pas d’écourter son mandat qui, a-t-il précisé,
se termine "le 7 février 2006". Il a appelé, devant la presse
internationale mercredi soir, l’opposition à ne pas "utiliser la
violence mais le dialogue" car "il n’y a pas d’autre solution pour
résoudre la crise".
"Il y a eu 32
coups d’Etat en Haïti en 200 ans d’indépendance mais nous devons allés
maintenant d’une élection démocratique à une autre élection démocratique",
a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis ont
indiqué mercredi être "extrêmement inquiets de la vague de violence qui
touche l’ensemble de Haïti" et "regretter profondément les
morts". La veille, ils avaient de nouveau vivement recommandé aux Américains
de "quitter le pays s’ils peuvent le faire en sécurité".
Mercredi, la France a
de nouveau appelé à "l’arrêt immédiat de toutes les violences"
en Haïti et déconseillé à ses ressortissants tous les voyages non
indispensables dans ce pays. Mardi, Ottawa avait lancé le même conseil aux
Canadiens.
Selon un premier bilan,
au moins cinq personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi à
Saint-Marc, à 96 km au nord de Port-au-Prince, au cours de violences entre
groupes armés antagonistes.
La police nationale
d’Haïti (PNH) accompagnée de militants proches du pouvoir du groupe armé
"Balai Rouzé" a mené mercredi matin une opération contre un groupe
armé local d’opposition de Saint-Marc, verrou stratégique entre
Port-au-Prince et les Gonaïves (nord-ouest), repris par la police lundi.
Deux des victimes étaient
considérées comme proches de l’opposition.
Un journaliste de
l’AFP sur place a vu par ailleurs les corps de trois jeunes gens tués par
balles.
Le local d’une radio
privée accusée par les partisans du pouvoir d’être proche de
l’opposition, Radio "Tête à tête", a été incendié ainsi que la
maison d’un prêtre du vaudou, père du directeur en exil de cette station.
Au Cap-Haïtien (nord),
deuxième ville du pays, un dépôt de produits alimentaires a été pillé puis
incendié par des inconnus armés dans la nuit de mardi à mercredi.
La situation était,
par ailleurs, calme à Port-au-Prince où aucun incident n’était signalé
mercredi.
Outre Saint-Marc, le
gouvernement a également repris aux rebelles les bourgades de Grand-Goâve
(sud-ouest) et de Dondon (nord).
La seule ville échappant
aux forces de police reste les Gonaïves (200.000 habitants), quatrième cité
du pays, qui est depuis jeudi sous le contrôle des rebelles du Front de résistance
révolutionnaire de l’Artibonite.
Au cours d’une conférence
de presse, les responsables de ce mouvement ont affirmé être "prêts"
à se battre "jusqu’au départ du président Aristide" et, pour
cela, envisager de marcher vers d’autres villes, comme Cap-Haïtien ou
Port-au-Prince.
"Aux Gonaïves,
nous avons un petit groupes de bandits, de terroristes liés à
l’opposition", a déclaré le président Aristide, en accusant le Front
d’utiliser "des femmes et des enfants pour se protéger quand ses membres
tirent sur la police ou brûlent des commissariats".
Le Front a démenti
tout lien avec l’opposition.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4403
Les partisans de
l’opposition traqués en province
Posté le 12 février 2004
Des
membres d’organisations populaires pro-lavalas font la chasse aux présumés
partisans de l’opposition dans plusieurs villes de province, particulièrement
à Saint-Marc, à Grand Goâve et à Petit-Goâve.
ARTIBONITE
Saint-Marc
- Au moins 7 cadavres, dont trois carbonisés, ont été dénombrés dans la
ville portuaire, au jeudi 12 février. Un climat de terreur règne à Saint-Marc
depuis l’intervention musclée lundi de la police et des civils armés
pro-lavalas dans le quartier de la Scierie, fief de RAMIKOSM, un groupe de
l’opposition. Plusieurs maisons ont été incendiées et des opposants sont
traqués par les activistes du pouvoir en place.
Gonaïves
- Le Front de résistance révolutionnaire a toujours le contrôle de la Cité
de l’indépendance. Le 11 février passé, les membres du front ont démoli
l’édifice du commissariat de police Toussaint Louverture qu’ils avaient déjà
incendié le jeudi 5 février. Par ailleurs, les responsables du groupe armé
ont rappelé qu’ils déposeraient les armes aussitôt après l’installation
d’un nouveau gouvernement. Ils ont aussi déclaré qu’ils n’entretenaient
aucune relation avec la plate-forme démocratique, un important regroupement de
l’opposition, basé dans la capitale, engagé dans une lutte « pacifique »
pour obtenir également le départ du chef de l’État.
Gros-Morne
- Deux personnes, blessées par balles lors d’une intervention musclée
d’agents anti-émeutes pour disperser une manifestation anti-lavalas, ont
succombé à leurs blessures. Un autre citoyen avait trouvé sur place le même
jour. OUEST
Grand-Goâve
- Les partisans du pouvoir ont engagé une chasse aux proches de l’opposition.
Une situation similaire se développe à Petit-Goâve, une ville voisine, où
les membres de l’opposition sont recherchés par des lavalassiens qui s’en
prennent à la population. Plusieurs riverains ont déjà abandonné la région.
SUD-EST
Jacmel
- Des proches du pouvoir, ayant à leur tête le chef d’organisation populaire
Jean Marc Jacquet, dit « ti Maya », ont dispersé mercredi à coups de gaz
lacrymogène une manifestation anti-Arihttp://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4401
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4408
Saint-Marc : 9 morts, de nombreux blessés
et des maisons incendiées
Posté le 13 février 2004
L’intervention
des forces de police dans la ville de Saint-Marc ( 96 kilomètres au nord-ouest
de Port-au-Prince) a fait au moins 9 morts et de nombreux blessés, selon ce
qu’ont indiqué différentes sources. Des maisons et des véhicules ont été
incendiés.
La
police nationale semble avoir repris totalement le contrôle de la ville de
Saint-Marc suite à une intervention musclée mercredi au cours de laquelle au
moins 9 personnes ont été tuées par balle. Les corps ont été retrouvés
entre mercredi et jeudi et certains seraient en décomposition, selon des témoins
qui qualifient de massacre l’intervention de la police. Des partisans du
pouvoir regroupés au sein de l’organisation « Bale Rouze » avaient pris
part à cette opération.
Un
dirigeant local de l’opposition considère que la police a commis un véritable
génocide dans la ville de Saint-Marc, affirmant que des cadavres de personnes
abattues lors de l’opération ont été emportés par les policiers.
Par
ailleurs, environ 8 maisons et deux véhicules ont été incendiés et
d’autres saccagés par des proches du pouvoir ou des partisans de
l’opposition. La maison du secrétaire général de Ramicosm (opposition) et
la clinique d’un médecin proche du pouvoir ont été brulées.
Samedi
dernier la ville de Saint-Marc était tombée aux mains des militants du groupe
Ramicosm (Rassemblement des militants de Saint-Marc). Cette organisation proche
de l’opposition avait occupé le commissariat de la ville déserté par la
police, ses militants avaient ensuite libéré les prisonniers et brulés
certains batiments publics. Selon un bilan partiel non officiel, au moins 49
personnes sont mortes en Haïti depuis le début de l’insurrection du Front de
résistance révolutionnaire des Gonaïves.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1229
Haïti
: les rebelles prêts pour l’offensive policière
13 février 2004
(AP) Les rebelles haïtiens se sont regroupés jeudi dans
le nord dans l’attente d’une offensive de police tandis que les diplomates
des Etats des Caraïbes devaient se réunir vendredi à Washington, pour des négociations
visant à mettre fin au soulèvement populaire qui a fait 49 morts et menace la
présidence de Jean-Bertrand Aristide.
Dans la capitale Port-au-Prince qui n’est pas touchée
par la violence, des militants haïtiens loyalistes, partisans d’Aristide, ont
réprimé une manifestation contre Aristide avant qu’elle ne démarre jeudi,
mettant le feu à des barricades le long du trajet du défilé de protestation
et lançant des pierres aux manifestants.
Les chefs de l’opposition ont accusé Aristide
d’orchestrer la répression. "Aristide a confirmé qu’il est un président
délinquant et hors-la-loi", a déclaré Evans Paul, chef de l’opposition
et ancien directeur de campagne d’Aristide.
Ces accusations ont été démenties par le pouvoir.
"Le gouvernement condamne ce qui s’est passé", a déclaré le
porte-parole du gouvernement haïtien, Mario Dupuy.
De son côté, le secrétaire d’Etat américain, Colin
Powell a estimé jeudi à Washington qu’un "changement de régime"
ne constituait pas une solution pour sortir ce pays de la violence. "La
politique de l’administration (Bush) n’est pas un changement de régime",
a-t-il déclaré devant la commission des relations étrangères du Sénat américain.
Vendredi, les chefs d’Etat des Caraïbes doivent se
retrouver dans la capitale américaine afin de discuter de la situation en Haïti.
Le soulèvement populaire qui a démarré il y a une
semaine à Gonaives, la quatrième ville du pays, a fait 49 morts et bloqué
l’arrivée de nourriture et d’essence dans l’ouest et le nord de Haïti.
Les prix de l’essence et de la nourriture sont ainsi
multipliés par 10 dans certaines régions, tandis que plus d’une dizaine de
postes de police, symboles du pouvoir d’Aristide, ont été incendiés.
Jeudi, les rebelles qui tenaient Gonaives se préparaient
à un assaut des forces de police. Alors que des résidants paniqués évoquaient
une contre-attaque de la police arrivée par bateaux, des tireurs se sont lancés
vers le port où ils ont ouvert le feu sur une embarcation qui a fait demi-tour.
Il était impossible de dire si des policiers étaient à bord.
Selon l’un des chefs rebelles, Winter Etienne, les forces
de l’opposition vont se soulever dans d’autres villes comme Saint-Marc et
Cap-Haïtien.
Selon Raoul Elysee, président de la Croix rouge haïtienne
dans la région de Gonaives, des dizaines de milliers de personnes ont fui la
violence au cours des derniers mois.
Haïti a vécu 32 coups d’Etat en 200 ans d’histoire,
le dernier étant survenu en 1991 lorsqu’Aristide a été écarté du pouvoir
huit mois après son élection.
En 1994, le président Bill Clinton a envoyé 20.000
soldats américains sur le sol haïtien pour mettre fin à la dictature
militaire, réinstaller Aristide au pouvoir et arrêter le flot d’immigrés haïtiens
qui arrivaient en Floride en bateaux.
http://fr.news.yahoo.com/040214/5/3n7a9.html
samedi 14 février
2004, 16h31
Les rebelles s'emparent
d'une ville du nord d'Haïti
LES
GONAIVES, Haïti (AP) - Les rebelles haïtiens se sont emparés de
Sainte-Suzanne, dans le nord de l'île, a-t-on appris samedi auprès de témoins
joints par téléphone. Aux Gonaïves, ils craignaient une contre-attaque de la
police.
D'après
ces sources, les rebelles ont attaqué et fait fuir la police dans la nuit de
vendredi à samedi, mettant le feu au poste, mais personne n'a été tué dans
cette petite ville située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de
Port-au-Prince. Haïti ne compte que 5.000 policiers.
Non
loin de là, ils ont barré la route reliant Trou-du-Nord à Ouanaminthe, à la
frontière dominicaine. Selon des marchands obligés de rebrousser chemin
samedi, l'acheminement de vivres et de carburant de République dominicaine est
ainsi interrompu.
Les
rebelles ont par ailleurs enflammé des barrages de pneus samedi matin à l'entrée
sud des Gonaïves qu'ils contrôlent depuis le 5 février et patrouillaient armés
de fusils alors que la rumeur prédisait une contre-attaque policière.
D'autres
opposants au président Jean-Bertrand Aristide ont appelé à une manifestation
de masse dimanche à Port-au-Prince, la capitale. Au moins 58 personnes, des
opposants pour la plupart, sont mortes depuis le début du soulèvement
populaire à la mi-septembre.
Les
organisations humanitaires redoutent une crise alimentaire et médicale. Les
Nations unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire
menant au nord d'Haïti. AP
http://fr.news.yahoo.com/040214/202/3n7kc.html
samedi 14 février
2004, 20h46
Haïti: la violence
s'intensifie dans le nord
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Le climat de violence en Haïti qui a déjà fait une cinquantaine de morts
depuis plus d'une semaine s'est accentué ces derniers jours notamment dans la
partie nord du pays où les rebelles sont les plus actifs.
Parallèlement les opposants politique qui réclament la démission
du président haïtien Jean Bertrand Aristide, ont accusé la diplomatie étrangère
de cécité devant les exactions des partisans du pouvoir.
L'opposition politique et un de ses principaux responsables
Evans Paul a d'ailleurs vivement critiqué samedi les propos tenus vendredi par
le secrétaire d'Etat américain Colin Powell qui s'oppose à tout "départ
illégal" du président Aristide.
M. Evans Paul a accusé le responsable américain de
"ne pas voir" les victimes du parti Lavalas au pouvoir.
"Il faut trouver une solution pacifique à la crise
sans (le président) Aristide et c'est sur ce point que nous divergeons avec les
Etats-Unis" a déclaré à l'AFP, Evans Paul.
L'opposition prépare d'ailleurs une nouvelle manifestation
pacifique dimanche à Port-au-Prince pour demander la démission du chef de
l'Etat.
Par ailleurs, selon une source gouvernementale, l'épouse
du président Aristide a quitté samedi la capitale Port-au-Prince pour se
rendre à Miami (Floride). Mme Aristide est aux Etats Unis pour assister à des
obsèques d'un membre de sa famille et doit regagnera lundi Haïti, a-t-on précisé
de même source.
Près de la localité de Dondon (dans le nord du pays, près
du Cap Haïtien) des dizaines de maisons appartenant à des partisans du
pouvoir, mais aussi à des membres de l'opposition, ont été incendiées ces
derniers jours, a indiqué samedi le maire de Cap-Haïtien, Wilmar Innocent.
Des opposants armés ont également pris le contrôle et
bloquent une des principales routes du nord du pays, a ajouté le maire.
Suite à ces incidents le gouvernement a réagi samedi et
le secrétaire d'Etat à la communication Mario Dupuy, a indiqué qu'il
s'agissait "d'incursions, ils (les rebelles) créent la panique et ils s'en
vont".
Des rebelles armés très mobiles, qui compteraient dans
leurs rangs d'anciens militaires de l'armée haïtienne dissoute en 1995 par le
président Jean Bertrand Aristide sont particulièrement actifs dans la région
du nord. Ils ont pour base de départ la région de Saint-Michel de l'Atalaye
(est), selon des informations concordantes recueillies par l'AFP.
Ces rebelles qui appartiennent au groupe dit de Pernales (centre-est
d'Haïti) et agiraient en liaison avec les rebelles des Gonaïves (nord-ouest),
ville toujours aux mains du Front Anti-Aristide.
La situation étaient par ailleurs très calme dans la
capitale et au Cap-Haïtien, deuxième ville d'Haïti et grande métropole côtière
du nord, aucun incident n'étant signalé.
En raison de ces tensions, un paquebot de croisière de la
compagnie américano-norvégienne Royal Caraibbean Cruise Line a annulé son
escale prévue lundi à l'ouest du Cap-Haïtien, a-t-on appris de source proche
de la compagnie.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1267
14 février 2004
The
gatekeeper to the town of
Behind
him is a town emptied by fear — a place where people whisper in the darkness
of their own homes with the curtains drawn against the crackle of gunfire. The
usually bustling market is still ; those who brave the streets are fidgety.
An anti-government
gang, Ramicos, overran the police station and took over St Marc, 88km north of
But the
gatekeeper, who holds the keys to the town in the barrel of his gun, is not a
policeman. He is a member of Bale Wouze, a gang that supports President
Jean-Bertrand Aristide and is leading the charge to regain control of the town.
Its Creole name means "sweep them out and mop them up". And that is
what they have been doing these past few days ; searching for leaders of Ramicos,
burning them out of their homes and executing them.
"There
is a formal connection between us and the government," says Bale Wouze’s
founder, Amanous Mayette. "We are collaborating with the authorities so
that they can control the situation."
But the
truth is that Bale Wouze are the authorities, and Mayette is their don. This is
mob rule. Young men walk in and out of his compound carrying guns and cartons of
spaghetti. The police happily defer to them, waving vehicles through the
official checkpoint so that the gatekeeper can do his job.
Civil
decay
"People
are afraid that the Bale Wouze are about to burn down their houses,"
whispers a young car mechanic, before ushering me out of his back door for fear
of reprisals. "They do whatever they want."
Such is
the nature of the political violence and civil decay that has brought
With no
military and only a few thousand police officers, Aristide relies on the muscle
of groups like the Bale Wouze to stay in power. He is too weak to rule
effectively by force alone, and, after a litany of claims of human rights
abusesand election-rigging, he cannot rule by consent.
"We
have 4 000 policemen who are ill-equipped and ill-trained," says the
minister for Haitians living abroad, Leslie Voltaire. "But what is
happening now could not happen in a dictatorship."
Yet with
no viable strategy for getting rid of Aristide and no clear agenda beyond his
departure, the opposition has cleared the path for an armed insurrection that
they are both unwilling and unable to lead.
"We
have not proposed an alternative," says the student leader Guy Leveille, an
Aristide opponent. "We believe in democracy and the people."
The
opposition’s refusal to negotiate, even with the mediation of the
international community, ensures deadlock. Anti-government gangs such as Ramicos
and the Cannibal Army, which still control the country’s fourth largest city,
Gonaive, present themselves as the only means of breaking that deadlock.
The
political culture is becoming increasingly militarised. With no moderate or
moderating voices the media, trade unions and professional associations have all
divided into pro- or anti-Aristide camps. And since the gun alone is law, there
is little prospect of order. Many, including much of the international community,
are far more afraid of the chaos that might ensue if Aristide resigned than of
the chaos over which he is presiding.
"We
are extremely worried by the potential for a downward spiral into increasingly
widespread and acute political violence that would place fundamental rights even
further in jeopardy," said Amnesty International last month, as it
criticised both the government and the opposition. "The threats to human
rights in
In a
country where phones are unreliable, television signals outside the capital are
often unavailable, most people cannot read newspapers and radio stations are
partisan, rumour is the common currency.
In such
situations geography takes on a particular significance. In Montrouis, 15
minutes’ drive from St Marc, the streets are full as people go about their
daily business as normal. The carnage in
The
answer to the question of whether
The
picture Aristide would like us to see was portrayed on a huge poster celebrating
In 1990,
when Aristide, then a young ascetic priest and liberation theologian, became the
country’s first legitimately elected president, it was the kind of comparison
many Haitians fervently hoped would be proved true.
Seven
months later the dream died when he was ousted in a coup, only to be born again
four years later, when he returned to huge popular acclaim with the assistance
of the
Priest
or predator ?
Many of
those who oppose Aristide now were with him then. The picture they now see
lurked below the poster on Thursday, when pro-Aristide mobs gathered at Canape
Vert, burning tyres and throwing rocks to stop an opposition demonstration.
Some
critics believe that power has transformed Aristide, from priest to predator.
Others feel they simply invested hope in the wrong man.
"He
hasn’t changed," says Jean-Claude Bajeux, the director of the ecumenical
centre for human rights. "We made the mistake of thinking that he was a
political leader. But he does not know or understand what a political party is
for."
Having
fixed the vote in favour of his Lavalas party in 2000, the opposition claims,
Aristide is devoid of democratic legitimacy. But he still retains some popular
support, with a strong base among the poor.
There
are many of them. According to Christian Aid the average Haitian earns £340 a
year, with the poorest 10% bringing home less than £20. It has the highest
rates of HIV infection and adult illiteracy and the lowest life expectancy —
53 — in the
It is
here that Aristide and his government are vulnerable. Undermining the wealthy
will not help the poor. Economic violence, caused in no small part by unfair
trade rules and an international embargo, plays a considerable role in making
political violence possible.
"Our
weakness is economic," says Voltaire. "A lot of people are not happy
with us because we have not delivered for them." — Guardian Unlimited ©
Guardian Newspapers Limited 2003
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1261
Les
violences se poursuivent à Port-au-Prince
14 février 2004
La route défoncée perce les quartiers populaires de
Port-au-Prince, un triste et abrupt embrouillamini d’habitations aussi
cubiques qu’inachevées. Ambiance parpaings gris sous le soleil, à peine égayée
par des fresques publicitaires éclatantes. Sur le bas-côté, des nuées de
vendeurs ambulants et de gargotes improvisées. Le travail informel bat son
plein. Dans ce pays en pleine déconfiture, ravagé par la misère, les gangs
armés et les violences politiques, l’écrasante majorité des huit millions
d’Haïtiens survit grâce à la débrouille.
Un pick-up vert se fraie avec autorité une troisième voie
à travers la circulation chaotique. Pas de plaques d’immatriculation. Les
voitures s’effacent poliment. « Ce sont des chimères, les partisans zélés
du président Aristide », signale un chauffeur de taxi d’un imperceptible
signe de tête. « Ils sont lourdement armés et très dangereux. Ils persécutent
les opposants », ajoute-t-il en fronçant les sourcils. Enrôlés dans les
bidonvilles des grandes villes, ces mercenaires, souvent commandés par des
repris de justice, sont le bras armé du régime de Jean-Bertrand Aristide. Cet
ex-prêtre salésien, élu président en 1990, démis par un coup d’Etat
militaire en 1991 puis revenu au pays en 1994 à la faveur de l’intervention
militaire américaine « Restore Democracy », a été réélu président en
2001 pour cinq ans. Une opposition hétéroclite réclame aujourd’hui la démission
de cet ancien messie des bas quartiers descendu de son piédestal à la suite de
violations répétées des règles les plus élémentaires de la démocratie.
Mais le président « Titid » s’accroche au pouvoir, et
martèle qu’il ne permettra jamais un nouveau coup d’Etat ourdi par les «
terroristes ». Jeudi matin, dans la capitale, une manifestation organisée par
la Plate-Forme démocratique, la principale coalition de l’opposition qui a
pris ses distances avec l’insurrection armée, a été étouffée dans
l’oeuf par des « chimères » et autres OP (Organisations populaires) Lavalas,
du nom du parti au pouvoir. Postés dès l’aube dans la zone du Canapé-Vert,
où était prévu le rassemblement, ces fidèles d’Aristide ont enflammé des
pneus et chassé les premiers manifestants à coups de caillasses et de tirs de
sommation. Une personne aurait été blessée par balle. Acquise à la cause du
gouvernement, la police a omis de réagir, et la manifestation a été remise à
dimanche.
Si à Port-au-Prince la situation semble encore contenue,
le reste du pays sombre dans l’anarchie.
Depuis le 5 février et le début de la révolte armée,
une cinquantaine de personnes au moins ont trouvé la mort, victimes des tirs
croisés, des exactions et de la « justice » expéditive pratiquées par les
deux camps. Entre deux airs de merengue, une musique tropicale en vogue dans les
Caraïbes, les radios d’opposition annoncent que les opposants doivent «
prendre le maquis » à Saint-Marc et Cap-Haïtien, en proie à de violentes répressions
policières après avoir été un temps prises par les rebelles. Une vingtaine
de maisons et les locaux d’une station de radio critique du régime ont été
incendiés, les écoles sont fermées, les rues entravées de barricades enflammées.
Bandes pro et anti-Lavalas se disputent le contrôle d’une dizaine de villes,
notamment dans la partie nord d’Haïti.
Vendredi, la ville des Gonaïves (nord-ouest), où en 1804
était proclamée contre les troupes napoléoniennes l’indépendance de la
première « République noire », était toujours aux mains des rebelles du
Front de résistance de l’Artibonite. Ces ex-séides du pouvoir, autrefois
connus comme l’« Armée cannibale », se sont retournés contre Aristide après
l’assassinat de leur chef en septembre dernier, imputé au gouvernement. Ils
seraient quelque deux cents combattants armés de fusils à pompe, voire pour
certains de fusils d’assaut M 16.
Les communications téléphoniques avec cette glauque métropole
de 200 000 habitants, plantée dans une région désertique, sont coupées
depuis une semaine, et les routes d’accès vers la partie nord du pays
demeurent partiellement bloquées. « Il y avait déjà une situation de crise
humanitaire larvée dans cette zone, explique à Port-au-Prince un coopérant
français. Mais le blocage des routes pourrait générer une pénurie
d’essence, donc plus d’électricité, une raréfaction de la nourriture et
de l’eau potable, et ainsi entraîner une situation catastrophique. » Déjà,
depuis le début des violences, les prix de certaines denrées de base ont été
décuplés en province.
Vendredi, à Port-au-Prince, des rumeurs persistantes
faisaient état d’une intervention imminente de la police (l’armée a été
dissoute par Aristide) et des groupes armés pro-Aristide aux Gonaïves. Les
rebelles se préparent à l’assaut, les habitants se terrent.
De nombreuses ONG craignent un sinistre scénario. Les
Etats-Unis ont recommandé à leurs ressortissants de quitter le pays. Selon
l’agence Reuters, Washington aménagerait même une partie de sa base de
Guantanamo, sur l’île voisine de Cuba, pour accueillir 50 000 éventuels réfugiés
haïtiens. Histoire d’éviter qu’un flot de boat people ne déferle à
nouveau sur les côtes américaines, comme ce fut le cas en 1994.
« Haïti subit aujourd’hui une dictature qui repose sur
le vol, le trafic de drogues, les assassinats et la violation des droits de
l’homme. C’est la voyoucratie de M. Aristide. La communauté internationale,
qui a remis Aristide au pouvoir, a un devoir impérieux envers le peuple haïtien
», lance l’opposant Pierre Robert Auguste, président de l’Association des
entrepreneurs de l’Artibonite et membre fondateur du « Groupe des 184 » (un
ensemble de politiques et d’intellectuels qui réclament la démission du président).
Originaire des Gonaïves et aujourd’hui planqué à Port-au-Prince, il appelle
de ses voeux une intervention étrangère mandatée par l’ONU pour sortir Haïti
de l’impasse.
Jeudi, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a
écarté la possibilité d’une intervention militaire et annoncé que les
Etats-Unis privilégiaient une solution politique à la crise. Il devait se réunir
vendredi avec les représentants de l’OEA (Organisation des Etats d’Amérique)
et de la Caricom (Communauté des Caraïbes) pour étudier le dossier haïtien.
Roméo Langlois et Pascale Mariani
Le Figaro.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4412
Le
front repousse une nouvelle tentative de la police d’entrer aux Gonaïves
Posté le 14 février 2004
Le
Front de résistance révolutionnaire aurait repoussé vendredi une tentative
des forces de police d’entrer dans la ville côtière des Gonaïves, tombée
entre les mains des rebelles, il y a plus d’une semaine.
C’est
ce qu’a déclaré vendredi le porte-parole du front Winter Etienne, dans la
presse locale. La direction générale de la police nationale n’a pas confirmé
cette information.
M. Etienne a déclaré
que les rebelles avaient fait échec à une opération menée par des policiers
à bord d’un bateau de la garde-côte haïtienne. Ce qui représenterait un
deuxième échec de la police en une semaine.
Samedi 7 février, des
agents anti-émeutes ont été contraints d’effectuer « un retrait stratégique
» face à la résistance des insurgés des Gonaïves, la quatrième ville du
pays. Cette première opération avait fait un mort parmi les policiers, selon
un bilan provisoire de la police. Les radios locales avaient fait état de sept
policiers tués.
Le porte-parole Winter
Etienne a affirmé vendredi que le front était équipé aussi bien pour les
combats terrestres que les attaques par mer. Les rebelles auraient quatre
chaloupes en leur possession, selon M. Etienne qui a annoncé l’acquisition
prochaine d’un hélicoptère.
http://fr.news.yahoo.com/040215/5/3n7qm.html
dimanche 15 février
2004, 5h50
Les rebelles haïtiens
recoivent des renforts
LES
GONAIVES, Haïti (AP) - Les rebelles haïtiens qui cherchent à renverser le président
Jean-Bertrand Aristide ont reçu samedi des renforts venus de la République
dominicaine voisine, selon des témoins joints par téléphone, tandis que les
forces de police haïtienne se sont enfuies de deux villes du Nord du pays.
Une
vingtaine de commandos sont arrivés samedi en Haïti, menés par Louis-Jodel
Chamblain, un ancien soldat haïtien, chef des escadrons de la mort en 1987
ainsi que de la milice connue sous le nom de Front pour l'avancement et le progrès
de Haïti (FRAPH), responsable de la mort et de la mutilation de nombreux Haïtiens
au début des années 1990.
Guy
Philippe, un ex-chef de police qui s'est enfui en République dominicaine après
avoir été accusé par le gouvernement haïtien d'avoir fomenté un coup d'Etat
en 2002, est également arrivé aux Gonaïves pour aider les rebelles dans leur
bras-de-fer avec le président Aristide.
Selon
des témoins joints par téléphone, ces hommes fraîchement débarqués sur l'île
travaillent avec les rebelles basés aux Gonaïves, mais se regroupent pour
l'heure à Saint-Michel de l'Atalaye, à environ 45km à l'est de Gonaïves.
"Chamblain
et ses hommes sont en train de profiter de la situation pour arriver à leurs
propres fins, ce qui signifie la perversion du mouvement démocratique", a
déclaré Himler Rebu, un des chefs de l'opposition et ancien colonel de l'armée
à la tête d'un coup d'Etat raté de 1989 contre le général Prosper Avril.
Par
ailleurs, les rebelles ont repris samedi la ville de Dondon dans le nord du
pays, selon des témoins, et se sont emparés de Sainte-Suzanne, deux localités
situées près du port de Cap-Haïtien.
Non
loin de là, ils ont barré la route reliant Trou-du-Nord à Ouanaminthe, à la
frontière dominicaine. Selon des marchands obligés de rebrousser chemin
samedi, l'acheminement de vivres et de carburant de République dominicaine est
ainsi interrompu.
Les
rebelles ont par ailleurs enflammé des barrages de pneus samedi matin à l'entrée
sud des Gonaïves qu'ils contrôlent depuis le 5 février et patrouillaient armés
de fusils alors que la rumeur prédisait une contre-attaque policière.
D'autres
opposants au président Jean-Bertrand Aristide ont appelé à une manifestation
de masse dimanche à Port-au-Prince, la capitale. Au moins 58 personnes, des
opposants pour la plupart, sont mortes depuis le début du soulèvement
populaire à la mi-septembre.
Les
organisations humanitaires redoutent une crise alimentaire et médicale. Les
Nations unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire
menant au nord d'Haïti.
"La
population, qui est complètement coupée des autres parties du pays, se trouve
dans une situation très risquée, très dangereuse", a déclaré le
Premier ministre Yvon Neptune depuis la capitale, Port-au-Prince. AP
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1269
Situation
toujours tendue dans le nord, des dizaines de maisons incendiées
15 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 14 fév (AFP) - La situation était
toujours très tendue dans le nord d’Haïti ou des dizaines de maisons
appartenant à des partisans du pouvoir, mais aussi à des membres de
l’opposition, ont été incendiées, a annoncé samedi le maire du Cap-Haïtien,
Wilmar Innocent. Ces maisons ont été incendiées ces derniers jours dans la
bourgade de Dondon, à une trentaine de kilomètres au sud de Cap-Haitien. Selon
M. Innocent, neuf maisons appartenant à des membres de l’opposition ont
d’abord été incendiées en représailles à une attaque d’hommes armés,
en début de semaine. Par la suite, une cinquantaine d’habitations de
partisans du parti Lavalas au pouvoir ont subi le même sort, lorsque ces mêmes
hommes en armes sont revenus dans la localité, selon la même source. Des
opposants armés installés contrôlent Dondon, a précisé le maire, ajoutant
que d’autres rebelles armés bloquent également une importante route dans le
nord du pays. Des rebelles très mobiles, qui compteraient dans leurs rangs
d’anciens militaires de l’armée haïtienne dissoute en 1995 par le président
Jean Bertrand Aristide, et qui appartiennent au groupe dit de Pernales (centre-est
d’Haïti) opéreraient désormais dans le nord avec pour base de départ la région
de Saint-Michel de l’Atalaye (est), selon des informations concordantes
recueillies par l’AFP. Ces anciens militaires agissent en liaison avec les
rebelles des Gonaïves (nord-ouest). La situation était par ailleurs très
calme à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien ou aucun incident n’avait été
signalé. Par ailleurs, un paquebot de croisière de la compagnie américano-norvégienne
Royal Caraibbean Cruise Line a annulé son escale prévue lundi sur la plage de
Labadie à l’ouest du Cap-Haïtien, a-t-on appris de source proche de la
compagnie.
http://fr.news.yahoo.com/040215/202/3n8ge.html
dimanche 15 février
2004, 21h42
Haïti: manifestation de
l'opposition à Port-au-Prince
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Un peu plus d'un millier de manifestants anti-Aristide ont manifesté dimanche
dans les rues de Port-au-Prince sous la protection de la police qui a du faire
usage de gaz lacrymogène pour disperser un groupe qui avait quitté le cortège
principal.
Malgré le nombre réduit de participants, la manifestation
a eu une grande portée symbolique, aussi bien pour l'opposition que pour le
pouvoir. Elle avait déjà été reportée à deux reprises par crainte
d'incidents.
"Nous ne serions
que cinq, nous serions des héros", commentait au début de la
manifestation André Apaid, leader du groupe des 184 qui regroupe la société
civile et le patronat. "Aujourd'hui, les gens ont peur de manifester",
a-t-il affirmé.
La police haïtienne était présente et encadrait la
manifestation avec des forces anti-émeutes. Une ambulance suivait également le
cortège.
Les manifestants se sont mis en marche vers 10H30 locales
(15H30 GMT) depuis la banlieue résidentielle de Pétionville au sud de
Port-au-Prince, en criant des slogans réclamant la démission du président haïtien.
Sur son parcours, le cortège s'est scindé en deux. D'un côté,
le gros de la manifestation a suivi les indications de la police, quittant
l'autoroute de Delmas, à l'est de la capitale, et se dispersant sans incident.
Passant le barrage de police, quelques deux cents jeunes
manifestants ont poursuivi leur chemin sur l'autoroute, s'approchant d'une zone
où étaient concentrés des partisans du président Aristide.
La police s'est interposée pour empêcher les deux groupes
d'entrer en contact. Après avoir demandé aux jeunes de rebrousser chemin, elle
a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser. Dans leur retraite, les
jeunes ont dispersé des pierres et des pneus pour bloquer la circulation.
La police a ensuite procédé à des arrestations, quatre
au moins, selon le journaliste de l'AFP.
André Apaid a estimé qu'il y avait des "infiltrés
qui devaient jouer le rôle de provocateurs". Il a réaffirmé qu'il
voulait le départ du président haïtien par des moyens pacifiques et voulait
éviter l'amalgame avec les insurgés des Gonaïves, au nord de la capitale, qui
ont choisi la voie armée.
Interrogé par l'AFP sur l'alliance de Louis-Jodel
Chamblain, un des chefs des paramilitaires haïtiens de la dictature du général
Raoul Cédras (1991-1994) et de l'ex-commissaire Guy Philippe avec les rebelles
des Gonaïves, André Apaid a estimé qu'ils représentaient "une vision du
passé dont le peuple haïtien ne veut plus".
"Nous soutenons le peuple du Nord d'Haïti qui demande
le départ de Jean Bertrand Aristide mais pas la lutte armée", a-t-il
indiqué.
"Nous voulons que M. Aristide démissionne, ce qui est
constitutionnel. Le danger c'est lui. Et le plus vite il partira, le plus vite
on pourra réconcilier le peuple haïtien", a-t-il affirmé.
Questionné à propos de l'enquête demandée par l'avocat
du gouvernement haïtien, Ira Kurzban, au département américain (ministère)
de la Justice à propos d'éventuelles violations de la législation américaine
("neutrality act") à cause de sa nationalité américaine, M. Apaid a
répondu qu'il s'agissait "d'une diversion", au moment où le pays vit
une crise majeure.
