Distance (à vol d’oiseau) Gonaïves – Cap Haïtien≈ 60 km

Distance (à vol d’oiseau) Gonaïves – Port-au-Prince ≈ 106 Km

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4341

Le Front de résistance au contrôle des Gonaïves
Posté le 5 février 2004

Au moins, cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une opération menée par le Front de résistance anti-Aristide pour prendre le contrôle du commissariat de la Cité de l’indépendance.

Le groupe de civils armés, qui a pris le contrôle de la ville des Gonaïves (photo Archives), jeudi 5 février, s’est dressé contre le président Jean Bertrand Aristide depuis l’assassinat, le 22 septembre 2003, de l’ancien chef de l’armée Cannibale (groupement alors progouvernemental) Amiot Métayer.

Les rebelles ont attaqué le commissariat Toussaint Louverture à la mi-journée et mis en déroute les policiers après plus de deux heures de résistance.

Pendant l’opération, les membres de l’armée Cannibale ont incendié un pan du bâtiment logeant le commissariat et la résidence du premier maire de la ville Stephen Topa Moïse. Les assaillants ont également mis le feu dans une station-service, propriété du premier citoyen.

L’attaque contre le commissariat local a été perpétré après qu’une marche anti-gouvernementale, organisée par des étudiants jeudi matin, a été perturbée à coups de feu, par des proches du pouvoir, dans les parages du Parc Vincent.

Après l’attaque du commissariat, des membres de la population ont commencé à fuir la ville, dans la perspective d’une éventuelle contre-attaque des unités administratives, alors que des centaines d’autres sont descendus dans la rue pour réclamer le départ du président Jean Bertrand Aristide.

Winter Etienne, porte-parole de l’armée Cannibale, a réaffirmé jeudi que les armes de sa troupe avaient été fournies par le président Aristide, le 17 décembre 2001, après l’annonce d’une attaque contre le Palais national. Il a ensuite indiqué avoir fait le bon choix en libérant les prisonniers incarcérés à la prison centrale des Gonaïves. Hui jours auparavant, Winter Etienne avait confié à HPN qu’il souhaitait prendre le contrôle d’autres régions après les Gonaïves.

Les leaders du front s’étaient auto-proclamés, la semaine dernière, les principaux garants de la sécurité des Gonaïviens.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4339

Bulletin urgent #2
Posté le 5 février 2004

Manifestations de joie aux Gonaïves après la prise de contrôle du Commissariat. Bilan cinq morts et une vingtaine de blessés. (photo Archives)

Des manifestations de joie ont été enregistrées jeudi après-midi aux Gonaïves après la prise de contrôle du commissariat de la ville par des membres du Front de résisitance révolutionnaire de l’Artibonite (ex armée cannibale), un groupe armé qui est passé dans l’opposition antigouvernementale après avoir soutenu le président Jean Bertrand Aristide, ont confirmé des correspondants de radios locales.

Selon un journaliste sur place, plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestaient joyeusement dans les rues de la ville quelques minutes après l’annonce de la prise du commissariat Toussaint Louverture qui a été par la suite incendié ainsi que le bâtiment abritant le bureau de la délégation de l’Exécutif.

Au moins cinq personnes ont été tuées par balles et une vingtaine d’autres blessées lors de cette opération, selon un premier bilan présenté par le responsable du Front de résistance révolutionnaire, Butteur Métayer, qui s’est auto-proclamé, directeur départemental de la police national.

Un autre dirigeant du front, Winter Etienne, nouveau maire de la ville, a de son côté annoncé que les membres du groupe ne remettraient les armes que lorsqu’un nouveau Président sera nommé par la plate-forme de l’opposition. M. Métayer a d’autre part indiqué qu’il se préparait à libérer d’autres villes de l’Artibobnite. Il a invité les commerçants à reprendre leurs activités et demandé cependant aux établissements scolaires de fermer leurs portes.

Aucune réaction n’a été enregistrée jusqu’à présent du côté du gouvernement.

http://lcn.canoe.com/lcn/infos/lemonde/archives/2004/02/20040205-095713.html

Mise à jour: 05/02/2004 09h57

Jean-Bertrand Aristide tient bon

Les violences se poursuivent en Haïti

La violence ne connaît pas de répit en Haïti.

À Port-au-Prince, des partisans du gouvernement Aristide ont lancé des pierres et des bouteilles à des étudiants qui ont répliqué de la même façon.

Prise entre deux feux, la police a lancé des bombes lacrymogènes pour tenter de disperser la foule. Les autorités haitiennes ne font état d'aucun blessé grave, mais au moins cinq étudiants ont été arrêtés.

Un peu avant l'échauffourée, une centaine d'étudiants s'étaient rendus manifester devant un palais de justice où devait comparaître un des leaders de leur mouvement.

Au moins 51 personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations en septembre.

Les manifestants réclament la démission du président Jean-Bertrand Aristide, mais celui-ci compte bien compléter son mandat jusqu'en 2006.

http://www.edicom.ch/news/international/040206211519.fr.shtml

6 février 2004

21:15   Crise en Haïti: onze morts, selon un nouveau bilan 

PORT-AU-PRINCE - La prise du commissariat central des Gonaïves, au nord-ouest d'Haïti, a fait onze morts et une vingtaine de blessés. Le Front de résistance qui a pris le contrôle de cette ville de 200 000 habitants réclame la démission de Jean-Bertrand Aristide.

Parmi ces onze morts, figurent cinq policiers anti-émeutes, deux membres du Front et quatre habitants de la ville, mortellement atteints au cours de la fusillade, a précisé le responsable de la Croix-Rouge des Gonaïves, Raoul Elysée. Une vingtaine de blessés par balles ont également été dénombrés par la Croix-Rouge.

Le bilan avancé par les rebelles était jusqu'à présent de quatre morts et 20 blessés. Selon un journaliste, les cadavres de trois policiers se trouvaient encore vendredi à l'intérieur des ruines calcinées du commissariat. Le cadavre d'un autre policier se trouvait à l'extérieur du bâtiment.

L'un des cinq policiers ayant trouvé la mort pendant l'attaque s'est suicidé à l'aide d'un poignard pour ne pas tomber vivant entre les mains des membres du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite, selon des témoignages concordants d'habitants.

Le Front, qui réclame la démission du président Jean-Bertrand Aristide, a pris le contrôle des Gonaïves depuis jeudi. Le gouvernement a affirmé qu'il s'agissait d'une action terroriste et annoncé l'envoi de renforts policiers dans la région pour y rétablir l'ordre.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1187

Escalade de la violence aux Gonaïves : 4 morts, 20 blessés

6 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 5 fév (AFP) - Les violences sporadiques qui secouent depuis septembre la ville des Gonaïves, dans le nord-ouest d’Haïti, ont pris jeudi une nouvelle dimension avec l’assaut du commissariat central par des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide, faisant 4 morts et 20 blessés. C’est la première fois que ce commissariat, cible d’une demi-douzaine d’attaques au cours des derniers mois, tombe aux mains des assaillants. Gonaïves est la quatrième ville d’Haïti avec 200.000 habitants. L’assaut du commissariat central, situé dans le coeur historique de la localité, a débuté en milieu de journée par une intense fusillade qui a duré deux heures. Retranchés dans le grand bâtiment d’un étage bordant la rue, entre 50 et 100 membres de la police nationale d’Haïti (PNH) ont fini par l’évacuer en catastrophe, certains en civil, selon des témoins. "Quatre riverains sont morts dans la fusillade", a affirmé aux médias locaux Buteur Métayer, un des chefs du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, le groupe qui a mené l’assaut. Les tirs auraient aussi fait vingt blessés, mais ce bilan n’a pu être confirmé de source indépendante. Après s’être emparés du commissariat, les membres du Front, fortement armés, l’ont incendié avant de se disperser dans la ville, certains en motos-taxi à la recherche des policiers en fuite. On ignore si les assaillants se sont appropriés les armes entreposées dans le commissariat. Une manifestation antigouvernementale a suivi, en soutien à l’action des rebelles. La prison de la ville qui jouxte le bâtiment de la police a également été prise par les assaillants et la centaine de détenus qui s’y trouvaient ont été libérés. La maison du maire des Gonaïves, Joachim Moïse, a aussi été incendiée. "Gonaïves est libérée, les magasins peuvent ouvrir mais les écoles doivent rester fermées", a déclaré Winter Etienne, un autre responsable du Front. Il a précisé que son groupe "remettra ses armes au nouveau gouvernement après le départ de Jean Bertrand Aristide du pouvoir". Le gouvernement n’a pas réagi dans l’immédiat à l’attaque du Front. Les violences aux Gonaïves ont débuté le 23 septembre, au lendemain de la découverte du corps mutilé et criblé de balles d’Amiot Métayer, chef d’une bande locale appelée Armée cannibale. Avant cette date, ce groupe soutenait le pouvoir mais la mort de Métayer a fait passer ses membres dans l’opposition armée à Jean Bertrand Aristide. Le frère d’Amiot, Buteur Métayer, désormais à la tête du groupe rebaptisé Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, accuse le pouvoir d’être à l’origine de l’assassinat. Récemment, Buteur Métayer s’est auto-proclamé "directeur départemental de la police". Winter Etienne s’est désigné "maire de la ville", et un troisième responsable du Front connu sous le nom de Ti Will, a pris le titre de "commissaire de police des Gonaïves". Buteur Métayer a aussi annoncé qu’il allait nommer prochainement un nouveau délégué départemental (équivalent d’un préfet) pour la ville. Le gouvernement de Jean Bertrand Aristide a démenti être impliqué dans l’assassinat d’Amiot Métayer, mettant en cause "le bras armé de l’opposition". Le 1er janvier, le président Aristide s’était rendu aux Gonaïves pour le bicentenaire de l’indépendance proclamée en 1804 sur la place d’armes de la ville, mais il avait dû écourter son séjour en raison de la tension qui y régnait. Depuis septembre, les violences n’ont guère cessé : attaques du commissariat, saccage des bâtiments publics, blocage de la vie économique locale, manifestations antigouvernementales, et incendie de maisons ou véhicules privés de partisans du pouvoir. Au total, sans compter les victimes de jeudi, les violences ont fait depuis quatre mois 49 morts et 99 blessés par balles.