"Je suis haïtien
d'origine, mes parents sont nés en Haïti" a-t-il répondu.
http://www.azcentral.com/spanish/latin-america/articles/latin-america_95519.html
Rebeldes haitianos se preparan para una ofensiva
gubernamental
The
Associated Press
02/15/2004
-
GONAIVES, Haití (AP) _ Los rebeldes haitianos trabajan con fuerzas exiliadas de
Algunos
testigos refirieron que la policía huyó de dos poblaciones del norte de Haití.
Un
comando de 20 hombres llegó de la vecina República Dominicana, encabezados por
Louis-Jodel Chamblain, un soldado que dirigió a los escuadrones de la muerte
del ejército en 1987 y formó parte del Frente para el Avance y Progreso de
Haití (FRAPH), que asesinó o mutiló a decenas de personas entre 1992 y 1994.
Por
su parte, el ex jefe de la policía, Guy Philippe, quien huyó a
Algunos
testigos entrevistados por teléfono indicaron que los hombres trabajaban con
los rebeldes en Gonaives, pero estaban acumulando fuerzas en Saint-Michel de
l'Atalaye, aproximadamente 45 kilómetros al este de Gonaives.
Los
rebeldes iniciaron un sangriento levantamiento armado hace nueve días desde
esta ciudad, la cuarta del país, ubicada a unos 100 kilómetros al nordeste de
Puerto Príncipe. En los enfrentamientos han muerto 50 personas.
Unas
horas antes, la policía abandonó sus cuarteles y escapó ante la llegada de
rebeldes que atacaron un pueblo del norte de Haití y bloquearon la principal
ruta que conduce a
Durante
la noche, un contingente rebelde atacó a la policía de Saint Suzanne, un pequeño
pueblo a 30 kilómetros al suroeste del puerto septentrional de Cap-Haitien, según
testigos contactados por teléfono.
Los
testigos dijeron que la policía escapó y los rebeldes incendiaron la comisaría,
pero no hubo víctimas.
Entretanto,
el personal de las agencias humanitarias advirtió acerca de la posibilidad de
que se desatase una crisis alimentaria y médica como resultado del
levantamiento popular, que ha ocasionado medio centenar de muertes.
En
Washington,
Se
anticipa que los suministros de harina, aceite de cocina y otros productos básicos
podrían agotarse en cuatro días en las regiones del norte cuyas carreteras están
bloqueadas por los rebeldes que han capturado Gonaives y han quemado estaciones
policiales en otros pueblos de la región.
"El
problema es muy grave", dijo Raoul Elysee, funcionario de
El
primer ministro Yvon Neptune dijo a la prensa en Puerto Príncipe que "la
población que ha quedado totalmente aislada del resto del país se encuentra en
una situación muy, muy peligrosa".
http://www.europasur.com/edicion/mundo/mundo402097.htm
La familia de
Aristide abandona Haití
Fuentes
oficiales aseguran que se ha desplazado a Florida "para asistir a un
funeral"
AGENCIAS.
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PUERTO PRÍNCIPE.
La familia del presidente de Haití, Jean-Bertrand Aristide, ha abandonado de
forma imprevista el país hacia Estados Unidos, lo que ha incrementado la
incertidumbre en la crisis política del país.
La primera
dama, Mildred Trouillot, sus dos hijas menores y su madre abandonaron Haití en
un avión comercial con destino a Fort Lauderdale, en Miami, para asistir, según
fuentes oficiales, a un funeral.
La noticia de
este viaje se produjo horas después del secuestro por desconocidos de un
familiar de la primera dama y de una rueda de prensa del primer ministro, Yvon
Neptune, en la que aseguró que su Gobierno controlaba la situación frente a la
insurrección registrada en el norte del país.
Al menos 50
personas han muerto en disturbios y manifestaciones de grupos de la oposición,
que exigen la salida del Gobierno de Aristide, a quien acusan de ser el causante
de la crisis económica y social.
En su rueda de
prensa con periodistas extranjeros, Neptune aseguró el viernes que el Gobierno
mantiene el control del país, a pesar de la ocupación por rebeldes armados de
Gonaïves y otras ciudades del norte, donde sigue la tensión y los
enfrentamientos.
Neptune reiteró
que, en el caso de Gonaïves, donde surgió una insurrección popular el 5 de
febrero,
El responsable
del Programa Mundial de Alimentos en Haití, Guy Gauvreau, declaró en Puerto Príncipe
que la inseguridad es el mayor problema que afrontan los organismos de ayuda
humanitaria para prestar asistencia.
http://fr.news.yahoo.com/040215/85/3n8gk.html
dimanche 15 février
2004, 22h13
Heurts à Haïti entre
partisans et adversaires d'Aristide
Par Michael Christie
PORT-AU-PRINCE
(Reuters) - La première manifestation de l'opposition politique haïtienne
depuis le soulèvement qui a éclaté il y a dix jours a dégénéré dimanche
à Port-au-Prince en échange de jets de pierres entre des étudiants et des
partisans du président Jean-Bertrand Aristide.
La police a dispersé
les manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes et en tirant en l'air, et peu
après le départ des étudiants opposés à Aristide, des partisans du président
se sont répandus dans les rues aux cris de "Aristide pour la vie".
Aucun blessé n'a été
signalé à l'issue de ces heurts.
Les dirigeants de
l'opposition avaient appelé à manifester dimanche après l'échec, jeudi,
d'une tentative de manifestation, des partisans d'Aristide ayant bloqué les accès
au lieu de rassemblement.
Au début, la
manifestation de dimanche, dans le quartier bourgeois de Petionville, sur une
colline surplombant la capitale, n'a réuni que 150 personnes.
Mais après l'arrivée
d'une cinquantaine de policiers équipés de casques et de masques à gaz venus
escorter les manifestants, plusieurs centaines de personnes supplémentaires,
apparemment rassurées par cette présence policière, ont surgi de maisons et
de rues adjacentes pour se joindre aux protestataires.
"Nous les gens
d'Haïti sommes morts en 1804 pour libérer ce pays et nous devons mourir en
2004 pour nous libérer d'Aristide", a déclaré Jacques Robert, un
manifestant de 53 ans, en faisant allusion à la sanglante révolte contre les
colons français qui a abouti à l'indépendance d'Haïti.
La manifestation a dégénéré
au bout de deux heures environ lorsque la moitié des manifestants sont passés
outre aux ordres de la police qui leur enjoignait de contourner un quartier
populaire, théâtre de troubles fréquents lors de précédentes
manifestations.
S'écartant des
dirigeants politiques de l'opposition, des étudiants se sont engagés dans une
artère principale et ont entrepris de jeter des pierres sur des personnes soupçonnées
d'être des membres du Parti de la famille Lavalas, au pouvoir, et de les
attendre avec des armes.
Des jets de pierre ont
été échangés et quelques coups de feu ont été entendus.
Les policiers, tirant
en l'air, sont entrés dans le bidonville où se trouvaient les partisans de
Lavalas, mais ils en sont ressortis sans avoir procédé à aucune arrestation.
Des heurts ont éclaté
entre policiers et étudiants et la police s'est servie de gaz lacrymogènes et
a tiré en l'air pour disperser les manifestants.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4416
Le
directeur départemental de police du Centre tué par des rebelles
Posté le 16 février 2004
Le
directeur départemental du Centre Jonas Maxime, ainsi que son garde du corps, a
été assassiné lundi 16 février par un commando armé qui a attaqué le
commissariat de Hinche, a rapporté un correspondant local.
Le
directeur départemental de police du Centre et son garde du corps ont été
abattus au moment où des rebelles ont attaqué le commissariat central de
Hinche(128 kilomètres au nord-est de la capitale, 87 000 habitants). Deux écoliers
ont été blessés par balles lors de cette opération.
Jusqu’aux environs de
15 heures, les combats se poursuivaient entre les policiers, regroupés dans le
commissariat, et les assaillants en tenue de militaire.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4420
La ville
de Hinche totalement contrôlée par des rebelles antigouvernementaux
Posté le 16 février
2004
La
ville de Hinche (87000 habitants et 128km à l’est du pays) est passée lundi
en début soirée sous contrôle d’un groupe d’hommes armés opposés au Président
Jean Bertrand Aristide, ont confirmé des journalistes sur place.
Les
rebelles qui se sont emparés du commissariat de police de la ville aux termes
de près de deux heures de combat qui ont fait au moins trois morts dont le chef
de la police régionale, ont ensuite libéré les détenus de la prison, ont
constaté des témoins. Au moins trois personnes ont été blessées lors des
affrontements. Le directeur départemental de la PNH M. Jonas Maxime a été
abattu ainsi que son garde du corps à quelques mètres du commissariat. Un
autre policier a été également tué. L’ancien responsable de
l’organisation paramilitaire FRAPH Louis Jodel Chambelain aurait conduit cette
opération avec une cinquantaine d’hommes armés, ont rapporté les
correspondants locaux. A port-au-Prince, la direction de la police a confirmé
cette attaque et annoncé l’envoi de renforts sur le terrain. Samedi, M.
Chamblain avait publiquement fait alliance avec les insurgés des Gonaïves
qu’ont rejoint des anciens militaires et l’ex-commissaire de police Guy
Philippe.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4421
Saint-Marc
compte encore des morts
Posté le 16 février 2004
La
ville de Hinche est depuis lundi-après-midi tombée dans le camp des rebelles.
Trois personnes sont tuées lors des attaques.
ARTIBONITE
Saint-Marc – Violence
à Saint-Marc. Nixon François, 33 ans et un autre membre du groupe RAMIKOSM ont
été assassinés à Mogé, une localité proche de la ville, alors qu’ils
tentaient de quitter la ville, on rapporté des témoins. Selon Jean Hugues
Narcisse, secrétaire général de RAMICOSM (actuellement dans le maquis), ses
camarades ont été tués par des des membres de l’organisation populaire
pro-lavalas « Balé rouze ». le corps de Nixon père de trois enfants en bas-âge
aurait été brûlé. Par ailleurs, le coordonnateur du RAMIKOSM a lancé un
avis de recherche pour deux membres de sa famille, Michel richard Morransy et
Mathieu Narcisse porté-disparus depuis le début des violences organisées par
des proches du pouvoir pour reprendre le contrôle de la ville.
Jusqu’à présent
aucun bilan définitif des actes de violence enregistrés à Saint-Marc n’a pu
être établi, a indiqué un représentant d’organisme de défense des droits
humains. Selon le militant des droits humains, des corps de jeunes tués lors
des combats sont encore dans les mornes qui entourent la ville. Certains corps
seraient dévorés par des chiens a rapporté l’enquêteur.
L’ancien député
lavalas Amanus Mayette, dénoncé comme étant le chef des opérations meurtrières
survenues à Saint-Marc a présenté des excuses publiques à la population
saint-marcoise. Il a lancé un appel à l’union aux haïtiens en soutenant que
c’était aux haïtiens de résoudre la crise. Il a invité tous les civils armés
à déposer leurs armes pour que la paix revienne dans la cité de Nissage Saget.
Gonaïves – Les
rebelles ont toujours le contrôle de la cité de l’indépendance. Des
riverains n’ont exprimé aucune préoccupation quant à l’absence
d’autorités policières dans la ville. Les membres du Front ont enlevé trois
monuments de héros de l’indépendance Christophe, Pétion, Toussaint de la
place d’armes des Gonaïves sous prétexte que ces monuments placés par les
autorités devant l’empereur Dessalines empêcheraient le père de la patrie
de chasser le président Aristide. Les communicationes téléphoniques sont
toujours coupées dans la ville. Les activités fonctionnent timidement.
CENTRE
Hinche – Des civils
armés menés par Louis Jodel Chamblain ont pris le contrôle du commissariat
principal de la ville ce lundi. Le commissaire divisionnaire et directeur départemental,
Jonas Maxime, et son garde du corps ont été tués par les assaillants. Deux élèves
auraient été blessés. Les policiers ont déserté et tous les prisonniers se
sont échappés. Des habitants ont ensuite investi les locaux du commissariat en
criant « vive Gonaïves ». Selon les dernières informations, les assaillants
auraient mis le feu à la résidence du délégué départemental, Bazelais François.
A Mirebalais, on
assiste à un renforcement des dispositifs de sécurité dans la perspective
d’une attaque d’hommes. La population locale est paniquée et des civils armés
sont aperçus avec les policiers.
http://www.edicom.ch/news/international/040216021337.mo.shtml
16 février 2004
Manifestation contre
Aristide à Port-au-Prince
par Michael Norton
PORT-AU-PRINCE, Haïti (AP) -- Malgré la menace des
partisans du président Jean-Bertrand Aristide, les sympathisants de la
Plate-forme démocratique de l'opposition haïtienne se sont rassemblés
dimanche pour une grande manifestation à Port-au-Prince.
Les rebelles quant à eux auraient reçu le renfort d'une
vingtaine de miliciens revenus de leur exil en République dominicaine voisine.
Au moins 58 personnes sont mortes depuis la mi-septembre.
Se rassemblant aux cris d'»A bas Aristide», les membres
de la Plate-forme ont déclaré qu'ils ne soutenaient pas la violence mais
qu'ils voulaient comme les rebelles renverser le président. Mardi dernier, lors
d'une telle manifestation, des partisans de l'ancien prêtre ont jeté des
pierres et bloqué les protestataires.
Les rebelles ont lancé leur soulèvement neuf jours
auparavant des Gonaïves, quatrième ville du pays située à 110km au
nord-ouest de la capitale et qu'ils contrôlent. Ils seraient moins nombreux que
les 5.000 policiers mais une vingtaine de miliciens et policiers en exil en République
dominicaine, qui partage l'île avec Haïti, seraient venus en renfort ces
derniers jours.
Un ancien soldat et milicien haïtien, Louis-Jodel
Chamblain, a ainsi été vu aux Gonaïves par plusieurs témoins. Il avait dirigé
les escadrons militaires de la mort en 1987 ainsi que le groupe paramilitaire du
FRAPH (Front pour l'avancement et le progrès haïtien) qui avait tué et mutilé
des centaines de personnes entre 1991 et 94. Il s'était exilé en République
dominicaine au milieu des années 90.
Guy Philippe, ancien chef de la police exilé de l'autre côté
de la frontière après avoir été accusé de fomenter un coup d'Etat en 2002,
a également été repéré.
Dans un entretien filmé obtenu par l'Associated Press
Television News (APTN), Guy Philippe a assuré qu'il était rentré en Haïti
pour se battre pour le peuple, affirmant qu'il n'a pas d'aspirations politiques.
»Nous n'avons pas de plate-forme politique», a déclaré
l'ancien chef de police âgé de 35 ans. «Notre combat est pour (avoir) un
meilleur pays. (...) Nous luttons pour la présidence, pour le peuple, pour nos
convictions.»
Il a ajouté que les rebelles disposaient d'un arsenal et
qu'il n'était pas dans l'intérêt des Etats-Unis d'intervenir en Haïti. »Nous
ne voulons pas nous battre contre eux», a-t-il déclaré. «Nous nous battons
pour notre propre cause.»
Des témoins joints par téléphone affirment que la
vingtaine de miliciens et de policiers arrivés en renfort travaillent avec les
rebelles aux Gonaïves mais se rassemblaient à Saint-Michel de l'Atalaye, à
45km à l'est de la ville.
Haïti voit le mécontentement grandir parmi ses huit
millions d'habitants depuis que le parti d'Aristide a remporté des élections législatives
truquées en 2000 et que plusieurs millions de dollars d'aide internationale ont
été gelés. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a néanmoins déclaré
vendredi que les Etats-Unis et le reste de la communauté internationale «n'accepteraient
aucun résultat (...) qui soit une tentative de destituer le président d'Haïti».
Redoutant une crise alimentaire et médicale, les Nations
unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire menant au
nord d'Haïti, où 268.000 personnes dépendant de l'aide alimentaire en sont
privées. AP
st/v266/kb/v22
© AP - The Associated Press. Tous droits réservés.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1286
La
guerre civile en Haïti
16 février 2004
Le pouvoir central est au bord de l’explosion dans la
capitale où une manifestation était organisée hier par l’opposition.
La capitale haïtienne Port-au-Prince restait hier sous
contrôle du pouvoir. En revanche dans le reste du pays, le gouvernement ne possède
plus qu’une influence limitée avec des forces de police insuffisantes et une
administration en décomposition. Mais même Port-au-Prince commence à être désorganisée.
L’université est fermée depuis que des bandes armées y sont entrées le 5 décembre
et l’hôpital général est à moitié déserté. Le parti au pouvoir accuse
la communauté internationale et l’opposition haïtienne d’être
responsables du climat insurrectionnel qui règne dans le pays alors que les
opposants dénoncent la responsabilité du président Jean-Bertrand Aristide
dans cette vague de violence qui a fait une cinquantaine de morts. Au cours des
deux dernières semaines, dix villes « ont été prises en otage », selon la
formule de Jonas Petit, porte-parole du parti Lavalas au pouvoir. Certaines ont
été reprises, mais au nord de la capitale dans l’Artibonide, les Gonaïves,
quatrième ville du pays, reste aux mains d’insurgés armés qui menacent de
marcher sur Port-au-Prince. Ils ont reçu le soutien d’anciens paramilitaires
de l’ex-dictateur Raoul Cedras (1991-1994) avec à leur tête l’un de leurs
chefs, Louis-Jodel Chamblain, et de l’ex-commissaire Guy Phillipe. Tous deux
sont revenus en Haïti alors qu’ils étaient en exil en République
dominicaine voisine. Des incidents violents ont aussi touché la localité de
Dondon, non loin de la deuxième ville du pays Cap Haïtien (nord) qui sont
attribués au groupe dit de Pernales (centre-est). « Nous sommes dans une
situation effervescente au plus haut point », dit Jonas Petit. « Les forces de
police, composées de moins de 5000 hommes sont insuffisantes », explique-t-il.
« On ne peut assurer la sécurité dans tout le pays et la priorité a été
donnée à Port-au-Prince », ajoute-t-il. Selon lui, personne ne pourrait arrêter
une colonne de 500 hommes bien armés.
Gonaïves : de nos envoyés spéciaux Pascale Mariani et
Roméo Langlois [16 février 2004]
Au coeur de la cité rebelle des Gonaïves, le commissariat
de police et sa prison attenante ne sont plus qu’un fatras de décombres. Le
squelette calciné de l’édifice achève de s’effriter sous les coups de
gourdins de quelques jeunes acharnés, résolus à raser définitivement ce
symbole honni du pouvoir présidentiel. « Les policiers ne sont pas près de
revenir », se réjouit-on. Plus de troupes loyalistes ni de maire dans cette
ville de 200 000 âmes plantée sur une côte désertique du nord-ouest haïtien.
Le 5 février, le Front de résistance de l’Artibonite, du nom de la région,
a pris le contrôle des Gonaïves lors d’une attaque en règle contre le
commissariat. Une dizaine de policiers ont trouvé la mort, les survivants ont détalé,
une centaine de prisonniers ont été libérés.
Ce fut la première victoire de l’opposition armée
contre le chef de l’Etat Jean-Bertrand Aristide. Depuis, la guérilla s’est
étendue à une bonne moitié nord du pays, aujourd’hui en proie à un chaos
grandissant. Lunettes noires et airs de matamores sous des coupes rastas ou des
bobs militaires, les combattants du Front de résistance sillonnent les Gonaïves
toutes mitrailleuses dehors, à moto ou entassés sur des pick-up tout-terrain.
Pas une ruelle n’a été épargnée par l’ouragan insurrectionnel.
Barricades, pneus enflammés et tas d’ordures, carcasses de voitures démembrées,
bus renversés, chaussées semées de gravats et sentinelles par centaines.
La reprise de la ville par les forces gouvernementales
s’annonce malaisée. Les seules voitures autorisées à zigzaguer entre les décombres
sont celles de la presse. Et « seuls les journalistes Blancs », donc étrangers,
sont admis, a précisé un porte-parole des rebelles, afin d’éviter toute
infiltration des partisans du parti Lavalas au pouvoir. « Depuis que cette
ville a vu le jour, elle a toujours été frondeuse », explique un prêtre des
Gonaïves. C’est notamment ici que fut proclamée en 1804 l’indépendance de
la « première République noire » en 1804, et que les dictateurs Duvalier père
et fils ont eu le plus de fil à retordre. Cette fois, la révolte contre
Aristide est partie de Raboteau, un secteur miséreux proche du centre-ville. Au
croisement de deux artères populeuses trône une tombe, surmontée d’un buste
de bronze, et ornée de la sinistre photo du cadavre aux yeux arrachés d’Amiot
Métayer.
Cet enfant du quartier devenu chef de gang s’était
pourtant battu pour le retour d’Aristide au pouvoir, en exil aux Etats-Unis
après un coup d’Etat militaire en 1991. Aristide revenu au pays suite à une
intervention militaire américaine en 1994, puis réélu en 2000 pour cinq ans,
Amiot Métayer était devenu dans la région des Gonaïves le chef de l’« Armée
cannibale », une milice armée et arrosée par Aristide pour étouffer toute
velléité contestatrice. « Aujourd’hui, les armes fournies par Aristide se
retournent contre lui », résume un jeune de Raboteau. Car le 21 septembre
2003, l’assassinat du cacique Métayer (« le sacrifice » corrigent ses fidèles),
imputé à des sbires du président, a mis le feu aux poudres. Jean-Bertrand
Aristide aurait fait liquider ce gênant témoin des exactions du régime quand
l’Organisation des Etats américains (OEA) a réclamé son arrestation. Fatale
erreur. Le quartier de Raboteau, d’où partaient autrefois les raids punitifs
contre les opposants, basculait aussitôt contre le pouvoir et les balles commençaient
à fuser dans les rues des Gonaïves. L’Armée cannibale est devenue le Front
de résistance, commandé par Butteur Métayer, frère du défunt. Voilà ce
dernier en chapeau de cow-boy, escorté d’hommes en mini-Uzis, improvisant
samedi une conférence de presse en créole dans une baraque du port de Raboteau.
Il explique partager le même objectif que l’opposition
du Groupe des 184 et de la Plateforme démocratique, deux coalitions de
mouvements politiques non armés qui réclament la démission d’Aristide. «
Mais nous ne travaillons pas ensemble », précise-t-il. « Si l’ONU et
l’OEA chassent Aristide, nous déposerons les armes demain matin. Un coup de
fil de George Bush suffirait à le faire partir. »
Mais lors de son dernier appel au calme, vendredi, le secrétaire
d’Etat américain Colin Powell a réitéré que Washington « n’acceptera
pas d’issue qui viserait à démettre le président élu de Haïti ». Les
rebelles n’ayant d’autre objectif que celui-ci, une solution négociée ne
semble pas être à l’ordre du jour. D’autant que le Front fanfaronne, et
semble sûr de sa force. « Nous n’avons pas de nourriture, mais sommes des
soldats aguerris et bien armés. Pour des raisons tactiques, je ne dirai pas
combien, mais nous sommes bien plus de deux cents. Et à raison de mille
cartouches par jour et par soldat, nous pouvons tenir un an », a déclaré au
Figaro Winter Etienne, porte-parole des rebelles des Gonaïves. Fusils M 16, M
14 et Galil, plus quelques mitrailleuses M 60, l’homme énumère son arsenal.
Et se gausse bien des 5 000 policiers d’Aristide. « Ils n’osent pas venir
aux Gonaïves. Ils ont bien essayé il y a huit jours. Nous en avons tué
quatorze, les autres se sont enfuis. » Pour preuve, il sort de sa poche les
cartes de fonction de plusieurs des victimes, avant de raconter comment il est
entré en communication mystique avec feu son ami Amiot Métayer lors d’une séance
de vaudou.
Outre les armes fournies ces dernières années par
Aristide, les réserves récupérées dans les commissariats d’une douzaine de
villes du nord tenues par les rebelles ont accru leur puissance de feu.
D’anciens combattants de l’armée nationale (dissoute en 1995 par Aristide)
et autres chefs de guerre d’Haïti ont en plus annoncé samedi qu’ils
s’alliaient au Front. L’objectif : « Nous proclamerons d’abord la République
indépendante du grand nord d’Haïti, puis nous marcherons sur Port-au-Prince.
En mars, nous serons au palais présidentiel », annonce Winter Etienne.
Certains habitants avancent même qu’il pourrait attaquer
Port-au-Prince, à 150 kilomètres plus au sud, bien avant ce délai. « Ils ont
déjà des hommes dans la capitale », chuchote un civil. Autre point fort des
rebelles : « Le Front a le soutien de la plupart des habitants de Gonaïves.
Terrorisés jusqu’alors par les exactions des policiers, ils le considèrent
comme un moindre mal », estime Raoul Elysée, président du comité régional
de la Croix-Rouge haïtienne. Et de montrer les photographies d’un jeune détenu
des Gonaïves torturé au plastique fondu par les forces de l’ordre. Selon
lui, un calme relatif est revenu dans la cité de l’indépendance depuis
l’attaque du commissariat. Depuis janvier, les combats de rues étaient
presque quotidiens. Raoul Elysée décompte plus de 200 blessés. « Le Front
organise à présent des battues aux voleurs dénoncés par les habitants. Il y
a des exécutions tous les jours. Leurs corps sont brûlés et jetés dans les
rues. » Outre le rationnement d’électricité, la paralysie des transports et
des communications téléphoniques, la pénurie aggravée de médicaments et
d’aliments, c’est surtout la peur d’une contre-attaque des forces
gouvernementales qui ronge les habitants des Gonaïves, dont les rues sont désertes
dès la tombée du jour.
Le Figaro.
http://fr.news.yahoo.com/040217/85/3nf8k.html
mardi 17 février
2004, 21h46
Haïti demande une aide
internationale, l'insurrection progresse
Par Amy Bracken
PORT-AU-PRINCE
(Reuters) - Le gouvernement haïtien a appelé mardi à l'aide internationale
pour mettre un terme à la violente insurrection qui a gagné une nouvelle ville
du centre du pays et menace de plus en plus le président Jean-Bertrand
Aristide.
Le secrétaire d'Etat
américain, Colin Powell, a exclu tout envoi, dans l'immédiat, d'une force armée
en Haïti tandis que le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin a
fait part de la disponibilité de la communauté internationale pour aider à résoudre
politiquement la crise.
"L'aide de la
communauté internationale est essentielle", a déclaré à Port-au-Prince
le Premier ministre haïtien Yvon Neptune, qui a précisé que les autorités
tentaient de reprendre le contrôle de la ville de Hinche, dans le centre du
pays.
Aidés par des
combattants de retour d'exil, une quinzaine d'insurgés ont attaqué lundi le
poste de police de cette localité, a-t-on appris de source proche de la police.
Les policiers, à cours de munitions, ont été autorisés à partir.
Le gouvernement a
attribué l'attaque de Hinche à Louis Jodel Chamblain, ancien responsable d'une
milice d'extrême droite qui a terrorisé les Haïtiens au début des années
1990.
Un correspondant de
Reuters présent dans la ville, Michael Christie, a pu voir Chamblain pénétrer
mardi à Hinche en tête d'un convoi de 4X4, escorté de quelque 25 hommes en
armes et en tenue de camouflage. Les habitants qui n'ont pas fui la ville ont
applaudi à son passage.
Chamblain et Guy
Philippe, ancien chef de la police haïtienne, seraient rentrés ce week-end
dans le pays en franchissant la frontière depuis la République dominicaine.
Une cinquantaine de
personnes sont mortes à Haïti depuis que des insurgés ont pris, le 5 février,
le contrôle de Gonaïves.
LE RETOUR DE
COMBATTANTS EXILES
Neptune a affirmé que
d'anciens membres de l'armée ou de milices paramilitaires avaient pu rentrer au
pays parce que les Etats-Unis et la République dominicaine, qui leur avaient
accordé l'asile, n'avaient pas pris les dispositions nécessaires pour les empêcher
de retourner en Haïti.
Il a ajouté que le
gouvernement haïtien était incapable de protéger des petites villes comme
Hinche avec ses seules forces de police sous-entraînées et mal payées.
Aristide a démantelé
son armée après avoir été rétabli au pouvoir en 1994 par les Etats-Unis à
la suite d'un coup d'Etat contre lui. La police, qui ne compte que 5.000 hommes,
a été dépassée aux Gonaïves et dans bien d'autres villes.
L'attaque de Hinche
marque une nouvelle étape dans la crise haïtienne, où la situation semblait
s'être stabilisée ces derniers jours. Les rebelles des Gonaïves eux-mêmes
ont dit se sentir renforcés par l'arrivée de combattants de l'étrangers, en
ajoutant qu'ils envisageaient d'avancer dans le pays.
La République
dominicaine, qui partage avec Haïti la même île d'Hispaniola, a aussi demandé
mardi l'aide internationale.
"Il est temps pour
la communauté internationale, pour les agences de prêts multinationales et
pour les gouvernements amis d'intervenir (...) dans l'aggravation d'une crise
qui pourrait s'avérer très préjudiciable pour la région", a déclaré
Francisco Guerrero Prats, chef de la diplomatie dominicaine.
"TROUVER UNE
SOLUTION POLITIQUE"
Neptune a estimé que
les Etats-Unis auraient pu empêcher la prise de Hinche en fournissant davantage
d'entraînement et de soutien logistique à la police.
Mais Powell a affirmé
que Washington n'envisageait pas d'envoyer à ce stade une force militaire et préférait
agir sur le terrain diplomatique.
"Nous ne sommes
franchement pas enthousiastes à l'idée d'envoyer maintenant des forces
militaires ou des forces de police pour mettre un terme aux violences auxquelles
nous assistons", a-t-il dit. "A l'heure actuelle, nous souhaitons
trouver une solution politique. Plusieurs pays sont d'accord pour, par la suite,
envoyer une force de police pour observer le respect d'un accord
politique."
Mardi matin, sur les
ondes de France Inter, Dominique de Villepin a de son côté appelé la classe
politique haïtienne à "un sursaut" et a fait part de la disponibilité
de la communauté internationale à aider au retour au calme.
Le ministre des
Affaires étrangères a précisé avoir "demandé qu'une cellule de crise
puisse se réunir au Quai d'Orsay en urgence aujourd'hui pour rassembler
l'ensemble des administrations françaises et voir ce que nous pourrions faire
comme contribution immédiate".
Interrogé sur l'éventuel
envoi d'une force de paix dans l'île en proie à la violence, Dominique de
Villepin a rappelé que la France était en liaison avec ses partenaires
"dans le cadre des Nations unies, qui ont envoyé une mission
humanitaire".
Le Parti socialiste
français a de son côté invité le président Aristide à démissionner pour
créer les conditions d'un retour à la paix civile, tout en précisant dans un
communiqué que les "bandes armées (...) qui contrôlent une partie du
territoire ne constituent en aucune manière la relève démocratique attendue
par la population" et en renouvelant son soutien "aux forces démocratiques
et pacifiques" du pays.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4423
Les
rebelles prennent au moins trois nouvelles localités dans le centre
Posté le 17 février 2004
Au
moins trois nouvelles localités (centre-est) sont tombées mardi entre les
mains des rebelles qui réclament la démission du président Jean Bertrand
Aristide, a confirmé l’envoyé spécial de l’agence dans la région.
Le
groupe d’anciens millitaires armés, ayant à sa tête l’ancien responsable
du l’ex-Front pour l’avancement et le progrès d’Haïti (FRAPH) Louis
Jodel Chambelain, a progressé vers Saint-Michel de l’Attalaye, Thomonde et Maïssade
où ils ont trouvé des commissariats abandonnés par les policiers en faction.
Un peu plus tôt mardi,
le chef du gouvernement Yvon Neptune avait précisé que les autorités
tentaient de reprendre Hinche, la ville la plus importante de la région, dont
les assaillants avaient pris le contrôle la veille, après au moins deux heures
d’affrontements avec les forces de l'ordre. Les combats avaient fait au moins
trois morts, dont le chef de la police régionale et son garde du corps, et
trois blessés.
Les rebelles seraient
en provenance de Pernales, une localité voisine où des incidents violents,
attribués par le gouvernement à un groupe d’anciens militaires, étaient
enregistrés depuis plusieurs mois.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4427
Le calme
est revenu à Hinche
Posté le 17 février 2004
Un
jour après l’attaque menée par un groupe d’individus armés contre le
commissariat principal de Hinche, le calme règne : assaillants et policiers
ayant vidé les lieux.
CENTRE
Hinche – La ville
s’est réveillée dans le calme mardi 17 février, au lendemain de l’attaque
d’individus armés sur le commissariat local. Pas un seul policier ni un
assaillant n’a été aperçu dans la ville. Un bilan partiel de l’opération
fait état de trois morts, deux policiers et un prisonnier, et deux élèves
blessés. Les sous-commissariats de Pandiasso et de Maïssade ont été également
incendiés.
ARTIBONITE
Gros-Morne – Des
membres du Front de résistance révolutionnaire des Gonaïves, ayant à leur tête
le fugitif Jean Pierre dit Jean Tatoun, ont visité mardi la commune. Les
rebelles ont annoncé une chasse aux partisans armés du pouvoir qui terrorisent
les populations locales. Une manifestation anti-Aristide a été organisée pour
saluer le passage des insurgés.
Gonaïves - Le Front de
résistance révolutionnaire anti-Aristide a été rebaptisé Front pour la libération
et la reconstruction nationale (FLRN), selon Winter Etienne, porte-parole du
groupe qui exige le départ du président Aristide. M. Etienne a confirmé que
l’ancien commissaire de police Guy Philippe, exilé en République voisine, a
refait surface aux Gonaïves et s’est allié au front depuis son retour au
pays. M. Etienne a invité tous les citoyens qui approuvent les actions du front
à les rejoindre pour la libération des principales villes du pays.
SUD-EST
Jacmel – Des membres
d’organisations populaires (OP) pro-lavalas ont remplacé mardi à la
direction de la douane locale, Edouard Saint-Pierre, installé récemment, par
Valès François, un des leurs. M. Saint Pierre n’a passé qu’une semaine á
son poste.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4428
De
nouvelles localités abandonées par la Police nationale
Posté le 18 février 2004
La
police nationale a déserté un certain nombre de villes dans le département du
centre où la ville de Hinche (12000 habitants) était déjà tombée lundi aux
mains des rebelles antigouvernementaux.
Mardi,
les agents de la police nationale se sont retirés sans combattre des villes de
Mirebalais (10000 habitans), Thomonde, Lascahobas, Maïssade (de 6 à 7 milles
habitants et de la localité de Cange devant l’avancée des anciens militaires
qui sont entrés dans ce département limitrophe avec la république
dominicaine. C’est l’ex-paramilitaire Louis Jodel Chamblain à la tête
d’une vingtaine d’hommes armés qui s’était emparé de la ville de Hinche.
Depuis, les policiers ont abandonné les localités avoisinantes et les villes
importantes du Centre, ont confirmé des témoins sur place.
A
Port-au-Prince, une source proche de la direction générale de la PNH a confirmé
le retrait des policiers dans les villes du Centre. La source qui a souhaité
garder l’anonymat explique que les policiers n’avaient plus aucun contact
entre-eux et avaient perdu leurs principales bases dans les villes de Hinche et
Mirebalais.
Selon un reporter de
Haiti Press Network envoyé dans le département du centre, plusieurs centaines
de personnes parmi la population auraient apporté leur appui au mouvement des
rebelles. Des manifestations spontanées ont été organisées dans les villes
abandonnées par la police régulière.
Depuis l’éclatement
de la rébellion armée contre le gouvernement du Président Aristide, de
nombreuses villes et localités du pays sont tombées aux mains des rebelles du
Front de résistance des Gonaïves et des anciens militaires venus pour la
plupart de la République dominicaine. Pour l’instant le gouvernement n’a
plus le contrôle des départements de l’Artibonite et du Centre et a perdu
une partie du Nord et u Nord’est.
http://fr.news.yahoo.com/040218/5/3nimb.html
mercredi 18 février
2004, 15h57
Quatre villes haïtiennes
désertées par la police
PORT-AU-PRINCE
(AP) - Quatre villes haïtiennes ont été désertées par la police, ont
rapporté mercredi les radios de l'île.
Radio
Métropole a affirmé que 30 policiers armés, qui s'étaient barricadés dans
la ville de Mirebalais, ont fui dans la nuit de mardi à mercredi. Des postes de
police ont également été désertés mardi à Belladere (nord), le long de la
frontière avec la République dominicaine, ainsi que dans les villes de
Savanette et Las Cahobas (centre).
Ces
antennes sont généralement occupées par une dizaine d'officiers simplement
armés de revolvers, et parfois d'un fusil. Des témoins ont rapporté que
certains policiers étaient tellement effrayés qu'ils avaient ôté leur
uniforme.
L'Union
européenne a par ailleurs exhorté mercredi le gouvernement haïtien et
l'opposition à mettre un coup d'arrêt à la violence et à rechercher une
solution politique à la crise. "Toutes les solutions constitutionnelles
doivent être prises en compte", soulignent les Quinze dans un communiqué.
AP
http://www.haiti-info.com/imprimer.php3?id_article=1338
18 février 2004
SAINT-DOMINGUE, 18 fév (AFP) - Le président de la Républicaine
dominicaine Hipolito Mejia a reconnu mercredi qu’il était difficile pour son
pays de contrôler la frontière avec Haïti que certains opposants au président
Jean-Bertrand Aristide exilés ont franchi ces derniers jours. "La frontière
est très difficile de contrôler, je l’ai dit avec franchise", a dit le
président Mejia, qui a cependant affirmé que les opposants haïtiens ne
pourront plus revenir en République dominicaine. Mardi, l’ambassadeur de Haïti
à Cuba Marie-Andrine Constant a déclaré que "la moitié des putschistes
et ceux qui ont attaqué Hinche (centre de Haïti) vivent en République
dominicaine". Interrogé par les journalistes à ce sujet, le président
dominicain a répondu : "c’est possible, c’est possible".
"J’ai déjà parlé de cela à la frontière et je l’ai dit. C’est
possible, là où il y en a le plus c’est là, c’est vrai", a-t-il
ajouté. La République dominicaine partage avec Haïti l’île d’Hispaniola.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1330
19 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 18 fév (AFP) - Plusieurs localités de
l’est d’Haïti ont été désertées par les policiers devant la menace des
insurgés armés qui opérent dans la région depuis le début de la semaine,
selon des informations recueillies mercredi par l’AFP. Les insurgés contrôlent
depuis lundi Hinche, le chef-lieu de cette région. Les localités concernées
sont notamment les communes de Maïssade, Belladère, Thomonde, Pandiassou et
Savanette, où les insurgés, très mobiles avec des véhicules tout terrain de
fabrication récente, font des incursions sporadiques. A Belladère, les
policiers ont donné à la population le mobilier du commissariat, dont des
matelas, avant de quitter la ville. Par la suite, des habitants ont enlevé les
portes et les fenêtres du bâtiment. La ville de Mirebalais, à 57 km au
nord-est de Port-au-Prince, comptait encore des membres de la police dans son
commissariat mercredi matin, selon un journaliste local contacté par l’AFP
par téléphone. "Une atmosphère de peur règne toutefois dans la ville
dont la population craint une attaque des insurgés", a précisé ce
correspondant. A Port-au-Prince, la capitale, le calme régnait mercredi matin
de même qu’au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays et objectif déclaré des
insurgés armés. Les violences ont fait plus de 50 morts en Haïti depuis
qu’un groupe armé a pris le contrôle des Gonaïves (nord-ouest), la quatrième
ville du pays, le 5 février.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4437
Fort-Liberté et Ouanaminthe
sans policiers
Posté le 20 février 2004
La police nationale a abandonné jeudi ses commissariats
dans les deux plus importantes villes du Nord-Est, les populations locales ont
pillé les postes et emporté des armes, a appris HPN auprès de témoins sur
place.
Les policiers cantonnés à Ouanaminthe, ville voisine de
la Répulique dominicaine, ont fui leur commissariat, attaqué jeudi par un
groupe d’hommes armés. A Fort-Liberté, les riverains ont incendié la douane
et le bureau de l’Autorité portuaire nationale après que les policiers ont
quitté volontairement leur poste. Aucune victime n’a été signalée.
Le commissariat de la commune du Trou du Nord, la deuxième
ville du département par sa population (37400 habitants), avait été assauté
et incendié au début du mois par un groupe de civils armés.
La police a également déserté cette semaine au moins
cinq communes du département limitrophe du Centre après la prise lundi de la
ville de Hinche, 87000 habitants, (voir photo) par des rebelles dirigés par
Louis Jodel Chamblain, ex-numéro deux du groupe paramilitaire FRAPH.
Jeudi, un vent de panique a soufflé sur le Cap-Haïtien à
la suite de la fausse annonce du débarquement de rebelles dans la deuxième
ville du pays. Les policiers qui ont dans un premier temps quitté leur
commissariat ont ensuite repris leur poste.
CR/JEC
http://fr.news.yahoo.com/040220/202/3nnms.html
vendredi 20 février 2004, 22h38
Un
plan soumis à Haïti, 12 blessés lors d'une manifestation
PORT-AU-PRINCE, 20 fév (AFP) - Un plan international de réglement
de la crise en Haïti, excluant les insurgés armés, a été soumis vendredi au
président haïtien Jean Bertrand Aristide tandis que ses partisans armés
faisaient 12 blessés lors d'une manifestation de l'opposition à
Port-au-Prince.
Ce plan, remis par des diplomates en poste dans la
capitale, s'appuie sur la nomination d'un nouveau Premier ministre, neutre et
indépendant, jouissant de la confiance de la population, selon des sources
diplomatiques.
A Port-au-Prince, douze personnes, dont deux journalistes,
un haïtien et un étranger, ont été blessées lors d'une manifestation d'étudiants
réclamant la démission du chef de l'Etat haïtien, selon un journaliste de
l'AFP. Des membres armés d'Organisations populaires (OP) du parti Famille
Lavalas au pouvoir ont attaqué des étudiants qui réclamaient la démission du
président.
Dix manifestants ont été blessés par balles ou touchés
par des pierres, selon des informations recueillies dans un hôpital. Un
journaliste haïtien, Claude Bellevue, de Radio Ibo, a reçu une balle dans le
dos tandis qu'un cameraman espagnol, à l'identité non révélée, était blessé
d'un coup de machette à l'oreille.
Le plan international de réglement de la crise politique,
qui secoue le pays depuis 2000, prévoit que Jean Bertrand Aristide demeure président
jusqu'au terme de son mandat, en février 2006. Ce projet "ne demande pas
le départ du président", mais le pays a besoin d'un "nouveau
gouvernement (...) indépendant, crédible et rassembleur", selon le département
d'Etat.
Selon le projet, Jean Bertrand Aristide resterait chef de
l'Etat jusqu'à la fin de son mandat, en février 2006, sous condition qu'il
accepte des réformes. Le plan ne prévoit pas son départ anticipé, selon la
Maison Blanche.
La communauté internationale devra aussi convaincre
l'opposition. Depuis le début de l'année, celle-ci a considérablement durci
sa position, rejetant tout compromis et jugeant que seul un départ du président
peut régler la crise.
Selon des diplomates, le plan prévoit aussi la création
d'un groupe de trois personnes - un représentant d'Aristide, un de l'opposition
et un de la communauté internationale - qui serait chargé de désigner un
conseil de 9 à 15 personnes censées traduire la diversité de la société haïtienne.
Ce conseil participerait à la désignation du nouveau Premier ministre et du
gouvernement.
Le plan prévoit aussi la libération de prisonniers
politiques, la réforme de la police et le désarmement des militants du parti
au pouvoir Famille Lavalas.
"La situation n'est pas bonne actuellement" et
"l'implosion" du pays "est une réelle menace si" le président
et l'opposition "n'adhèrent pas" au plan international, souligne un
diplomate. "Il n'y a pas de plan B", ajoute-t-il.
Le projet n'évoque pas les insurgés qui contrôlent les
Gonaïves (nord-ouest), quatrième ville du pays, depuis le 5 février. Dirigés
par un ex-commissaire et militaire, Guy Philippe, ces quelque 300 hommes bien
armés et en uniformes menacent de s'en prendre à Cap-Haïtien et
Port-au-Prince.
Depuis le début de l'insurrection armée, 58 personnes
sont décédées dans des violences.
Une délégation ministérielle comprenant le secrétaire
d'Etat adjoint américain chargé de l'Amérique latine, Roger Noriega, et des
représentants du Canada, de la France et de la Communauté des pays des Caraïbes
(Caricom), est attendue samedi en Haïti pour faire pression sur le président
et l'opposition.
Le Canada sera représenté par son ministre de la
Francophonie, Denis Coderre, la France par son ambassadeur à Port-au-Prince,
Thierry Burkard.
La situation était calme vendredi en Haïti où la
population a commencé la célébration du carnaval, une fête annuelle très
importante pour les Haïtiens, qui dure jusqu'à mardi inclus. Elle se traduit
dans les localités par des défilés colorés et très animés.
A Fort-Liberté, chef-lieu du département du Nord-Est, les
policiers ont subitement abandonné le commissariat qui a ensuite été pillé
par la population, selon un témoin. La population a ensuite incendié le bureau
de l'Administration portuaire nationale et la douane de cette ville côtière,
selon la même source.
A Paris, les organisations humanitaires Médecins du Monde
(MDM) et Caritas ont fait part de leur inquiétude. "Les heurts entre
partisans et opposants du président Aristide font des centaines de blessés
parmi les combattants mais aussi au sein de la population civile", selon
MDM.
La Maison Blanche a averti que les Etats-Unis refouleraient
d'éventuels réfugiés haïtiens qui arriveraient sur leurs côtes, tandis que
Ottawa et Washington appelaient leurs ressortissants (20.000 Américains) à
quitter Haïti.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1371
Attaque
de la ville frontalière de Ouanamindhe
20 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 19 fév (AFP) - Un groupe d’hommes armés
a attaqué jeudi le commissariat de police de la ville frontalière de
Ouanamindhe, à une cinquantaine de kilomètres à l’est du Cap-Haïtien, en
faisant fuir les policiers qui s’y trouvaient, selon un journaliste local de
Radio Vision 2000. Après l’attaque, les assaillants, qui ne sont pas restés
dans la ville voisine de la République dominicaine, ont incendié le
commissariat. Ils se sont également emparés de deux véhicules tout-terrain
appartenant à une organisation non gouvernementale basée dans la ville, selon
le journaliste de cette radio privée de la capitale, citant le témoignage
d’un policier de la ville voisine de Fort-Liberté. Il n’a pas été
possible d’obtenir confirmation de cette attaque d’une autre source. Pour sa
part, le maire du Cap-Haïtien, Wilmar Innocent, s’est borné à indiquer
qu’un vent de panique avait soufflé sur la ville à la suite d’une rumeur
annonçant l’attaque du commissariat de la ville par des hommes armés. Dans
un premier temps, les policiers avaient fui le commissariat, mais ils sont
ensuite retournés à leur poste, constatant que la nouvelle était fausse,
selon le maire.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1413
Un
commissariat attaqué près de Port-au-Prince : un mort
22 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 22 fév (AFP) - Un groupe d’inconnus armés
a attaqué dans la nuit de samedi à dimanche le commissariat de Bon Repos, dans
la banlieue nord-est de Port-au-Prince, tuant un passant, ont annoncé des
riverains. Cette attaque a été confirmée par une source policière. On
ignorait dimanche en début d’après-midi si cette attaque était le fait
d’insurgés armés liés aux rebelles du nord ou à une autre organisation.
Une soixantaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées
en Haïti depuis le début, le 5 février, d’une insurrection armée réclamant
la démission du président Jean Bertrand Aristide.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1414
Les insurgés s’emparent de Cap-Haïtien,
deuxième ville d’Haïti
22 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 22 fév (AFP) -Les insurgés haïtiens se
sont emparés facilement dimanche de Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville du
pays, faisant deux morts, et ils contrôlent désormais près de la moitié
d’Haïti.
L’ensemble du département du nord du pays est désormais
sous la coupe de ces insurgés, réunis au sein d’un Front de résistance
nationale qui veut le départ du président Jean Bertrand Aristide.
Ils s’étaient déjà emparés de celui de l’Artibonite,
du département du Nord-est et de la plus grande partie de celui du Centre et en
partie de celui du Nord-ouest sur les neufs départements que compte le pays.
Un commissariat a aussi été attaqué dimanche matin dans
la banlieue nord-est de Port-au-Prince, à Bon Repos, a indiqué la police sans
préciser s’il s’agissait d’insurgés en treillis militaires. Un passant a
été tué.
Après être entrés dimanche matin dans l’aéroport de
Cap-Haïtien, situé à l’est de cette métropole d’un million
d’habitants, en passant par la localité de Petite Anse, plusieurs dizaines
d’hommes en treillis militaire ont pénétré dans Cap-Haïtien où ils se
sont emparés du commissariat central après "des tirs intenses",
selon des habitants contactés par l’AFP.
Toutefois, ces sources n’ont pas été témoins
d’affrontements.
Les prisonniers ont été libérés de la prison toute
proche, installée dans l’ancien arsenal de la ville. Le feu y a été mis.
Le commissariat central et le bâtiment de la direction départementale
ont ensuite été pillés, puis incendiés par la population, selon les mêmes témoins.
Deux radios favorables au pouvoir, Radio Africa de l’ex-député
Nahum Marcellus, considéré comme un des durs du parti Lavalas au pouvoir, et
RTK (radio télé Kumbite) ont été saccagées par des manifestants encadrés
par des hommes du Front, a constaté un journaliste local.
Les deux tués seraient des partisans du pouvoir.
La police haïtienne à Port-au-Prince a confirmé la prise
du commissariat et ne plus être en contact avec ses hommes à Cap-Haïtien.
Les policiers et les responsables du parti Lavalas du président
Aristide ont fui et auraient quitté la ville. Selon un responsable de la
compagnie aérienne haïtienne "Tropical airways", des hommes armés
habillés en noir ont saisi l’un de ses avions. D’autres résidents de
Cap-Haïtien ont été vus s’enfuir par la mer dans des embarcations en tirant
en l’air.
Les insurgés ont ensuite patrouillé dans la ville et ont
organisé une parade. Ils ont été accueillis favorablement par une partie de
la population. Ils sont arrivés par Petite Anse à bord de deux camions et de
plusieurs véhicules tout-terrain, selon des témoins.
Il y aurait encore dans Cap-Haïtien des poches d’hommes
en armes favorables au président Aristide. Des témoins ont indiqué cependant
que les coups de feu avaient cessé dans l’après-midi.
Vendredi, le porte-parole du Front de résistance Winter
Etienne avait annoncé aux Gonaïves, le chef-lieu de l’Artibonite d’où est
partie l’insurrection début février, que ses hommes prendraient ce week-end
Cap-Haïtien. "Nous avons 200 hommes divisés en quatre groupes autour de
Cap-Haïtien", avait-il précisé à l’AFP.
Il avait aussi annoncé une attaque sur Saint-Marc (160.000
habitants), à 90 km au nord de Port-au-Prince. En début d’après-midi
dimanche, Saint-Marc était calme.
Winter Etienne a aussi affirmé que des éléments de ses
troupes étaient déjà à Port-au-Prince, attendant des ordres pour attaquer.
Les insurgés ne font pas partie des discussions menées par la communauté internationale avec le président Aristide, l’opposition politique et issue de la société civile pour tenter de résoudre la crise en Haïti.
http://fr.news.yahoo.com/040223/5/3nrus.html
lundi 23 février 2004, 19h28
Cap-Haïtien livrée aux pillages, les
rebelles menacent la capitale
CAP-HAITIEN, Haïti (AP) - Après la prise de Cap-Haïtien,
objectif Port-au-Prince. Les rebelles ont affirmé leur intention de prendre le
contrôle de la totalité d'Haïti d'ici "moins de 15 jours", alors
que les habitants se livraient lundi à des représailles et des pillages dans
la deuxième ville du pays, dans le nord.
Alors que le régime d'Aristide est de plus en plus acculé,
Paris a appelé ses ressortissants à quitter Haïti, alors que côté américain,
on dépêchait un contingent de 50 Marines sur place pour assurer la sécurité
de l'ambassade.
Pour empêcher la progression des rebelles jusqu'à
Port-au-Prince, des centaines de partisans armés du président Jean-Bertrand
Aristide, de plus en plus nerveux, ont installé une dizaine de barricades
enflammées le long de la route venant du nord, à proximité de l'aéroport
international. Les insurgés ont de leur côté coupé les lignes de téléphone
à Cap-Haïtien pour empêcher tout contact avec la capitale.
"Je pense que d'ici moins de 15 jours, nous contrôlerons
l'ensemble d'Haïti", a prévenu Guy Philippe, le nouveau chef des
rebelles, ajoutant qu'il souhaitait voir Aristide en prison, tout en disant ne
pas savoir quelles charges pourraient être retenues contre lui.
Après la prise de Cap-Haïtien, deuxième ville du pays,
plus grande victoire depuis le début de l'insurrection, la rébellion contrôle
désormais la moitié d'Haïti. De sources proches du gouvernement, plusieurs
ministres auraient demandé à leurs amis des endroits où se réfugier en cas
d'attaque contre la capitale. Une bombe artisanale a explosé dans la nuit de
dimanche à lundi lors du Carnaval, en plein centre-ville, tuant un adolescent
et blessant deux autres personnes, ont rapporté les radios.
A Cap-Haïtien, où on continuait à entendre des échanges
de tirs, les rebelles ont commencé à arrêter des partisans présumés
d'Aristide. Principales cibles de la "chasse" en cours, les "chimères",
ces miliciens qui ont terrorisé la population.
La ville était par ailleurs en proie au pillage, les
habitants s'emparant notamment de 800 tonnes de vivres dans un entrepôt du
Programme alimentaire mondial (PAM), selon Andrea Bagnoli, de l'agence
onusienne. "Nous avons tous faim", a confié Jean-Luc, 11 ans, avec
ses quatre sacs de riz de 50 kilos, volés au port, ficelés sur son vélo.
Fort de la principale victoire depuis le début de
l'insurrection, le chef des rebelles jugeait impossible de stopper ces pillages,
accusant le gouvernement d'Aristide d'avoir affamé la majorité des huit
millions d'Haïtiens.
La population a aussi incendié la maison du maire, Wilmar
Innocent et manifesté son hostilité au régime, des milliers de personnes défilant
en scandant: "Aristide, fous le camp" ou encore "Au revoir
Aristide".
Au chapitre diplomatique, la pression s'accentue sur
l'opposition, qui exige le départ d'Aristide et devait donner sa réponse sur
le plan de paix international lundi à 17h (22h00 GMT). Samedi, à l'issue d'une
rencontre avec une mission diplomatique menée par les Etats-Unis, Aristide
avait donné son accord à ce plan de sortie de crise, prévoyant la nomination
d'un nouveau Premier ministre et la formation d'un nouveau gouvernement.
Cinquante Marines étaient attendus à Haïti lundi pour
assurer la protection du personnel diplomatique américain. Le ministre français
des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a pour sa part demandé à ses
ressortissants de quitter Haïti pour éviter le "chaos actuel".
"Nous sommes convaincus que tous ceux qui n'ont pas vocation à être présents
sur place ne doivent pas rester", a-t-il déclaré. Deux mille Français
vivent en Haïti. AP
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1426
Le Monde
En Haïti, le pouvoir
chancelle face à la progression des insurgés
23 février 2004
Le pouvoir du président haïtien Jean-Bertrand Aristide
semblait de plus en plus menacé, lundi 23 février. Pour la première fois, la
mission diplomatique, qui avait proposé un plan de sortie de crise refusé,
dans un premier temps, par l’opposition démocratique, a évoqué un possible
départ du président pour mettre fin au chaos grandissant. Les insurgés, qui
comptent bon nombre d’anciens militaires ou de miliciens déçus par le
pouvoir, contrôlent désormais plus de la moitié du pays. Dimanche, ils se
sont emparés du grand port du nord, Cap-Haïtien, où ils ont été accueillis
triomphalement par la population. Cette "Nouvelle armée haïtienne"
promet de marcher sur la capitale, Port-au-Prince, "avant deux ou trois
jours".
Hinche (centre-est d’Haïti) de notre envoyé spécial
Cap-Haïtien, le grand port du nord du pays, a été attaqué
par les insurgés, dimanche 22 février au matin. Comme dans les autres villes
prises par les rebelles, la police et les bandes armées à la solde du
gouvernement se sont enfuies dès les premiers coups de feu. Les seuls combats
meurtriers ont eu lieu à l’aéroport, où huit personnes auraient été tuées.
La deuxième ville d’Haïti - un million d’habitants -
est ainsi tombée aux mains des insurgés en quelques heures. Aussitôt, la
population, largement favorable aux rebelles, a pillé, saccagé ou incendié
les commissariats de police, divers bâtiments officiels, deux stations de radio
progouvernementales et des entrepôts de marchandises sur le port. Un commando a
attaqué la prison et libéré plus de 200 détenus. Les partisans du président
Jean-Bertrand Aristide sont partis vers le sud ou se cachent dans la campagne,
en particulier les "chimères", ces bandes armées à la solde du
pouvoir.
Une semaine après avoir pris la ville de Hinche, quelques
dizaines de rebelles armés venus de République dominicaine contrôlaient les
zones montagneuses de l’est du pays et le plateau central. Faute de pouvoir
occuper en permanence toutes les zones habitées, les insurgés se déplacent
sans arrêt d’une ville à l’autre, et font des apparitions surprises sur
les marchés ou dans les gares routières.
VIEUX FUSILS
Les rebelles circulent à bord de pick-up Toyota et de
camionnettes tout-terrain, souvent "réquisitionnées" sur place.
Certains portent des treillis, des casques, des gilets pare-balles et des armes
lourdes, tandis que d’autres, en tenue civile, ne possèdent que de vieux
fusils en mauvais état. Bien ou mal équipés, ils refusent d’être assimilés
à une bande d’insurgés : ils se considèrent comme l’armée régulière haïtienne,
dissoute par le président Aristide en 1994 mais reconstituée clandestinement.
De nombreux soldats avaient très mal vécu cette démobilisation forcée,
d’autant que le président avait aussi confisqué leurs fonds de retraite.
Certains étaient partis en exil en République dominicaine, où ils se sont
organisés dans le but de reconquérir le pouvoir en Haïti.
Dans la région de Hinche, les chefs de la rébellion sont
deux anciens officiers très actifs au sein des réseaux de militaires exilés,
Jean-Baptiste Joseph et surtout le commandant Ravix, un homme au physique
imposant et à la voix puissante, habillé en civil mais portant un pistolet à
la ceinture. M. Ravix affirme au Monde qu’il est désormais le seul détenteur
de l’autorité dans le secteur, et qu’il dirige un détachement de la
"Nouvelle armée haïtienne", l’ancienne armée ressuscitée.
Pourtant, il existe à Hinche un autre centre de pouvoir :
le quartier général du Mouvement paysan papaye (MPP), à la fois syndicat
agricole très combatif et mouvement politique militant pour le développement
durable et la démocratisation du pays. Son chef, Chavannes Jean-Baptiste, a été
pendant longtemps un compagnon de lutte de Jean-Bertand Aristide, avant de
rompre avec lui puis de devenir l’un de ses adversaires les plus farouches.
Dès leur arrivée à Hinche, les leaders de la
"Nouvelle armée" ont décidé d’aller rencontrer Chavannes
Jean-Baptiste dans son fief, un hameau à l’écart de la ville, et de lui
demander avec insistance son soutien public. Tout en sachant que le rapport de
forces n’est pas à son avantage, Chavannes Jean-Baptiste a refusé, rappelant
aux militaires qu’il a consacré toute sa vie à la lutte non-violente.
OBJECTIF PRIORITAIRE
Deux jours plus tard, il ne cache pas au Monde son inquiétude
: "Ils sont ici ; nous ne pouvons rien contre eux ; ils viennent
s’exprimer sur notre station de radio, mais nous ne connaissons pas leur
projet politique, si toutefois ils en ont un. Peut-être qu’un jour nous nous
retrouverons face à eux." Cela dit, il reconnaît qu’à court terme le
MPP et la "Nouvelle armée" ont le même objectif prioritaire : la démission
du président Aristide.
Après plusieurs jours d’incertitude, le MPP organise une
manifestation, comme il le fait régulièrement depuis des mois. Aussitôt, le
commandant Ravix fait savoir qu’il viendra avec ses troupes, pour assurer la sécurité.
Alors que la manifestation approche de la ville, les soldats apparaissent,
entassés dans leurs voitures, en tenue de combat et lourdement armés.
Il y a un moment de flottement mais, lorsque la jonction se
fait entre le cortège du MPP et le convoi militaire, la foule se met à
applaudir et à crier : "Vive l’armée !" Bientôt, toute la ville
accueille les soldats en héros, on chante et on danse dans les rues au son des
tambours. Courant à côté des pick-up, des femmes font aux soldats des
compliments très crus sur leur virilité et se lancent dans des danses
suggestives.
CHANSONS DE COMBAT
Les militants MPP, plus sérieux, entonnent des chansons de
combat et récitent les noms des habitants de la ville tués par les "chimères".
Un étudiant promu porte-parole de son quartier résume l’état d’esprit général
: "C’est vrai qu’on ne sait pas ce que les militaires nous réservent,
mais les "chimères" ont été pires que tout. Depuis qu’ils sont en
fuite, nous nous sentons libres."
A l’arrière du cortège, Pierre-Louis Richel, 23 ans,
marche doucement en grimaçant. En mars 2003, il a été battu par les
"chimères" et laissé pour mort parce qu’il portait un tee-shirt
orné du logo d’un parti d’opposition. Il souffre encore de graves séquelles
au cou, au dos, au bras et à la vessie. "Je n’ai pas beaucoup de forces,
mais je voulais être là pour que les gens se souviennent", dit-il.
Sur la place centrale, le commandant Ravix, revolver au
poing, exulte : "Le peuple est avec nous, tout va aller très vite
maintenant." En attendant, ses hommes doivent assurer le service d’ordre,
car les manifestants se répandent en désordre dans la ville. Des "chimères",
qui se cachaient chez des proches, sont débusqués et livrés aux soldats.
Vers le sud, le territoire de la "Nouvelle armée"
s’étendait, dimanche, jusqu’aux abords de Mirebalais, petite ville située
à une heure et demie de Port-au-Prince. Les insurgés proclament à présent
que leur prochain objectif est la capitale. "Nous serons à Port-au-Prince
avant deux ou trois jours", assure l’un de leurs représentants. Pour
contenir l’avancée de la rébellion, le gouvernement y a installé les
troupes d’élite habituellement chargées de protéger le palais présidentiel.
Yves Eudes
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1423
Attaque
d’un poste de police à l’est de Port-au-Prince
23 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 23 fév (AFP) - Un poste de police de Terre
Rouge, colline dominant l’est de la capitale haïtienne, a été attaqué
dimanche soir par un commando d’hommes armés qui ont mis en fuite les
policiers qui l’occupaient, a annoncé lundi une radio privée de
Port-au-Prince, Radio Kiskéya, citant une source policière.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4465
Le soulèvement touche la presqu’île
du Nord-Ouest
Posté le 24 février 2004
Le soulèvement a atteint lundi soir la ville côtière de
Port-de-Paix, à 173 kilomètres à l’ouest du Cap-Haïtien, la deuxième
ville du pays tombée entre les mains des insurgés, le dimanche 22 février,
ont rapporté des stations de Port-au-Prince.
Des civils armés, en provenance de plusieurs quartiers
populaires de la ville, selon la presse locale, ont attaqué une ville livrée
à elle-même, que la police avait fuie auparavant. Le commissariat central et
des bureaux de l’administration publique, notamment celui de l’autorité
portuaire nationale, ont été pillés et les prisonniers libérés.
Mardi également, de fortes tensions régnaient dans la
troisième ville du pays, Les Cayes, au lendemain d’un défilé carnavalesque
qui a dégénéré en affrontement entre proches et opposants du gouvernement de
Jean Bertrand Aristide. Des barricades de pneus enflammés ont été érigées
dans des quartiers de la ville et des maisons ont été incendiées par de présumés
proches du pouvoir.
Le chef de l’Etat, qui fait face à la plus importante
opposition depuis le début de son second mandat, a refusé une fois de plus de
quitter le Palais national avant le 6 février 2006 et annoncé la tenue de
nouvelles élections législatives, en novembre. En janvier dernier, le président
Jean Bertrand Aristide avait promis des élections dans les six prochains mois..
Par ailleurs, l’Agence France Presse a annoncé mardi que
le secrétaire d’Etat au travail et ancien chef de la police, Jean Claude
Jean-Baptiste, avait quitté le pays, pour des raisons non encore élucidées.
L’AFP a également confirmé le départ du sénateur Sonson Prince Pierre
cette fois pour des raisons de sécurité.
JEC
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1463
Les
insurgés tentent de faire régner l’ordre à Cap-Haïtien
25 février 2004
(AFP) Les forces insurgées qui ont pris dimanche le contrôle
de Cap-Haïtien, deuxième ville d’Haïti (nord), tentaient mardi d’assurer
l’ordre face aux pillards dont l’un a été tué, selon un photographe de
l’AFP.
Ils ont tué un pillard dont le corps gisait près du port,
a-t-il constaté.
Les pillages avaient commencé dimanche. Le commissariat,
la prison, le port, l’aéroport, la douane et les entrepôts de produits
alimentaires ont été saccagés.
Les réserves de 800 tonnes du Programme alimentaire
mondiale (PAM) destinées aux écoles et aux centres de santé des départements
du Nord et du Nord-Est, l’entrepôt de l’organisation humanitaire américaine
CARE et ceux d’un importateur haïtien de riz, Virginie Saint-Pierre, ont été
entièrement vidés.
Un cordon de sécurité d’anciens militaires qui
composent les forces insurgées a été déployé au port, tandis que d’autres
patrouillaient dans la ville où ils sont plus d’une centaine.
Ils recherchaient également des partisans du président
Jean Bertrand Aristide. Des maisons ont été incendiées, a également constaté
le photographe.
http://www.elcaribecdn.com.do/articulo_multimedios.aspx?id=2272&guid=8F78ABA130234314AF7C3A09D0C51ED1&Seccion=64
Saquean
ONG alemana que lucha contra el hambre en Haití
La
entidad trabaja en Haití desde el 1975
Por Redacción
/ elcaribecdn.com
Miercoles 25
de febrero del 2004 actualizado a las 10:46 AM
BERLIN.-
Grupos armados han asaltado y saqueado la oficina de la organización
humanitaria alemana Ayuda contra el Hambre en el Mundo en Haití, informó hoy
el organismo, con sede en Bonn.
En un escueto
comunicado, la organización no gubernamental añadió que las actividades de la
citada oficina están suspendidas debido a los enfrentamientos que se están
viviendo en ese país desde comienzos de febrero.
La organización
humanitaria trabaja en Haití desde 1975, esencialmente en proyectos agrícolas,
de abastecimiento de agua y de infraestructura.
Desde 1975
hasta 2003, la organización ha apoyado proyectos con un total de 33 millones de
euros.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1458
Port-au-Prince
attend dans l’improvisation et le désordre l’attaque de la rébellion haïtienne
25 février 2004
Yves
Eudes
(Le Monde) Port-au-Prince de notre envoyé spécial
Depuis dimanche 22 février, les unités d’élite de la
police, les militants politiques soutenant le président Jean-Bertrand Aristide
et les bandes armées à son service tentent de s’organiser pour faire face à
une éventuelle attaque de Port-au-Prince par les rebelles armés, qui occupent
tout le nord du pays. Les préparatifs se font dans une ambiance générale de désordre
et d’improvisation. L’agitation est très forte dans les quartiers pauvres
du nord de la capitale, qui sont entièrement contrôlés par les partisans du
pouvoir. Ils se retrouveraient en première ligne en cas d’offensive venue du
nord.
A Cité-Soleil, le bidonville le plus misérable et le plus
dur de Port-au-Prince, des hommes armés de fusils à pompe et de
fusils-mitrailleurs ont bloqué l’avenue principale avec des barricades faites
de rochers, de blocs de béton, de carcasses de voitures, de vieux pneus et de
gravats. Certains sont habillés pauvrement, comme le reste de la population,
d’autres portent des habits coûteux et voyants, semblables à ceux des
chanteurs de rap américains. Ils montent la garde jour et nuit, hurlant et
gesticulant au moindre incident, tirant en l’air à l’occasion.
Les piétons et les vélos passent en général sans
encombre, mais toutes les voitures sont arrêtées et parfois fouillées. Les
automobilistes récalcitrants sont frappés à coup de crosse ou tenus en joue.
Au cours de la journée, d’autres jeunes, moins menaçants, ont monté à leur
tour de petits barrages filtrants dans tout le quartier, sans plan d’ensemble.
Ils laissent passer certains véhicules et en bloquent d’autres, selon
l’humeur du moment.
BARRAGES VOLANTS
Un peu plus à l’est, le quartier populaire de Bon-Repos
est occupé par une unité d’élite de la police, habituellement chargée de
la protection du palais présidentiel. Les policiers établissent des barrages
volants, vérifiant l’identité des automobilistes et fouillant les voitures.
Tout autour, des groupes d’hommes et de femmes désœuvrés les regardent
faire.
Un homme, qui se présente comme un professeur de l’école
du quartier, est venu avec quelques amis pour montrer aux policiers que la
population est avec eux. "Je n’appartiens à aucun parti, mais je
soutiens notre président, assure-t-il, comme la majorité des gens de Bon-Repos.
Nous sommes tous très soudés ici, nous ne voulons pas d’un retour au pouvoir
des anciens militaires. Nous n’avons pas d’armes à feu, mais si les
rebelles essaient d’entrer, nous les combattrons avec les moyens du bord. Et
si les policiers se sentent soutenus par la population, ils se battront. Nous
allons rester avec eux toute la nuit." Derrière lui, les passants
approuvent mollement, les yeux baissés.
PETITES BARRICADES
En fait, la police locale a quitté le quartier depuis
vendredi, à la suite d’une attaque menée par un commando non identifié. Un
gradé de l’unité spéciale qui les a remplacés leur trouve des excuses :
"Ils n’étaient pas assez armés, ils ont dû s’en aller. Mais quand
les assaillants se sont aperçus que la population leur était hostile, ils sont
partis très vite." Depuis cet incident, le commissariat est occupé par
les gens du quartier, qui disent vouloir le protéger contre les pillards. Dans
les rues adjacentes, des groupes de très jeunes gens ont érigé de petites
barricades mal agencées.
Dès la tombée de la nuit, les barrages des faubourgs nord
sont devenus totalement infranchissables. De nombreux employés, travaillant au
centre-ville et habitant à la périphérie, ne peuvent pas ou n’osent pas
rentrer chez eux, et s’apprêtent à dormir chez des amis, à l’hôtel, ou
dans leur voiture. L’ambassade américaine, située en bord de mer non loin de
ces quartiers dangereux, est désormais gardée par une unité de cinquante
marines.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1474
Des
magasins de voitures pillés à Port-au-Prince
26 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 25 fév (AFP) - Deux vendeurs de voitures
ont vu leurs magasins pillés mercredi alors que des coups de feu étaient
entendus à Port-au-Prince, selon des témoins et l’opposition. La Plate-forme
démocratique de la société civile et des partis d’opposition a attribué ce
pillage à des groupes partisans du président Jean Bertrand Aristide, qui
multipliaient la construction de barricades dans la capitale haïtienne, ainsi
qu’à ses entrées nord, est et ouest. Selon des témoins, des coups de feu
sont survenus dans le quartier du port et le quartier pauvre de Cité du Soleil,
resté fidèle au président haïtien.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1469
Haïti :
des insurgés s’emparent de l’île de la Tortue
26 février 2004
PORT-AU-PRINCE - Des insurgés haïtiens se sont emparés
de l’île de la Tortue, dans le nord du pays, selon des sources policières.
L’île est habitée par 50 000 personnes et constitue la plaque tournante du
commerce avec les Etats-Unis et les Bahamas. [ats] - Cette attaque n’a pas
fait de victimes, selon ces sources. Le commissariat de l’île a été attaqué
par un commando d’hommes armés qui ont mis à sac le bâtiment avant de
l’incendier. Le chef du commissariat Jean Alexis et deux policiers ont pu
quitter au préalable leurs bureaux et se sont réfugiés chez des habitants de
l’île.