http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=622

La police asperge des étudiants de gaz lacrymogène
Source : HPN, 6 février 2004

Vendredi, des étudiants, qui se sont retranchés dans les locaux de la faculté des Sciences humaines et de l’INAGHEI, ont été cernés par des agents de la police anti-émeute. Les policiers les ont aspergés de gaz lacrymogène et ont tenté de s’approcher davantage de la faculté des Sciences humaines, perturbant ainsi une cérémonie funéraire qui se déroulait dans une église voisine. Les étudiants ont riposté, jetant des pierres contre les agents de la police. Un des policiers, atteint d’une pierre, a été évacué. Les agents de l’ordre ont malmené plusieurs contestataires. Auparavant, les étudiants avaient marché dans les rues de la capitale pour réclamer le départ du chef de l’Etat.

Les étudiants ont manifesté vendredi dans la capitale pour réclamer le départ du chef de l’État. La police a protégé par intermittence les manifestants, qui scandaient qu’ils n’ont plus peur de mourir et que le président doit abandonner le pouvoir.

Un groupe d’élèves du lycée Jean-Jacques Dessalines (avenue Christophe, Port-au-Prince) ont manifesté vendredi aux côtés des étudiants après l’intervention, à coups de gaz lacrymogène, de la police anti-émeute.

Les partisans du parti Lavalas (au pouvoir) organiseront une manifestation, samedi 7 février, à l’occasion du troisième anniversaire de la seconde investiture du président Jean Bertrand Aristide. Les manifestants, qui se rassembleront dans la banlieue nord de la capitale, entendent notamment réclamer le respect du mandat de 5 ans du chef de l’État. La plate-forme de l’opposition a également prévu d’organiser un « programme spécial » autour du thème « 7 février, 18 ans après ».

Nouvelle manifestation de la plate-forme, dimanche 8 février, pour réclamer le départ du chef de l’État. Les organisateurs demandent aux manifestants de ne plus lancer de propos injurieux à l’endroit des autorités pendant la marche.

Les responsables de l’Association nationale des médias haïtiens demandent au chef de l’État de présenter ses excuses pour les propos qu’il a tenus mardi à l’endroit du journaliste de la radio privée Vision 2000, Alex Régis. L’ANMH menace de boycotter toutes les activités réalisées au Palais national jusqu’à nouvel ordre.

Une militante de défense des droits humains (IMED), Kéthelie Télémaque, a été « arrêtée » en compagnie de quatre autres personnes par des hommes encagoulés, à Delmas 19 (nord de la capitale). Mme Télémaque a été arrêtée sous l’accusation de « complot contre la sûreté intérieure de l’État », selon son avocat. Les prévenus sont actuellement gardés au Service d’investigation et d'antigangs

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4367

Gonaïves : 18 ans après les Duvalier, 3 ans après la seconde investiture d’Aristide
Posté le 7 février 2004

La situation est, pour le moins, confuse aux Gonaïves. Les correspondants locaux parlent de six morts dans les rangs de la police dépêchée samedi pour rétablir l’ordre dans cette ville contrôlée par les partisans de feu Métayer.

Les balles ont crépité samedi dans la quatrième ville du pays (photo Archives). La presse locale a fait état de huit personnes abattues, deux civils et six agents de l’ordre, dans des affrontements qui ont opposé ces derniers aux civils armés du Front de résistance révolutionnaire des Gonaïves. Des journalistes internationaux ont confirmé qu'au moins trois policiers étaient tués.

Un porte-parole de l’ancienne « armée Cannibale », Winter Etienne, a lui avancé le chiffre de 14 policiers tués samedi. Des blessés par balles seraient enregistrés dans les rangs du front, a reconnu Winter Etienne. Au moins cinq véhicules transportant les policiers auraient été saisis puis incendiés par les insurgés, toujours selon leur porte-parole. Les autorités n'ont pas fourni de bilan officiel.

Entre-temps dans la capitale (155 kilomètres au sud-est), des dizaines de milliers de partisans, rassemblés pour l’inauguration de trois nouvelles places publiques à Port-au-Prince, ovationnaient le chef de l’Etat.

Des rebelles de Raboteau - un quartier populaire des Gonaïves - avaient pris, le 5 février, le contrôle du commissariat central de la métropole du Haut Artibonite. Des membres de la presse locale auraient identifié des civils armés, arborant t-shirts et casquettes rouges, ainsi que des brassards noirs, au sein de l’unité de police dépêchée sur place pour « rétablir l’ordre et protéger la population civile. »

Des témoins ont signalé la fuite d’agents de la police vers le Nord du pays. Le fugitif Jean Tatoune aurait été aperçu à la tête d’une foule de manifestants à la mi-journée dans un quartier de la cité de l’indépendance.

Au Trou-du-Nord, le commissariat local a été incendié et les policiers mis en déroute, dans la nuit du 6 au 7 février. Les assaillants ont malmené des partisans du président Jean Bertrand Aristide, a rapporté un correspondant local. Aucun groupe n’a encore revendiqué cette attaque.

La police aurait été également chassée ou aurait délibérément pris la fuite dans plusieurs communes du département de l’Artibonite dont Saint-Marc, Anse Rouge, Ennery, Pont Sondé, L’Estère et Petite Rivière de l’Artibonite.

18 ans après la chute de la dictature et le règne de 29 ans des Duvalier, la crise politique continue de dégénérer. La situation s’est consirablement aggravée au cours des cinq derniers mois en Haïti, où les classes politiques et la société civile sont de plus en plus déchirées.

Deux événements majeurs ont marqué entre-temps l’échiquier politique haïtien. L’assassinat, en septembre 2003 aux Gonaïves, du puissant chef d’organisation populaire de Raboteau, Amiot Métayer, et l’invasion de l’université d’Etat par les partisans du président Jean Bertrand Aristide, le 5 décembre dernier.

Cette crise, témoin d’un profond malaise social, a gagné différents secteurs vitaux de la société dont le patronat, l’élite intellectuelle et artistique, les étudiants et même des chômeurs. Le mécontentement a même touché des membres du parti au pouvoir, parmi lesquels de hauts fonctionnaires du gouvernement Aristide qui ont remis leur démission. En face, le chef de l’Etat et ses partisans continuent de s’accrocher au respect du mandat présidentiel, épicentre du second… mandat d’Aristide.

http://www.courrierinternational.com/afp/resultatDepeche.asp?id=040207191023.2skus3ai

Intervention de la police haïtienne aux Gonaïves, sept policiers tués
07/02/2004 - 20:10

PORT-AU-PRINCE, 7 fév (AFP) -

La police haïtienne est intervenue samedi matin aux Gonaïves (nord-ouest), pour tenter de mater une rébellion lancée jeudi par des opposants au président Jean Bertrand Aristide, a-t-on appris de source officielle et auprès des journalistes locaux.

Sept officiers ont été tués au cours de cette opération qui a eu lieu vers 10h30 locales (15h30 GMT) dans cette ville, la quatrième du pays, située à 170 km au nord de la capitale Port-au-Prince, a indiqué Radio-Indépendance, une radio locale privée. Un des rebelles a été blessé, a ajouté la radio.

L'un des chefs rebelles, Winter Etienne, membre du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite, avait indiqué plus tôt que deux officiers de police avaient été tués lors de l'intervention.

Les unités de la police sont arrivées sur place à bord d'une dizaine de véhicules tout-terrain et ont investi le commissariat central occupé par le Front de résistance depuis jeudi, selon les médias locaux.

La ville était presque complètement désertée, selon les journalistes.

Le président haïtien Jean Bertrand Aristide a déclaré devant plusieurs milliers de partisans rassemblés à Port-au-Prince samedi en début d'après-midi que "les responsables seraient arrêtés et jugés selon la loi".

L'intervention de la police a pour but de "protéger la population civile", avait affirmé plus tôt le secrétaire d'Etat haïtien à la Communication, Mario Dupuy depuis la capitale, en confirmant l'intervention de la police.

Le Front de la résistance, qui réclame la démission du président haïtien, avait pris le contrôle jeudi du principal commissariat des Gonaïves, ainsi que d'autres postes de police de la région.

La prise d'assaut du commissariat central avait fait au moins 11 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Les affrontements aux Gonaïves entre partisans et adversaiares du président Aristide ont fait depuis le 23 septembre 2003 plus de 60 morts et une centaine de blessés.

Samedi, plusieurs correspondants locaux ont fait état de la prise de contrôle vendredi soir par des hommes armés du commissariat de police de la ville de Trou du Nord (nord).