Située au large de la côte nord-ouest de Haïti, l’île
de la Tortue est le dernier territoire du nord d’Haïti qui n’était pas
sous le contrôle des insurgés. Cette île dispose de liaisons maritimes régulières
avec la Floride, aux Etats-Unis, et l’archipel des Bahamas.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1517
Haïti :
la ville de Mirebalais est tombée aux mains des insurgés
27 février 2004
PORT-AU-PRINCE - La tension continue de monter en Haïti.
Les insurgés du Front de résistance nationale ont pris le contrôle de la
ville haïtienne de Mirebalais. Cette localité de 140 000 habitants se situe à
57 km au nord de Port-au-Prince.
La prise de contrôle par les rebelles a été annoncée
par un journaliste local joint par l’AFP. Il était impossible de savoir dans
un premier temps si cette attaque a fait des victimes, ni le nombre des
assaillants. Des tirs étaient entendus dans la ville, mais il pourrait s’agir
de tirs en l’air d’intimidation, selon la même source.
Mirebalais est avec la ville de Saint-Marc, à 96 km au
nord de la capitale, l’un des deux verrous stratégiques menant vers la
capitale. A Saint-Marc, dernière ville du nord du pays à être tenue par la
police fidèle au président Jean Bertrand Aristide, la situation était calme,
selon un autre journaliste local joint par l’AFP.
A Mirebalais, une quinzaine de policiers avaient ont évacué
le commissariat il y a 48 heures après avoir distribué son mobilier aux
habitants. Il ne restait dans la ville qu’une vingtaine de policiers membres
de l’administration pénitentiaire nationale (Apena) qui gardaient 67 détenus
de la prison.
Selon le journaliste local, tous les détenus ont été libérés
lors de l’attaque. Ils ont quitté la prison en emportant des matelas, a-t-on
précisé de même source. Plusieurs d’entre eux criaient "Vive l’armée",
alors que la population restait calfeutrée chez elle.
Les insurgés armés comptent dans leurs rangs plusieurs
anciens membres de l’ex-armée haïtienne, dissoute en 1995 par le président
Aristide.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1508
La ville des Cayes, 3e du
pays, tombe aux mains d’opposants
27 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 26 fév (AFP) - La ville des Cayes (sud),
troisième ville d’Haïti avec 125.000 habitants, est passée jeudi sous le
contrôle d’opposants armés au président Jean Bertrand Aristide, a-t-on
appris de sources policières. Aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles
victimes. Le commissariat central de cette ville, située à environ 200 km de
Port-au-Prince, a été abandonné par les policiers haïtiens après une
attaque d’opposants armés au président, membres d’un groupe local appelé
Base Résistance, selon les mêmes sources. Les commissariats de deux autres
bourgades du sud d’Haïti, à Côtes-de-Fer et à Cavaillon (40.000
habitants), ont également fait l’objet d’attaques du même groupe
d’opposants et ont été abandonnés par les policiers, selon des sources
policières.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1522
Morts
et scènes de pillages à Port-au-Prince
27 février 2004
PORT-AU-PRINCE, 27 fév (AFP) - Des troubles ont fait vendredi plusieurs morts à Port-au-Prince, ville de 2,5 millions d’habitants, théâtre également de scènes de pillage notamment dans la zone du port, ont constaté des journalistes de l’AFP. Plusieurs centaines de personnes ont été observées pillant des entrepôts, et les corps d’au moins trois hommes, vraisemblablement exécutés par des tirs dans la tête, étaient visibles à Poupelard et Christ-Roi, des quartiers périphériques de la capitale haïtienne. L’un des cadavres avait les poings liés mais les habitants ont indiqué n’avoir aucune information sur les auteurs des meurtres. Des témoins ont signalé à l’AFP avoir vu la présence d’autres corps dans les rues de la ville, sillonnées par des camions remplis d’hommes en armes. Autour du Palais présidentiel, les barricades ont été renforcées vendredi matin et étaient gardées par des hommes en armes. Les banques et les magasins étaient fermés et la circulation était presque totalement arrêtée. Les militants armés du président Jean Bertrand Aristide tentaient d’arrêter les rares véhicules encore en circulation, en agressant les occupants, leur lançant notamment des grosses pierres. "On a eu de la chance d’en sortir vivants", a déclaré à l’AFP un automobiliste, dont la voiture transportant un autre passager a été la cible d’une attaque et qui n’a dû son salut qu’à une marche arrière en catastrophe. Les violences se sont intensifiées à Port-au-Prince alors que les insurgés armés ont pris vendredi aux premières heures le contrôle de Mirebalais (140.000 habitants), à 57 km au nord de la capitale, selon un journaliste local joint par l’AFP. 67 prisonniers de la prison de la ville ont été libérés par les insurgés. La veille, un groupe d’opposants armés, sans lien apparent avec Guy Philippe, s’était emparé de la troisième ville du pays, les Cayes, au sud du pays. La deuxième ville, Cap Haïtien (nord), était tombée dimanche. Les jours semblent désormais comptés pour le président Aristide, totalement lâché par Paris, Washington et Ottawa, bien qu’il ait encore affirmé jeudi sa détermination à s’accrocher au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat en 2006 en dépit des pressions internationales. L’insurrection armée est entrée jeudi dans sa quatrième semaine. Les violences des partisans d’Aristide et l’insurrection ont fait depuis début février plus de 70 morts et plusieurs centaines de blessés.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1528
Washington
appelle Aristide et les insurgés à faire cesser les violences
PORT-AU-PRINCE, 27 fév (AFP) - Le gouvernement américain
a lancé vendredi des "appels solennels" au président haïtien Jean
Bertrand Aristide pour qu’il fasse cesser les violences commises par ses
partisans, et aux insurgés pour qu’ils "arrêtent leur avance" sur
Port-au-Prince. Dans une déclaration rendue publique vendredi soir, au terme
d’une journée de violences à Port-au-Prince, par l’ambassade américaine
à Port-au-Prince, "le gouvernement des Etats-Unis constate avec stupéfaction
que les organisation populaires pro-gouvernementales à Port-au-prince
commencent à brûler, piller et tuer" et lance "un appel solennel au
président Aristide de donner toutes les instructions nécessaires pour que ses
partisans arrêtent cette violence aveugle à l’encontre de la population
civile et des biens publics et économiques du pays". "Même un hôpital
serait en train d’être attaqué en ce moment. Des gangs armés qui sèment la
terreur et qui s’attaquent aux civils et à la population en général
agissent au nom de Jean Bertrand Aristide", relèvent encore les autorités
américaines. "Nous voudrions faire comprendre à M. Aristide que son
honneur, son héritage, et sa réputation sont en jeu", ajoute-t-il.
"Nous saisissons l’occasion de faire aussi un appel solennel aux forces
armées du nord pour qu’elles arrêtent leur avance, afin d’épargner à la
capitale des violences qui s’ajouteraient à celles perpétrées actuellement
à Port-au-Prince par les gangs armés pro-gouvernementaux", précise
encore cette déclaration, publiée en français. "Il faut que tous
comprennent que la communauté internationale est pleinement saisie de cette
crise et oeuvre énergiquement pour épargner encore des souffrances au peuple
haïtien", conclut-elle
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1545
Les
pillages se poursuivent au port de Port-au-Prince
28
février 2004
PORT-AU-PRINCE,
28 fév (AFP) - Les pillages se poursuivaient samedi au port de Port-au-Prince,
alors que la plus grande partie de la capitale haïtienne passait une journée
plutôt calme, au lendemain d’une journée de violences et de pillages presque
généralisés. Des centaines de pillards, pour beaucoup armés, s’emparaient
de tout ce qu’ils pouvaient emporter, selon les journalistes de l’AFP.
Certains mettaient en vente leur butin sitôt sortis de l’enceinte du port. Un
calme précaire régnait samedi matin dans le reste de la ville, où les
barricades érigées par les militants ont été abandonnées, l’appel du président
Aristide à ses partisans de ne pas agir illégalement semblant avoir été
entendu.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1544
Des
corps abandonnés dans les rues après une journée de violences
28
février 2004
(AFP)
Huit corps au moins, dont l’un baignant samedi matin dans une mare de sang,
ont été abandonnés dans différents endroits de la capitale haïtienne après
une journée de violences, règlements de compte et pillages mis sur le compte
des partisans du président Jean Bertrand Aristide.
Ces
huit victimes ont, semble-t-il, toutes été tuées de tirs de balles dans la tête,
selon les journalistes de l’AFP.
Dans
le quartier périphérique de Carrefour, les corps de cinq jeunes gens ont été
laissés sur le sol alors que la ville se réveillait dans un calme précaire
sous d’épaisses brumes matinales, après une nuit de fortes pluies émaillée
de tirs sporadiques.
Deux
autres corps sans vie ont été vus près d’un cimetière du quartier de
Petionville.
Devant
le principal hôpital de Port-au-Prince, un homme aux yeux bandés baignait,
face contre terre, dans une mare de sang samedi matin, tué d’une balle dans
la tête. Il avait les mains attachés dans le dos.
Un
petit groupe de curieux discutaient autour du cadavre du tissu vert utilisé
pour le menotter.
Aucun
des participants à la discussion n’a pu identifier le corps. Tous marquaient
une grande réticence à spéculer sur les circonstances de la mort de cet
inconnu.
La
veille, la ville a été le théâtre de scènes anarchiques particulièrement
violentes, marquée par des règlements de comptes meurtriers et pillages de
nombreux entrepôts dans les quartiers près du port.
Selon
un diplomate, qui s’exprimait sous couvert d’anonymat, ces violences étaient
orchestrées par des "gangs pro-Aristide qui ont reçu l’ordre de
terroriser la population".
Certains
de ces militants du président Jean Bertrand Aristide ont également attaqué à
trois reprises l’Hôpital adventiste de Port-au-Prince dans la nuit, ont
expliqué à l’AFP des membres de son personnel.
A
deux reprises ils sont venus pour voler de l’argent et des médicaments. Une
autre fois ils étaient entrés en force pour faire soigner un de leurs hommes.
Samedi
matin, quelques rares piétons arpentaient les rues du centre jonchées de détritus
alors que les forces de l’ordre se montraient particulièrement discrètes.
Seuls
quelques véhicules de police banalisés circulaient dans les rues quasi désertes.
"Il
y a eu beaucoup de bruit et de combats la nuit dernière mais maintenant c’est
calme", lance un jeune Haïtien qui se fait appeler "Boss Tom"
parmi un groupe d’une dizaine de jeunes gens déambulant près de l’aéroport.
"Nous avons tous écouté le président cette nuit", ajoute-t-il avant
de reprendre une gorgée de rhum local.
Le
président Aristide s’est adressé à la population aux premières heures
samedi matin sur la télévision nationale en les appelant au calme.
"Cinq
ans, cinq ans", scandent alors les jeunes Haïtiens, en référence à la
durée du mandat du président qui expire en février 2006, tout en assurant
qu’ils restent prêts à redescendre dans la rue pour le défendre.
http://www.haiti-info.com/imprimer.php3?id_article=1541
Dans
le chaos, Haïti attend la chute de Jean-Bertrand Aristide
Le
Monde, 28 février 2004
Les
heures du régime semblent comptées. La rébellion armée n’était plus,
samedi matin, qu’à quelques dizaines de kilomètres de Port-au-Prince. La
France, les Etats-Unis et le Canada demandent le départ du président. Dans la
capitale, les pillages et les violences se multiplient.
Port-au-Prince
de notre envoyé spécial Avec la prise de Mirebalais, les rebelles armés qui
tiennent le nord du pays sont désormais à deux heures de route des faubourgs
de Port-au-Prince. La ville est tombée sans combat. Les unités d’élite de
la police, qui l’occupaient depuis une semaine, l’avaient quittée la veille
après avoir distribué leurs vivres et leurs fournitures aux habitants. Comme
partout ailleurs, les soldats de la "nouvelle armée haïtienne" ont
été accueillis ici en libérateurs, et la population a improvisé une fête en
leur honneur. Peu après, les rebelles ont quitté la ville, ne laissant sur
place qu’une quinzaine d’hommes. La piste étroite et caillouteuse menant de
Mirebalais à Port-au-Prince est dégagée, et ouverte au trafic venant de
l’est et du nord. Des camions et des autocars bondés descendent de Belladère,
ville située à la frontière de la République dominicaine. Les passagers, qui
vont à Port-au-Prince dans l’espoir de trouver un peu d’argent, affirment
qu’à Belladère, la police a disparu, mais que les rebelles ne sont pas
encore arrivés. La seule localité de la région encore sous le contrôle des
partisans du président Aristide, Croix-des-Bouquets, est en fait une banlieue
de Port-au-Prince. La résidence privée du président Aristide et le petit aéroport
qu’il utilise parfois ne sont qu’à quelques kilomètres. L’entrée nord
de Croix-des-Bouquets est bloquée par un groupe de "chimères" armés
de pistolets et de machettes, qui ont construit une barricade rudimentaire avec
des rochers, des gravats et des planches. Beaucoup sont ivres ou drogués, et
agressent sans raison les automobilistes qui essaient de négocier leur passage,
y compris les journalistes étrangers. A l’intérieur de Croix-des-Bouquets,
d’autres groupes de "chimères" fortement armés patrouillent à
toute allure à bord de camionnettes et de pick-up Toyota surchargés. La police
locale est encore là, mais elle semble dépassée par la situation. Dans le
commissariat, les policiers, sans armes et habillés en civil, écoutent de la
musique sur leurs walkmans en buvant du Coca-Cola. Leur chef, le commissaire
Germain Saint Fleur, a conservé son uniforme, mais ses propos sont très
prudents : "La police est apolitique, notre rôle est d’assurer la sécurité
de la population, et de préserver la viabilité de notre institution en toutes
circonstances. Nous manquons de moyens, nous sommes peu nombreux, et de toute façon,
notre mission n’est absolument pas militaire." A Port-au-Prince, la
situation a fortement empiré en vingt-quatre heures. La circulation est presque
nulle à cause de la pénurie d’essence. Tout est fermé, les gens n’osent
plus se rendre à leur travail, l’électricité fonctionne par intermittence.
Retranché dans son palais présidentiel inaccessible, Jean-Bertrand Aristide
refuse de quitter le pouvoir : "Ma vie est liée à la vie de 8
millions de personnes, j’ai la responsabilité comme président élu de rester
où je suis, pour protéger les gens", déclare-t-il. Les "chimères"
et les gangs de rue se déchaînent dans toute la ville, plus aucun quartier
n’est épargné. Des groupes de jeunes hommes armés roulent dans les avenues
sans but précis, parfois à bord de véhicules officiels équipés de sirènes.
D’autres établissent des barrages n’importe où, selon leur humeur.
Certains ont installé au milieu des rues des tables, des chaises et des bancs
pour être plus à leur aise, car ils ont l’intention d’y passer la journée
et peut-être la nuit. Ils rançonnent ou brutalisent les rares automobilistes,
volent des voitures, insultent et menacent ceux qui tentent de les approcher.
ENTREPÔTS
ATTAQUÉS Quelques-uns acceptent de parler à la presse, mais n’ont pas
grand-chose à dire. Ils préfèrent chanter des chansons à la gloire du président
Aristide et répéter inlassablement les mêmes slogans : "Si vous ne
voulez pas de Titid pour cinq ans, vous l’aurez pour la vie !"
"Si les riches chassent Titid, nous brûlerons leurs maisons !"
Les membres d’une bande particulièrement agitée, qui occupe un carrefour du
bas de la ville, portent autour du cou deux images naïves, l’une de Jésus-Christ
et l’autre du président Aristide. Ils jurent que si les rebelles arrivent en
ville, ils les combattront, mais, visiblement, ils n’ont aucune idée de la façon
dont ils vont s’y prendre. Un gang a attaqué et occupé un hôpital, sans
expliquer la raison de cette agression. Vendredi, dans un communiqué,
l’ambassade américaine a accusé les partisans d’Aristide
d’"incendier, de piller et de tuer". L’évacuation des
ressortissants étrangers se poursuit à partir de différentes ambassades
choisies comme centres de regroupement. La République dominicaine a décidé
d’accélérer les transferts vers l’aéroport en utilisant des hélicoptères
militaires. Sur le port, les entrepôts ont été attaqués et pillés le matin,
puis à nouveau l’après-midi, par des foules compactes d’hommes, de femmes
et d’enfants. Ceux qui ne trouvent pas de nourriture repartent avec
n’importe quoi, y compris des pièces de machines. Non loin de là, les
gardes-côtes américains sont en train de faire débarquer plus de 500 Haïtiens
interceptés en mer alors qu’ils tentaient de gagner la Floride par bateau.
Des familles hébétées, l’air désespéré, restent assises par terre. Dans
un quartier voisin, des commandos ont exécuté d’une balle dans la tête deux
hommes dont les mains avaient été liées dans le dos, et ont abandonné leurs
corps ensanglantés sur le trottoir. Yves Eudes
Paris
veut un "gouvernement de transition"
La
France, qui avait été la première à demander le départ du président
Aristide mercredi, s’est faite plus pressante vendredi matin, lorsqu’une délégation
du gouvernement haïtien a été reçue pendant une heure au Quai d’Orsay. Le
ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a appelé à "la
mise en place d’un gouvernement de transition". Il a déclaré à son
homologue haïtien, Joseph Philippe Antonio, que "chaque heure comptait si
l’on voulait éviter une spirale de violence qui serait incontrôlable"
et que c’était "au président Aristide, qui porte une lourde
responsabilité dans la situation actuelle, qu’il appartenait de tirer les
conséquences de l’impasse", a rapporté le porte-parole du Quai
d’Orsay. M. de Villepin "a souligné la totale convergence de vues
qui existe à cet égard entre les Etats-Unis, le Canada et la France",
a-t-il ajouté. Le ministre français devait également recevoir des représentants
de l’opposition haïtienne, mais ils n’ont pas pu quitter l’île.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4479
Grand désordre dans la
capitale : au moins dix morts
Posté le 28 février 2004
Au
moins dix personnes ont été tuées, vendredi à Port-au-Prince, dans des scènes
de pillage et des règlements de compte quelques heures après les appels français,
américain et canadien à la démission du président Jean Bertrand Aristide.
Un
présumé partisan du pouvoir a été tué, dans la nuit du jeudi 26 au vendredi
27 février, alors qu’il braquait d’une fausse arme un automobiliste qui
tentait de dépasser une des nombreuses barricades érigées par des militants
du pouvoir. Une deuxième personne a été abattue vendredi matin à Pétion-Ville
par des camarades de la victime.
Les
cadavres de cinq présumés pillards et partisans du pouvoir étaient visibles
dans la périphérie sud de la capitale. Les corps d’au moins trois inconnus,
atteints de tirs dans la tête, ont été découverts à l’autre côté de la
ville.
Le
président Aristide a une fois de plus appelé ses partisans à se mobiliser
pacifiquement pour protéger la démocratie, tout en condamnant les derniers
actes de violence et de pillage. Depuis plus d’une semaine, les activités
commerciales sont paralysées dans la capitale.
Auparavant,
l’ambassade des Etats-Unis avait lancé « un appel solennel au président
Aristide de donner toutes les instructions nécessaires pour que ses partisans
arrêtent cette violence aveugle à l’encontre de la population civile et aux
biens publics et économiques du pays », après le constat des actes de pillage
de la part « d’organisations populaires progouvernementales ».
Le
chef de l’Etat a une nouvelle fois écarté toute possibilité de départ
anticipé, taxant de « rumeurs sans fondement qui sont véhiculées par les
leaders de l'opposition pour provoquer la population et des désordres dans le
pays », les appels français, américain et canadien à sa démission.
Dans
une interview téléphonique diffusée vendredi soir par la chaîne de télévision
publique, il a demandé « aux 46 000 fonctionnaires de l'Etat d'être présents
lundi à leur poste », promettant qu’il serait lui-même à son poste lundi.
http://fr.news.yahoo.com/040229/85/3o4f8.html
dimanche
29 février 2004, 16h36
Haïti tourne la page
Aristide après 24 jours de troubles
PORT-AU-PRINCE
(Reuters) - Confronté à une insurrection armée et cédant aux pressions de la
communauté internationale, le président haïtien Jean-Bertrand Aristide a démissionné
dimanche et aussitôt quitté Haïti.
Un responsable
gouvernemental dominicain a tout d'abord déclaré qu'Aristide s'était rendu en
République dominicaine, pays voisin d'Haïti sur l'île d'Hispanola.
Un peu plus tard, le
consul d'Haïti en République dominicaine déclarait que le président démissionnaire
se rendait probablement au Maroc, mais dans ce pays, le ministère des Affaires
étrangères annonçait dans l'après-midi que Rabat n'accorderait pas l'asile
politique à Aristide.
L'ambassadeur des
Etats-Unis en Haïti a déclaré que des forces militaires internationales
"seraient rapidement en Haïti", pays où des troupes américaines étaient
intervenues en 1994 pour rétablir au pouvoir Aristide, trois ans après son
renversement par une junte militaire.
Le président de la
Cour suprême, Boniface Alexandre, a été investi président dans la journée,
conformément à la Constitution qui veut que le détenteur de cette fonction
assure l'intérim à la tête de l'Etat en cas de vacance du poste. Alexandre
avait été nommé par Aristide lui-même à la tête de la Cour suprême.
Lors d'une cérémonie
à la résidence du Premier ministre Yvon Neptune, Alexandre a fait savoir qu'il
"accepte cette responsabilité avec sincérité".
Neptune a lu de son côté
une déclaration d'Aristide, dans laquelle ce dernier dit avoir démissionné
"pour éviter un bain de sang".
A Washington, un haut
responsable américain a déclaré que "l'administration pense qu'Aristide
a, en démissionnant, pris la bonne décision dans l'intérêt du peuple haïtien".
A Paris, le ministre
des Affaires étrangères français Dominique de Villepin a déclaré que le départ
du président haïtien ouvrait la voie "à un retour à l'ordre
constitutionnel" et à "la mise en place d'une union nationale"
dans l'île.
"En démissionnant,
le président Aristide a tiré les conséquences de la situation", écrit
le ministre dans un communiqué publié peu après l'annonce du départ d'Haïti
du président Aristide, confronté à une insurrection armée et aux pressions
internationales.
Dans les rues de la
capitale Port-au-Prince, des bandes de membres des "chimères" - la
milice de partisans d'Aristide - circulaient dans les rues à bord de
camionnettes, armés de fusils. Des pillards s'en sont pris à un poste de
police de Pétionville, un faubourg sur les hauteurs de la capitale.
Le départ d'Aristide,
sous la pression des Etats-Unis, de la France et d'autres pays, intervient 24
jours après le commencement d'une insurrection partie de la région des Gonaïves,
dans le nord d'Haïti, et qui a fait depuis le 5 février près de 70 morts.
"C'est formidable
pour le pays. C'est ce que nous attendions", a déclaré à Port-au-Prince
Charles Baker, dirigeant d'une coalition d'organisations politiques et des
droits civiques. "Maintenant, nous faisons la fête. Ensuite, nous
reprendrons le travail".
Aristide, ancien prêtre
catholique, avait pris ses fonctions en 1991, mais avait été chassé du
pouvoir par un coup d'Etat quelques mois plus tard. Il avait été rétabli par
une intervention armée américaine en 1994, puis réélu en 2000 pour un second
mandat qu'il comptait bien exercer jusqu'à son terme, en 2006.
http://fr.news.yahoo.com/040229/202/3o4nx.html
dimanche 29 février
2004, 22h46
Jean Bertrand Aristide démissionne
et fuit Haïti
PORT-AU-PRINCE
(AFP) - Jean Bertrand Aristide a démissionné dimanche de la présidence haïtienne
et pris le chemin de l'exil sous la double pression d'une insurrection armée et
de la communauté internationale qui devrait déployer une force de sécurité
en Haïti, où la capitale est en proie au chaos.
"Ma démission évitera un bain de sang", a
expliqué Aristide, 50 ans, dans un texte rédigé en créole lu par son Premier
ministre Yvon Neptune. "La vie pour tous, la mort pour personne", a
souligné l'ex-président qui a signé sa lettre de démission devant des témoins.
Il a ensuite quitté en avion son pays. Le Panama a décidé
dimanche d'accorder un asile temporaire à l'ancien président haïtien Jean
Bertrand Aristide à la demande des Etats-Unis, selon le ministre des Affaires
étrangères, Harmodio Arias.
Un responsable américain a démenti qu'il se soit rendu en
République dominicaine comme l'avait dit dans un premier temps la présidence
de ce pays. Les Etats-Unis ont "facilité" son départ dans "des
conditions de sécurité".
La fuite de Jean Bertrand Aristide a provoqué des scènes
de violences de ses partisans à Port-au-Prince. Autour du Palais présidentiel,
des jeunes en armes, surtout dotés de pistolets, fusils, mais aussi de
machettes, s'en sont pris aux voitures de journalistes, les seules à circuler,
alors que de nombreux coups de feu résonnaient dans la ville.
Au moins quatre personnes ont été tuées par balles
dimanche dans la capitale haïtienne. Ces cadavres ont été aperçus notamment
dans le quartier de Lalue, non loin du centre-ville.
Les Chimères, milices armées d'Aristide, mais aussi la
population se sont livrées à des pillages. Plusieurs centaines de détenus se
sont évadés du pénitencier national de Port-au-Prince.
Depuis le déclenchement début février d'une insurrection
armée, une centaine de personnes sont mortes et plusieurs centaines blessées.
Un des responsables de la police de Port-au-Prince a annoncé
l'instauration par les forces de police d'un couvre-feu sur la capitale haïtienne,
de 18h00 dimanche (23h00 GMT) à 06h00 lundi (11h00 GMT), afin de "rétablir
l'ordre".
Les Etats-Unis vont envoyer en Haïti un contingent de
Marines, comme premier élément d'une force internationale de sécurité, a déclaré
le porte-parole du département d'Etat américain, Richard Boucher. Un détachement
de quelque 200 Marines américains est parti dimanche de la base de Camp Lejeune
en Caroline du Nord, selon le département de la Défense.
Ils font partis d'un premier contingent de troupes américaines
qui pourrait être rejoint ultérieurement par les membres d'une force de paix
internationale, a-t-il ajouté.
Les ambassadeurs américain et français, James Foley et
Thierry Burkard, ont annoncé l'arrivée dans les jours à venir de troupes
internationales, comprenant des unités américaines et françaises.
La France a décidé dimanche d'envoyer un détachement
militaire en Haïti afin d'assurer la sécurité de ses ressortissants.
"La France a décidé d'envoyer un détachement
militaire, de l'ordre de la compagnie, en Haïti, en coordination avec les
Etats-Unis", a précisé la porte-parole de l'Elysée Catherine Colonna.
"La France, par ailleurs, poursuit ses efforts pour mobiliser la communauté
internationale en vue d'une solution de réconciliation nationale en Haïti",
a-t-elle ajouté.
Le Canada participera à une force multinationale en Haïti,
a indiqué de son côté le ministre canadien des Affaires étrangères Bill
Graham.
L'un des dirigeants de l'opposition haïtienne, Evans Paul,
a affirmé qu'il n'y avait plus aucune raison de refuser le plan international,
rejeté mardi parce qu'il prévoyait un maintien au pouvoir d'Aristide jusqu'au
terme de son mandat, en février 2006.
Peu après le départ d'Aristide, le président de la Cour
de cassation d'Haïti Boniface Alexandre a annoncé qu'il assurait l'intérim en
vertu de la Constitution.
"Le président Aristide vient de donner sa démission
et conformément à ce qui est prescrit par la Constitution, l'intérim doit être
assuré par le président de la Cour de cassation", a-t-il dit lors de sa
prestation de serment, en présence des ambassadeurs français et américain. Il
a exhorté la population haïtienne au calme.
Le départ d'Aristide, qui domine la vie politique haïtienne
depuis 1990 et a déjà exercé une première présidence de 1991 à 1996,
entrecoupée d'un coup d'Etat militaire sanglant, a été accueilli
favorablement à l'étranger.
Le pape Jean Paul II a appelé les Haïtiens à avoir le
"courage" de "prendre les décisions qui s'imposent pour le bien
du pays".
La France a appelé à l'arrêt des violences. "La
France appelle toutes les forces politiques de Haïti qui veulent le retour à
la paix et qui refusent la la violence à se rassembler et à participer à la réconciliation
nationale", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères
Dominique de Villepin.
http://fr.news.yahoo.com/040229/5/3o4oy.html
dimanche 29 février
2004, 19h57
Haïti: Aristide est
parti
PORT-AU-PRINCE
(AP) - Jean-Bertrand Aristide est parti. Moins d'un mois après le début de
l'insurrection à Haïti, le président, lâché par Paris et Washington, a
quitté dimanche un pays en proie au chaos. Son départ, réclamé par
l'opposition et les rebelles, ouvre la voie à l'arrivée prochaine d'une force
internationale, mais laisse encore beaucoup d'incertitudes sur l'avenir de cet
Etat rongé par l'instabilité et la pauvreté.
Le
chef de l'Etat, qui avait assuré jusqu'à la dernière minute qu'il irait
jusqu'au bout de son mandat en 2006, a finalement choisi de s'envoler dimanche
vers un exil encore inconnu. Plusieurs pays ont été évoqués dont le Maroc,
Taïwan et l'Afrique du-Sud, mais pour l'heure, seul le Panama a fait savoir
qu'il était prêt à envisager d'accueillir Aristide.
"Si
ma démission peut prévenir un bain de sang, j'accepte de partir", a écrit
le président haïtien dans une lettre lue après son départ par son Premier
ministre Yvon Neptune. Aux portes de Port-au-Prince, les rebelles, qui se sont
emparés de plus de la moitié du territoire depuis le début de l'insurrection
aux Gonaïves le 5 février, avaient annoncé la veille qu'ils attendraient un
ou deux jours avant de donner l'assaut pour laisser une chance à un réglement
pacifique.
Trois
heures après l'annonce du départ d'Aristide, le président de la Cour suprême
haïtienne Boniface Alexandre, un homme réputé honnête, annonçait qu'il
assurait l'intérim conformément à la constitution et appelait la population
au calme. Conséquence de l'impasse politique en Haïti, il n'y a plus légalement
de Parlement pour approuver cette désignation, les mandats ayant expiré en
janvier sans que des élections aient pu avoir lieu.
Le
président américain George W. Bush a néanmoins rapidement reconnu le
successeur constitutionnel d'Aristide. "C'est le début d'un nouveau
chapitre" de l'histoire haïtienne, a déclaré le chef de la Maison
Blanche à la presse. Le président américain a annoncé l'envoi de Marines à
Haïti pour contribuer à ramener le calme, notamment à Port-au-Prince.
"La
voie est ouverte à un retour à l'ordre constitutionnel et à la mise en place
d'une union nationale", s'est de son côté félicité le ministre français
des Affaires Dominique de Villepin en visite au Japon.
Lançant
un appel à toutes les forces politiques de Haïti qui "veulent le retour
à la paix", le chef de la diplomatie française a rappelé que la France
était "prête à prendre toute sa part dans la mobilisation de la
communauté régionale et internationale qui doit désormais soutenir Haïti".
L'envoi
d'une force internationale en Haïti, proposée dans la semaine par Dominique de
Villepin, se dessine à présent. Les membres clés du Conseil de sécurité
devaient commencer à discuter dimanche d'une résolution autorisant son déploiement,
selon des diplomates des Nations unies.
Paris
disait espérer à présent la formation d'un gouvernement nationale, auquel la
Plate-forme démocratique, qui réunit les partis d'opposition, refusait de
participer tant qu'Aristide serait au pouvoir. Mais il restait encore à déterminer
quelle serait l'attitude de l'opposition, comme celle des rebelles.
A
Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, tombée aux mains des insurgés
dimanche dernier, les rebelles ont salué son départ aux cris d'"Aristide
est parti! Aristide est dehors!". Leur chef, Guy Philippe, a annoncé
dimanche que ses troupes viendraient prochainement dans la capitale
"apporter la sécurité aux gens". Port-au-Prince avait basculé dans
l'anarchie ces derniers jours, les partisans d'Aristide multipliant les
violences, tandis que le port était livré aux pillards.
Un
autre commandant rebelle, Winter Etienne, a déclaré que les rebelles désarmeraient
une fois un nouveau gouvernement en place. Les rebelles forment des forces
disparates dirigées par un ancien chef d'une milice pro-Aristide, Butteur Métayer,
un ex-patron de la police de Cap-Haïtien, Guy Philippe et un ancien chef d'une
milice paramilitaire responsable de tortures sous la junte après le
renversement de Jean-Bertrand Aristide en 1991, Louis-Jodel Chamblain.
Plusieurs
heures après l'annonce de son départ, le lieu du futur exil d'Aristide n'était
toujours pas connu. Alors que l'un de ses conseillers avait déclaré qu'il
comptait demander l'asile au Maroc, à Taïwan ou au Panama, seul ce dernier
pays a dit être prêt à envisager d'accueillir le président déchu. Le Maroc
"n'a pas l'intention de répondre favorablement" à une éventuelle
demande d'asile d'Aristide.
Un
responsable américain a déclaré sous couvert de l'anonymat que l'Afrique du
Sud était le pays le plus fréquemment cité. Le secrétaire d'Etat américain
Colin Powell s'était entretenu samedi avec le président sud-africain Thabo
Mbeki, et a également eu des conversations avec ses homologues français,
argentin, jamaïcain et panaméen.
Le
porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher a par ailleurs confié que
les Etats-Unis avaient aidé le président haïtien à quitter le pays, sans
apporter d'autres détails. AP
http://fr.news.yahoo.com/040229/202/3o4si.html
dimanche 29 février
2004, 20h41
Aristide laisse
Port-au-Prince en plein chaos
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Jean Bertrand Aristide a laissé la capitale Port-au-Prince, sur laquelle
flottaient d'immenses volutes de fumée noire, à la merci de bandes armées et
d'une foule qui multipliait les pillages.
Des forces spéciales canadiennes ont pris le contrôle de
l'aéroport de Port-au-Prince, pour permettre l'évacuation de Canadiens en
toute sécurité. Quelque 2.000 à 3.000 Canadiens vivent en Haïti.
La plus grande prison
du pays, le Pénitencier national, a été prise d'assaut dans la matinée par
des pillards permettant aux centaines de détenus de s'évader, dont un ex-président,
le général Prosper Avril (1988-90), détenu sans jugement.
Plusieurs immeubles sont en feu ainsi qu'une
station-service dans le centre-ville. En face du palais présidentiel, une
grande bâtisse blanche entourée de grilles, un bâtiment a été incendié.
Des partisans d'Aristide ont érigé de nouvelles
barricades et tiraient des coups de feu en l'air.
Des Haïtiens couraient des sacs de riz et sucre sur les épaules,
dans des rues encombrées de débris de barrages, couvertes de détritus et désertées
par les automobilistes pour la troisième journée consécutive.
De nombreuses succursales des principales banques privées
ont été attaquées et pillées. Des hommes portant des valises de billets de
banque et fuyant en tirant des coups de feu en l'air ont été vus par un témoin.
L'hôpital adventiste de Diquini, dans la banlieue sud de
la capitale, a été saccagé et pillé par des groupes armés proches de
l'ancien président.
Les militants pro-Aristide, les "Chimères", se déplacent
armés de pistolets et de machettes, chantant des slogans pro-Aristide et menaçant
de couper les têtes de leurs ennemis.
Très agressifs, ces jeunes gens pénétrent dans des
maisons privées à la recherche d'armes et se livrent à des pillages dans des
résidences d'anciens dignitaires du régime.
Ils accusent également les gouvernements du Canada, de la
France et des Etats-Unis d'être responsables du départ du président Jean
Bertrand Aristide, pour l'avoir encouragé à quitter le pouvoir pour assurer le
retour au calme.
Un journaliste de l'AFP a été menacé par des armes,
quatre fois en moins d'une demi-heure, et expulsé de sa voiture, un fusil à
pompe pointé sur la poitrine. Un des jeunes, armé d'un revolver, avait déjà
pris le volant de la voiture quand un de ses amis également armé,
reconnaissant un journaliste français, lui a demandé de le laisser partir.
"Je suis Français, moi aussi", a-t-il lancé.
D'autres groupes de militants se jetaient sur les équipes
de télévisions américaines pour leur dérober leur matériel.