Selon ces correspondants locaux, qui ignorent si cette attaque a également été menée par les rebelles, tous les policiers ont abandonné leur base. Des victimes figureraient parmi les partisans du pouvoir dont les maisons ont été saccagées, ont précisé ces journalistes.

Le Front affirme avoir été armé par la présidence haïtienne du temps où il la soutenait. Après l'assassinat le 22 septembre de son chef, Amiot Métayer, qu'il impute au gouvernement, le groupe avait décidé de passer dans l'opposition et de se joindre aux demandes de la société civile et de partis politiques pour réclamer la démission du chef de l'Etat.

M. Dupuy a démenti formellement que des armes aient été remises par M. Aristide aux rebelles.

L'ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a fermement condamné samedi les attaques et la destruction de bureaux publics. "Les Etats-Unis rejettent de façon catégorique toute violence utilisée comme moyen d'atteindre des buts politiques", déclare l'ambassade dans un communiqué, en exprimant son appui aux efforts déployés par la Communauté des pays des Caraïbes (Caricom).

La médiation de la Caricom pour résoudre la crise politique est entrée dans une phase délicate pour le président haïtien, qui a accepté une libération des opposants incarcérés, un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de manifester pacifiquement pour l'opposition dans le pays.

De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a appelé vendredi les Haïtiens à régler leurs divergences pacifiquement, en notant que la prise de contrôle des Gonaïves par des rebelles marquait une "nouvelle escalade dans la violence qui affecte le pays".

http://archives.lunion.presse.fr/cgi/union_handle?artid=/fmd/20040207.UNA8259.html

Haïti doit faire face à ses opposants (07/02/04)


Les Gonaïves, quatrième ville d'Haïti, est aux mains depuis jeudi d'un groupe d'opposants armés au président haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui a décidé d'y envoyer des renforts policiers pour y rétablir l'ordre.
Hier, les rebelles du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite qui réclame la démission de M. Aristide, circulaient très armés en motos-taxi et en voitures dans les rues de la ville, au lendemain de la prise d'assaut de son commissariat central, selon des médias locaux.
L'attaque a fait 11 morts et une vingtaine de blessés, selon le responsable de la Croix-Rouge des Gonaïves, Raoul Elysée.
Les rebelles ont aussi vidé jeudi la prison voisine de ses détenus et mis à sac les bureaux du délégué du gouvernement (équivalent d'un préfet), Billy Racine. Les Haïtiens du centre-ville ont fui en masse lors de l'attaque.
La ville, située dans le nord-ouest du pays, à 170 km au nord de Port-au-Prince, compte 200.000 habitants.
« Ce sont des actions terroristes et la police va intervenir pour rétablir l'ordre et protéger la population », a déclaré hier le secrétaire d'Etat haïtien à la Communication, Mario Dupuy.
Cette situation d'opposition armée « s'est déjà présentée au Plateau central (est du pays) et le gouvernement avait réagi en conséquence », a souligné Mario Dupuy.
En 2002/2003, le gouvernement avait envoyé dans cette région des unités spéciales de la police après des attaques contre des bâtiments administratifs, des cantonnements de la police et ses véhicules, qui avaient fait une vingtaine de morts parmi les membres des forces de l'ordre et des partisans du pouvoir.
Hier, les rebelles ont indiqué attendre de pied ferme tout retour des policiers aux Gonaïves, secouée depuis le 23 septembre par des violences sporadiques, qui ont fait au total 53 morts et 119 blessés.

 

http://www.reuters.com/locales/newsArticle.jsp?type=worldNews&locale=fr_CA&storyID=4307664

Haïti/14 policiers auraient été tués aux Gonaïves 

07 Feb 2004 23:49

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Le groupe d'insurgés haïtiens qui s'est emparé vendredi du port des Gonaïves a affirmé que 14 policiers avaient été tués en tentant de reprendre samedi le contrôle de la quatrième ville du pays.

Des journalistes sur place ont déclaré qu'un convoi de policiers avait tenté de pénétrer dans la ville, ce qui a déclenché les affrontements.

Les radios locales ont cité des rebelles parlant de 14 policiers tués dans des affrontements avec les insurgés du "Front pour le départ d'Aristide", qui réclame la démission du président Jean-Bertrand Aristide.

Le bilan n'a pu être confirmé de sources indépendantes. Il n'y aurait pas de victimes dans les rangs rebelles.

Mais les informations restent confuses pour savoir qui contrôle réellement la ville.

Les troubles aux Gonaïves marquent un nouveau cap dans la crise politique que traverse Haïti depuis des mois.

Des manifestations sont régulièrement organisées par l'opposition pour réclamer le départ d'Aristide.

Les adversaires politiques du président l'accusent de corruption et de mauvaise gestion.

A Port-au-Prince samedi, le chef de l'Etat a annoncé devant une foule rassemblée dans le bidonville de Cité-Soleil que la police avait pénétré aux Gonaïves pour rétablir l'ordre. Il a promis que le gouvernement "désarmerait les terroristes".

Un peu plus tard, des milliers de ses partisans ont défilé dans la capitale pour lui exprimer leur soutien.

Le porte-parole du gouvernement Mario Dupuy a affirmé de son côté sur les radios locales que la police contrôlait à nouveau les Gonaïves, ce qu'a démenti un porte-parole des insurgés, Wynter Etienne.

BARRICADES

Les rebelles ont attaqué jeudi soir un commissariat du port et selon la Croix-Rouge, sept personnes au moins y auraient péri dans une fusillade.

Le groupe d'insurgés, dont le nombre s'élève à plusieurs centaines, a incendié le lendemain le domicile du maire et libéré de nombreux détenus.

Alors que la police et les rebelles s'affrontaient samedi dans un secteur de la ville, des habitants manifestaient par milliers pour réclamer le départ d'Aristide dans une autre partie du port, ont témoigné des journalistes.

A midi toutefois, selon les radios, les rues de la ville étaient calmes. Des civils exultaient alors que des policiers fuyaient la ville à pied.

Des membres du front d'opposition ont dressé des barricades sur une route à l'extérieur de la ville à l'aide de voitures renversées, de troncs d'arbre et de pierres, ont déclaré des témoins.

Le "Front pour le départ d'Aristide", d'abord connu sous le nom d'Armée cannibale, a longtemps été une milice rangée aux côtés d'Aristide. Mais le meurtre, en septembre, du chef de la milice, que ses proches imputent à Aristide, a déclenché un revirement du groupe armé. Plusieurs dizaines de personnes ont péri dans des affrontements entre les miliciens et la police ces derniers mois.

Les Gonaïves, dont la population est estimée à 200.000 habitants, est connue aussi comme la ville de l'indépendance, puisqu'il y fut proclamé l'indépendance d'Haïti d'avec la France en 1804.

Aristide a été le premier président démocratiquement élu d'Haïti en 1991 avant d'être renversé par un coup d'État militaire. Il est revenu au pouvoir grâce à l'intervention des États-Unis en 1994 puis a été réélu en 2000.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4359

Le commissariat central du Trou-du-Nord tombe aux mains des rebelles
Posté le 7 février 2004

Des hommes armés se sont emparés vendredi soir du commissariat du Trou-du-Nord. Les policiers ont pris la fuite et des partisans du pouvoir sont traqués.

La situation était restée inchangée samedi dans la ville des Gonaïves (nord-ouest de Port-au-Prince) où le principal commissariat de la ville est toujours aux mains des rebelles du Front de résistance révolutionnaire anti-gouvernemental.

Entre temps, des hommes armés ont pris le contrôle du commissariat de la commune de Trou du Nord (Nord-Est), a-t-annoncé dans la presse.

Selon des correspondants locaux, cette incursion a été conduite vendredi soir par des hommes lourdement armés. Tous les policiers en faction ont abandonné leur base. On ignore si cette attaque a été menée par les membres du Front de résistance.

On déplore cependant des victimes parmi des partisans du pouvoir dont les maisons ont été saccagées, selon des journalistes locaux.

Les affrontements dans le département de l’Artibonite ont déjà fait 11 tués et une vingtaine de blesses, selon un bilan partiel présenté par la Croix-rouge locale. Raoul Elisée, président de la Croix Rouge, a prévenu que le bilan pourrait être plus lourd en raison de l’ampleur et de la durée de l’attaque perpétrée par les rebelles du front.

Un fonctionnaire de la secrétairerie d’Etat à la Sécurité publique, Dany Fabien, a accusé la bourgeoisie haïtienne de se dresser contre le peuple. Cette action menée dans l’Artibonite est soutenue par des éléments de la bourgeoisie haïtienne, a laissé entendre M. Fabien. Il a d’autre part a annoncé une action d’envergure des autorités pour ramener l’ordre aux Gonaïves et dans le pays.

Vendredi déjà le secrétaire d’Etat à la Communication Mario Dupuy avait annoncé « une intervention de la police pour neutraliser les terroristes. » Cependant plus de 24 heures après l’attaque des membres du Front de résistance révoltionnaire aucune présence policière n’a été constatée aux Gonaïves.

L’ambassade des Etats-Unis à Port-au- Prince a fermement condamné samedi les attaques et la destruction de bureaux publics. « Les Etats-Unis rejette de façon catégorique toute violence utilisée comme moyen pour atteindre des buts politiques », lit-on dans un communiqué. L’ambassade a d’autre part exprimé son appui aux efforts déployés par la Caricom pour assurer que le gouvernement respecte les normes et libertés démocratiques et favoriser un accord sur les réformes en matière de sécurité.

http://mesnouvelles.branchez-vous.com/Monde/040207/M020728U.html

Scènes d'horreur en Haïti: 14 policiers auraient été tués

GONAIVES, Haïti (AP) - La police haïtienne a mené samedi des combats sanglants pour le contrôle de la quatrième ville du pays, les Gonaïves, face à des rebelles armés qui contestent depuis deux jours le pouvoir du président Jean-Bertrand Aristide.

Les radios haïtiennes ont annoncé que 14 policiers auraient été tués dans ces affrontements, mais cette information n'a pu être confirmée.

En revanche, les journalistes sur place ont vu au moins trois policiers se faire tuer, après quoi des scènes de mutilation ont eu lieu, perpétrées par la foule. Un des corps a été traîné dans la rue alors qu'un homme était en train de lui donner des coups de machette. Et une femme a coupé une des oreilles de l'officier.

Un autre officier a été lynché, et les habitants l'ont lapidé avec de grosses pierres.

Au moins un des insurgés a été blessé au visage par la police, et il perdait beaucoup de sang dans l'attente d'être pris en charge à l'hôpital.

Les forces de l'opposition semblent avoir étendu leur avancée vers d'autres banlieues de la ville samedi, avec notamment des opposants au président Aristide qui ont réussi à prendre le contrôle d'une station de police à St-Marc (côte ouest), selon la radio privée Radio Kiskeya.

Les militants ont également attaqué des postes de police avec succès dans cinq petites villes près des Gonaïves, selon la radio haïtienne.

Dans cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du pays, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, des membres du Front de résistance pour le renversement de Jean-Bertrand Aristide (ex-Armée cannibale) ont donné l'assaut jeudi.

http://www.letemps.ch/template/static.asp?depeche=/depechesafp/mon/040208071404.th52a7o2.html

Haïti: la police tente de mater la rébellion aux Gonaïves

08.02.2004 - 07h14

PORT-AU-PRINCE (AFP) - La police haïtienne est intervenue samedi matin aux Gonaïves (nord-ouest) pour tenter de mater la rébellion menée par des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide qui a fait plusieurs morts depuis jeudi.

Sept policiers ont été tués au cours de cette opération qui a eu lieu vers 10h30 locales dans cette ville, la quatrième du pays, située à 170 km au nord de la capitale Port-au-Prince, a indiqué Radio-Indépendance, une radio locale privée. Un des rebelles a été blessé. Selon un autre bilan communiqué par des témoins, trois policiers ont été tués au cours de l'intervention.

De son côté, l'un des chefs rebelles, Winter Etienne, membre du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite, avait indiqué plus tôt que 14 policiers avaient été tués. Il avait aussi annoncé auparavant que deux officiers de police avaient été tués. Les unités de la police ont investi le commissariat central occupé par le Front de résistance depuis jeudi, selon les médias locaux. Le président Aristide a déclaré devant plusieurs milliers de partisans rassemblés à Port-au-Prince samedi que "les responsables seraient arrêtés et jugés selon la loi".

L'intervention de la police a pour but de "protéger la population civile", avait affirmé plus tôt le secrétaire d'Etat haïtien à la Communication, Mario Dupuy depuis la capitale, en confirmant l'intervention de la police. Le Front de la résistance, qui réclame la démission du président haïtien, avait pris le contrôle jeudi du principal commissariat des Gonaïves, ainsi que d'autres postes de police de la région. La prise d'assaut du commissariat central avait fait au moins 11 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les affrontements aux Gonaïves entre partisans et adversaires du président Aristide ont fait depuis le 23 septembre 2003 plus de 60 morts et une centaine de blessés.

Samedi, plusieurs correspondants locaux ont fait état de la prise de contrôle vendredi soir par des hommes armés du commissariat de police de la ville de Trou du Nord (nord). Des témoins ont aussi indiqué que le commissariat de Saint-Marc (nord) était tombé aux mains d'une organisation de l'opposition, Ramicos, qui a aussi libéré les prisonniers détenus dans la prison proche du commissariat. Le Front affirme avoir été armé par la présidence haïtienne du temps où il la soutenait. Après l'assassinat le 22 septembre de son chef, Amiot Métayer, qu'il impute au gouvernement, le groupe avait décidé de passer dans l'opposition et de se joindre aux demandes de la société civile et de partis politiques pour réclamer la démission du chef de l'Etat. M. Dupuy a démenti formellement que des armes aient été remises par M. Aristide aux rebelles.

L’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a fermement condamné samedi les attaques et la destruction de bureaux publics et a exprimé son appui aux efforts déployés par la Communauté des pays des Caraïbes (Caricom). La médiation de la Caricom pour résoudre la crise politique est entrée dans une phase délicate pour le président haïtien, qui a accepté une libération des opposants incarcérés, un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de manifester pacifiquement pour l'opposition dans le pays. De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a appelé vendredi les Haïtiens à régler leurs divergences pacifiquement, en notant que la prise de contrôle des Gonaïves par des rebelles marquait une "nouvelle escalade dans la violence qui affecte le pays".

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4365

Haïti : au moins huit commissariats désertés par la police
Posté le 7 février 2004

Au moins huit commissariats de police ont été désertés, au cours des 72 dernières heures, par les agents de la jeune force de police, forte d’environ 5 000 membres, ont rapporté des correspondants locaux.

Samedi, un groupe d’opposants armés au président Jean Bertrand Aristide a libéré les prisonniers de la prison centrale de Saint-Marc dans l’Artibonite (96 kilomètres au nord-ouest de la capitale) après avoir pris le contrôle du commissariat local déserté par les agents de l’ordre.

Selon les insurgés et des correspondants locaux, la police a abandonné au moins huit commissariats dans l’Artibonite (Gonaïves, Saint-Marc, Ennery, Gros Morne, L’Estère, Anse Rouge et Petite Rivière de l’Artibonite), depuis l’assaut jeudi de celui des Gonaïves (59 kilomètres au nord de Saint-Marc) par les rebelles armés du Front résistance révolutionnaire. Au Trou-du-Nord (Nord-Est), des opposants ont mis le feu au commissariat local dans la nuit de vendredi à samedi.

Le secrétaire d’Etat à la Communication Mario Dupuy a affirmé le même jour que la police avait repris le contrôle des Gonaïves des mains des opposants armés. Ces derniers ont pris la fuite, a-t-il également dit. Il a annoncé que les « terroristes » seraient pourchassés et punis selon la loi.

De son côté, le porte-parole des rebelles Winter Etienne a parlé de 14 morts du côté de la police depuis le début de la contre-offensive dans la principale ville du département. La presse internationale a confirmé trois morts parmi les policiers.

Le département de l’Artibonite (plus d’un million d’habitants) représente le principal pont entre le Nord et le Sud d’Haïti, notamment entre le Cap-Haïtien (la deuxième du pays) et la capitale. Il compte deux grandes villes côtières (Gonaïves et Saint-Marc) de plus de 150 000 habitants et deux autres villes intérieures de plus de 100 000 habitants (Dessalines et Petite Rivière de l'Artibonite). Les affrontements armés dans la Cité de l’indépendance ont pour le moins bloqué le trafic routier interdépartemental sur la Nationale #1 et ses principales ramifications.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4369

Bulletin special Situation générale dans les grandes villes
Posté le 8 février 2004

Voici un compte-rendu de la situation du pays ce dimanche 8 février 2004.Alors que la situation se dégrade dans le pays...

La situation s’est rapidement dégradée dans le pays ce dimanche avec les nouvelles sur la prise ou l’abandon d’autres commissariats de police par des opposants au régime du Président Jean Bertrand Aristide.

Dimanche, des radios de la capitale ont annoncé l’abandon par les policiers du commissariat de la ville de Grand-Goave (Ouest de la capitale). Le bureau de la police a été par la suite incendié par des manifestants antigouvernementaux. Des témoins ont fait état de barricades enflammées dans plusieurs endroits sur la route nationale 2 (Sud) où il est pratiquement impossible de se déplacer en voiture sur l’avenue de carrefour.

A Port-au-Prince, des partisans du pouvoir ont posé des barricades enflammées dans les quartiers du Canapé vert et à Carrefour. Les dirigeants de l’opposition ont annulé une manifestation prévue ce matin en raison de la détérioration de la situation. Evans Paul un des porte-paroles de la Convergence démocratique a appelé les policiers et les militants Lavalas à s’exprimer pour demander au Président Aristide d’abandonner le pouvoir. Aujourd’hui a-t-il dit c’est le peuple qui est retourné contre le pouvoir, il ne s’agit pas, selon Evans Paul, d’un mouvement de groupes armés isolés, « c’est tout un peuple qui se révole contre le régime. »

A Saint-Marc, plusieurs bureaux publics ont été incendiés après la fuite des policiers qui ont abandonné le commissariat. Des membres de l’organisation populaire Ramicos (proche de l’opposition) ont libéré les détenus de la prison de la ville et se seraient ensuite attaqués à certains dignitaires du régime dans la ville. Un membre d’une organisation populaire (Bale Rouze proche du pouvoit) a accusé le commissaire de police d’être de connivence avec l’opposition.

Au Cap-haïtien, la deuxième ville du pays, le local relais de radio Vision 2000 a été incendié au cours de la nuit. Dimanche matin, des barricades faites de pneus enflammés ont été entreposés sur plusieurs artères de la ville par des partisans du pouvoir.