Le Premier ministre Yvon Neptune a lancé dimanche matin un
"appel solennel à la police nationale" pour qu'elle reprenne le contrôle
de la rue.
Dans les bureaux du Premier ministre haïtien, le président
de la Cour de cassation, Boniface Alexandre, a prêté serment pour assurer la
présidence haïtienne par intérim, en présence des ambassadeurs français et
américain, Thierry Bukard, et James Foley.
Selon des témoins, le commissariat de police central de
Port-au-Prince, près du Palais national, a été pillé par des partisans armés
d'Aristide.
Le commissariat de Pétionville, banlieue sud sur les
hauteurs de la capitale, a été pillé par la population après que les
policiers qui l'occupaient se sont enfuis. Celui de Carrefour, dans la banlieue
sud de la capitale, des inconnus se sont emparés d'un stock d'armes mordernes.
Depuis trois jours, la vie s'est arrêtée dans la
capitale, à laquelle des insurgés, contrôlant le nord du pays, ont menacé de
s'attaquer. Les commerces, les banques, l'administration ne fonctionnent plus.
Vendredi, les violences avaient fait au moins huit morts.
http://fr.news.yahoo.com/040229/5/3o4kb.html
dimanche 29 février
2004, 18h26
Chronologie de la crise
haïtienne depuis le début de l'insurrection
PORT-AU-PRINCE
(AP) - La chronologie de la crise haïtienne depuis le début de l'insurrection,
début février 2004.
-
5 février: des rebelles armés s'emparent des Gonaïves, la quatrième ville du
pays, début d'une insurrection qui menace la présidence. Le mouvement est lancée
par l'ex-Armée cannibale, milice pro-Aristide passée à l'opposition.
-
8 février: les forces de police quittent les Gonaïves qu'elles avaient tenté
de reprendre aux rebelles.
-
9 février: le soulèvement s'étend désormais à 11 villes du Nord et de
l'Ouest.
-
10 février: après des combats sporadiques, la police reprend le contrôle de
trois villes, dont Saint-Marc, à 70 km à l'ouest de Port-au-Prince.
-
11 février: affrontements à Saint-Marc entre policiers et rebelles.
-
12 février: les partisans d'Aristide dressent des barricades enflammées à
Port-au-Prince et s'en prennent à des membres de l'opposition, entraînant
l'annulation de la manifestation prévue contre le président.
-
14 février: le secrétaire d'Etat américain Colin Powell appelle le président
Aristide à agir et négocier avec l'opposition pour mettre fin à la crise.
-
15 février: manifestation de la Plate-forme démocratique de l'opposition à
Port-au-Prince.
-
16 février: Les rebelles prennent le contrôle d'Hinche, ville stratégique
dans le centre du pays.
-
17 février: le ministre français des Affaires étrangères Dominique de
Villepin appelle le président Aristide "à avancer dans le sens du
dialogue" pour que cesse la violence en Haïti, un pays "au bord du
chaos".
-
18 février: l'ancien chef de la police de Cap-Haïtien Guy Philippe est désormais
le chef des rebelles.
-
19 février: Washington demande à ses ressortissants de quitter le pays.
-
21 février: visite d'une délégation internationale venu présenter le plan de
sortie de crise présenté par la France, les Etats-Unis, le Canada, l'OEA
(Organisation des Etats américains) et la Caricom (Communauté des Caraïbes),
qui prévoit un gouvernement d'union. Jean-Bertrand Aristide accepte de nommer
un nouveau Premier ministre, mais l'opposition refuse toute solution ne
comprenant pas la démission du président Haïtien.
-
22 février: les rebelles s'emparent de Cap-Haïtien, la deuxième ville du
pays. Ils contrôlent désormais plus de la moitié du territoire et annoncent
qu'ils vont marcher sur Port-au-Prince.
-
23 février: à la demande de Washington, l'opposition diffère de 24 heures sa
réponse au plan de paix international.
-
24 février: l'opposition politique au président haïtien Jean-Bertrand
Aristide rejette le plan de paix international. A Budapest, le président français
Jacques Chirac estime que Jean-Bertrand Aristide a gouverné "depuis bien
longtemps de façon désastreuse".
-
25 février: le ministre français des Affaires étrangères Dominique de
Villepin appelle le président Jean-Bertrand Aristide, qui "porte une
lourde responsabilité dans la situation actuelle", à "en tirer les
conséquences" et propose la mise en place d'une "force civile de
paix".
-
26 février: le secrétaire d'Etat américain Colin Powell envisage ouvertement
le départ d'Aristide, l'appelant à examiner "dans l'intérêt du peuple
haïtien" la question de savoir s'il peut rester au pouvoir. Les rebelles
annoncent qu'ils vont marcher sur Port-au-Prince, Aristide assure sur CNN qu'il
ira au bout de son mandat.
-
27 février: le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin reçoit
une délégation du gouvernement haïtien à Paris et répète qu'Aristide doit
tirer les conséquences de la crise. Violences et pillages à Port-au-Prince,
dont les rebelles ne se trouvent plus qu'à 40km. Allocution radio d'Aristide
qui maintient qu'il va rester au pouvoir.
-
28 février: la Maison Blanche demande implicitement le départ du président haïtien
estimant que "cette crise qui couve depuis longtemps est en grande partie
due à M. Aristide". Affirmant céder aux appels de Washington, le chef des
rebelles haïtiens Guy Philippe annonce que ses forces attendraient "un ou
deux jours" avant d'attaquer la capitale, déjà en proie aux violences et
pillages. Retranché à Port-au-Prince, le président Jean-Bertrand Aristide
reste lui sur ses positions, assurant qu'il est "hors de question"
pour lui de partir.
-
29 février: Jean-Bertrand Aristide quitte Haïti, pour éviter un bain de sang
selon son Premier ministre. Le président de la Cour suprême de Haïti,
Boniface Alexandre, annonce qu'il assure l'intérim de la présidence.
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=644
Le
film de la fin du régime Aristide
Source : AFP, 29 février 2004
Voici le film de la journée de dimanche, qui a marqué la
fin du régime du président haïtien Jean Bertrand Aristide après quatre
semaines de violences qui ont fait près d'une centaine de morts :
- Le président Aristide signe sa lettre de démission à
6h00 locales (11h00 devant des témoins.
- A 6h34, il quitte Haïti dans un avion blanc non
immatriculé pour une destination inconnue. Plus tard, le porte-parole du département
d'Etat américain, Richard Boucher fait valoir que les Etats-Unis ont
"facilité" le départ d'Aristide dans "des conditions de sécurité".
- Le ministre français des Affaires étrangères Dominique
de Villepin appelle à la fin des combats et à "la mise en place d'une
aide humanitaire d'urgence".
- Moins de deux heures après le départ de l'ex-président,
des violences éclatent dans le centre de Port-au-Prince. En fin d'après-midi,
le bilan provisoire s'établit à 10 morts et 10 blessés par balle.
- L'un des dirigeants de l'opposition haïtienne, Evans
Paul affirme qu'il n'y a plus aucune raison de refuser le plan de réglement de
la crise de la communauté internationale prévoyant l'envoi d'une force de sécurité
en Haïti.
- Vers 14h45 GMT, le président de la Cour de cassation
d'Haïti, Boniface Alexandre annonce qu'il assume le pouvoir par intérim après
le départ du président Aristide.
- Vers 15h15 GMT, le Premier ministre Yvon Neptune lit une
déclaration d'Aristide disant avoir démissionné pour "éviter un bain de
sang".
- Les insurgés, par la voie de leur chef Guy Philippe, se
disent prêts à déposer les armes et souhaitent l'arrivée d'une force
internationale le plus rapidement possible.
- Un responsable américain affirme en milieu de journée
qu'Aristide est toujours dans un avion pour une destination inconnue.
- Les Etats-Unis annoncent qu'ils souhaitent obtenir une résolution
du Conseil de sécurité de l'ONU pour un "soutien international" en
vue d'une "transition pacifique" en Haïti.
- Juste après 18h00 GMT, le président américain George
W. Bush annonce avoir donné l'ordre à un contingent de Marines de se déployer
en Haïti. Il exhorte les Haïtiens à rejeter la violence afin de donner au
processus politique "une chance de réussir".
- Une vingtaine d'insurgés armés sont vus dans Port-au
Prince, selon des témoins. Leur chef, Guy Philippe, annonce sur CNN qu'il sera
dimanche soir ou lundi matin à Port-au-Prince.
- Un détachement de quelque 200 Marines américains part
de la base de Camp Lejeune en Caroline du Nord (sud-est), selon le Pentagone.
- La France annonce le départ dans les heures à venir de
quelque 200 militaires en Haïti qui doivent être rejoints lundi par une
centaine de gendarmes de la métropole, selon l'état-major des armées.
- Le président par interim Boniface Alexandre demande à
l'ONU d'envoyer une force de paix.
- Les premiers éléments de la force internationale destinée
à rétablir l'ordre en Haïti arrivent dans l'île, annonce l'ambassadeur américain
à Port-au-Prince James Foley.
- Le couvre-feu est instauré sur la capitale haïtienne à
partir de 18h00 dimanche (23h00 GMT). Il devra être maintenu en vigueur jusqu'à
06h00 lundi (11h00 GMT).
- Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit pour une réunion
d'urgence destinée à autoriser l'envoi d'une force multinationale.
http://www.mediatropical.com/fr/news/infos_article.php?idrub=617&idart=7822
Au
lendemain du départ de Jean-Bertrand Aristide, la presse reste sur ses gardes
par Reporters sans frontières, le 4-3-2004 à 14:53:29
HAÏTI - 1er mars
2004
Cinq médias ont été attaqués le 29 février
Malgré les attaques contre les médias qui ont suivi le départ
du président Jean-Bertrand Aristide, les journalistes poursuivent leur travail.
Reporters sans frontières a interrogé quelques-uns
d'entre eux sur le climat dans lequel ils ont repris leurs activités ce 1er
mars. "On ne peut pas parler de terreur. Simplement, on reste sur nos
gardes car les chimères sont toujours armées", explique Achille
Louis-Marie, rédacteur en chef de Radio Métropole. Un avis partagé par Vario
Sérant, rédacteur en chef de la chaîne Télé Haïti : "Nous restons
prudents. Je vous rappelle que plusieurs d'entre nous ont dû se mettre à
couvert ces derniers jours pour échapper à une agression". "Jusqu'à
hier après-midi les chimères étaient devant certaines radios. On reprend mais
on fait très attention. La situation est toujours très difficile", résume
de son côté Marie-Lucie Bonhomme, rédactrice en chef de Radio Vision 2000.
Au cours de la seule journée du 29 février, cinq stations
ont été attaquées par des partisans de Jean-Bertrand Aristide. Reporters sans
frontières avait plusieurs fois appelé les parties à mettre fin à l'usage de
la violence. "Dans cette situation d'extrême confusion, la société haïtienne
a avant tout besoin d'information indépendante et fiable", a déclaré
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
La plupart des médias progouvernementaux ont cessé leurs
émissions. Radio et Télé Ti Moun, deux médias appartenant à la fondation du
président démissionnaire, et les chaînes Télé Eclair et Télé Max ont mis
fin à leur diffusion peu avant le départ du Président. La chaîne publique Télévision
nationale d'Haïti (TNH) a continué d'émettre le 29 février, donnant la
parole au président intérimaire et, dans la soirée, à l'opposition.
Dans la nuit du 27 au 28 février, des partisans de Fanmi
Lavalas ont mitraillé les bureaux de Radio Vision 2000, une des principales
stations privées de Port-au-Prince. Selon le directeur de la radio, Léopold
Berlanger, la radio a dû fermer. Suite à cette attaque, la station privée
Kiskeya avait momentanément suspendu ses programmes d'information. Le 29 février,
l'immeuble de Radio Vision 2000 a été de nouveau mitraillé et en partie
incendié. La radio espère bénéficier d'une protection de la police et
reprendre ses programmes dès le 2 mars.
Le 29 février, des hommes armés ont saccagé et pillé
les locaux de Télé Haïti, la dernière chaîne de télévision indépendante
du pouvoir. "Tout a été volé ou cassé", a expliqué
Marie-Christine Blanc, directrice de Télé Haïti dans un message reçu par
Reporters sans frontières. Cette dernière a expliqué que les agresseurs ont
enfoncé la barrière de la station avec un bus en fin de matinée provoquant la
fuite des agents de sécurité. Vers 17 heures, un membre de la chaîne a pu
rentrer, accompagné par la police. Selon Vario Sérant, directeur de
l'information de Télé Haïti, certains des agresseurs portaient des T-shirts
à l'effigie d'Aristide et le bâtiment était encerclé depuis la veille au
soir. Les dégâts sont estimés à plusieurs centaines de milliers de dollars.
Le bâtiment abrite également le bureau de la station française Radio France
internationale (RFI) qui a brièvement suspendu ses émissions sur Haïti.
Quatre jours plus tôt, une équipe de Télé Haïti,
composée de la journaliste Jhenny Favélus et du cameraman Claude Cléus, avait
été menacée et prise à partie alors qu'elle tentait de regagner ses bureaux.
Leurs agresseurs avaient menacé de "marcher sur Télé Haïti". Selon
Vario Sérant, ils avaient alors brûlé des pneus et érigé des barricades
devant la station contraignant le personnel à quitter les lieux. Les agresseurs
avaient recommencé le lendemain.
Toujours le 29 février, selon Radio Métropole, la station
privée de Port-au-Prince, Radio Ibo, aurait été victime d'une attaque et
contrainte de suspendre ses émissions d'information. Une autre radio de la
capitale, Signal FM, a essuyé des tirs. Après avoir reçu des menaces téléphoniques,
Radio Métropole a interrompu ses programmes d'information de 14 heures à 16
heures. A Léogane, Radio Passion a été saccagée par des partisans
d'Aristide.
Au moins trois autres médias ont été attaqués ou menacés
au cours de la semaine dernière.
Le 26 février, les locaux de la radio Echo 2000, de
Petit-Goâve (70 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince), ont été incendiés
par des partisans présumés du président Aristide. Le 3 décembre 2001,
Brignol Lindor, un journaliste de cette station avait été assassiné par des
partisans du pouvoir qui n'ont depuis jamais été inquiétés malgré des aveux
publics.
Le 24 février, Michel Jean et Sylvain Richard, journaliste
et cameraman de la chaine de télévision Radio Canada, avaient été la cible
de tirs de la part de chimères pro-Aristide dans le nord de Port-au-Prince.
Dans un communiqué publié le 23 février, Reporters sans frontières avait dénoncé
des attaques inédites dirigées contre la presse étrangère la semaine précédente.
Pour sa part, la direction de Radio Solidarité, proche du
pouvoir, avait dénoncé le 26 février avoir reçu des menaces de mort et
d'incendie la veille au soir.
http://www.24heures.ch/home/journal/index.php?Page_ID=12437&id=159169&rubrique_news=international
1/03/2004
Des
soldats et gendarmes français en route pour Haïti
PARIS (AP) - Un
premier contingent de près de 300 soldats et gendarmes étaient en route pour
Haïti lundi pour assurer la protection des ressortissants étrangers et se
joindre à la force internationale demandée par les Nations unies.
Un contingent de 200 soldats français a décollé lundi de
Fort-de-France en Martinique à destination d'Haïti tandis que 75 gendarmes
vont partir de Mont-de-Marsan dans les Landes, a précisé le porte-parole du
ministère de la Défense Jean-François Bureau.
Jean-François Bureau a expliqué à l'Associated Press que
la »mission première» de cette force est «la sécurité des Européens, des
Occidentaux et d'autres ressortissants étrangers, et à partir de là, elle
peut participer à la force internationale».
Les soldats français «peuvent jouer un rôle dans la
protection de l'électricité, des communications, etc... afin que les civils
puissent rapidement reprendre une vie normale et dissuader ceux qui voudraient
avoir une solution par la force plutôt que politique», a dit Bureau interrogé
au téléphone.
Dimanche soir, le colonel Christian Baptiste, porte-parole
du chef d'état-major des armées françaises avait apporté des précisions sur
France-Info en déclarant: «Nous allons également projeter des véhicules pour
motoriser ces personnels, à partir d'un bâtiment de transport léger, le
'Champlain', et une frégate qui appartient au dispositif de la Marine des
Antilles, la frégate 'Ventôse', qui va également participer à cette opération».
Le Conseil de sécurité des Nations unies avait voté à
l'unanimité dimanche soir l'envoi immédiat pour trois mois d'une force
militaire internationale chargée de rétablir l'ordre en Haïti. Le vote est
intervenu quelques minutes après l'annonce par le Pentagone du début du déploiement
des premiers Marines constituant l'avant-garde de cette force internationale.
Ces soldats américains devraient être rejoints dans les prochains jours par
des troupes françaises, canadiennes et de plusieurs nations des Caraïbes. AP
ma/v212/54
http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp_article.php?rub=../special/afrique&idArticle=040301112001.unkpiyuf.xml
BANGUI (AFP) - 01/03/2004 11h19 - Le président haïtien déchu
Jean-Bertrand Aristide est arrivé lundi matin à Bangui où il a été
accueilli à titre "humanitaire", après trois semaines de révolte
dans son pays, mais il ne devrait rester en Centrafrique que quelques jours,
avant un exil probable en Afrique du Sud.
"Je déclare qu'en me renversant, on a abattu le tronc
de l'arbre de la Paix, mais il repoussera car ses racines sont +louverturiennes+",
a déclaré, au cours d'une courte allocution, l'ex-président haïtien, en référence
à Toussaint Louverture, chef de la révolte des esclaves noirs à Haïti en
1791.
La présidence centrafricaine a indiqué, dans un communiqué
lu lundi à la télévision nationale, avoir accepté d'accueillir Jean-Bertrand
Aristide sur son sol à la demande du chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo
Ondimba.
"A la demande de son frère et aîné, doyen des chefs
d'Etat d'Afrique centrale, son excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba, le président
de la République (François Bozizé, ndlr) a accepté de recevoir et
d'accueillir l'ancien président de la toute première république noire du
monde, Haïti, monsieur Jean-Bertrand Aristide", indique le communiqué
signé du ministre de la Communication, Parfait M'bay.
C'est "un acte à caractère purement
humanitaire", précise le texte, qui ne donne aucune indication sur la durée
du séjour de M. Aristide en Centrafrique, ni n'évoque une éventuelle future
destination.
Au cours de ses premières déclarations depuis son départ
dimanche du pouvoir et de son pays, Jean-Bertrand Aristide a remercié lundi sur
les ondes de la radio nationale centrafricaine, les autorités de Bangui de
l'avoir accueilli, estimant qu'en le renversant ses opposants avaient compromis
la paix.
Pas plus que la présidence centrafricaine, Jean-Bertrand
Aristide n'a précisé la durée de son séjour à Bangui ou une éventuelle
future destination après la Centrafrique.
Lundi matin, une source proche du protocole avait affirmé
que M. Aristide ne devrait rester à Bangui que quelques jours avant un départ
pour un exil en Afrique du Sud.
Pretoria a toutefois indiqué, après l'atterrissage de
l'avion de M. Aristide à Bangui, "ne pas être au courant" d'une éventuelle
arrivée de ce dernier, précisant n'avoir reçu aucune demande d'asile.
La ministre sud-africaine des Affaires étrangères,
Nkosazana Dlamini-Zuma, est "en contact" avec ses homologues d'autres
pays concernant le cas de M. Aristide, a indiqué lundi son adjoint, Aziz Pahad.
Arrivé vers 07H15 locales (06H15 GMT) en compagnie de son
épouse Mildred, dans un avion civil aux couleurs d'Haïti, Jean Bertrand
Aristide avait été accueilli à l'aéroport de Bangui par le porte-parole du
gouvernement centrafricain, Parfait M'bay.
Il s'est ensuite entretenu une vingtaine de minutes avec M.
M'bay, le ministre délégué aux Affaires étrangères Guy Moskit, et le chef
d'état-major des Forces armées centrafricaines (FACA), Antoine Bamdi, avant de
partir en direction du centre-ville, pour une destination inconnue.
Son arrivée à Bangui met fin à près de vingt heures de
spéculations sur sa localisation depuis son départ de Port-au-Prince sous la
pression de la rue et de la communauté internationale, après trois semaines de
troubles armés en Haïti.
M. Aristide avait été annoncé successivement en République
Dominicaine puis au Panama, avant que le présidente panaméenne ne révèle que
le président déchu désirait s'exiler "dans un pays africain".
Les autorités du Maroc, un temps évoqué comme
destination finale, ont fait savoir qu'elles refuseraient de donner asile à
l'ex-président. Taïwan, également cité, et dont Haïti est l'un des rares
pays à reconnaître la souveraineté, a, de son côté, fait valoir qu'il
n'avait pas reçu de demande d'asile.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=182512
Embryon de force multinationale en Haïti
01 mars 11:04:38
PORT-AU-PRINCE - Un premier groupe de Marines américains
est arrivé dimanche soir dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où ils
constituent l'embryon de la force multinationale dont le Conseil de sécurité
de l'Onu a approuvé à l'unanimité le déploiement.
Plus de
120 militaires français doivent arriver lundi, et le Canada, qui dispose d'une
cinquantaine de soldats dans le pays, a indiqué qu'il allait en envoyer sous
peu une centaine d'autres. Le Brésil devrait lui aussi contribuer à la force
multinationale.
Le président
démissionnaire, Jean-Bertrand Aristide est arrivé en République
centrafricaine, après un parcours en avion qui l'a conduit successivement en République
dominicaine puis à Antigua et à la Barbade dans les Caraïbes.
Il a été
accueilli par deux ministres et a été conduit au palais présidentiel. On
ignore s'il s'agit de sa destination définitive ou s'il effectue là une halte
avant de gagner son véritable pays d'exil.
Plusieurs
centaines de Marines sont arrivés en provenance de leur base de Caroline du
Nord, quelques heures après l'ordre donné par le président George Bush
d'envoyer des troupes américaines en Haïti afin d'y maintenir l'ordre dans la
période consécutive au départ, dimanche, du président Jean-Bertrand
Aristide.
D'autres
Marines doivent suivre. "Les effectifs définitifs de la contribution (américaine)
à la force multinationale de transition restent à déterminer", a déclaré
le Pentagone.
"C'est
le commencement d'un nouveau chapitre de l'histoire de ce pays", a déclaré
George Bush.
Aristide,
qui dit avoir démissionné pour éviter un "bain de sang", a été
escorté dimanche matin vers l'aéroport de Port-au-Prince par des soldats américains,
d'où il a décollé vers la République dominicaine.
Washington,
à qui l'on a reproché sa lenteur à tenter de désamorcer l'insurrection
anti-Aristide, craint que les rebelles ne comblent le vide du pouvoir en Haïti
et s'est empressé dimanche d'annoncer l'envoi de troupes de maintien de la
paix.
EVITER UN
EXODE
"La
Constitution de Haïti est à l'oeuvre. Il y a un président par intérim, en
place en vertu de la constitution", a déclaré Bush après l'investiture
du président de la Cour suprême, Boniface Alexandre, à la tête du pays en
l'attente d'une élection présidentielle.
Bush a
demandé au peuple haïtien de cesser toute violence, alors que l'on signalait
des scènes de pillages dans des magasins de la capitale et l'évasion d'un
grand nombre de détenus des prisons du pays.
Peu après
le discours du président américain, un chef rebelle haïtien a fait savoir que
ses forces cesseraient le combat et a salué la décision d'envoi de forces américaines
pour rétablir l'ordre.
* Guy
Philippe, ancien chef de la police accusé d'avoir fomenté par le passé des
tentatives de putsch et qui a rejoint les rangs des insurgés, a déclaré à
CNN que les Marines seraient les bienvenus. "Nous les attendons. Nous avons
besoin d'eux. Ils auront droit à notre entière coopération".
En période
électorale, l'administration Bush ne veut pas que les plages de Floride
connaissent un afflux d'immigrants haïtiens, font remarquer des politologues américains.
Des dizaines de milliers de Haïtiens avaient fui les troubles dans leur pays à
bord de navires de fortune dans les années 1990 et avaient tenté d'atteindre
la Floride.
Le
Conseil de sécurité de l'Onu a adopté à l'unanimité de ses 15 membres une résolution
autorisant le déploiement en Haïti d'une force de maintien de la paix destinée
à "contribuer au rétablissement d'un environnement sûr et stable"
dans le pays, pour une durée maximale de trois mois, après quoi une force de
stabilisation de l'Onu prendrait la relève.
Le
Conseil a déclaré avoir pris cette décision après avoir reçu un appel à un
"soutien urgent de la communauté internationale pour rétablir la paix et
la sécurité en Haïti" de Boniface Alexandre.
L'insurrection a
commencé le 5 février aux Gonaïves, dans l'ouest du pays, et a fait plus de
70 morts.
(url
manquant)
Pillages, déroute des "chimères"
et couvre-feu à Port-au-Prince après le départ du président Aristide
LE MONDE | 01.03.04 | 12h57
reportage "Ils se cachent, mais les habitants
les connaissent. Nous allons les arrêter"
Port-au-prince
de notre envoyé spécial
Dimanche 29 février
à l'aube, la population de Port-au-Prince apprend par la radio que le président
Jean-Bertrand Aristide a quitté Haïti. Aussitôt, de petits groupes d'hommes
et de femmes se forment dans les rues, hésitants et silencieux.
Certains
commencent à marcher lentement vers le palais présidentiel, et un
rassemblement de plus en plus joyeux se forme sur le Champ-de-Mars, un parc
proche du palais.
Voyant que la police a
déserté le quartier, la foule pacifique se transforme rapidement en une armée
de pillards. Les hommes vont chercher des outils pour défoncer les grilles et
les rideaux de fer des magasins, puis des sacs et des brouettes pour transporter
les marchandises. Des enfants entrent dans le commissariat et commencent à
sortir les meubles et le matériel informatique. Très vite, l'ambiance
s'envenime : les pillards se battent pour le partage des objets les plus précieux.
Une femme lourdement chargée est rattrapée par un groupe d'hommes, qui la
frappent violemment et lui dérobent son butin. Elle se relève, les insulte
puis repart en sens inverse pour se réapprovisionner. Personne ne semble se
soucier du palais national, vide et silencieux.
Soudain, plusieurs
groupes de "chimères", bandes armées à la solde du président déchu,
arrivent en trombe dans le quartier à bord de camionnettes tout-terrain et de
pick-up Toyota. Ils tournent plusieurs fois autour du palais, puis, désemparés
et ivres de rage, foncent sur la foule en tirant au hasard. Les pillards
s'enfuient ou se cachent comme ils peuvent, sans lâcher leur butin. Quelques
"chimères" veulent participer au pillage, mais d'autres continuent à
tourner en rond et à tirer au hasard. Une masse compacte d'hommes, de femmes et
d'enfants venus des bidonvilles du port traverse le quartier pour aller piller
plus loin. Les "chimères" tentent d'incendier plusieurs bâtiments du
quartier : une fumée noire envahit le parc. D'autres attrapent des
passants, les jettent dans les pick-up à coups de crosse, et repartent.
TIRS SANS SOMMATION
Le règne des
"chimères" sur le centre-ville se termine brusquement en fin de matinée,
avec l'arrivée des grosses voitures tout-terrain des Compagnies d'intervention
et de maintien de l'ordre (CIMO), la police antiémeute qui, la veille encore,
les laissait agir impunément. Les CIMO, en tenue de combat, tirent sans
sommation sur les "chimères", qui s'enfuient immédiatement. Les
policiers se tournent alors contre les pillards, tirant de longues rafales sur
les trottoirs et à l'intérieur des magasins. Une femme, propriétaire d'une
boutique, hurle de rage : "Vous arrivez trop tard, comme
d'habitude."
Après avoir dégagé
les abords du palais, les CIMO s'engouffrent dans les rues adjacentes, arrêtent
tous les passants pour les fouiller et tirent dès qu'ils repèrent un homme armé.
Ils entrent dans les maisons pour obliger les habitants à venir démanteler les
barricades construites les jours précédents par les partisans du président
Aristide. Les voitures qui essaient de forcer le passage sont mitraillées, et
leurs occupants, morts ou blessés, sont laissés à l'abandon.
En début d'après-midi,
la nouvelle se répand que les marines américains vont arriver et s'emparer de
l'aéroport. La police municipale, en chemisette et casquette, fait alors sa réapparition
en ville. En quelques minutes, des dizaines de voitures patrouillent en tous
sens, sirènes hurlantes. Un gradé affirme qu'il cherche des "chimères",
mais qu'il n'en a trouvé aucun : "Ils se cachent, mais les
habitants les connaissent. Ils vont nous informer : nous allons les arrêter."
Il reconnaît, de mauvaise grâce, que lui aussi les connaît, ce qui va
faciliter son enquête. En milieu d'après-midi, un seul quartier du
centre-ville reste aux mains des "chimères". Protégés par des
barricades enflammées, ils continuent à tirer sur tous ceux qui approchent,
mais sans conviction. Un à un, ils disparaissent dans les ruelles.
Le quartier de Pétionville,
où habite la bourgeoisie de Port-au-Prince, est aussi en effervescence. Les
partisans du président Aristide, qui avaient osé occuper quelques avenues et
carrefours au début de la semaine, ont disparu. Des jeunes gens bien habillés,
circulant dans des voitures neuves et armés de fusils, célèbrent leur "libération"
et hurlent qu'ils cherchent des "chimères" pour les tuer. Le
bidonville de Jalousie, construit sur une colline proche de Pétionville, s'est
barricadé dans l'espoir de rester à l'écart des troubles.
RÉUNION D'URGENCE
Pendant ce temps, l'état-major
de la Plate-forme démocratique, regroupant les principaux mouvements de
l'opposition, organise une réunion d'urgence dans un hôtel-casino de Pétionville,
sous la garde d'une délégation de policiers venus faire allégeance. Après
plusieurs heures de discussions, deux des principaux leaders, Evans Paul pour
les partis politiques et André Apaid pour la société civile, font une première
série de déclarations. Ils s'engagent à rester unis dans la victoire, comme
ils sont su l'être dans l'opposition. Leur objectif à court terme est la mise
en route de leur plan d'action, publié il y a plusieurs semaines, qui s'inspire
du projet présenté par la communauté internationale : création d'un
"comité des sages" chargé de proposer un nouveau premier ministre,
et nomination d'un juge de la Cour de cassation comme président de la République
intérimaire. En privé, ils souhaitent que le président de la Cour, Boniface
Alexandre, se récuse et laisse la place à un autre juge.
Interrogés sur leur
stratégie face aux rebelles armés qui occupent le nord du pays, ils rappellent
que Guy Philippe, l'un de leurs chefs, a souvent répété qu'il déposerait les
armes dès le départ du président Aristide et ne chercherait pas à s'emparer
du pouvoir : "Nous comptons sur lui pour qu'il respecte sa
parole." Ils reconnaissent que l'action des rebelles armés "a
changé la donne", et qu'ils feront partie du processus de
reconstruction nationale. Micha Gaillard, autre leader de la Plate-forme,
confirme que des contacts ont été pris avec plusieurs de leurs chefs, et qu'il
espère les rencontrer lundi. Il sait que les rebelles vont exiger la
restauration de l'armée haïtienne dissoute en 1994, mais il s'inquiète du coût
d'une telle mesure.
Les leaders de la
Plate-forme annoncent l'organisation, dans les jours prochains, d'une
manifestation de soutien à la démocratie naissante et d'une fête de la réconciliation.
Mais, pour ce soir, la police a décrété un couvre-feu total qui, en milieu de
soirée, semblait à peu près respecté. Pour sa première nuit sans Aristide,
Port-au-Prince va se coucher de bonne heure.
Yves Eudes
Un témoin :
"Lui ne voulait pas partir"
La résidence de
Jean-Bertrand Aristide, située à Tabarre, sur les hauteurs de Port-au-Prince,
a été épargnée par les pillards. les envoyés spéciaux de Libérationet
de RTL ont recueilli le témoignage du concierge de la maison, Joseph Pierre.
Son récit jette un doute sur les circonstances de la démission du président
haïtien. A-t-il été exfiltré ou enlevé par les marines américains ? "Des
Blancs américains sont venus le chercher en hélicoptère, raconte Joseph
Pierre. Ils ont aussi emmené les hommes chargés de sa sécurité. C'était
vers 2 heures. Lui ne voulait pas partir. Les soldats américains l'ont
forcé. A cause des armes qu'ils ont pointées sur lui, il a été obligé de
les suivre. Les Américains sont les plus forts après Dieu", écrit
Libération du 1er mars.
La Caricom critique
"la destitution"
La Communauté et Marché
commun des Caraïbes (Caricom), qui a été au premier plan des efforts pour
trouver une solution à la crise haïtienne, a déploré, dimanche 29 février,
le "renvoi" du président Aristide. "Nous devons nous
interroger sur le caractère volontaire de sa démission, qui survient après la
prise de régions de Haïti par des insurgés armés et après l'échec de la
communauté internationale à fournir le soutien nécessaire, malgré les appels
de la Caricom", a déclaré son actuel président, le premier ministre
de la Jamaïque, M. Patterson. "La destitution du président
Aristide, dans ces circonstances, établit un précédent dangereux pour les
gouvernements démocratiquement élus un peu partout, car elle va dans le sens
d'un remplacement, sous l'action de forces rebelles, de personnes élues en
bonne et due forme", ajoute M. Patterson. – (Reuters.)
• ARTICLE
PARU DANS L'EDITION DU 02.03.04
http://www.libe.fr/page.php?Article=182471#
Haïti/«Libération»
a rencontré le concierge de la résidence présidentielle, juste après le départ
d'Aristide:
«Il
ne voulait pas partir, les Américains l'ont forcé»
Par
Jean-Pierre PERRIN
lundi 01 mars 2004
Port-au-Prince envoyé spécial
Le
drapeau haïtien bat encore fièrement au vent. Mais, devant l'entrée de la résidence
du président Aristide, à Tabarre, sur les hauteurs de Port-au-Prince, pas le
moindre policier ou soldat pour monter la garde. Le grand portail est juste fermé
par un crochet. Les pillards ne sont pas passés. Peut-être n'ont-ils pas osé.
Une fois le battant poussé, un parc se découvre. Des coqs de parade et des
poules naines partagent la pelouse avec les deux hélicoptères présidentiels.
Quatre véhicules tout-terrain, avec l'immatriculation «Palais national», sont
alignés, mais un cinquième est en travers de l'allée ombragée, dressant un
illusoire barrage.
Terrorisé.
La
résidence, une demeure coloniale blanche, avec un seul un étage, se dresse
avec élégance un peu plus loin. Toujours pas de garde en vue. La porte n'est
pas davantage fermée à clé. A l'étage, un vieil homme est tapi. On croit que
c'est un pillard qui se cache, mais ce n'est que le concierge de la résidence.
Il s'appelle Joseph Pierre. Il est encore terrorisé par les événements de la
nuit, mais ne s'inquiète pas de savoir ce que peuvent faire deux journalistes
occidentaux dans la demeure de son ancien patron.
En créole,
il raconte une histoire contraire à la version officielle, qui veut que le chef
de l'Etat a accepté de partir de son plein gré. Joseph Pierre assure, d'une
voix où la peur perce encore, que l'ex-président a été enlevé dans la nuit
de dimanche à lundi par l'armée américaine : «Des Blancs américains sont
venus le chercher en hélicoptère. Ils ont emmené aussi les hommes chargés de
sa sécurité. C'était vers 2 heures du matin. Lui ne voulait pas partir. Les
soldats américains l'ont forcé. A cause des armes qu'ils ont pointées sur
lui, il a été obligé de les suivre. Les Américains sont les plus forts après
Dieu.» Dans la résidence, excepté une vitre cassée, tout respire
l'ordre.
Castro.
La
demeure est meublée avec un luxe discret. Aux murs, de belles illustrations de
l'art naïf haïtien. Les ventilateurs tournent dans le salon. Dans la chambre,
le lit est à peine froissé. Pas de désordre dans le bureau, mais une sacoche
en cuir semble avoir été vidée avec précipitation et abandonnée dans un
coin. Posées sur un frigo de la cuisine, de vieilles cartes postales de Fidel
Castro et Che Guevara. Dans un autre, on découvre que le président déchu appréciait
le champagne rosé Moët et Chandon. En sortant du bâtiment, comme surgi de
nulle part, apparaît un Noir armé d'un fusil M-16 américain avec un gilet
pare-balles. Il disparaît sans poser de questions ni daigner répondre aux nôtres.