Il est pratiquement impossible de communiquer avec la ville des Gonaïves par téléphone. Les dernières informations obtenues samedi faisaient état de tirs violents dans la ville qui serait toujours contrôlée par les rebelles du Front de résistance révolutionnaire anti-Aristide. Il était toujours difficile d’obtenir un bilan officiel des victicmes dénombrées après une intervention de la police pour tenter de repousser les hommes armés du Front.

Le commissariat de police de Trou du Nord serait toujours aux mains des militants armés de l’opposition.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4371

La capitale haïtienne coupée des principales villes du pays
Posté le 8 février 2004

La capitale haïtienne est coupée des principales villes du Nord du pays depuis l’assaut jeudi du commissariat central des Gonaïves (155 kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince) par des insurgés qui ont déclaré prendre le contrôle de la ville.

Le trafic a été interrompu dimanche sur les grandes liaisons routières entre la capitale et la côte sud-ouest du pays. Des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide ont dressé des barricades enflammées sur la Nationale # 2, à hauteur de la ville côtière de Grand-Goâve (une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince), désertée par les policiers.

Sur la RN1, la route est barrée à la porte sud de la ville côtière de Saint-Marc (96 kilomètres de la capitale), où la circulation est filtrée. Le trafic interdépartemental, via les Gonaïves, la Cité de l’indépendance, a cessé depuis jeudi, coupant ainsi le Cap-Haïtien et les villes frontalières de Ouanaminthe et Fort-Liberté de Port-au-Prince.

Le Premier ministre haïtien Yvon Neptune a déclaré dimanche que les actes de violence, enregistrés ces derniers jours dans plusieurs régions du pays, participaient d’une politique de coup d’Etat de la part de l’opposition.

M. Neptune, censé être remplacé dans les cinq prochains mois, si les prescrits de la médiation de l’organisation régionale Caricom sont respectés, a appelé les opposants à faire cesser la violence pour que la paix et la sécurité s’établissent en Haïti, dans la perspective des prochaines élections.

La Villa d’Accueil a également appelé la population à collaborer avec. Des agents des unitées spécialisées de la PNH envoyés sur place ont dû samedi abandonné leur position après avoir rencontré une fortte résistance de la part des rebelles.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4370

La crise prend une nouvelle dimension (par Clarens RENOIS)
Posté le 8 février 2004

La situation s’est rapidement dégradée ces dernières 48 heures pour le Président Aristide avec l’extension de la rébellion anti-gouvernementale dans d’autres villes du pays.

Après la ville des Gonaïves tombée depuis jeudi dernier aux mains des militants du Front de résistance révolutionnaire, d’autres commissariats de police dans le Nord mais aussi dans le Sud sont soient abandonnés par les policiers soient incendiés par des groupes d’opposants au régime Lavalas. Dimanche le poste de police de Grand-Goave (Sud’Ouest de la capitale) a été délaissé par les policiers qui ont également abandonné armes et uniformes. C’est un repris de justice (Néné) qui aurait pris la situation en mains dans cette ville de plus de 50.000 habitants située à environ 60 kilomètres de Port-au-Prince. Le commissaire de la ville qui ne se trouvait pas à son poste a indiqué que les forces régulières se préparaient à lancer une offensive pour récupérer le poste. A Grand-Goave comme dans la ville voisine de Petit-Goave (69 kilomètres de Port-au-Prince), des partisans de l’opposition avaient dressé des barricades enflammées et on signalait des manifestations anti-gouvernementales. Aux Cayes des partisans du régime avaient dressé des barricades à l’entrée de la ville.

Dans le Nord du pays à Saint-Marc (Nord’Ouest de la capitale), des membres du Ramicos, une organisation populaire proche de l’opposition, se sont emparés du commissariat de la ville après que les policiers en faction avaient déserté samedi soir. Une situation de tension règnait actuellement dans la ville où les principaux bureaux publics ont été incendiés par des manifestants en colère. Au moins deux personnes ont été tuées à Saint-Marc, selon des correspondants locaux.

Aux Gonaïves où a commencé la rébellion antigouvernementale, le Front de résistance révolutionnaire affirme controlée totalement la situation. Selon un des dirigeants de cette organisation des tranchées ont été creusées aux entrées de la ville pour prévenir toute nouvelle incursion des forces de police. En effet les agents des unitées spécialisées de la PNH envoyés sur place ont du abandonné leur position après avoir rencontré une fortte résistance de la part des rebelles. Au moins 7 policiers ont été tués. M. Winter Etienne, porte-parole du Front avait avancé le nombre de 14 victimes dans les rangs de la police. Dimanche, la Direction de la PNH a confirmé le « retrait stratégique » de ses forces et a fait état d’un seul tué.

Le Premier Ministre Yvon Neptune qui intervenait à la Télévision nationale a accusé un secteur de l’opposition de préparer un coup d’Etat en fomentant cette violence dans le pays. « Ce n’est pas le gouvernement qui organise la violence », a lancé M. Neptune qui a encouragé la population à collaborer avec la police afin que cette dernière puisse rétablir la paix dans le pays. Il a d’autre part invité l’opposition à faire cesser la violence et prendre le chemin des élections.

Pour sa part Evans Paul un des dirigeants de la Plate forme démocratique (opposition) a demandé au Président Aristide de quitter le pouvoir le plus vite afin de faire arrêter la violence. M. Paul a fait prévaloir que la situation qui se développait actuellement dans le pays n’était pas le fait de groupes armés isolés. « C’est toute la population qui réclame le départ du chef de l’état », a-t-il fait remarquer.

A Port-au-Prince, la situation est en revanche calme mais face au développement de la situation, l’opposition a reporté une marche prévue dans les rues de la capitale. La veille des dizaines de milliers de partisans du régime avaient défilé sans incident à l’occasion du troisième anniversaire de l’investiture du Président Aristide qui a réitéré ses intentions de rester au pouvoir jusqu’au terme de son mandat en 2006.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1206

Haïti secouée par des troubles, communications coupées avec les Gonaïves (AFP)

9 février 2004

Plusieurs incidents ont été signalés dimanche en Haïti au lendemain d’une intervention policière pour reprendre à des rebelles le contrôle des Gonaïves, quatrième ville du pays où l’opposition réclame depuis l’automne la démission du président Jean Bertrand Aristide.

Les communications téléphoniques étaient coupées dimanche avec les Gonaïves (nord-ouest), où la situation tendue depuis des mois s’est emballée jeudi avec un assaut donné au commissariat central et une mise à sac des bureaux du délégué du gouvernement (équivalent d’un préfet).

Samedi, des témoins et des radios haïtiennes avaient indiqué qu’entre trois et sept policiers avaient été tués lors de l’intervention policière. L’un des chefs rebelles, Winter Etienne, du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, a évoqué un bilan de 14 policiers tués, mais ce chiffre n’a pu être confirmé de source indépendante.

Des images diffusées par des chaînes de télévision ont montré des hommes en armes ou détenant des gourdins à clous et machettes, parfois grimpés sur des véhicules et patrouillant la ville, tandis que des cadavres gisaient dans les rues.

La localité des Gonaïves (200.000 habitants), où les violences ont fait plus de 60 morts et plus de 100 blessés depuis septembre, se trouve sur la route reliant Port-au-Prince à Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville d’Haïti.

Dimanche, les médias haïtiens ont signalé plusieurs incidents ailleurs dans le pays où le durcissement de la contestation semble s’étendre.

Dans la capitale, quelques barricades enflammées ont été érigées. Pour des raisons de sécurité, une manifestation de l’opposition a été annulée dans la matinée.

A l’ouest de Port-au-Prince, dans la ville de Grand-Goavehabitants), le commissariat a été déserté et le bâtiment incendié par des opposants, ont rapporté des radios haïtiennes.

Au nord de la capitale, à Saint-Marc, sur la route entre Port-au-Prince et les Gonaïves, des témoins avaient indiqué samedi que le commissariat local était tombé aux mains d’une organisation de l’opposition, Ramicos. Des prisonniers détenus dans une prison proche du bâtiment ont été libérés.

Toujours d’après les médias haïtiens, des barricades enflammées ont aussi été érigées samedi soir et dimanche matin à Cap-Haïtien (nord), qui compte quelque 200.000 habitants. Le local d’une radio, Vision 2000, a été incendié dans cette ville.

Un dirigeant de l’opposition, Evans Paul, a demandé aux policiers de ne pas se battre contre la population. Il a souligné que la mobilisation contre le président n’était pas le fait de simples bandes armées mais de la population dans son ensemble.

Le président Aristide, qui refuse toute idée de démission, participe à des négociations menées par l’Organisation des pays de la Caraïbe (Caricom) pour tenter de résoudre la crise politique qui perdure dans le pays depuis 2000. Les recommandations de la Caricom portent notamment sur une libération des opposants incarcérés, un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de manifester pacifiquement pour l’opposition dans le pays.

Samedi, Jean Bertrand Aristide a appelé ses partisans à la mobilisation et assuré qu’aux Gonaïves, "les responsables seraient arrêtés et jugés selon la loi".

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1208

Haïti : retrait de la police des Gonaïves (AP)

9 février 2004

GONAIVES, Haïti (AP) - La police haïtienne s’est retirée de la ville des Gonaïves qu’elle avait tenté de reprendre aux insurgés samedi lors de combats sanglants qui ont donné lieu à des atrocités ayant fait au moins neuf morts, dont sept policiers. Les forces de l’ordre ont disparu samedi soir et ne sont pas réapparues dimanche matin, selon des témoins. Cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du pays, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, est en état d’insurrection depuis jeudi.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1209

Haïti : l’insurrection gagne d’autres villes de l’ouest

9 février 2004

 

SAINT-MARC, Haïti (AP) -- Au lendemain des heurts sanglants qui ont opposé policiers et rebelles dans plusieurs villes de l’ouest de Haïti, dont les Gonaïves et Saint-Marc, des pillages de grande ampleur ont été signalés dans le port de cette deuxième ville, confirmant l’intensification du soulèvement contre le régime du président Jean-Bertrand Aristide. Fait significatif, la police s’est retirée de la ville des Gonaïves qu’elle avait tenté de reprendre aux insurgés samedi lors de violents combats qui ont fait au moins neuf morts, dont sept policiers. Après ces violences, les forces de l’ordre ont disparu samedi soir et ne sont pas réapparues dimanche. Cette ville de 200.000 habitants, la quatrième du pays, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, est en état d’insurrection depuis jeudi. Les affrontements de samedi se sont révélés particulièrement sanglants, donnant lieu à des atrocités. Les journalistes sur place ont vu au moins trois policiers se faire tuer, après quoi des mutilations ont été perpétrées par la foule. Un des corps a été traîné dans la rue alors qu’un homme lui assénait des coups de machette. Une femme a ensuite coupé l’une des oreilles de l’agent. Un autre policier a été lynché et déshabillé avant d’être lapidé par la population. Quatre autres membres des forces de l’ordre ont trouvé la mort quand leur véhicule s’est renversé, a précisé un rebelle sous couvert de l’anonymat. Il a ajouté que la police avait tué deux insurgés qui construisaient des barricades. Plusieurs stations de radio haïtiennes faisaient état dimanche d’un bilan de 14 morts du côté de la police mais ce chiffre n’a pu être vérifié. En tout état de cause, l’insurrection semblait s’étendre. Dans la foulée des Gonaïves, les opposants au président Aristide ont pris samedi le contrôle d’un poste de police de Saint-Marc après de nouveaux affrontements qui ont fait cette fois deux morts, un homme et une femme, selon des témoins. Les habitants de ce port de la côte ouest, situé au sud des Gonaïves, bloquaient dimanche les principales rues du centre-ville avec des troncs d’arbres, des pneus enflammés et des châssis de voitures. Là encore, aucun policier n’a plus été vu depuis les incidents de samedi. « Quand Aristide sera parti, le pays reviendra à une situation normale », assurait Axel Philippe, 34 ans, sur une route menant à cette ville de 100.000 habitants. Dans le même temps, des centaines de personnes se livraient au pillage de conteneurs dans l’enceinte du port, emportant toutes sortes d’objets, postes de télévision, poutres en acier et autres matelas. Des membres d’un mouvement d’opposition, le RAMICOS ou Rassemblement des militants conséquents, ont affirmé qu’ils s’étaient emparés de Saint-Marc avec l’aide d’autres militants anti-Aristide. Comme aux Gonaïves, des comités de quartiers ont été créés pour mobiliser la population. Dans la région ouest, des insurgés ont attaqué samedi les postes de police de cinq autres localités, dont Anse-Rouge, a rapporté la radio haïtienne. Parallèlement, des dizaines de milliers de manifestants pro-Aristide ont défilé samedi dans les rues de Port-au-Prince, la capitale, à l’occasion du troisième anniversaire de la seconde investiture du président. Au cours de la nuit, certains d’entre eux ont allumé des barricades de pneus dans la capitale. Les dirigeants de l’opposition prévoyaient d’organiser une marche de protestation dimanche mais ils y ont renoncé pour raisons de sécurité.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1210

Another police station torched in Haiti protests

9 février 2004

Port-au-Prince, Feb 8 (EFE).- Another police station was torched by anti-government demonstrators in the Haitian town of Grand-Goave, after police abandoned their posts, radio station Vision 2000 reported Sunday.

Several vehicles and buildings were also set on fire in the western town as protesters set up barricades in the streets, the radio station said.

Attacks on police stations began last Thursday in Gonaives when supporters of the Anti-Aristide Resistance Front burned the local jail after a shootout with police that killed at least 12 people and wounded about 20 others.

Since then, according to the local media, 17 other police stations in Artibonite were abandoned, including the one in the province’s second-largest city of Saint-Marc , which was attacked by armed supporters of the Group of Principled Militants of Saint-Marc (RAMICOS), allied with the opposition.

Radio correspondents said one person died and at least five others were injured in Saturday’s incidents in Saint-Marc.

The media have also reported enormous tension among residents of Jacmel in the southeast and Cap-Haitien in the north.

In Jacmel, government supporters put up barricades to prevent "terrorist acts," ruling Lavalas party official and former legislator Wilner Content told reporters.

Radio station Vision 2000 said its Cap-Haitien facility was torched Saturday night.

Joseph Iberic, an employee of the radio station, said Vision 2000 workers were threatened Saturday by government supporters, who were demonstrating in the streets to commemorate President Jean-Bertrand Aristide’s third anniversary in office.

Even in Port-au-Prince , EFE reporters could see street barricades Sunday morning made from tires burned during the night.

Because of the chaos and uncertainty in the country, the Democratic Platform, a group of political, social and private opposition organizations, decided to cancel a protest march planned for Sunday in the capital.

Opposition leader Evans Paul told EFE that the Democratic Platform believed police were "not in a position to provide security" for the demonstrators.

 

http://www.rfi.fr/actuchaude/DET_titres.asp?m1=1&m2=2&m3=1

09/02/2004 18:16
Une partie d'Haïti en situation insurrectionnelle
lundi 09 février 2004
La partie nord d'Haïti échappait lundi au contrôle du président Jean Bertrand Aristide et certaines villes continuaient d'être le théâtre de violences, parfois entre bandes rivales.

L'ONU, la France et l'Organisation des Etats Américains (OEA) ont appelé à l'arrêt immédiat des affrontements en Haïti, qui ont fait 40 morts depuis jeudi. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a annoncé lundi que l'ONU allait "très prochainement" accroître son engagement dans ce pays.

"La France appelle à l’arrêt immédiat des violences d’où qu’elles viennent, et au respect des règles de droit", a déclaré de son côté le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Hervé Ladsous. Au cours du week-end, l'OEA avait aussi condamné le recours à la violence et réclamé que tout changement politique soit mené "de manière pacifique et démocratique".

De fait, depuis la fin de la semaine dernière, plusieurs régions du nord du pays sont livrées à l'anarchie, avec des tirs et des pillages. Les policiers ont fui les commissariats, mis à sac et incendiés, dans une dizaine de villes de plus ou moins grande importance.

© AFP

Localisation des violences
© AFP/Infographie

Lundi, grâce à des renforts acheminés de Port-au-Prince, la police aurait repris le contrôle de la ville de Saint-Marc à 96 kilomètres au nord de la capitale, selon des habitants. Dans la matinée, des affrontements entre bandes rivales avaient été signalés dans cette localité de 160.000 habitants, où des barricades enflammées ont été érigées.

La police est venue aider des militants pro-Lavalas (au pouvoir) du mouvement local "Balai Rouzé" à prendre le dessus sur une bande armée appelée Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (Ramicos). Ce groupe, se réclamant de l'opposition, avait incendié samedi le commissariat de la ville et s'était emparé d'armes et de munitions après la fuite de policiers.

Située en bordure de mer, Saint-Marc se trouve sur la route menant de Port-au-Prince aux Gonaïves (nord-ouest), passée depuis jeudi sous le contrôle d'une bande armée locale, le Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite. Les Gonaïves (200.000 habitants) est la principale ville de la région Artibonite.

Dans le nord d'Haïti, un petit commissariat de la localité de Dondon a été incendié par la population. Les policiers de cette ville ont pris la fuite, a affirmé lundi Radio Vision 2000, citant son correspondant local.

Des tirs nourris ont d'autre part été entendus dans la nuit de dimanche à lundi à Cap-Haïtien (nord), la 2e ville du pays, visant notamment les maisons de membres présumés de l'opposition locale, dont celle d'un médecin, alors qu'une voiture appartenant à un ancien officier de l'ex-armée haïtienne a été incendiée, selon un journaliste local.

L'usine qui fournit l'électricité à cette ville a cessé lundi ses activités, faute de carburant qui transite par les Gonaïves. Selon des médias locaux, le calme régnait lundi matin aux Gonaïves, où écoles et commerces ont ouvert leurs portes.

A Port-au-Prince, la situation était également calme, de même qu'à Jacmel (sud-est) où des hommes armés opposés au gouvernement ont fait leur apparition à l'est de la ville en fin de semaine dernière. Un riverain a été blessé par balle dans la localité voisine de Tessaire. Par précaution, les autorités pénitentiaires ont transféré dimanche les détenus de la prison de Jacmel à Port-au-Prince, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dimanche, le gouvernement a accusé l'opposition de favoriser un coup d'Etat contre le président Aristide.

http://www.rtl.be/Site/Pages/Article.asp?SiteID=12&ID=48177

L’insurrection fait 41 morts en Haïti

Quarante et une personnes ont été tuées depuis le début d'une insurrection armée jeudi en Haïti, notamment dans le nord du pays, selon un décompte établi à partir d'informations provenant de journalistes locaux, d'habitants et d'hôpitaux.