Un garde présidentiel oublié ou un homme des forces spéciales américaines ?
© Libération
http://www.libe.fr/page.php?Article=182469#
Haïti
Exit
Aristide, Port-au-Prince en furie
Au
moins dix morts et des pillages dans la capitale, après le départ du président
Aristide emmené de force hier par des soldats américains.
Par
Jean-Pierre PERRIN
lundi 01 mars 2004
Port-au-Prince envoyé spécial
Dans la
capitale haïtienne, le mot du jour est déchoukaj (1). Il est dans
toutes les bouches et de toutes les conversations. Pour les pauvres, il a la
saveur magique du fruit défendu. Pour les riches, il fait peur. A Pétion-Ville,
les beaux quartiers de Port-au-Prince, la cible du déchoukaj est le grand
commissariat. Hommes, femmes et fillettes, ils sont des dizaines à avoir
entrepris, dès que la chute du président Jean-Bertrand Aristide a été
connue, le pillage systématique des bâtiments. «Ils vont tout emporter, même
la céramique», s'exclame un chauffeur de taxi. Tout est bon à prendre :
le mobilier, les ordinateurs, les matraques, les casquettes et les chemises des
policiers et même les gilets pare-balles que certains déchoukeurs
portent comme s'il s'agissait de simples tricots. Mais c'est une mise à sac
joyeuse, une folie mâtinée de bonne humeur, avec peu de violences, même quand
plusieurs pillards se disputent le même butin. Depuis le premier étage, un
adolescent a enfilé un casque lourd sur son bonnet et s'est mis à danser face
à la foule. Un homme, qui porte un réfrigérateur, admet : «Je n'ai pas l'électricité
chez moi, mais tant pis.» Surgit un coupé BMW, conduit par Mario, un
chauffeur aux allures de gangster latino. Avec une joie un peu mauvaise, il lâche
: «Même si on met un chien à la place d'Aristide, ça sera mieux.» A
ses côtés, l'ancien candidat du quartier aux législatives, Patrick Bautus,
commente le pillage : «C'est à cause du délabrement provoqué par
Aristide. Ces gens prennent le peu qu'il reste. Voyez, une chaise ou un sac de
riz.» Parmi la foule, d'autres spectateurs. «Non, je ne suis pas venu dévaliser.
Je suis venu regarder l'euphorie du peuple. L'histoire d'Haïti nous rapporte
qu'il y a toujours des déchoukajs à la chute d'un gouvernement. C'est une façon
pour les gens de montrer qu'ils ne sont pas contents», résume Yves
Torchon, un entrepreneur de 46 ans. Face à cette nouvelle et folle liberté,
les «chimères», ces gangs de jeunes souvent armés, à la solde du pouvoir,
qui terrorisaient le quartier ces derniers jours, semblent loin. «Y a plus
de chimères. Les chimères sont multiformes. C'est Aristide qui les a créées
et, maintenant qu'il est parti, elles sont redevenues des Haïtiens comme les
autres», estime-t-il.
Le
commissariat n'est pas encore tout à fait pillé que certains songent à y
mettre le feu. Fait irruption un petit groupe d'hommes armés qui s'y opposent.
L'un d'eux, Jean Robert, un administrateur de 57 ans, le pistolet à la main,
cherche à mettre fin au déchoukaj. «Quittez ça, tite (petite, ndlr) chérie»,
ordonne-t-il à une adolescente qui a volé un extincteur. Il n'est pas écouté.
Mais il arrive à convaincre les pillards de ne pas brûler les bâtiments. «On
ne doit accepter ni déchoukaj, ni incendie. Il faut sauver le commissariat. On
n'a pas d'argent pour le reconstruire.»
Mais les
chimères ne sont pas si loin. Elles sont à quelques centaines de mètres de là,
retranchées au fond du marché de la rue des Frères. Hier matin, ces gangs ont
braqué et détroussé les journalistes qui descendaient vers le palais
national. Ils ont tiré sur leurs voitures, quasiment les seules à circuler
dans la capitale, où les boutiques sont demeurées fermées. Port-au-Prince est
encore maillé de barricades abandonnées faites de voitures carbonisées, de
pierres, de troncs et de pneus brûlés, dont l'odeur empeste la ville. La peur
est encore générale. A l'église Saint-Jean-Bosco, où officia un temps
Aristide quand il était prêtre, les fidèles se sont enfermés pour la messe.
Autour du palais national, les chimères sont regroupées en bandes. Elles aussi
pillent, cette fois les supermarchés. Impossible d'approcher. Les bouteilles de
bière se mettent à voler dès qu'une voiture approche. Au moins dix personnes
ont été tuées hier.
(1) Vient
du vieux mot français déchouquer, qui signifie arracher les racines, déraciner.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4490
Port-au-Prince
découvre les horreurs de la violence
Posté le 1 mars 2004
De
nombreux curieux se sont précipités lundi dans les rues pour découvrir les dégats
causés après le départ du président Aristide. Dans les rues encombrées de
restes de barricades, la ville tente de reprendre ses activités…
Des
dizaines de personnes ont investi tôt lundi les rues de la capitale au
centre-ville et dans le quartier commercial de Lalue pour constater l’ampleur
des actes de vandalisme qui ont marqué la journée du 29 février quelques
heures après l’annonce du départ en exil du Président Jean Bertrand
Aristide. Locaux de banques privées éventrés et pillés, magasins dévalisés,
stations d’essence incendiées, les pertes sont énormes pour le secteur
commercial. Aucun bilan chiffré n’est encore établi mais on parle de
milliards de dollars de perte. Pour le président de la chambre de commerce
d’Haïti, Maurice Lafortune, le secteur a pris un sérieux coup. « Il mettra
des années avant de se relever ».
Sur les
ruines des incendies provoquées dans la ville des camionnettes bourrées de
passagers tentent de se frayer un chemin sur la Grand’rue où aucun service
d’ordre n’est assuré. La circulation se fait au petit bonheur, à la bonne
volonté des conducteurs. Dans les quartiers du centre-ville le regard des gens
rassemblés sur les trottoirs en dit long sur leur stupéfaction et leur déception.
C’est dans ces quartiers proches des bidonvilles que vivent les
nombreux partisans du Président déchu. Ici c’est le silence. « On ne
commente pas les nouvelles », répond un jeune qui dit chercher de quoi manger.
C’est en effet la première préoccupation dans ce milieu. Depuis une semaine
les activités sont paralysées, les marchés ne fonctionnent pas, les tap-tap
ne roulent pas. « La vie était bloquée », commente une femme qui amasse
quelques vivres pour ses enfants.
Les marchandes
reviennent timidement sur les trottoirs de la Grand-rue et tentent de recréer
l’animation quotidienne faite de bruits de férailles, de klaxons de véhicules
et de marchands ambulants qui offrent un colas glacé et des biscuits.
Port-au-Prince essaie de renaitre de ses cendres…
CR
http://www.usatoday.com/news/world/2004-03-01-haiticolor_x.htm
Posted
Looters
seize streets of
By Jim
Michaels,
By Jaime
Razuri, AFP/Getty Images
Bands of
armed gangs loyal to ousted President Jean-Bertrand Aristide ran down the
avenues with guns, sticks and machetes. They clustered at a police station and
fired on the building. Hundreds of looters smashed through the locked door of a
store across the street from the hotel and swarmed inside. The popping of small
arms filled the streets. There was so much shooting it was hard to tell where it
was coming from.
"Are
(peacekeepers) waiting for everything to be looted before they come in?"
Denize, 47, asked. "In the past two days, (rioters) could've killed all of
us."
A
contingent of U.S. Marines, an advance party of a larger international force,
arrived late Sunday. Prior to that, others had time to help themselves. When
news spread of Aristide's departure under
Chimeras
clad in bandannas and jeans had been rampaging through the capital city for
several days, killing, carjacking and robbing. But at dawn Sunday, the capital
was quiet. Residents peeked out windows and stood in doorways, uncertain what
would happen.
They
soon found out.
By
midmorning, the streets were again filled with rampaging gangs and mobs of
looters. At first there was no reaction from police. Most officers didn't fight
the rebels outside the capital. They instead went home and left it to the rebels
to restore order once they moved into the capital. But the rebels had stayed out
of
Rebel
leader Guy Philippe was leading a convoy from Cap-Haitien in the north to
In the
capital, near the
Inmates
were freed from prisons and jails around the country.
Gangs
roving the streets shouted, "Chop off their heads and burn their
homes," echoing the war cry of Jean-Jacques Dessalines, the general who
ousted French troops and torched plantations to end slavery and colonial rule in
Haiti 200 years ago.
The
streets around the Palace Hotel swarmed with looters and gang members. One
chimera pointed to a camera on the terrace of the hotel and shouted at the
cameraman to stop filming.
Amid the
chaos, a white pickup screeched to a halt across the Rue Capois, in front of the
looted store. After a morning in which looters had rampaged unchecked, the
police had arrived.
Looters
seemed surprised to see uniforms and stopped and stared before realizing the men
in the truck were police. The officers, members of an elite anti-riot squad,
took cover behind the car, leveled their assault weapons and fired. Looters
dropped their goods and ran. Minutes later, three more pickups full of police
arrived.
The
officers raced through streets, tossing aside barricades of burning tires and
cinder blocks set up by pro-Aristide chimeras. At each barricade, they jumped
from their pickups and fired at fleeing youths. As the police passed, men and
boys pulled up their shirts to show that they didn't have handguns stuck in
their waistbands.
The
chimeras soon regrouped. A car full of journalists followed the police before
turning toward the outskirts of the city. Dozens of young men on a street corner
waved handguns and yelled at the car to stop. When the car sped through, several
men fired. They missed.
All
around the city, frightened residents waited for word on their country's future.
"Some
people cried" at the news that Aristide had fled, Jackson Thomas, 32, said
in
In the
St. Louis Bourdon neighborhood of the capital, the bodies of two young men
traveling in a minibus were all that remained of a confrontation with police.
The windshield was shattered by bullets. One body was sprawled outside the
vehicle. The bare feet of the second man were sticking out the side door.
In
upscale Petionville, armed business owners gathered at the police station to
protect what remained of their property.
"We're
trying to keep the peace in Petionville until whoever is supposed to be in
charge comes here," Peter Calixtim said.
http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4495
La résidence
du président déchu pillée
Posté le 2 mars 2004
La
résidence de l’ex-chef d’Etat haïtien Jean Bertrand Aristide a été pillée
et de nombreux objets de valeur emportés. D’autres biens appartenant à
l’ancienne famille présidentielle ont été également saccagés.
La
propriété de Jean Bertrand Aristide sur le boulevard 15 octobre (1994) –
date de son retour de l’exil de son premier mandat quinquennal (1991-1996)
–, à Tabarre, nord-est de la capitale, dont l’entrée est encore gardée
par trois hommes, a été dévastée, ainsi que les locaux de la Fondation
Aristide pour la démocratie, qui logeait la radio et la télévision Timoun.
L’université de la
Fondation Aristide, fondée avec la coopération des gouvernements haïtien, taïwanais
et cubain, a été également pillée.
Depuis le départ de
Jean Bertrand Aristide dimanche, des scènes de pillage ont été enregistrées
dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince. Des banques commerciales, des
stations-services, des stations de radio et d’autres entreprises ont été
saccagées ou incendiées.
JEC
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1554
Affrontements
à Port-au-Prince entre rebelles et partisans d’Aristide
3
mars 2004
PORT-AU-PRINCE, Haïti (AP) - Une fusillade a éclaté mercredi
entre des rebelles et des partisans de Jean-Bertrand Aristide à La Salines, un
bidonville de Port-au-Prince, fief du président haïtien déchu, ont constaté
des journalistes sur place. Aucun signe de troupes françaises ou américaines
n’était visible.
En revanche, des Marines américains ont barré la route à des
rebelles qui pourchassaient des fidèles de Jean-Bertrand Aristide qui fuyaient
vers l’aéroport, semble-t-il la première action d’interposition des forces
américaines en Haïti.
Le chef des rebelles Guy Philippe, qui s’était proclamé la
veille "chef militaire" d’Haïti, est allé mercredi rencontrer
l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince James Foley.
Des images d’Associated Press Television News (APTN) montrent
Guy Philippe, accompagné de son bras droit Gilbert Dragon et trois autres
rebelles, se présentant dans un véhicule tout-terrain à l’entrée de la résidence
de l’ambassadeur, entourée de barricades. Des Marines postés devant la résidence
les ont laissé entrer. Après une quinzaine de minutes, les rebelles sont
sortis sans faire de déclarations. L’ambassade américaine n’a pas non plus
de commentaire.
A La Salines, des journalistes, qui tentaient de se mettre à
l’abri, ont téléphoné la nouvelle des affrontements, tentant de hurler pour
se faire entendre, les coups de feu couvrant leur voix.
A la morgue de Port-au-Prince, 30 corps avaient été apportés
depuis dimanche, selon un membre du personnel hospitalier. Une odeur de chair
putréfiée empestait l’air, a-t-il raconté, la morgue n’étant pas réfrigérée
faute de carburant pour alimenter les générateurs.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1562
Haïti :
les insurgés s’inclinent, renforts étrangers à Port-au-Prince
3 mars 2004
PORT-AU-PRINCE
(AFP) - Les insurgés haïtiens ont accepté mercredi de déposer les armes sous
la pression de Washington, alors que des renforts militaires étrangers
continuaient à arriver en Haïti pour y assurer la sécurité.
"Nous
avons reçu la garantie que la démocratie sera mise en oeuvre à Haïti"
et que la sécurité des Haïtiens "serait assurée", a déclaré le
chef militaire des insurgés Guy Philippe, en indiquant accepter de déposer les
armes. "Notre premier objectif a été atteint, c’est-à-dire le départ
de Jean Bertrand Aristide du pouvoir", a-t-il fait valoir.
Peu
avant, les Etats-Unis avaient nettement haussé le ton à son égard, en le
faisant recevoir par un colonel des Marines. Ce dernier lui a dit qu’il
n’avait aucun rôle dans l’avenir politique de Haïti et qu’il devait
abandonner toute ambition de contrôler le pays, selon une source diplomatique.
Guy
Philippe, qui a contribué fortement au départ d’Aristide en prenant le contrôle
de la moitié d’Haïti, dispose de quelque 350 hommes à Port-au-Prince, en
uniformes et bien armés.
Mardi,
les insurgés avaient pourtant clamé leur refus de désarmer tant que les
"Chimères" pro-Aristide, toujours actives, n’auraient pas déposé
leurs armes. "Il faut que Guy Philippe soit nommé commandant en chef des
forces armées haïtiennes", avait souligné à l’AFP Winter Etienne,
responsable politique du Front de résistance nationale.
Des
fusillades mercredi entre "Chimères" et dizaines de policiers haïtiens,
dans le sud-ouest et est de Port-au-Prince, ont fait au moins trois morts, selon
des témoins.
Avec
en oeil de mire les insurgés, les militaires américains ont effectué une
nouvelle démonstration de force, en positionnant sept blindés et deux Humvee
dans l’enceinte du Palais national, siège de la présidence, certains dotés
de lance-missiles pointés vers la rue.
D’autres
ont été déployés près des bureaux du Premier ministre haïtien, Yvon
Neptune, un proche de Jean Bertrand Aristide, menacé d’arrestation par les
insurgés mardi.
Une
autre démonstration de force était prévue dans l’après-midi au Palais
national, avec une prise d’armes américano-française destinée aussi à
montrer l’excellence des relations bilatérales. Dimanche, lors de la
prestation de serment du président par intérim Boniface Alexandre,
l’ambassadeur français Thierry Burkard avait indiqué n’avoir "pas
participé à la phase finale" des discussions ayant conduit Aristide à
fuir Haïti dans un avion américain.
Des
gendarmes français sont arrivés mercredi à l’aéroport de Port-au-Prince,
portant à 250 le nombre de militaires français déployés en Haïti.
"Nous avons une mission de maintien de l’ordre", a déclaré le
capitaine Thierry Gineste.
Environ
110 militaires du 3e Régiment étranger d’Infanterie basé à Cayenne
(Guyane) devaient arriver dans la foulée à Port-au-Prince. Au total, 800
soldats français ont été mobilisés pour Haïti, dont 600 sur le terrain et
ils seront opérationnels jeudi, selon l’armée.
134
soldats chiliens étaient attendus mercredi soir et seront renforcés
prochainement par 180 fantassins et logisticiens.
L’aéroport
a été réouvert aux vols civils et un avion d’aide humanitaire y a atterri
mercredi pour la première fois depuis plusieurs semaines.
Au
plan politique, plusieurs entités de la société civile ont désigné leurs
représentants à un futur Conseil d’une dizaine de sages, dont la création
est prévue par le plan international de réglement de la crise.
Une
fois formé, ce Conseil, représentant la diversité de la société haïtienne,
devrait désigner un nouveau Premier ministre, bénéficiant de la confiance de
la population, ouvrant la voie à des élections parlementaires.
M. Aristide
était toujours mercredi en République centrafricaine, où il a été prié
d’observer un devoir de réserve, tandis que Prétoria semble de moins en
moins enclin à lui accorder l’asile.
La
reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son
intégralité ou en partie, nécessitent l'autorisation préalable et expresse
de AFP.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1572
US,
France flex muscle in violent Haitian capital as rebels pledge to disarm
3 mars 2004
La
reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son
intégralité ou en partie, nécessitent l'autorisation préalable et expresse
de AFP.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1582
Another
failed state
3 mars 2004
Sometimes
there are no good choices - just bad, worse and worst. The easiest choice
certainly would have been for the
Helle
Dale, director of Foreign Policy and Defense Studies at the Heritage Foundation
La
reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son
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de Washington
Times.
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A Haïti, les
rebelles prêts à désarmer, pas les chimères
Malgré
la présence de soldats français et américains, les pillages continuent à
Port-au-Prince. L'état d'urgence a été décrété.
Par Jean-Pierre
PERRIN
jeudi 04 mars 2004
Port-au-Prince envoyé spécial
Chaque
jour voit le Palais national davantage investi par l'armée américaine.
Quelques hommes lundi, quelques véhicules mardi et, hier, des GI et des civils
armés partout, dans tous les coins, jusque sur les toits de l'imposant édifice
blanc, tandis qu'une dizaine d'engins blindés labourent à présent
l'impeccable pelouse émeraude. De l'autre côté de l'enceinte, la foule,
plusieurs centaines de personnes, n'est pas du tout contente. «Les soldats
américains sont au palais mais les problèmes ne sont pas là. Les problèmes
sont dans la rue. Pourquoi ils ne viennent pas dans la rue ? Pourquoi ils ne désarment
pas les chimères ?» réagit Olibrius Belonet, un étudiant en sciences
sociales. Autour de lui, la foule, essentiellement des hommes, approuve,
bruyamment. «La population demande l'aide des Américains mais ils ne font
rien pour l'aider. Et les soldats français, qu'est-ce qu'ils font ? Rien, non
plus. Ils laissent les chimères continuer de nous terroriser», renchérit
Mathieu Lubnet, un ancien responsable de la douane haïtienne, révoqué et
emprisonné par Jean-Bertrand Aristide.
Pillages.
C'est vrai que ni les marsouins français ni les GI ne sont visibles dans les
rues. Dès lors, si le centre-ville et certains secteurs aisés de la capitale
échappent désormais au contrôle des gangs de jeunes longtemps à la solde du
Président déchu, ces derniers continuent de tenir sous leur coupe nombre de
quartiers, notamment les plus populaires : Cité-Soleil, Petit Bois, Bel Air... «Dans
mon quartier, j'ai entendu des rafales toute la nuit», raconte Alexis Jérémie,
un chauffeur de taxi. Même dans le port, toujours en partie sous le contrôle
de chimères, les pillages de conteneurs ont continué dans la nuit de mardi à
mercredi. Les marines ont dû venir faire une démonstration de force, en s'y présentant
avec des... missiles sol-sol. «Avec la concentration de population qui
existe à Port-au-Prince, gare aux dégâts collatéraux», commente un
fonctionnaire international.
Trois
jours après le départ d'Aristide, les hôpitaux de Port-au-Prince, y compris
l'Hôpital général, ne sont toujours pas protégés. D'où la peur des malades
de se faire enlever ou assassiner s'ils y passent la nuit. C'est le cas à Canapé-Vert,
l'un des meilleurs établissements de la ville, qui, depuis peu, a retrouvé un
chirurgien pour opérer. «Alors les gens préfèrent rester chez eux plutôt
que de venir se faire soigner», commente un membre du Comité international
de la Croix-Rouge.
Espoir.
Face à la démission
de la communauté internationale, qui a fait partir Aristide mais n'a rien prévu
pour maintenir l'ordre, les Haïtiens se tournent vers Guy Philippe et son Front
de résistance nationale, qui compterait à présent quelque 350 hommes dans la
capitale. Autour du Palais national, il représente l'espoir de la foule qui
prononce son nom presque avec vénération. «Oui, nous l'aimons. Comme on
aime Jacques Chirac», déclare un étudiant.
Après
son entrée triomphale dans Port-au-Prince, lundi, l'ex-commissaire de police
n'a guère donné l'exemple de la réconciliation. Mardi après-midi, ses hommes
se sont livrés au «déchoucage» (attaques contre des biens ou des personnes)
du musée de l'Indépendance, devenu son quartier général. Les insurgés ont
jeté par-dessus le balcon à la fois des peintures de l'art naïf haïtien et
les objets statues, cercueils, chaises rituelles, bustes, croix et tableaux
exposés dans les salles consacrées au vaudou. La foule les a piétinées en
criant «Alléluia», avant d'en faire un gigantesque feu de joie. Le
vandalisme a commencé juste après le départ de Guy Philippe, qui s'était
fait acclamer par les mêmes manifestants.
Désarmement.
En dépit de
l'insécurité, les Etats-Unis viennent d'engager un bras de fer avec les insurgés
pour les obliger à déposer les armes. Comme les «chimères», «les
rebelles doivent se démobiliser et rentrer chez eux», a déclaré le
porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher. Washington est favorable
à des discussions avec l'opposition démocratique haïtienne, mais pas avec «les
rebelles, les groupes armés, les voyous, les restes de l'ancienne armée, les
anciens escadrons de la mort». Le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires
américaines, Roger Noriega, a été encore plus dur. Guy Philippe «n'a de
contrôle sur rien, mis à part une bande de gens en haillons». Mais le
chef des rebelles n'a pas l'air de vouloir fléchir : «Nous ne déposerons
pas les armes tant qu'il y aura des chimères, il faut protéger le peuple haïtien.
Seul le peuple peut nous demander ce qu'il veut.» Finalement, Guy Philippe
a annoncé, hier soir, avoir déposé les armes. Et le Premier ministre haïtien
Yvon Neptune a imposé l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire haïtien, «pour
rétablir le calme et éviter les débordements».
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=649
Reprise
partielle des activités dans la capitale
Source : AFP, 4 mars 2004
La
vie reprend timidement son cours normal à Port-au-Prince, jeudi 4 mars, quatre
jours après le départ de l’ancien président Jean Bertrand Aristide. Les
transports en commun ont repris alors que certaines rues sont toujours bloquées.
Une grande affluence a été observée au niveau des banques commerciales, qui
n’avaient pas ouvert leurs portes depuis deux semaines. Des patrouilles de
policiers haïtiens et de militaires étrangers ont sillonné plusieurs endroits
du centre-ville. Tandis que les bandits continuent d’enchaîner les scènes de
pillage. Jeudi encore, ils ont attaqué Haïti Terminal au bord de mer. La
veille, des hommes armés avaient tenté de piller la Brasserie nationale.
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La
commission tripartite de transition a tenu sa première réunion de travail ce
jeudi 4 mars. Cette commission est formée du ministre des Haïtiens vivant à
l’étranger du gouvernement Lavalas, Lesly Voltaire, représentant de son
parti, l’ancien sénateur Paul Denis, pour la plate-forme démocratique et du
représentant du sytème des Nations unies en Haïti, Adama Guindo, pour la
communauté internationale. Ce comité doit travailler à la mise sur pied
d’un Conseil de sages pour accompagner le président intérimaire Boniface
Alexandre, dans la formation d’un nouveau gouvernement.
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Maître
Boniface Alexandre, actuel président intérimaire d’Haïti, a nommé mercredi
le commissaire divisionnaire Léonce Charles, directeur général en chef par
intérim de la police nationale. M. Charles, âgé de 38 ans, est originaire de
Saint-Marc. Il était commandant de la Garde côtière haïtienne. Il a été
nommé en remplacement de Mme Jocelyne Pierre, démise de ses fonctions par le
président provisoire.
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La
plate-forme démocratique a annoncé mercredi la tenue d’une manifestation de
rues pour le dimanche 7 mars. Selon Evans Paul, cette marche sera organisée
pour remercier celles et ceux qui ont lutté pour le départ du président
Arsitide et aussi pour exiger justice et réparation pour tous les crimes commis
par l’ancien chef de l’Etat et ses acolytes. Les membres de la plate-forme
entend également appeler au désarmement des bandes armées, principalement les
activistes lavalas, appelés « chimères », et aussi à réclamer de
meilleures conditions de vie pour la population haïtienne.
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La
ministre sud-africaine des Affaires étrangères et la Caricom ont réclamé
l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances du départ de
l’ancien chef de l’État haïtien, Jean Bertrand Aristide, actuellement en République
centre-africaine. Selon les déclarations de M. Aristide, reprises par des
membres du Black Caucus, l’administration Bush l’aurait contraint à la démission.
Mercredi matin, intervenant sur CNN international, l’ambassadeur américain en
Haïti, James B. Foley, a soutenu que le départ d’Aristide n’etait pas forcé,
arguant que les conditions étaient réunies. Il a expliqué que le président
Aristide avait à plusieurs reprises exprimé ses inquiétudes quant à son
maintien au pouvoir allant jusqu’à se demander si sa démission pourrait
ramener le calme dans le pays.
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La
Coalition nationale pour la défense des Haïtiens a communiqué les résultats
de son enquête sur les violences commises dans la ville de Saint-Marc à la
mi-février. Ce rapport fait état d’une cinquantaine de morts et de plus
d’une dizaine de maisons incendiées par les proches du pouvoir, membres de «
Bale Rouze », une organisation populaire pro-lavalas, ayant à sa tête
l’ancien député Amanus Mayette. La NCHR a rappelé que ces violences sont
intervenues moins de 48 ans heures après la visite du Premier ministre Yvon
Neptune à Saint-Marc, annonçant que le calme allait revenir dans la Cité
Nissage Saget, qui était alors tombée sous le contrôle d’opposants.
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La
décision du commandant des insurgés, Guy Philippe d’annoncer que le front du
Nord entend déposer les armes, comme promis, n’enchante guère les habitants
des Gonaïves. Ces derniers ont indiqué que les rebelles ne devraient pas désarmer
tout autant que les proches du pouvoir n’aient pas déposé les armes.
CJD/JEC
http://fr.news.yahoo.com/040305/202/3ofie.html
vendredi 5 mars 2004, 7h42
Poursuite
des pillages et nouveau couvre-feu dans la capitale haïtienne
PORT-AU-PRINCE (AFP) - Des partisans armés de l'ex-président
haïtien Jean Bertrand Aristide ont poursuivi leurs pillages jeudi dans la périphérie
nord de Port-au-Prince, où le couvre-feu a été reconduit pour la cinquième
soirée consécutive, mais reculé de 22H00 à 06H00 vendredi.
Un des plus importants terminaux portuaires de la capitale
haïtienne, Haïti Terminal, qui concentre environ 35% des containers importés
par le secteur privé haïtien et qui avait dans ses entrepôts de 1.500 à
2.000 containers a continué jeudi à être le théâtre de pillages.
"C'est une désastre et il faut agir rapidement pour
sauver ce qui reste de containers avant que la catastrophe ne soit totale"
a déclaré le responsable de Haïti Terminal, Georges Roumain, qui a pu se
rendre brièvement sur place jeudi avec quelques militaires américains du corps
des Marines qui l'escortaient.
"Il faut que la zone soit rapidement sécurisée avec
une force de militaires américains français ou de policiers de la Police
Nationale d'Haïti (PNH)" a-t-il estimé.
Les Port-au-princiens ont par ailleurs pris d'assaut les
succursales de banques ouvertes quelques heures de 9 heures à 13 heures locales
à Pétion-Ville (banlieue résidentielle sur les hauteurs de la capitale) pour
les banques privées et au centre ville pour les deux banques de l'Etat.
Les banques étaient fermées depuis deux semaines, d'abord
en raison du long congé de Mardi Gras (carnaval) et n'avaient pu ensuite réouvrir
en raison des violences politiques.
Les banques privées ont été l'une des principales cibles
des pillages généralisés commis notamment dimanche, lundi et mardi à
Port-au-Prince par les partisans armés du président déchu.
La communauté internationale, notamment les Etats-Unis et
la France qui disposaient de forces militaires d'intervention se sont révélés
totalement impuissants à protéger les biens du secteur privé haïtien et étranger
en particulier français.
Après l'annonce mercredi d'un dépôt des armes par les
insurgés de Guy Philippe, ce qui ne veut pas dire qu'ils vont s'en débarrasser,
des Marines et des militaires français ont patrouillé jeudi avec des policiers
haïtiens dans les rues de Port-au-Prince.
L'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé jeudi
s'attendre à la désignation d'ici à la fin de la semaine prochaine d'un
nouveau gouvernement en Haïti, où le président déchu Jean Bertrand Aristide
veut revenir.
"Je ne suis pas fait pour rester en exil (...) S'il
faut faire une escale en Afrique du Sud, je le ferai, avant de rentrer chez
moi", a déclaré M. Aristide, actuellement à Bangui, lors d'un entretien
téléphonique enregistré avec un proche, dont l'AFP a obtenu une copie.
"Il n'y a pas eu démission formelle selon les
normes", a déclaré M. Aristide à l'écrivain français et spécialiste
de Haïti, Claude Ribbe. Selon lui, son "enlèvement politique était le
prix à payer pour éviter un bain de sang".
L'ex-chef d'Etat a, par ailleurs, accusé la France de
"complicité dans son enlèvement politique" avec les Etats-Unis, en
affirmant que Paris avait agi en rétorsion à sa demande de restitution de la
"dette de l'indépendance" estimée à 21,7 milliards de dollars par
Haïti.
L'OEA a accueilli dans ses locaux à Port-au-Prince une
première réunion d'un comité tripartite haïtien, réunissant des représentants
de l'opposition, du parti Lavalas de M. Aristide et de la communauté
internationale, et créé en application d'un plan international de règlement
de la crise. Ce comité doit former un Conseil de sages de sept membres qui, à
son tour, proposera au président par intérim Boniface Alexandre la candidature
d'un Premier ministre et sera associé à la composition de son gouvernement.
"Ce processus doit se dérouler dans les meilleurs délais,
une semaine au maximum en tout", précise un communiqué de l'OEA.
Le comité comprend l'ex-sénateur Paul Denis (opposition
politique et civile), du ministre des Haïtiens de l'étranger Leslie Voltaire (Lavalas),
et de Adama Guindo (ONU).
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=651
En
route vers la constitution du nouveau gouvernement
Source : HPN, 5 mars 2004
La
Commission tripartite a communiqué la liste des personnalités devant faire
partie du Conseil des sages, chargé de désigner un nouveau Premier ministre et
entamer le processus de la formation du prochain gouvernement. Le conseil est
constitué de Anne-Marie Issa pour le secteur privé, Lamartine Clermont pour
l’Eglise catholique, Christian Rousseau pour l’Université, Danielle
Magloire pour les droits humains, Ariel Henry pour la plate-forme démocratique,
Jean Mac-Donald pour l’Eglise épiscopale et Simon Paul-Émile pour la Lafanmi
Lavalas, parti du président déchu Jean Bertrand Aristide. Selon Paul Denis,
membre de la Commission tripartite, le prochain gouvernement devrait agir avec
l’urgence nécessaire pour mettre de l’ordre dans l’administration
publique et régler la question de l’insécurité, deux axes prioritaires
d’intervention.
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Charles
Henry Becker, membre du groupe des 184, a annoncé qu’une procédure
judiciaire visant l’arrestation du Premier ministre Yvon Neptune était en
cours. Entre autres faits reprochés à Yvon Neptune, M. Becker a surtout insisté
sur son implication présumée dans les violences survenues à Saint-Marc à la
mi-février. La Coalition nationale pour la défense des droits des Haïtiens a
fait état d’au moins cinquante morts et de plus d’une dizaine de maisons
incendiées par les partisans lavalas. L’industriel a indiqué qu’une action
similaire serait entreprise contre l’ancien président Jean Bertrand Arsitide.
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«
Les USA ont pris le commandement des forces étrangères fraîchement débarquées
en Haïti. » Cette annonce a été faite par le général Henry Clément
Bonnet, commandant les unités françaises envoyées dans le pays. Selon le général,
cette force internationale déployée en Haïti représente les éléments avancés
de la future force de stabilisation de l’Organisation des Nations unies qui
sera créée en quelques mois en Haïti.
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Les
scènes de pillage se poursuivent dans plusieurs endroits de la capitale. Ce
vendredi 5 mars 2004, des individus ont attaqué des entrepôts du parc
industriel sur la route de l’aéroport international de Port-au-Prince. A
Carrefour, banlieue sud de la capitale, des sous-commissariats sont pillés
ainsi que des entreprises privées.
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La
compagnie de ramassage des ordures SMCRS a réclamé du carburant pour
recommencer à fonctionner. Des tas de détritus jonchent certaines rues de la
capitale allant jusqu’à paralyser la circulation. Par ailleurs, un syndicat
d’employés de l’EDH (Electricité d’Haïti) a soulevé le manque de
carburant pour expliquer l’obscurité qui s’abatte sur le pays depuis plus
d’une semaine.
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Des
barricades sont encore érigées sur des voies reliant la capitale et certaines
villes de province comme le Cap-Haïtien, Les Gonaïves et des villes du Sud.
Les chauffeurs dénoncent la présence d’individus armés qui opèrent à visière
levée et terrorisent les usagers. Ils demandent à l’Etat haïtien de prendre
ses responsabilités pour leur permettre de reprendre leurs activités.
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Intervenant
sur une station de la capitale, l’ancien colonel Himmler Rébu a exprimé ses
préoccupations devant le renvoi de 654 policiers sur les 700 affectés à la sécurité
du Palais national. Ces derniers, sans être avertis, ont été interdits
d’accès au palais présidentiel jeudi. M. Rébu s’interroge sur l’avenir
de ces agents qui n’ont d’ailleurs pas été désarmés.
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Le
responsable de « Gaz Industriel Associé » a lancé un appel d’urgence aux
autorités face au risque d’explosion qui menace la seule usine d’oxygène médical
du pays. Ce vendredi 5 mars 2004, des individus ont mis le feu à un dépôt de
nourriture situé à moins de 400 mètres de l’usine.
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Des
troupes étrangères déployées dans le pays ont effectué une visite vendredi
5 mars dans la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien, ainsi que dans la Cité de
l’indépendance, les Gonaïves, pour examiner les conditions de sécurité de
ces villes.
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Des
milliers de manifestants pro-Aristide ont gagné vendredi les rues de la
capitale pour réclamer le retour de l’ancien chef d’Etat haïtien qui a démissionné
du pouvoir le 29 février passé. CJD/JEC
http://fr.news.yahoo.com/040305/5/3ohhv.html
samedi 6 mars 2004, 4h54
Des milliers de Haïtiens
réclament le retour de Jean-Bertrand Aristide
PORT-AU-PRINCE
(AP) - Plusieurs milliers de personnes réclamant le retour de Jean-Bertrand
Aristide ont défilé vendredi à Port-au-Prince en direction des ambassades des
Etats-Unis et de France, exprimant leur colère et dénonçant
l'"occupation" des Marines américains et des légionnaires français.
Un
Conseil des sages composé de sept membres a par ailleurs été choisi vendredi
par des membres du parti Lavalas, de l'opposition et de la communauté
internationale, selon le porte-parole de l'Organisation des Etats américains
Edward Alexander. Le Conseil s'est aussitôt attelé à la tâche de proposer le
nom d'un nouveau Premier ministre pour diriger un gouvernement de transition.