Au total, dix commissariats haïtiens avaient été abandonnés lundi par la police : les Gonaïves (200.000 habitants, 4e ville du pays), Gros Morne, Ennery, l'Estère, Petite Rivière de l'Artibonite, Trou du Nord, Anse Rouge, Grand Goâve, Dondon et Saint-Raphaël. Les morts sont survenues lors de combats entre rebelles réclamant la démission du président Jean Bertrand Aristide et policiers, ou lors d'actions de représailles contre de présumés partisans du pouvoir ou de l'opposition.

Aux Gonaïves, cinq policiers anti-émeutes sont ainsi morts, dont un par suicide pour éviter d'être pris vivant lors de l'assaut mené le 5 février contre le commissariat central. Quatre habitants ont perdu la vie dans les fusillades ainsi que deux rebelles, soit un total de onze victimes selon la Croix-Rouge.

Le samedi 7 février, sept policiers ont été tués ainsi que deux sympathisants des rebelles lors d'une tentative avortée de la police de reprendre le contrôle de la ville, soit un total de 9 morts, selon des médias locaux. Six personnes accusées d'être de présumés auxiliaires de la police ont été lynchées et leurs corps brûlés durant le week-end par la population à Badou Marchand, petite localité voisine des Gonaïves, selon les rebelles. Six cadavres en décomposition étaient visibles dimanche aux abords des ruines du commissariat, selon un rebelle.

A Saint-Marc, samedi, un habitant et un rebelle anti-gouvernemental ont été tués lors d'affrontements à l'occasion d'une attaque du commissariat. Deux rebelles ont été blessés et un tué lundi.

Dimanche, à Cité Soleil, le plus important quartier déshérité de Port-au-Prince, six présumés partisans de l'opposition ont été tués par de présumés partisans du parti au pouvoir.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4375

La PNH tente de reprendre la ville côtière de Saint-Marc
Posté le 9 février 2004

La police nationale est entrée lundi après-midi à Saint-Marc à la suite d’intenses combats avec des membres de l’organisation RAMICOSM, a appris HPN d’une source de la direction générale de la PNH. On ignore si les combats ont fait des victimes.

L’opération pour reprendre la ville a été menée en début d’après-midi par des unités de la police appuyées par un hélicoptère qui a longtemps survolé des quartiers de Saint-Marc (96 kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince), selon des témoins sur place qui ont fait état de tirs intenses.

Des membres de la police ont été remarqués sur la place publique en face de l’Hôtel de ville, cependant on ignore si les agents du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) ont pu reprendre le contrôle de toute la ville barricadée à plusieurs endroits.

Le premier ministre Yvon Neptune s’est brièvement rendu sur place, avons-nous appris. Mais il n’a fait aucune déclaration à la presse. Des témoins ont rapporté que des barricades de grosses pierres ont été dressées à la porte sud de la ville. Elles seraient contrôlées par l’organisation populaire Bale rouze, proche du pouvoir.

La ville de Saint-Marc, le deuxième port en importance du pays, a été abandonnée samedi 7 février par les policiers en faction.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4374

Intenses fusillades à Saint-Marc, la police se retire du centre de la ville
Posté le 9 février 2004

Les forces de la police, qui avaient tenté lundi matin une incursion dans la ville côtière de Saint-Marc pour reprendre le contrôle du commissariat, se sont heurtées à la résistance des rebelles armés, ont rapporté des témoins.

D’intenses fusillades ont été entendues à la mi-journée à Saint-Marc (96 kilomètres de la capitale). Les agents de l’ordre ont été contraints de se replier à l’entrée sud de la ville face à la résistance des militants de Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (RAMICOSM). On ignore si les affrontements ont fait de nouvelles victimes.

Samedi, des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide avaient incendié le commissariat de la ville abandonné quelques heures auparavant par les policiers en faction.

Ils avaient également libéré les détenus de la prison centrale avant de s’emparer des bureaux publics, notamment la douane, qui ont été par la suite livrés au pillage. Au moins deux personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées par balles depuis le début des incidents.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4377

La police entre à Saint-Marc
Posté le 9 février 2004

Des agents de la police, accompagnés d’un commando héliporté, sont entrés lundi dans la ville côtière de Saint-Marc, quelques heures après l’échec d’une première tentative, pour tenter de reprendre son contrôle.

ARTIBONITE

SAINT-MARC (1) : Des agents de la police, accompagnés d’un commando héliporté, sont entrés lundi dans la ville côtière de Saint-Marc, quelques heures après l’échec d’une première tentative, pour tenter de reprendre son contrôle. Le commissariat central avait été abandonné samedi par des policiers en faction, avant d’être incendié par des membres de la population locale, ainsi que des bureaux pillés auparavant. Des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide avaient alors déclaré prendre le contrôle de la ville. La police anti-émeute, mise en déroute le même jour par des rebelles aux Gonaïves (59 kilomètres au sud), avait tué un habitant et un rebelle pendant son passage à Saint-Marc, créant un mouvement de panique dans cette ville.

SAINT-MARC (2) : Jean Hugues Narcisse a demandé aux Saint-Marcois de mettre fin aux actes de pillage. Le responsable de RAMICOSM, une association proche de l’opposition, a déploré les scènes de pillage enregistrées dans la ville. Plusieurs bureaux de l’administration publique ont été incendiés, samedi à Saint-Marc, par des hommes menés par RAMICOSM.

GONAIVES (1) : La ville est tombée entre les mains du Front de résistance révolutionnaire anti-Aristide depuis le jeudi 5 février, après l’assaut du commissariat central qui a fait cinq morts parmi les policiers anti-émeutes. Quatre habitants et deux rebelles ont été également tués lors des affrontements.

GONAIVES (2) : Les membres du Front de résistance révolutionnaire ont pourchassé samedi la police anti-émeute venue de Port-au-Prince pour tenter de reprendre le contrôle de la Cité de l’indépendance. Sept policiers ont été tués, selon des médias locaux. Deux insurgés ont également perdu la vie dans les fusillades. Dieujuste Jeanty, membre du front, a déclaré dans la presse que ses camarades étaient prêts à contrecarrer d’autres interventions.

GONAIVES (3) : Les rebelles du Front de résistance révolutionnaire ont fait état du lynchage, le week-end par la population dans la petite localité voisine de Badou Marchand, de six présumés auxiliaires de la police. Six cadavres en décomposition étaient visibles dimanche aux abords des ruines du commissariat, selon AFP, citant un rebelle qui est intervenu sur la radio privée Kiskeya.

NORD

SAINT-RAPHAEL - La police a abandonné lundi le commissariat de la ville, portant à 11 le nombre de commissariats désertés depuis l’assaut mené jeudi par des rebelles aux Gonaïves, la quatrième ville du pays. Les commissariats de Saint-Marc, le deuxième port le plus important du pays situé à 96 kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince, de Dondon et Trou-du-Nord, deux autres villes du département du Nord, figurent sur cette liste.

OUEST

Grand-Goâve - Un dénommé Jean Yves Auguste s’est auto-proclamé nouveau maire de Grand Goâve après la désertion des policiers. Il a exprimé sa volonté de pacifier la région des Palmes. M. Auguste a également promis de mettre tout en œuvre pour favoriser la reprise du trafic des véhicules sur la Nationale #2, paralysé depuis dimanche, et combattre les bandits qui veulent rançonner les passagers.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4380

Fortes tensions au Cap-Haïtien
Posté le 10 février 2004

La tension est montée d’un cran ces dernières 72 heures au Cap-Haïtien où les partisans du président Jean Bertrand Aristide multiplient des actions incendiaires et destructives. Les activités commerciales de la deuxième ville d’Haïti sont paralysées.

Dans la deuxième ville du pays, les rues sont vidées dès 19H00, ont confié des riverains à HPN. Des activistes du parti au pouvoir manifestent violemment leur mécontentement à l’endroit des opposants dont ils menacent les intérêts.

Un dancing très fréquenté (Lakay Restaurant), situé au bord de mer de la ville, un autre restaurant, à la sortie sud du centre-ville, et un magazin de prêt-à-porter ont été saccagés ou incendiés lundi soir. Des maisons de présumés partisans de l’opposition ont été également brulées ou saccagées. Des menaces pèseraint sur la vie de très populaire homme d’affaire Emile Obas et l’enseignant Archange Bazile.

Les stations-services, qui ne sont pas alimentées depuis plusieurs jours en rasion de la situation aux Gonaïves (100 kilomètres du Cap-Haïtien), ont été contraintes de fermer leurs pompes. La ville est sans électricité depuis plusieurs heures et les tarifs des transports ont augmenté en raison de la rareté du carburant.

Des proches du pouvoir devraient descendre lundi dans la rue pour manifester en faveur du régime. Des riverains craignent des actions violentes.

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http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4388

Deux à six morts à Saint-Marc dans des affrontements
Posté le 11 février 2004

Entre deux à six personnes auraient été tuées et un nombre indéterminé blessées lors des affrontements entre policiers et opposants armés, mercredi à Saint-Marc (96 kilomètres au nord-ouest de la capitale), selon différentes sources.

Les agents de la police, qui avaient réussi à reprendre lundi le contrôle du commissariat local, sont entrés mercredi dans le quartier de « Scirie », bastion des militants de l’organisation de l’opposition RAMICOSM. Selon des témoins, les policiers avaient bénéficié du support des membres de l’organisation pro-gouvernementale « Bale Rouze ».