Mais une session d'une heure à huis-clos s'est terminée sans qu'aucune décision
ne soit prise.
Quelque
3.000 protestataires, dont quelques uns étaient dotés d'armes à feu, ont
marché en direction des ambassades des Etats-Unis et de France et du palais présidentiel,
aux cris de "Allez Aristide, à bas Bush!". Il s'agissait de la première
manifestation d'envergure en faveur du président déchu depuis son départ en
Afrique dimanche. Les forces américaines présentes sur place ne sont pas
intervenues.
Le
leader des rebelles en Haïti, Guy Philippe, a déclaré vendredi qu'il était
en train de rassembler des signatures pour une pétition demandant le rétablissement
de l'armée en Haïti.
Guy
Philippe a ajouté qu'il espérait se rendre la semaine prochaine devant la
justice afin d'essayer de révoquer la décision d'Aristide.
Il
a par ailleurs expliqué qu'il avait rencontré vendredi les chefs rebelles des
Gonaïves et leur avait demandé de déposer les armes.
"Au
début, il n'ont pas compris, mais je leur ai parlé et je leur ai expliqué",
a-t-il dit. "C'est OK, aucun problème", auraient ensuite répondu les
rebelles.
Un
peu plus tôt dans la journée, le général américain James Hill s'était
vivement élevé contre l'idée du rétablissement d'une armée, estimant que le
pays n'en avait "nullement besoin".
Paul
Arcelin, un collaborateur de Guy Philippe, a déclaré à l'Associated Press que
les rebelles conserveraient leurs armes tant que les partisans de Jean-Bertrand
Aristide seraient armés. AP
cr/fb/v84
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1621
Le Figaro
Haïti :
la France et les Etats-Unis au milieu de l’imbroglio
6 mars 2004
Le renvoi improvisé samedi dernier de Jean-Bertrand
Aristide par les troupes américaines a créé les conditions d’une impasse
politique à Port-au-Prince. Les Etats-Unis et la France se retrouvent au milieu
d’un imbroglio très haïtien, où les faubourgs miséreux de la capitale
grondent de colère, réclamant Aristide, et où son parti Lavalas (« le
torrent », en créole) bloque le processus de nomination d’un nouveau premier
ministre. Haïti, sans tête, reste un chaudron : la peur des uns le dispute au
désarroi des autres. A l’aéroport de Port-au-Prince, où l’activité
militaire reste nonchalante sous la garde des militaires canadiens, un douanier
se lamente : « Non ce n’est pas fini, vraiment pas fini ! »
Hier matin, dans le quartier de Cité Soleil, un bidonville
de 600 000 habitants au nord de la capitale, les Chimères (les bandes armées
par Aristide pour faire régner son ordre de terreur) défilaient pour
manifester à la fois leur présence et leur importance. Et l’on patientait en
vain pour la nomination d’un nouveau chef de l’exécutif, attendue en
principe dans la journée. C’est que le processus imaginé par Washington,
Paris et Ottawa pour remettre Haïti sur les voies de la démocratie tourne au
vinaigre. « C’est la m... totale », résumait un peu crûment un diplomate
occidental.
La situation dérape sur deux fronts. Le plus visible est
celui des quartiers populaires « extrêmement chauds », comme le constate un
prêtre qui les connaît bien. « Le départ d’Aristide reste très questionné,
remarque cet observateur, et le mouvement Lavalas, ce n’est pas fini pour tous
ces gens. » Un animateur d’ONG le confirme : « Les habitants de ces
bidonvilles ont besoin d’un chef, les gosses demandent : « Quand Aristide
reviendra-t-il ? » A Cité Soleil, la population est à 100 % derrière
Aristide. Quant aux Chimères, ils manifestent pour dire qu’ils existent
encore, qu’il faut compter avec eux. Ils veulent bien désarmer. Mais leurs
armes sont leur seul capital. Il n’y a personne pour discuter leur reddition.
»
Cité Soleil n’est pas le seul quartier dangereux de la
ville. Même si les hélicoptères américains et français tournent la nuit sur
la ville, tous feux éteints pour impressionner la population, même si des
patrouilles de marines commencent à s’aventurer dans les bidonvilles en
rasant les barricades, l’inquiétude est à son comble. A Nan Ravine, à Fort
Mercredi, à Nan Fon, ces bastions des Chimères, les pillages se poursuivent.
« Face à cette violence, on est momifiés, on est comme des zombies », dit
une journaliste haïtienne.
Les destructions dans le bas de la ville, principalement opérées
le week-end dernier juste au moment du départ forcé d’Aristide, sont
impressionnantes, et la rue en porte les cicatrices bien visibles. « Des
familles de la bourgeoisie locale ont tout perdu, constate un diplomate européen,
et les dégâts se chiffrent entre 300 et 500 millions de dollars, ce qui est
considérable pour Haïti. » Un fonctionnaire de police résume le dilemme
actuel des occupants américains et français : « Qui gère les problèmes énormes
du moment ? C’est confus. On ne sait pas trop qui commande. »
C’est là l’autre problématique de ce bourbier. Les
amis du président déchu, toujours au pouvoir, du moins théoriquement, ne
veulent pas composer avec l’opposition, malgré les pressions américaines et
françaises. Le processus de transition du pouvoir est assez flou pour leur en
laisser la latitude. Il consiste dans une première étape, qui aurait déjà dû
être réglée cette semaine, à ce qu’un « comité tripartite » désigne
une « commission des sages » de sept membres, cette dernière commission désignant
à son tour un nouveau premier ministre.
Le « comité tripartite » est composé d’un représentant
du gouvernement actuel (Leslie Voltaire, ancien ministre des Haïtiens de l’étranger),
d’un autre de l’opposition (l’ex-sénateur Paul Denis), et d’un
diplomate malien, pour la communauté internationale. Dans ce petit jeu, le
premier ministre sortant, Yvon Neptune, joue le pourrissement de la situation,
en faisant systématiquement récuser par Leslie Voltaire les listes proposées
par l’opposition. Micha Gaillard, le porte-parole de cette opposition,
expliquait hier : « Leslie Voltaire affirme que ces personnalités ne sont pas
suffisamment « sages », car elles ont toutes été contre le parti Lavalas. »
Et d’ajouter : « Yvon Neptune veut gagner du temps pour faire disparaître
les preuves des malversations de son gouvernement dans l’administration
publique. Et nous, nous ne pouvons pas le dire clairement à la population, pour
ne pas entraver le processus actuel. » Américains et Français se retrouvent véritablement
encalminés dans cette affaire qui ressemble à une farce. Au fur et à mesure
que tous les détails sur le départ forcé d’Aristide commencent à être
connus, il s’avère que cette « démission » du chef de l’Etat haïtien a
été fort mal improvisée par Washington. Ainsi, Aristide, dans la nuit de
samedi à dimanche dernier, a même attendu une heure durant, à l’aéroport
de Port-au-Prince, l’avion qui devait l’emmener vers un exil improvisé. Le
secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, aurait dans cette situation téléphoné
à son homologue, Dominique de Villepin, et la destination de Bangui aurait
alors été trouvée par le Français. Ce coup d’Etat qui ne veut pas dire son
nom, aujourd’hui éventé, met déjà les Américains et les Français dans
une position défensive en Haïti.
C’est d’ailleurs l’impression que donnent les deux
puissances occupantes ici. Les Américains utilisent leurs troupes pour
encercler le palais présidentiel, lieu symbolique du pouvoir, et isoler dans sa
primature le premier ministre Yvon Neptune, qui refuse de convoquer son
gouvernement, car, dit-il, « le président n’a pas été sorti du pays légalement
». Les militaires français gardent l’ambassade, la résidence de
l’ambassadeur, le lycée français, et assurent, à sa demande, la protection
de Leslie Voltaire qui bloque la négociation avec l’opposition...
Comment sortir de ce guêpier sans provoquer la colère des
déçus d’Aristide ? L’ex-chef de l’Etat a été stupidement transformé
en victime par ceux qui l’ont expulsé d’Haïti manu militari, et ses amis
nombreux dans le pays comptent bien maintenant exploiter cette faille, quoi
qu’il en coûte à leur malheureux pays.
François
Hauter
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1632
AFP
Calme
à Port-au-Prince, mais poursuite des pillages en banlieue sud-ouest
6 mars 2004
Le calme est revenu samedi à la périphérie nord de
Port-au-Prince, théâtre de pillages répétés depuis dimanche, mais ils se
poursuivaient dans la banlieue sud-ouest de la capitale, ont indiqué des témoins
à l’AFP.
Des éléments militaires américains et français se sont
déployés vendredi soir à Port-au-Prince. Des Marines américains ont pris
position pour protéger les terminaux portuaires pillés ces derniers jours,
notamment Haïti Terminal, l’un des plus grands du pays.
« C’est catastrophique, seuls 30% des 1 500 à 2 000
conteneurs vont être sauvés », a déclaré à l’AFP le responsable du
terminal, Georges Roumain.
Une compagnie de 140 hommes du 3ème Régiment étranger
d’infanterie (REI, Légion étrangère) de Kourou (Guyane) s’est déployée
pour sa part au terminal pétrolier de la compagnie française Total.
http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1633
Haïti/Le
bilan de l’insurrection aurait été sous-estimé
6 mars 2004
WASHINGTON (Reuters) - L’Organisation panaméricaine de
la santé (OPS) a fait savoir que la morgue du principal hôpital de
Port-au-Prince détenait les corps de près de 200 victimes des violences liées
à l’insurrection armée haïtienne, laissant penser que le bilan de cette révolte
a été sous-estimé.
La morgue de l’hôpital universitaire de Port-au-Prince
renferme environ 800 cadavres, a précisé l’OPS, une des premières
organisations internationales fournissant un bilan de l’insurrection,
"dont 200 sont ceux de victimes de violences perpétrées lors des deux
dernières semaines".
L’insurrection a débuté le 5 février et mené au départ
en exil, dimanche, du président Jean-Bertrand Aristide. Le bilan était jusque
là estimé à une centaine de morts.
L’hôpital universitaire de Port-au-Prince est le plus
grand établissement de soin de la capitale et de ses alentours.
Les responsables de l’OPS ont dit qu’ils ne savaient
pas si les autres morgues du pays détenaient les corps de victimes de cette révolte.
Dans un communiqué, l’OPS rapporte que le système de
santé haïtien est sorti complètement désorganisé de la période
insurrectionnelle.
"Depuis le début de la crise, l’hôpital
universitaire est fermé. Son personnel n’est pas retourné travailler car il
n’est pas payé."
Dans le cadre d’un accord d’assistance signé entre La
Havane et le gouvernement d’Aristide, quelque 500 médecins cubains ont été
envoyés en Haïti, où ils sont restés malgré les violences.
Plusieurs pays ont fait des dons d’argent ou d’équipement
au système de santé haïtien.
http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/afp/20040307/wl_afp/haiti_040307150749
Opposition
protest kicks off in
Sun Mar
7,
Protesters
waved banners reading "Never again" and "Peace for
Several
dozen marines and gendarmes, along with Haitian police in riot gear, accompanied
the protesters, who marched with Humvees with machine guns mounted on them and
armored trucks trailing along.
"We're
working with the security forces to support Haitian police, in coordination with
the Americans," French Major Xavier Pons said.
Meanwhile,
supporters of ex-president Jean-Bertrand Aristide were expected to march from
the Cite-Soleil neighborhood, prompting fears that the rival protests could turn
violent in a city alread rocked by unrest and chaotic looting following
Aristide's resignation and flight one week ago.
Leonce
Charles, named police chief following Aristide's departure, has asked the
2,500-strong multinational contingent to help ensure the rival marches do not
end in more violence in a city shattered by days of killing and looting.
As the
opposition marched toward the presidential palace, which is heavily guarded by
US Marines, Aristide supporters planned their own protest to counter the march
by their foes.
"Anytime
there is the possibility that two opposing groups can clash, in my business, yes
there is a concern," said US Marine Colonel Mark Gurganus, who heads the
multinational force.
"Will
we have the forces in place to ensure a quiet day? We will absolutely try
to."
"I'm
sure it will be a very robust and coordinated effort."
Renewed
looting was reported Saturday at the Shell terminal in Bizoton, just outside the
capital and in the Martissant neighborhood, according to witnesses.
But most
parts of the city were calm as US and French troops patrolled the streets on
foot and in all-terrain vehicles and protected key installations, including the
presidential palace and the city's main port.
"We
have Marines at the port on a full-time basis," said Gurganus.
"You'll
see joint military forces operating throughout the country at some date in the
future," said Gurganus.
Since
the military patrols started Wednesday, the armed insurgents who had made a
triumphant entrance in the capital after Aristide's departure have kept off the
streets.
But they
have yet to lay down their weapons, as they vowed they would do.
As the
multinational force made its presence known in
http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/ap/20040307/ap_on_re_la_am_ca/haiti_040307214761
Shots
Fired at
Sun
Mar 7,
By IAN JAMES and PAISLEY DODDS
Witnesses blamed Aristide militants, but that could not
immediately be confirmed. The shooting occured as crowds gathered in front of
the presidential
Cameraman Ricardo Ortega of
Blood covered the floor there as the emergency room
quickly filled with more than 30 injured people.
Among them was Ft. Lauderdale Sun-Sentinel photographer
Michael Laughlin, 37. He was shot in the shoulder and face but was in stable
condition at the hospital.
Witnesses said they saw Aristide supporters shooting at
the crowd in front of the
"The peacekeepers were nowhere near where the
shooting was," said Almil Costel, 31, who was shot twice in the left
shoulder.
French commander Col. Daniel Leplatois defended the
peacekeepers. "We're not able to secure the lives of all of the
demonstrators," he said.
After the shooting, a truck with speakers bolted to its
frame paraded around the palace, blasting music. One man speaking over a truck
loudspeaker shouted at the U.S. Marines: "People are dying every day in
this country. You have to do something about it."
Haitian police and
Aristide supporters had planned a joint demonstration
Sunday but said they were offered no protection by the peacekeepers and were
afraid of reprisal attacks from anti-Aristide activists. Their protest was
rescheduled for Monday, though organizers said they were trying to determine how
much security they could depend on.
"The Americans are only here to protect those who
helped oust Aristide," said Ednar Ducoste, 23, an Aristide supporter.
"If we had guns, we would be fighting against them right now."
Aristide released a statement Sunday through government
officials in the
Peacekeepers have removed barricades in central
neighborhoods but have avoided Aristide strongholds, like
"They come here with their missiles, and they do
nothing for us," said Leo Bertrand, 27. "They kidnapped our president,
and now they're here to hold us down."
Earlier during Sunday's march in
Rebel leader Guy Philippe was hoisted onto supporters'
shoulders as they chanted "Guy Philippe — hero! Aristide — zero!"
Philippe, a former Aristide police chief accused of
coup-plotting, reiterated Sunday that he had no political aspirations. On
Wednesday, he said his fighters would lay down their arms. There were no weapons
in sight Sunday.
There were also cheers for Louis-Jodel Chamblain, an
ex-soldier convicted in the killings of Aristide supporters. Like film stars,
both Chamblain and Philippe were surrounded by autograph-seekers.
Rebels have refused to give up their weapons, despite
Philippe's pledge. Marines have faced hostility — so far, only shouted insults
— from armed Aristide militants furious over their leader's ouster and what
they call "an occupation army."
Sunday's anti-Aristide crowd also took up a cry of
"Help, yes. Occupation, no!"
It swelled quickly to thousands who ran and danced
through the city, chanting, "Try Aristide! Jail Aristide!"
Businessman Liastaud Michel, 56, called the event
"a victory march ... to celebrate. We want things to change."
A recently appointed seven-member "Council of
Sages" met for a third day Sunday in the capital to choose a new prime
minister. Officials said they hoped to have a decision by Tuesday.
One possibility is Lt. Gen. Herard Abraham, probably
the only Haitian army officer to voluntarily surrender power to a civilian.
Abraham succeeded ousted Gen. Prosper Avril in 1990 and immediately handed power
to
Another choice is Smarck Michel, a businessman who was
Aristide's prime minister in 1994-1995 but resigned over differences in economic
policy.
The U.S. Marine presence is the third American military
intervention in
The
Aristide was a wildly popular slum priest when he
became
Associated
Press writer Joseph B. Frazier contributed to this report from Cap-Haitien.
http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=19408
Notre édition du Lundi, 08/03/2004
Une
manifestation de l'opposition dégénère: au moins 6 morts et 26 blessés
Au moins six personnes ont été tuées par balles, dont un
journaliste espagnol, et plus de 26 autres blessées dimanche à Port-au-Prince,
dont certaines grièvement, lors de la dispersion d'une manifestation de
l'opposition au président déchu Jean Bertrand Aristide, selon des sources médicales
et des témoignages.
Après ces nouvelles violences, Guy Philippe, le chef des
insurgés haïtiens qui ont contribué à la chute d'Aristide, parti précipitamment
le 29 février en Centrafrique, s'est dit prêt à reprendre les armes.
Il a déclaré à la radio privée Radio Vision 2000 qu'il
serait »très bientôt dans l'obligation de donner l'ordre à ses troupes de
reprendre les armes qu'elles avaient déposées».
La protection des militaires américains et français qui a
permis aux quelque 10.000 manifestants de l'opposition de traverser la capitale
haïtienne pendant quatre heures sans incidents s'est révélée totalement inopérante
pour empêcher l'éruption de tirs lors de la dislocation de la manifestation
sur le champ de mars, face au palais présidentiel.
Les coups de feu, attribués aux chimères, les groupes de
civils armés par le président déchu, ont éclaté aussi bien de l'intérieur
de la foule sur l'esplanade, que de l'extérieur, en provenance de la zone du
cinéma Capitole, selon des témoins.
Un groupe de huit journalistes, qui avait quitté la
manifestation pour filmer un corps, a été pris dans des échanges de coups de
feu entre assaillants et policiers.
Un photographe américain du Sun Sentinel a d'abord été
blessé à l'épaule par une balle, raconte Peter Andrew Bosch, photographe du
Miami Herald qui faisait partie du groupe.
»Nous nous sommes mis à l'abri dans une maison pour lui
donner les premiers soins, mais deux autres sont sortis et ont été pris sous
le feu des tireurs qui s'étaient postés sur un toit». Un journaliste
espagnol, Ricardo Ortega, a été grièvement blessé ainsi qu'un photographe,
poursuit-il. Le journaliste, qui travaillait pour la chaîne de télévision
Antena 3, est décédé plus tard à l'hôpital du Canapé vert.
Selon Vision 2000, qui affirme avoir vu ses papiers
d'identité, un des morts est un jeune manifestant, Josephat Luckner.
La police nationale d'Haïti (PNH) et la force militaire américano-française
ont été mises en accusation après ces attaques.
Outre Guy Philippe, qui a accusé les forces étrangères
de ne pas prendre ses »responsabilités», des membres de l'opposition se sont
élevés contre »l'inaction» de cette force face aux attaques des chimères.
Pour Micha Gaillard, responsable socialiste de
l'opposition, »une manifestation pour fêter la libération d'Haïti du
despotisme s'est terminée en catastrophe sanglante». »La population
manifestait pacifiquement en ayant confiance en la police haïtienne et dans la
force de sécurité internationale, malheureusement elles n'ont pas agi»,
a-t-il déploré.
Des déclarations faites sur des radios privées haïtiennes
depuis l'hôpital du Canapé Vert par un responsable militaire français, le
colonel Daniel Leplatois, commandant en second du dispositif français en Haïti,
selon qui »dans toute manifestation, il y a des dérapages», ont suscité un
tollé à Port-au-Prince.
De nombreuses protestations d'auditeurs ont suivi, certains
réclamant des »excuses» face à ce qu'ils considérent comme un »massacre»
et non un dérapage.
Le nouveau directeur général de la police Léonce
Charles, qui a rendu visite aux blessés à l'hôpital du Canapé Vert, très ému,
a assuré que »la police ne restera pas les bras croisés».
Quelque 2.500 militaires américains, français, canadiens
et chiliens ont été envoyés en Haïti pour stabiliser la situation en
attendant l'envoi d'une force multinationale sous l'égide de l'ONU.
Samedi, de nouveaux pillages accompagnés de règlements de
compte s'étaient produits dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince.
http://www.casanet.net.ma/infos/includes/detail.asp?lmodule=USA&article_id=4580
Une manifestation de l'opposition dégénère à Haïti: au moins 6 morts
(8/3/2004)

Au
moins six personnes, dont un journaliste espagnol, ont été tuées par balles
et plus de 20 autres blessées dimanche à Port-au-Prince, dont certaines grièvement,
lors de la dispersion d'une manifestation de l'opposition au président déchu
Jean Bertrand Aristide
Le journaliste, Ricardo Ortega, qui travaillait pour Antena 3, est mort d'une
balle dans la poitrine près du palais présidentiel en couvrant les violences
opposant les partisans du président haïtien déchu Jean Bertrand Aristide aux
manifestants de l'opposition, a précisé un photographe du quotidien américain
Miami Herald qui accompagnait Ricardo Ortega.
Après ces nouvelles violences, Guy Philippe, le chef des insurgés haïtiens
qui ont contribué à la chute d'Aristide, s'est dit prêt à reprendre les
armes.
"Deux corps ont été
apportés à l'hôpital du Canapé Vert", a indiqué par téléphone Ketly
Julien, responsable de l'institut mobile d'éducation démocratique, une
organisation humanitaire. Mme Julien accueille les blessés à l'hôpital.
Ce bilan est encore très provisoire, les blessés continuant d'arriver,
a-t-elle précisé.
Deux autres corps ont été trouvés dans les environs du palais présidentiel
au centre de la capitale haïtienne.
Les incidents se sont produits lors de tirs des chimères, des partisans de
l'ex-président Aristide, qui ont pris pour cible les manifestants de
l'opposition au président déchu lors de leur dispersion dans le centre-ville.
Plusieurs blindés américains sont sortis du palais présidentiel et ont pris
position sur la place du champ de Mars qui lui face, a-t-on constaté.
Selon la radio Vision 2000, qui affirme avoir vu ses papiers d'identité, un des
morts est un jeune manifestant, Josephat Luckner. Les circonstances de son décès
n'ont pas pu être déterminées dans l'immédiat.
Les manifestants, selon les radios, ont exprimé leur colère contre les forces
de l'ordre auxquelles ils ont reproché de ne pas être intervenues au cours des
violences.
La manifestation de l'opposition au président déchu avait rassemblé dimanche
plus de 10.000 personnes et s'était déroulée dans la matinée sans incident
sous la protection de la police anti-émeute haïtienne et des militaires américains
et français.
Partis du quartier résidentiel de Pétion-Ville sur les hauteurs de la
capitale, plusieurs milliers de manifestants portaient des banderoles,
proclamant "plus jamais ça" ou encore "la paix pour Haïti",
et s'étaient rassemblés autour de l'Eglise Saint-Pierre.
Ils s'étaient ébranlés dans une ambiance bon enfant en scandant en créole
"Wé pas wé fok Aristide jugé" ("qu'on le veuille ou non
Aristide doit être jugé"), agitant des pancartes réclamant une police
indépendante et l'arrestation de Jean-Claude Jean Baptiste (le conseiller pour
la sécurité du président déchu) et de Nahum Marcellus, un responsable de
l'aile dure du parti Lavalas dans le nord du pays.
Jean Bertrand Aristide a dû quitter précipitamment Haïti pour la République
Centrafricaine il y a une semaine à l'issue d'un mois d'insurrection dans le
pays.
Quelque 2.500 militaires américains, français, canadiens et chiliens ont été
envoyés en Haïti pour tenter de stabiliser la situation en attendant l'envoi
d'une force multinationale sous l'égide de l'ONU.
Samedi, de nouveaux pillages accompagnés de règlements de compte s'étaient
produits dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince, ont indiqué des témoins.
Ainsi, le terminal de la Shell à Bizoton n'était toujours pas sécurisé
samedi, et de nouveaux pillages perpétrés par les "chimères"
avaient été signalés à nouveau dans la nuit de vendredi à samedi en
particulier dans le quartier de Martissant où des dépôts de riz ont été
pillés.AFP
http://www.courrierinternational.com/afp/resultatDepeche.asp?id=040308172830.21yoi2le
Pillages
à Port-au-Prince, Aristide se dit toujours président d'Haïti
08/03/2004 - 18:28
PORT-AU-PRINCE, 8 mars
(AFP) -
Plusieurs
centaines d'Haïtiens ont pillé lundi une zone industrielle près de l'aéroport
de Port-au-Prince, tandis qu'à Bangui Jean Bertrand Aristide se disait toujours
président d'Haïti.
Dans
la journée, le chef d'Etat provisoire du pays, Boniface Alexandre, devait une
nouvelle fois prêter serment. Il l'avait déjà fait le 29 février dans la
foulée du départ d'Aristide.
Mardi,
un nouveau Premier ministre devrait être nommé et la composition d'un
gouvernement rendue publique samedi. Le général à la retraite Hérard
Abraham, 63 ans, et le commerçant Smarck Michel, 67 ans, ancien Premier
ministre d'Aristide (1994-1995) sont les deux personnalités les plus souvent
citées.
Au
lendemain de tirs ayant fait six morts près du Palais présidentiel, à la fin
d'une manifestation de quelque 10.000 opposants à l'ex-chef d'Etat, aucune présence
de policiers ou de troupes étrangères n'était visible pour assurer un
semblant de sécurité dans la zone industrielle, cible de pillages répétés.
Les
pilleurs, souvent âgés de moins de 20 ans, ont attaqué les automobilistes et
menacé des journalistes avec des machettes, selon un journaliste de l'AFP.
Depuis
le départ il y a plus d'une semaine d'Aristide, l'aide humanitaire à Haïti,
le pays le plus pauvre du continent américain, arrive au compte-gouttes.
Ils
sont entrés sur la zone industrielle en sautant le mur d'enceinte ou en passant
dans des trous, d'où ils sortaient peu après avec des cartons de marchandises
(sacs alimentaires - céréales, sucre) et des vêtements, que certains
revendaient presque aussitôt à d'autres.
Les
Marines ont leur base à un kilomètre et demi de là, à l'aéroport, et des
militaires français avaient patrouillé ce secteur dimanche.
"J'ai
d'autres missions à effectuer, je ne peux pas tout faire", a souligné
lundi lors d'une conférence de presse le chef des 600 militaires français déployés
en Haïti, le colonel Daniel Lepatois. "Mon job n'est pas d'empêcher des
pillages, je suis là pour protéger les gens qui sont en danger", a-t-il
ajouté.
En
Centrafrique, Jean Bertrand Aristide a affirmé être toujours "le président
élu" d'Haïti. Il a appelé à la "résistance pacifique pour
restaurer l'ordre constitutionnel", au cours de sa première apparition
publique depuis son arrivée le 1er mars à Bangui.
L'ex-chef
d'Etat, qui était calme et paraissait détendu, a également maintenu avoir été
victime d'un "enlèvement politique". "Je suis le président démocratiquement
élu et je le demeure, et c'est au nom de ceux qui m'ont élu que je plaide pour
la restauration de l'ordre constitutionnel", a-t-il dit.
En
fin de semaine dernière, Aristide avait fait part de son souhait de retourner
dans son pays, où il conserve un soutien populaire dans les bidonvilles,
notamment grâce à ses bandes armées, les "Chimères".
Une
des six personnes mortes dimanche à Port-au-Prince était vraisemblablement
l'un de ses partisans. Elle a été tuée par des Marines, a indiqué lundi à
la presse le colonel américain Mark Gurganus, qui a raconté que les militaires
américains avaient riposté contre deux hommes armés tirant sur eux alors
qu'ils étaient près du Palais National, siège de la présidence. "Les
Marines ont visé les tireurs, un a été tué, l'autre s'est enfui",
a-t-il déclaré.
Parmi
les morts figure aussi un journaliste espagnol, Ricardo Ortega, 37 ans, premier
journaliste étranger tué depuis l'aggravation de la crise haïtienne en
septembre. Plus de 34 personnes ont aussi été blessées par les tirs dimanche.
La
police nationale d'Haïti et les troupes américaines et françaises ont été
mises en accusation pour leur inaction par des membres de l'opposition haïtienne.
Lundi
matin, la France a appelé au "désarmement immédiat" des milices en
Haïti. "La France condamne avec la plus grande vigueur les actes criminels
perpétrés hier à Port-au-Prince, par des bandes armées non encore identifiées",
a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hervé
Ladsous.
©
2004 AFP
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=652
Le
sang a coulé le 7 mars à Port-au-Prince
Source : AFP, 8 mars 2004
Au
moins 6 morts et 38 blessés, tel est le bilan de la marche du 7 mars de la
plate-forme démocratique attaquée par des individus armés identifiés comme
des partisans de Lavalas, « des chimères ». Cette manifestation était
organisée pour célébrer le départ de l’ancien chef de l’Etat haïtien.
Plusieurs responsables politiques et d’organismes de défense des droits
humains ont condamné l’attitude des soldats étrangers qu’ils accusent de
ne pas avoir réagi à l’attaque des bandits. Parmi les personnes tuées
figurent un journaliste espagnol, le cameraman Ricardo Ortega, qui s’est
proposé volontairement, alors qu’il était en vacances, pour couvrir les événements
en Haïti, deux agents de la SWAT TEAM ont aussi été blessés.
00000
Guy
Philippe, le commandant du Front pour la libération et la reconstruction
nationale, a annoncé dimanche que son groupe pourrait reprendre les armes si la
police et les forces internationales ne voulaient pas sécuriser la population.
Il s’est déclaré offusqué par l’action des partisans armés du pouvoir
lavalas. Il a rappelé qu’aucune victime n’a été enregistrée lors de la
marche du 1er mars organisé par le front dans la capitale.
00000
Le
Premier ministre Yvon Neptune a été mis à l’index par des leaders de
l’opposition comme étant le responsable des actes de violence commis le 7
mars 2004 au Champ de mars. Il est accusé de continuer à payer des activistes
lavalas pour qu’ils s’en prennent aux partisans de l’opposition. Parallèlement
le Bureau du Premier ministre a condamné ces actes.
00000
Le
nouveau directeur en chef de la police Léonce Charles a qualifié de massacre
l’attaque perpétrée dimanche au Champ de mars par des civils armés proches
du pouvoir lavalas contre des manifestants pacifique. Il a également annoncé
que l’institution policière allait prendre les mesures nécessaires pour régulariser
la situation. D’un autre côté, le commandant en second des troupes françaises
déployées en Haïti, le colonel Daniel Leplatois, a qualifié de dérapage
pouvant arriver dans toute manifestation, l’action de membres d’OP
pro-lavalas qui a fait au moins 6 morts et 38 blessés. Il a aussi soutenu que
les forces internationales n’avaient aucune responsabilité pour sécuriser
les manifestations.
00000
Maître
Boniface Alexandre est investi président intérimaire, lundi 8 mars 2004 au
Palais national, en présence de plusieurs grandes personnalités. Dans son
discours, le chef d’Etat provisoire a condamné les violences survenues le 7
mars passé au Champ de mars qui ont fait 5 morts et plus d’une trentaine de
blessés. Le président a également présenté les quatre priorités de son
mandat à savoir la réconciliation nationale, le rétablissement d’un climat
sécuritaire dans le pays, la lutte contre la faim et pour la santé, et la réalisation
d’élections crédibles et démocratiques.
00000
Plusieurs
centaines de partisans de l’ancien président Jean Bertrand Aristide ont
manifesté lundi dans des rues de la capitale au moment de l’investiture du président
par intérim Boniface Alexandre. La manifestation des partisans d’Aristide
s’est achevée sans incident.
00000
Le
nom du nouveau Premier ministre devrait être connu au plus tard mardi 9 mars
2004, a annoncé un membre du Conseil des sages qui travaille sur ce dossier.
Parmi les quatre candidatures retenues, deux concurrents sont plus en vue,
l’ancien général retraité Hérard Abraham et l’ancien Premier ministre du
gouvernement de Préval, Smarck Michel.
00000
Parmi
les ministres du pouvoir lavalas, seul le titulaire du ministère de
l’Education nationale, Camille Gouin, s’est présenté à son bureau le 8
mars 2004. D’un autre côté, l’incertitude continue de planer sur la réouverture
de l’école. Les établissements congréganistes, qui avaient annoncé la
reprise des activités scolaires pour ce 8 mars, ont repoussé la date en raison
du maintien du climat de violence dans le pays.
00000
Le
« porte-parole des forces armées d’Haïti », Joseph Jean-Baptiste a demandé
au commandant des forces étrangères en Haïti de ne pas intervenir dans le
Centre, bastion des militaires démobilisés. Ces derniers disent attendre une réponse
des autorités en place concernant l’avenir des forces armées d’Haïti
dissoutes par l’ancien chef d’Etat Jean Bertrand Aristide à son retour
d’exil en 1994. M. Jean-Baptiste a indiqué que les soldats pouvaient
maintenir un climat de sécurité dans le Plateau central, en collaboration avec
la police.
CJD/JEC
http://www.liberation.fr/page.php?Article=184535#
A
Petit-Goâve, les habitants livrés à eux-mêmes
Chimères chassés et administration désertée
dans cette ville haïtienne.
Par
Jean-Pierre PERRIN
mardi 09 mars 2004
Petit-Goâve
envoyé spécial
Aux
dires de la population, Wo-Wo, le chef d'un gang de chimères de Petit-Goâve,
une ville assez importante située à une heure et demi de Port-au-Prince,
violait tout ce qui portait jupon. Attrapé il y a quelques jours, il a été
aussitôt lynché par la foule. Puis on a aspergé son cadavre d'essence et on
l'a brûlé. Cela s'est passé en plein centre-ville, pas très loin du
commissariat. Mais, depuis la chute du Président Jean- Bertrand Aristide, il
n'y a plus un seul policier dans la ville. Tous se sont enfuis. Dès leur départ,
le commissariat a d'ailleurs été pillé.
Portes
fermées. Aujourd'hui, Petit-Goâve,
comme nombre de localités haïtiennes, vit sans la moindre force publique. L'hôtel
de ville a également fermé ses portes et personne ne sait où se trouve le
maire. Pas de services publics non plus. Plus personne n'administre la ville.
Heureusement, après plusieurs journées de «déchoucage» (pillage par
vengeance), les chimères ont également disparu. Où ? «Ils ont pris le
maquis», répond simplement un habitant. Ils se seraient réfugiés dans le
port voisin de Miragoane. Impossible d'en savoir plus.
Même
si l'endroit semble plutôt calme, tout Petit-Goâve est dans l'expectative. Et
la peur ferme les bouches comme du temps du Président déchu. D'autant que
l'absence de policiers inquiète. «La situation n'est pas très sûre. On
voit encore des hommes en armes circuler dans des voitures», consent
simplement à dire la patronne du restaurant, l'Impératrice, l'un des rares établissements
ouverts. Devant sa petite librairie, le prêcheur Alphonse, de l'église méthodiste,
admet qu'il a eu «des problèmes», mais ne veut pas dire lesquels. «Oui,
des biens et des personnes ont été déchouqués», admet-il ensuite.
Combien ? «Pour les gens, je ne peux pas dire. Pour les biens, beaucoup. Par
exemple, la succursale de la Sogebank.» On n'en saura pas plus.
Lits
à baldaquin. Dans les guides, Petit-Goâve
est célèbre pour son hôtel, le Relais de l'Empereur, qui était naguère
encore en 13e position sur la liste des plus beaux établissements de charme du
monde. Ancienne résidence de Faustin Ier, second empereur de l'île
(1849-1856), devenu ensuite un entrepôt, il avait été repris par un
aventurier français, Olivier Coquelin (disparu en 1991) qui en avait fait un établissement
réservé à la jet-set. Dix chambres seulement, mais avec des lits à baldaquin
et des immenses baignoires à robinetterie plaquée or installées au beau
milieu des pièces. L'hôtel n'a pas vu un chat depuis des mois, mais le
personnel est cependant sur place, attendant le très improbable client. Le plus
incroyable toutefois, c'est qu'il ait échappé au déchoucage. «Je me suis
entendu avec la population qui a empêché qu'il soit pillé», explique son
nouveau propriétaire, Zachée Michel, qui s'inquiète lui aussi du «vide
politique» dans lequel sombre Haïti. Dans le hall sont affichés des
reportages parus dans les années 70 dans Vogue ou Lui. L'île y
est présentée comme l'un des derniers paradis du monde, un refuge pour top
model, où la misère est totalement exclue du décor. On y voit même une
longue interview du «Président à vie, Jean-Claude Duvalier», par
Patrick Poivre-d'Arvor.
http://fr.news.yahoo.com/040309/202/3op30.html
mardi 9 mars 2004,
21h51
Haïti en proie à des
violences, un Premier ministre choisi mardi
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Haïti était toujours mardi le théâtre de violences, en dépit d'une présence
accrue de troupes étrangères, faisant au moins deux morts en moins de 24
heures à Port-au-Prince, alors que le pays devait se doter dans l'après-midi
d'un nouveau Premier ministre.
Le général à la retraite Hérard Abraham, 63 ans, et le
commerçant Smarck Michel, 67 ans, ancien Premier ministre d'Aristide
(1994-1995), sont les deux personnalités les plus souvent citées pour prendre
ce poste. Un nouveau gouvernement devrait être formé samedi.
Pour la deuxième fois
en deux jours, les Marines ont ouvert le feu contre des Haïtiens. Après avoir
tué dimanche un Haïtien qui les menaçait, des militaires américains ont
abattu lundi soir un chauffeur de taxi de 31 ans à un barrage près de la zone
industrielle jouxtant l'aéroport de Port-au-Prince.
"Il y a eu un Haïtien tué et un blessé" dans
cette affaire survenue vers 20h00 locales, selon le Pentagone, qui a parlé
d'une voiture arrivée au barrage "à très vive allure".
La voiture, sous
l'impact des balles, s'est enflammée et sa carcasse brûlée était encore
visible mardi matin, a constaté un journaliste de l'AFP. En signe de
protestation, des habitants ont érigé mardi des barricades de pneus enflammés
pour bloquer la circulation.
Dans la même zone, cible de multiples pillages depuis
plusieurs jours, une personne a été tuée par balle et une autre blessée lors
de violences mardi matin, a constaté un journaliste de l'AFP. Des témoins ont
dit que les tirs venaient de la police, mais cette information n'a pu être
confirmée.
Les Etats-Unis ont déployé 1.600 militaires en Haïti,
les Français 600, les Chiliens 328 et les Canadiens une centaine.
Dans un communiqué, l'Union africaine a estimé que le départ
du pouvoir du président déchu d'Haïti Jean Bertrand Aristide était
"anticonstitutionnel". "La manière anticonstitutionnelle avec
laquelle le président Aristide a été retiré du pouvoir constitue un
dangereux précédent pour toute personne élue en bonne et due forme", précise
le texte.
L'ex-président séjourne en Centrafrique depuis le 1er
mars, au lendemain de son départ de Port-au-Prince, sous la pression conjuguée
de la rue et de plusieurs pays, France, Etats-Unis et Canada notamment.
"Il n'a pas été forcé à partir, il n'a pas été
enlevé", a rétorqué le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.
"Il était avec ses gens, ses gardes du corps, qui lui ont dit qu'il était
temps de partir. Il a acquiescé, écrit sa lettre de démission, et est
parti", a-t-il précisé.
Il y a bien eu "démission formelle" d'Aristide
et "sa lettre de démission a été actée", a renchéri le ministère
français des Affaires étrangères, en réponse à Aristide qui affirme être
toujours le "président élu" de Haïti.
Pour le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, il n'y a
pas eu de "coup d'Etat" en Haïti.
Un avocat américain d'Aristide, Ira Kurzban, a demandé au
ministre américain de la Justice John Ashcroft d'enquêter sur l'"enlèvement"
de son client, et réclamé des poursuites judiciaires contre ses auteurs.
Lors d'un discours devant le Parlement canadien, Kofi Annan
a plaidé pour "un engagement à long terme" de la communauté
internationale en Haïti. Une première équipe de l'ONU est attendue mercredi
en Haïti pour préparer la mission des Casques bleus qui succéderont d'ici
juin à la coalition militaire ad'hoc déployée aujourd'hui en Haïti.
L'ONU a lancé un appel urgent mardi pour réunir 35
millions de dollars pour ce pays de 8,3 millions d'habitants. "Pour éviter
plus de souffrances, les donateurs doivent répondre rapidement", souligne
un communiqué. En raison de l'insécurité, les 3/4 du pays restent toutefois
inaccessibles aux organisations humanitaires.
"Il n'y a pas de signe de désastre humanitaire. Il y
a suffisamment de nourriture dans le pays", a estimé à Washington le secrétaire
américain à la Défense Donald Rumsfeld, en se bornant à admettre la
possibilité "de problèmes de distribution".
http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/ap/20040309/ap_on_re_la_am_ca/haiti_rebels_1
Anti-Aristide
Force in No Rush to Disarm
Tue
Mar 9,
By JOSEPH B. FRAZIER, Associated Press Writer
CAP-HAITIEN,
"We will wait for the general to tell us our job
is done," said one, referring to Guy Philippe, a former police chief who
led the uprising that prompted President Jean-Bertrand Aristide to leave the
country Feb. 29.
"We should stay three or four years because the
Aristide people are everywhere, they are in the bushes," said another
fighter.
Call them what you will,
The former rebels roam the city at night, but many
residents welcome the patrols, saying the fighters are keeping houses from being
burned and businesses robbed.
Local commanders instituted an overnight curfew
beginning Monday evening, and one man was wounded for violating the order. The
man, Tony Appollo, said he didn't know about the
So far the peace seems to be holding. Unlike
At the emergency room of Cap-Haitien's public hospital,
nurse Marianne Nonez said the numbers of shootings and stabbings were about the
same as before the uprising broke out a month ago.
She said she didn't know if political reprisals were to
blame for any of the cases. "They just drop them off here," she said.
The talk of Cap-Haitien now is whether any of the
foreign troops in
Maurice Daniel, who heads Philippe's force in
Cap-Haitien, told The Associated Press he had been in touch with American
officials, who have at least 1,600 Marines in the capital, along with 800 French
and 300 Chilean soldiers.
"We will welcome (the foreign troops) with open
arms if they can secure the security here," Daniel said.
Why hasn't his force disarmed?
"Oh my God, our job has just begun," Daniel
said, referring to the attempt to disarm the former president's followers.
Pro-Aristide leaders apparently have fled, but the
former president still has many supporters, particularly in the slums of Fort
Saint Michel and Chat d'Or. It's unclear how strong pro-Aristide sentiment is in
the city, which like many others voted overwhelmingly for Aristide in 2000 but
grew disillusioned over his failure to help the poor and alleged violent tactics
to quiet dissent.
People in the slums said patrols by the former rebels
have dwindled to one a day or less. No one would admit knowing anyone with a
gun.
Sitting near graffiti reading "Aristide, King of
Haiti," a commander in the Philippe force, Pierre Devens, said about a
dozen armed Aristide supporters had been arrested. He said they were held only a
day or two because there are no jails or judges now.
Philippe said a week ago that he had left a couple of
hundred fighters in Cap-Haitien, but their numbers appear to have dwindled.
Last week a
A businessman, who agreed to talk with a reporter only
on condition of anonymity, said the Americans had asked if there was a mayor (he
fled last week) and how
For now, the Philippe force appears determined to do
things its way.
"You have American forces in
http://fr.news.yahoo.com/040310/85/3orlz.html
mercredi 10 mars
2004, 21h54
La tension persiste à Haïti
Par Ibon Villelabeitia et Michael Christie
PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des Marines américains ont
abattu mercredi deux hommes armés en Haïti, où une force internationale tente
de contenir l'anarchie et les pillages qui persistent malgré le départ en exil
du président Jean-Bertrand Aristide.
L'accrochage a eu lieu mardi soir près de la résidence du
Premier ministre, quelques heures après qu'un conseil de "sages" eut
nommé Gérard Latortue chef du gouvernement, poste où il remplace Yvon
Neptune, allié d'Aristide, a annoncé un porte-parole militaire.
"Ils ont essuyé des tirs de nombreux hommes armés.
Les Marines ont riposté, sécurisé le bâtiment d'où leur semblaient venir
les coups de feu et signalé à leur commandement la mort de deux tireurs",
a dit le porte-parole des Marines.
Les soldats américains ont de nouveau été pris pour
cibles en revenant sur place avec des policiers haïtiens pour enlever les
corps. Ils ont trouvé du sang, des douilles de cartouches et des impacts de
balles mais aucun cadavre, selon le porte-parole.
La force internationale comprend 2.300 soldats et gendarmes
envoyés par les Etats-Unis, la France, le Canada et le Chili. Elle a intensifié
ses efforts pour rétablir l'ordre en lançant, avec la police haïtienne et le
concours de la radio locale, une campagne pour le désarmement des factions
rivales.
Latortue, adversaire d'Aristide installé en Floride comme
consultant d'affaires, devait regagner Haïti mercredi pour y mettre en place un
cabinet dans les prochains jours. Des membres du gouvernement sortant lui ont
recommandé de ne pas en exclure les représentants du parti d'Aristide, la
Famille Lavalas.
Dans certains bidonvilles de Port-au-Prince, des fidèles
de l'ancien prêtre-président réclamaient le retour de celui qu'ils considèrent
toujours comme un libérateur des pauvres, Aristide ayant d'abord mis fin à des
décennies de dictatures et d'oppression par une minorité de possédants.
"Notre sang est le sang d'Aristide", scandait un
groupe.
"VIEUX SYSTEME, CA NE MARCHE PAS"
"Aristide est le seul qui s'est occupé de nous. C'est
notre président depuis cinq ans et nous continuerons à manifester
pacifiquement, sans armes", indiquait un habitant, Jackson François.
Informé de la nomination de Latortue, qui représente la
classe politique traditionnelle, les habitants d'un autre bidonville se
montraient rétifs. "Il faut se débarrasser de ces vieux types. Amenez
quelqu'un de nouveau. Vieux système, vieilles traditions, ça ne marche
pas", estimait l'un d'eux, Clifford Pierre.
"S'ils ne ramènent pas Aristide, je vais tuer les Américains",
lançait dans le faubourg de Belair un jeune en colère disant se nommer Samson
et avoir eu un frère tué par les forces américaines lors de leur intervention
en 1994.
"Si les Américains restent dans le pays, nous allons
faire la guerre civile", renchérissait Jur Teuba.
Au milieu d'une rue gisait le corps d'un homme, la tête
criblée de balles ou en partie tranchée par une machette. Sa présence
ralentissait le trafic sans l'arrêter. Plus de 200 personnes ont été tuées
depuis le 5 février, date du début de l'insurrection armée qui a fini par
entraîner l'éviction d'Aristide le 29 février.
Aristide se trouve à Bangui (République centrafricaine),
d'où il a appelé ses partisans à résister pacifiquement à ce qu'il présente
comme une "occupation" américaine.
Une délégation de l'Afrique du Sud, pays qui s'est dit prêt
à étudier une demande d'asile d'Aristide, a rencontré mercredi le président
haïtien déchu à Bangui.
Au ministère centrafricain des Affaires étrangères, on a
précisé que cette initiative s'inscrivait "dans le cadre d'une mission
d'information sur les circonstances qui ont conduit celui-ci à quitter ses
fonctions". La mission est menée en coordination avec l'Union africaine et
la Communauté des Caraïbes (Caricom).
Lundi, l'Union africaine avait réclamé une enquête sous
l'égide des Nations unies pour faire la lumière sur les conditions de son départ,
que l'UA juge "inconstitutionnelles". La Caricom est elle aussi
favorable à une enquête de l'Onu.
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=654
Haïti
: un nouveau Premier ministre désigné
Source : HPN, 10 mars 2004
Gérald
Latortue a été désigné, mardi 9 mars, par le Conseil des sages comme nouveau
Premier ministre en remplacement de Yvon Neptune actuel ministre lavalas. Il a
été choisi au détriment des deux favoris, le général retraité Hérard
Abraham et l’ancien Premier ministre lavalas Smarck Michel.
000000
Le
secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a apporté un démenti aux propos du
président haïtien déchu Jean Bertrand Arsitide soutenant qu’il aurait été
victime d’un coup d’Etat. M. Annan soutient que M. Aristide avait bel et
bien démissionné. Si ça n’avait pas été le cas, l’Organisation des
nations unies n’aurait pas envoyé ses troupes en Haïti, a-t-il dit.
000000
A
Petit-Goâve, des activistes lavalas lourdement armés maintiennent un climat de
terreur. Les habitants adressent un appel à l’aide aux autorités policières
de la capitale.
000000
Le
Premier ministre lavalas, Yvon Neptune, n’entend pas quitter le pays en dépit
des menaces et des accusations dont il fait l’objet. Le chef du gouvernement
partant a aussi souligné qu’il est resté à son poste pour éviter un désordre
constitutionnel, le Président de la République ayant démissionné.
000000
Buteur
Métayer, l’un des porte-parole du Front de résistance des Gonaïves, demande
au président provisoire Boniface Alexandre de se rendre à la Cité de l’indépendance
pour rencontrer le front de résistance. M. Métayer a réclamé la
participation de son groupe au pouvoir. Le front a joué un grand rôle dans la
lutte pour le départ de Jean Bertrand Aristide.
000000
Une
commission de trois membres a été constituée en début de semaine pour
administrer la ville de Hinche. Ce comité a rencontré les responsables de la
police et des militaires démobilisés présents dans la ville. Le «
porte-parole des forces armées d’Haïti » avait demandé à tous les soldats
et officiers de l’armée de le rejoindre dans le Plateau central dans
l’attente de la décision des politiques en ce qui les concerne.
000000
Un
chauffeur de taxi a été tué et une autre personne blessée par des marines
qui avaient ouvert le feu sur un véhicule qui aurait refusé de s’arrêter à
un barrage. Ce mardi, des barricades de pneus enflammés ont été entreposées
sur la route de l’aéroport international à hauteur du Parc industriel pour
protester contre la présence des militaires étrangers dans le pays.
000000
Une
patrouille étrangère a essuyé des tirs dans le quartier populaire de Bel-Air,
lundi 8 mars. Les militaires américains n’ont pas riposté. Mardi, une
patrouille française a sillonné la zone. Aucun incident n’a été enregistré.
000000
Le
bureau des Nations unies chiffre à 35 millions de dollars U.S l’aide
alimentaire à Haïti. Il en appelle aux bailleurs de fonds internationaux à
intervenir d’urgence. Explication : ce pays qui gémit sous le poids d’une
crise qui dure depuis plus de trois ans 3 ans frôle une catastrophe
humanitaire.
000000
Un
vent de panique a soufflé mardi 9 mars dans plusieurs quartier de la capitale
face à une rumeur d’une attaque imminente des partisans armés lavalas contre
des entreprises privées à Pétion-Ville. D’un autre côté, des riverains
ont dénoncé la présence d’individus armés qui opèrent en toute quiétude
dans la région métropolitaine volant et violant citoyens et citoyennes.
000000
Dans
un communiqué présidentiel daté du mardi 9 mars, le président intérimaire
Boniface Alexandre a demandé aux diplomates haïtiens de l’étranger de ne
plus parler au nom d’Haïti et de rentrer au pays pour recevoir de nouvelles
instructions de la part de l’Exécutif.
CJD/JEC
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=656
Le
nouveau Premier ministre rentre au pays
Source : HPN, 10 mars 2004
Gérard
Latortue, qui se trouvait aux États Unis à l’annonce de son choix comme
Premier ministre, est rentré au pays mercredi pour y prendre ses nouvelles
fonctions. M. Latortue, désigné mardi par le Conseil des Sages, s’est présenté
comme un rassembleur pouvant instaurer un gouvernement d’union nationale. Il a
ajouté qu’il entendait s’entourer de personnes compétentes et intègres,
avant d’annoncer un plan de recapitalisation du secteur privé haïtien
durement touché par les scènes de pillage orchestrées par des partisans de
l’ancien président Jean Bertrand Aristide. Une telle mesure est indispensable
pour le développement économique, a-t-il dit.
000000
L’un
des porte-parole de la plate-forme démocratique, Micha Gaillard, a qualifié de
positif le choix de Gérard Latortue comme nouveau Premier ministre. M. Latortue
est bien placé pour former un gouvernement d’union nationale, a-t-il laissé.
000000
La
question de la rentrée universitaire fait l’objet de nombreuses réflexions.
Le climat d’insécurité qui règne dans le pays constitue l’obstacle majeur
à la reprise des activités académiques. Le président intérimaire, ancien
professeur de droit civil à la faculté de Droit, s’est dit concerné par la
situation des étudiants et a émis le souhait que le conseil de l’Université
se penche sur l’élaboration d’un calendrier pour la relance des activités
universitaires.
000000
Sur
demande du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin,
Régis Debray va effectuer une nouvelle visite en Haïti toujours dans le cadre
de la coopération française. Le quai d’Orsay a souligné que la France
entendait soutenir le nouveau gouvernement haïtien dans le développement du
pays.
000000
Des
soldats américains ont échangé des tirs avec des individus armés non
identifiés dans la nuit du 9 mars passé. Selon un porte-parole des troupes américaines
en Haïti, deux pertes auraient été enregistrées dans le camp des civils armés
qui auraient emmené les corps. Aucune victime n’est à déplorer parmi les
marines.
000000
La
police nationale va bénéficier de l’aide de la force multinationale pour
procéder au désarmement des civils armés. Le responsable des troupes étrangères
en Haïti a également indiqué que les détenteurs d’armes légales pouvaient
les garder chez eux. Toutefois, à partir du mercredi 10 mars aucun civil armé
ne sera toléré dans les rues.
000000
Le
directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), Georges Tenneth, soutient que
des affrontements et des meurtres pouvaient se produire encore en Haïti entre
bandes rivales. Le rétablissement d’un climat sécuritaire dans le pays passe
par le désarmement des groupes et la professionnalisation d’une force
nationale, a-t-il dit.
000000
Des
partisans de l’opposition continuent de célébrer le départ de l’ancien président
Jean Bertrand Arsitide. Mercredi 10 mars, ils étaient plusieurs milliers à
gagner les rues dans la ville côtière de Saint-Marc. Les manifestants ont
chanté les funérailles symboliques de l’ancien député lavalas Amanus
Mayette et l’ancien directeur local de l’APN, les deux chefs de file de
l’organisation populaire pro-lavalas Bale Wouze. Les manifestants ont aussi
souhaité l’arrestation de l’ancien Premier ministre Yvon Neptune, accusé
de complicité dans le « massacre » commis mi-février dans la ville.
000000
Les
responsables du ministère de l’Education nationale ont annoncé la reprise
des activités scolaires et universitaires pour le lundi 15 mars 2004, avec la
garantie, en ce qui concerne la sécurité, du directeur général par intérim
de la police Léonce Charles. Les écoles n’ont pas ouvert leurs portes depuis
le 20 février. Les parents continuent d’évoquer la dégradation des
conditions de sécurité comme le principal obstacle à la réouverture, et
disent craindre pour la vie de leurs enfants.
CJD/JEC
http://fr.news.yahoo.com/040311/202/3otwf.html
jeudi 11 mars 2004,
18h56
Haïti: dispersion d'une
manifestation pro-Aristide, entretiens politiques
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Plus d'un millier de partisans de Jean Bertrand Aristide qui manifestaient jeudi
à Port-au-Prince pour réclamer le retour du président déchu ont été
dispersés par la police à l'aide de gaz lacrymogènes.
Un coup de feu a été entendu mais aucune victime n'a été
immédiatement constatée.
Les manifestants
avaient quitté dans la matinée les bidonvilles entourant la capitale pour
rejoindre le Palais national, le siège de la présidence.
"Aristide doit revenir", scandaient les
manifestants, ou encore "Arrêtez Jim Foley pour enlèvement", en référence
à l'ambassadeur américain qu'ils accusent d'avoir organisé le départ précipité
de l'ex-président le 29 février, ou enfin "Bush terroriste".
Les manifestants
portaient des T-shirts et des parapluies arborant des photos de M. Aristide.
"Aristide est notre père, notre rêve. Nous n'avons
pas besoin de l'armée française ou américaine. Il est le chef du peuple
pauvre", a déclaré l'un des manifestants Pierre Jean-Louis, 52 ans.
Une force
internationale composée notamment de militaires américains et français a été
déployée en Haïti pour restaurer l'ordre après un mois d'insurrection qui a
précédé le départ de Jean Bertrand Aristide vers la Centrafrique.
Dans le même temps, un entretien d'une heure s'est déroulé
jeudi matin entre le président intérimaire haïtien Boniface Alexandre et le
nouveau Premier ministre Gérard Latortue au Palais national, au cours duquel
les deux hommes ont déclaré être "sur la même longueur d'ondes".
M. Latortue, chargé par un conseil des sages de former
d'ici à la fin de la semaine un gouvernement d'union nationale après le départ
controversé de M. Aristide, était arrivé en Haïti mercredi de Floride
(sud-est des Etats-Unis).
"Nous sommes sur la même ligne", a déclaré à
l'issue de l'entretien le président intérimaire Alexandre.
"Nous sommes exactement sur la même longueur d'ondes,
nous allons travailler ensemble pour réconcilier le pays avec lui-même",
a déclaré de son côté M. Latortue.
La composition du nouveau gouvernement haïtien doit être
rendue publique samedi.
De son côté, le président centrafricain François Bozizé
a déclaré jeudi à la radio nationale que M. Aristide resterait en
Centrafrique "pour quelque temps".
"Nous sommes une terre d'hospitalité, c'est pourquoi
Jean Bertrand Aristide est chez nous, et il y est pour quelque temps", a déclaré
M. Bozizé qui s'exprimait pour la première fois sur la présence de M.
Aristide dans son pays.
"A la longue, les négociations qui ont commencé avec
la présence du président de la Commission de l'Union africaine (UA), et de la
délégation sud-africaine, aboutiront", a encore affirmé M. Bozizé, en désignant
implicitement l'Afrique du Sud comme futur pays d'accueil de M. Aristide.
Le président haïtien déchu, qui a quitté le pouvoir
sous la pression conjuguée de l'insurrection et de la communauté
internationale, n'a cessé depuis de rappeler qu'il est le "président démocratiquement
élu (d'Haïti)" et d'affirmer avoir été victime "d'un enlèvement
politique" de la part des Etats-Unis et de la France.
Pretoria, pressentie pour accueillir l'exil de M. Aristide
depuis son départ du pouvoir, avait demandé le 4 mars "une enquête, sous
les auspices de l'Onu", afin de clarifier les circonstances du départ de
M. Aristide de Port-au-Prince.
http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/afp/20040311/ts_afp/haiti_040311193638
Haitian
capital rocked by new unrest as police break up pro-Aristide demo
Thu
Mar 11,
Loyalists of Aristide, who resigned and fled to
Volleys of automatic gunfire were then heard and crowds
then rampaged, vandalising cars and setting up barricades with the wrecks and
burning tires in the Bel Air slum district.
One woman was taken to hospital with a bullet wound to
the right arm.
"I was shot by the police," Nadia Joseph, 19,
told AFP as a motorist took her to hospital with a bullet lodged in her arm.
"I was in the demonstration when I was shot,"
Joseph said.
Before police move in, demonstrators had marched
through the Bel Air slum district toward the palace shouting "Aristide must
return" and chanting for the arrest of US ambassador) James Foley.
The
US and French troops have struggled to restore order.
On Sunday six people were killed during an opposition protest outside the
palace. Demonstrators blamed at least four of the deaths on Aristide's militant
supporters.
The renewed chaos came as new Prime Minister Gerard
Latortue stepped up efforts form the first post-Aristide government.
"The security problem is out of hand. Disarmament
is imperative," Latortue said on his return from
The new premier, who was briefly
Latortue is working to forming a new government with a
council of seven eminent Haitians who named him on Tuesday.
"It is my wish that the foreign troops remain in
the country as short a time as possible," said Latortue. "But,
unfortunately, our police lack training and I am counting on the collaboration
of the foreigners to depoliticize them and make them more professional."
There are currently around 2,600 US, French, Chilean
and Canadian troops deployed in Haiti as a vanguard of the UN peacekeeping force
due to be sent in June.
Troops patrolling the capital have started looking for
illegal weapons, hoping that getting guns off the streets will help reduce the
violence in the impoverished
Aristide for his part has insisted, from his exile in
the Central African Republic, that he remains the constitutional president of
Haiti and his lawyers said they would file charges against the US and French
ambassadors in Port-au-Prince for kidnapping him. Both countries rejected the
claims.
"We were not willing to risk American lives to
keep him in power," Roger Noriega, assistant secretary of state for western
hemisphere affairs, told a Senate Foreign Relations subcommittee hearing.
http://fr.news.yahoo.com/040312/5/3ouo2.html
vendredi 12 mars
2004, 2h19
Deux morts dans une
manifestation à Haïti; Jean-Bertrand Aristide en Jamaïque la semaine
prochaine
PORT-AU-PRINCE
(AP) - Deux hommes ont été tués et sept autres blessés jeudi à
Port-au-Prince lors d'une fusillade entre la police haïtienne et des
manifestants exigeant le retour du président déchu Jean-Bertrand Aristide, qui
doit effectuer prochainement une visite en Jamaïque.
L'ancien
président d'Haïti se rendra en compagnie de son épouse en Jamaïque la
semaine prochaine pour y retrouver ses deux filles, actuellement aux Etats-Unis,
a annoncé jeudi le Premier ministre jamaïcain P.J Patterson.
Il
ne devrait y rester que huit à dix semaines. Selon le Premier ministre jamaïcain,
Jean-Bertrand Aristide ne souhaite pas obtenir l'asile politique sur cette île
des Caraïbes et prévoit d'élire "résidence de manière permanente en
dehors de la région".
Selon
un responsable jamaïcain ayant requis l'anonymat, l'ancien prêtre des
bidonvilles demandera probablement l'asile politique en Afrique du Sud après
les élections organisées prochainement dans ce pays.
A
Port-au-Prince jeudi, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans le
quartier de Bel-Air, dans le centre-ville, criant "Aristide doit revenir!
Nous ne voulons pas de Bush comme président!".
Des
coups de feu ont été tirés, des manifestants ont sorti des armes, la police a
usé de gaz lacrymogènes et une fusillade a suivi, selon des témoins. Deux
jeunes hommes ont été tués et sept autres blessés, selon des responsables
hospitaliers.
Les
Marines américains ont déclaré qu'ils patrouillaient à proximité des lieux
mais qu'ils n'avaient pas pris part à la fusillade. AP
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=658
Objectifs
communs pour le Premier ministre et le président provisoire
Source : HPN, 12 mars 2004
Le
nouveau Premier ministre a effectué jeudi sa première rencontre avec le président
intérimaire Boniface Alexandre. A l’issue de cette première réunion, les
deux responsables ont déclaré qu’ils étaient sur la même longueur
d’ondes. Ils entendent travailler d’un commun accord pour mettre sur pied le
prochain gouvernement.
000000
Le
nouveau cabinet ministériel devrait se constituer le samedi 13 mars au plus
tard, a laissé entendre l’un des membres du Conseil des sages qui a également
indiqué que les critères de choix des responsables de ministère découlent
des exigences conjoncturelles.
000000
Une
manifestation pro-Aristide, ancien chef d’Etat haïtien déchu, a été
dispersée à coups de gaz lacrymogène par des agents de la police au niveau du
Palais national, jeudi 11 mars. Ces partisans de l’ancien président exilé réclament
son retour au pouvoir.
000000
Quatre
personnes ont été blessées par des soldats américains qui ont tiré sur une
résidence privée à Delmas 65 dans la nuit du 9 au 10 mars passé. La maison a
ensuite été fouillée de fond en comble. Aucune trace d’armes n’a
toutefois été remarquées. Les victimes ont été conduites à l’hôpital.
L’une d’entre elles a témoigné avoir reçu 4 balles aux fesses. Pour leur
part, les marines ont déclaré qu’ils ont riposté à des tirs qui
provenaient de cette maison.
000000
Selon
Peter Deschazo, sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Amérique Latine,
l’ancien président Jean Bertrand Arsitide est le responsable du chaos qui règne
dans le pays pour avoir distribué des armes à des civils peu avant son départ
pour l’exil.
000000
Le
Front de résistance des Gonaïves dit approuver le choix de Gérard Latortue
comme nouveau Premier ministre. Ce groupe qui avait recouru aux armes pour
combattre le régime du président Aristide demande à la communauté
internationale de collaborer avec le prochain gouvernement qui a la rude tâche
de mettre le pays sur la voie du développement.
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L’eau
potable pose problème dans la région métropolitaine. Plusieurs quartiers de
la capitale en sont privés depuis tantôt deux semaines. Un sceau de cinq
gallons se vend jusqu’à 15 gourdes.
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Un
plan aurait été ourdi par des lavalassiens qui visent à assassiner le nouveau
Premier ministre, Gérard Latortue, désigné mardi dernier par le Conseil des
sages. C’est ce qu’a dénoncé le docteur Harrison Ernest, chef de file de
la lutte des médecins haïtiens. Il a conseillé au nouveau chef du
gouvernement de faire très attention.
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Des
civils armés « dit chimères » continuent de multiplier les scènes de
pillage de magasins dans la capitale. Un commerçant a été contraint de verser
15'000 dollars aux bandits pour sauver quelques caisses de marchandises. La
plupart des entreprises pillées ont été incendiées par la suite. CJD/JEC
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=659
Arrestation
du bras droit de l’ancien président Aristide
Source : HPN, 12 mars 2004
L’ancien
chef de la sécurité du président Aristide, déchu, Oriel Jean, a été arrêté
dans la soirée du jeudi 11 mars à Toronto. Il est soupçonné d’implication
dans le trafic illicite de stupéfiants. Il a été apprehendé en possession de
U$ 17 000 et des ordres de paiement pour environ U$ 300 000, selon Radio Canada,
citant la police.
000000
Le
sénateur Dany Toussaint soutient que l’ancien président Jean Bertrand
Aristide est responsable du climat de violence qui règne dans le pays. Depuis
la République centrafricaine, M. Aristide maintien un contact téléphonique
privilégié avec ses partisans en Haïti, a-t-il affirmé. Le parlementaire a
également fait des révélations concernant les « chimères », civils armés
pro-lavalas, qui sèment la panique dans le pays. Il a précisé que 126 groupes
de fidèles au président déchu, avec parmi eux 500 soldats bien entraînés et
lourdement armés, fonctionnaient à Port-au-Prince.
000000
Le
Premier ministre Gérard Latortue a qualifié d’inamicale la décisison de
Percival James Patterson, Premier ministre jamaïcain, d’inviter le président
haïtien déchu, Jean Bertrand Aristide, à la Jamaïque. M. Patterson a évoqué
des raisons humanitaires pour expliquer cette invitation susceptible, depuis Haïti,
d’encourager les « chimères », partisans armés de l’ancien régime, à
perpétrer davantage d’actes de violences contre la population haïtienne.
000000
Des
civils armés ont attaqué le local de la maison Toyota à Delmas 2 dans la soirée
du 11 mars écoulé. Ils se sont heurtés à une riposte des agents de la
police. Des riverains ont déclaré avoir entendu des détonations «
inhabituelles », le quartier étant souvent le théâtre d’affrontements armés.
Le local voisin du service de la circulation avait essuyé des tirs la veille, a
confirmé le directeur central de la police administrative intervenant sur une
station de radio de la capitale. Par ailleurs, ce dernier a tenu à assurer la
population quant à un rétablissement du climat sécuritaire dans le pays.
000000
Vendredi
12 mars, des civils armés ont pillé un magasin de tissu et un dépôt de
boissons gazeuses dans la capitale. Un vent de panique avait soufflé au
centre-ville la veille lorsque des partisans du président déchu ont orchestré
des scènes de violence. Au moins deux personnes ont été tuées. Un témoin a
rapporté que les « chimères » ont décapité un chauffeur de taxi et brisé
plusieurs vitres de véhicules. Les bandits continuent de piller les entreprises
privées de la capitale.
000000
Dans
une lettre ouverte adressée au nouveau directeur de la police nationale, la
Coalition nationale pour la défense des Haïtiens (NCHR) a fait plusieurs
recommandations au garant de la sécurité publique pour un bon fonctionnement
de l’institution policière. La NCHR a souhaité la disparition des cellules
de tortures dans certains commissariats, l’exécution des mandats émis contre
les policiers impliqués dans des actes criminels, l’arrestation des bandits
évadés de prison, l’ouverture de centres de formation pour recruter de
nouveaux agents, autant de suggestions faites à Léon Charles pour remettre la
population en confiance.
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Une
rencontre a eu lieu vendredi entre le nouveau Premier ministre et des délégations
de la plate-forme démocratique et de Lafanmi Lavalas dans un hôtel huppé de
la capitale. A l’ordre du jour, la question de la sécurité et l’éventuelle
visite de l’ancien président Jean Bertrand Aristide à
http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=662
Le
nouveau gouvernement se fait attendre
Source : HPN, 15 mars 2004
Le
nouveau Cabinet ministériel n’a été constitué ni le week-end écoulé ni
ce lundi à la mi-journée, comme l’a prévu le Conseil des sages. Le Premier
ministre a promis la publication de son gouvernement au plus tard le mardi 16
mars dans la soirée. Entre temps, les fonds publics sont gelés et
l’administration publique est en dysfonctionnement. La population se retrouve
privée des services de base : l’électricité, l’eau potable, les soins de
santé, entre autres.
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Un
soldat américain a été blessé dans un échange de tirs entre marines et
civils armés dans le quartier populaire de Bel-Air, dimanche soir. Le soldat,
dont l’identité n’a pas été révélée, a été rapatrié à Miami. Son
état de santé serait stable, à en croire les responsables militaires américains.
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Le
brigadier Ronald S. Coleman a été installé comme commandant en chef de la
force multinationale en Haïti, lundi 15 mars. Il a fait l’objet d’un
accueil chaleureux de la part des responsables du gouvernement. Le général
Coleman soutient que cette force est là pour aider à l’établissement d’un
climat de paix dans le pays. Il ne s’agit pas d’une force d’occupation,
a-t-il précisé.
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Le
chef des États majors de l’armée américaine, le général Richard Myers, a
visité la force multinationale en Haïti le samedi 13 mars dernier. Le général
Myers a indiqué que les forces étrangères étaient dans le pays pour
combattre la violence et aboutir au désarmement des bandes illégales.
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Le
Premier ministre Gérard Latortue a ordonné un gel des relations entre Haïti
et
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La
sélection haïtienne de Foot-Ball a fait match nul (1-1 ) samedi soir contre la
sélection américaine à l’Orange Bowl de Miami. Les joueurs haïtiens ont
dominé d’un bout à l’autre la sélection adverse qui a pu arracher le nul
à la dernière minute du temps additionnel de la rencontre. La sélection
nationale aura à affronter l’équipe jamaïcaine dans le cadre de la deuxième
phase des éliminatoires de la coupe du monde 2006 qui doit se dérouler en
Allemagne.
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Plusieurs
anciens membres du régime lavalas ont obtenu leur arrestation au cours du
week-end écoulé. Par lesquels Jacques Anthony Nazaire, identifié comme un
homme de main de l’ex- président, Paul Keller, ancien responsable du SMCRS,
Harold Sévère, Rosny D. Pétion, alias Douze, bras droit de l’ancien chef de
la police nationale Jean Claude Jean Baptiste, cité comme le responsable
d’une cellule de zéro-tolérance.
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Des
civils armés, identifiés comme des partisans de l’opposition, ont tiré sur
la résidence de Elysée Sincère, correspondant de Vision 2000 à Petit-Goâve.
Les bandits ont incendié le véhicule du journaliste et tué son chien. Les
agresseurs ont reproché à M. Sincère d’avoir rapporté l’absence
d’autorités policières dans la ville abandonnée aux mains de civils armés.
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Des
partisans de l’opposition ont gagné les rues, dimanche 14 mars, pour réclamer
l’arrestation des anciens responsables lavalas, notamment l’ex-président
Aristide et son Premier ministre Yvon Neptune. Aucun incident n’a été
enregistré. CJD/JEC