Au mois six personnes ont été tuées au cours des affrontements, ont indiqué des correspondants locaux. En revanche d’autres témoins ont fait état de deux victimes, identifiées comme proches de l'opposition et brûlées dans leur maison par de présumés partisans du pouvoir. De nombreux blessés ont été dans les deux camps.

Auparavant, les opposants avaient mis le feu à une clinique appartenant à un proche de l’ancien député de Saint-Marc, Amanus Mayette, après avoir pris en otage deux policiers, qui étaient soignés dans ce centre privé. Les locaux de la station locale Radio Tête à tête(proche de l’opposition)a été brûlée ainsi qu’une maison dans le voisinage.

Des riverains ont indiqué dans la presse qu’il souhaitaient quitter le quartier en raison de l’évolution de la situation.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4390

Commissariats attaqués, policiers en cavale
Posté le 11 février 2004

Agent de la police nationale, Pierre M.* a abandonné son poste mardi en compagnie de quelques collègues affectés à Plaisance, une ville du département du Nord. Leur commissariat venait d’être attaqué par des civils armés.

La veille, des rumeurs circulaient autour d’une éventuelle attaque des membres du Front de résistance révolutionnaire de l’Arbonite voisin. Sur le versant sud du morne Puilboreau, qui sépare les deux départements, une dizaine de villes sont déjà tombées entre les mains des insurgés lourdement armés.

Le « petit » commissariat de Plaissance est coupé de la capitale et la plus importante ville de la région, le Cap-Haïtien, est mise en alerte par les partisans du pouvoir, depuis plus de 24 heures. La menace se précise.

Mardi, des tirs nourris sont entendus dans la ville. La veille encore, l’activité la plus subversive demeurait le trafic illégal des enfants vers la République dominicaine, mais les riverains doutaient d'une éventuelle incursion des insurgés des Gonaïves. Les assaillants débarquent. Pierre M., ainsi que ses compagnons, s'enfuit. Il se retrouve du même coup dans la rue. Il logeait jusqu'alors au Commissariat.

« J’ai pu sauver mes effets personnels. » Il les a transportés chez un autochtone, confie-t-il à un proche, qu’il a rejoint par téléphone à Port-au-Prince. Il ajoute toutefois qu’il cherche à garder en lieu sûr un « objet » auquel il tient particulièrement.

Depuis le jeudi 5 février, une quizaine de commissariats, en majorité dans le Nord du pays, ont été désertés et incendiés. La plupart des policiers en faction errent depuis dans la nature.

Aux Gonaïves (nord-ouest de la capitale), cinq policiers ont été tués pendant l’assaut du commissariat central jeudi, dont un par suicide pour éviter de tomber entre les mains des assaillants. Sept autres ont perdu la vie dans des affrontements trois jours plus tard, pour tenter de reprendre le contrôle de la ville, selon la presse locale.

Mardi, le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, qui maintient le bilan provisoire d’un policier tué samedi aux Gonaïves, a déclaré que des agents portés disparus de la force publique s’étaient manifestés en début de semaine, sans toutefois en préciser le nombre, ni fournir une estimation des policiers qui n'ont toujours pas répondu à l'appel.

Un bilan non officiel fait état d’au moins 42 personnes tuées lors des combats entre les forces de l’ordre, des partisans armés du pouvoir et des rebelles. La police a repris, après des affrontements sporadiques, le contrôle de trois des villes, Saint-Marc(nord-ouest), Grand-Goâve(ouest) et Dondon(nord).

Entre-temps d’autres commissariats sont incendiés au Limbé et à Plaisance (nord), et le soulèvement se poursuit et continue de s'étendre en dépit des actions de la police. Le gouvernement dénonce des terroristes qui prennent les commissariats, les brûlent et s'en vont.

« Nous ferons ce que nous avons à faire pour rétablir l'ordre sans nuire à la population », a déclaré mardi le secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, Jean-Gérard Dubreuil, ajoutant que la police n'était pas préparée pour la guerre. Les forces armées nationales ont été dissoutes depuis une dizaine d’années. La force de police, créée après le retour du président Jean Bertrand Aristide de l’exil, lors de son premier mandat présidentiel (1991-1995), compte à peine 5000 hommes et souffre d’un déficit d’équipements.

Des agents anti-émeutes, accompagnés de civils armés, peinent à contrer la plus vaste contestation jamais manifestée contre M. Aristide. Le gouvernement a toutefois réaffirmé mardi vouloir rétablir l'ordre dans le pays sans nuire à la population.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4393

Butteur Métayer résolu de renverser le président Aristide
Posté le 11 février 2004

Le Front de résistance anti-Aristide (FRAA), ex-armée Cannibale, lance un avis de recrutement. Anti-lavalas, ex-militaires, toute personne désireuse de contribuer à la lutte pour renverser le président Jean Bertrand Aristide est bienvenue.

Depuis une semaine, le front a semble-t-il attiré beaucoup de sympathisants dans la Cité de l'indépendance.

Armés de machettes, couteaux, armes de guerre, les opposants au pouvoir lavalas appellent à la désobéïssance civile.

Selon l’un des chefs de file du FRAA, Butteur Métayer, les attaques contre les commissariats et postes de police dans plusieurs villes de province ne sont pas l’œuvre du front mais, selon lui, le mouvement a su vite trouver des alliés. Les actions enregistrées à Saint-Marc ou Grand-Goâve ne portent pas la signature du front, cependant ses leaders approuvent et encouragent toute activité du genre pour renverser le président Aristide.

Pas de relation avec l’opposition classique. Buteur Métayer distingue nettement son mouvement de la plate-forme démocratique et de la Convergence démocratique. Il reconnaît toutefois un point commun à leurs revendications : le départ de Jean-Bertrand Aristide.

« Je n’ai pas de représentant dans la politique parce que je ne suis pas un politicien. Cependant, je dois venger la mort du leader de Raboteaux, mon frère Amiot Métayer. La seule issue, est le départ de ce faux président », a-t-il confié à un reporter de Haiti Press Network.

Mardi, le président Jean-Bertrand Aristide a refusé, devant la presse internationale, de démissionner, décrivant les groupes de rebelles qui mènent depuis plusieurs jours un soulèvement populaire comme des «terroristes».

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1246

Looting in Haiti ’s second city as president struggles to impose authority

12 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Haiti ’s second-largest city remained without power Wednesday after a food depot was looted and torched in the latest troubles to hit the stricken Caribbean republic, reporters said.

Tensions spilled over in several towns as the government of President Jean-Bertrand Aristide struggled to win back control of towns taken over by armed rebels.

Two more killings were reported in Saint Marc, raising the death toll since last Thursday to at least 44.

The population of the northern city of Cap-Haitien , the country’s second biggest, was without power amid increasing fears that groups who support the president would retaliate if rebels tried to take over the city.

The United States said Wednesday it was "extremely concerned" about Haiti ’s mounting troubles.

"We are extremely concerned about the wave of violence sweeping through Haiti , and we certainly deeply regret the loss of life," White House spokesman Scott McClellan told reporters.

Defense Secretary Donald Rumsfeld on Tuesday said the United States had no plans to send US troops to restore order in the troubled country.

A food storage depot in Cap-Haitien was looted and burned down during the night and businesses were badly hit by the tense atmosphere on Wednesday, a local journalist told AFP.

Many lottery stands and restaurants owned by people believed to oppose Aristide have been burned down in recent days.

"We call on the government to respect the rights, especially human rights, of the citizens and residents of Haiti ," McClellan said.

Two people accused of being members of the opposition were burned alive in their homes Wednesday night in Saint Marc, according to a local journalist. The killings were apparently in retaliation for the torching of a clinic run by a doctor whose brother is in the pro-Aristide camp, according to the journalist.

Saint Marc is one of three cities police took back on Monday from rebels who have claimed control of a dozen towns since last Thursday.

Shots were heard in a Saint Marc neighborhood controlled by Ramicos, an armed opposition group.

Several police stations have been destroyed since opponents of Aristide stepped up their protests.

The main police station in Limbe, just south of Cap-Haitien, was abandoned on Monday night before it was burned down by an armed group, a journalist said.

Rebels calling themselves the National Reconstruction and Liberation Front said they were determined to fight to "liberate" the whole country.

"The Haitian revolution is on the march," rebel spokesman Winter Etienne said in a statement. "We have decided to no longer live in despair. We will regain our hope for the future."

Aristide, who has vowed to stay in office until his term ends in 2006, has been ruling by decree after failed elections last year left Haiti without a functioning legislature.

The populist priest turned president has promised polls within six months but has not set a date.

Aristide has accused the opposition political groups of favoring a coup d’etat against him, but opposition parties distanced themselves from the armed opposition.

"We distinguish the popular movement we support demanding the departure of Jean-Bertrand Aristide from armed rebels with whom we do not identify ourselves," socialist Micha Gaillard, a prominent opposition political figure, told AFP.

International calls for peace continued as France called for an "immediate end to violence."

The United Nations warned that Haiti faced a "major humanitarian crisis," as the United States and Canada told their citizens to leave the country.

The Organization of American States and the 15-nation Caribbean Community have been trying to find a peaceful solution to the crisis.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1247

Police Attack Rebels in Haitian Slum

12 février 2004

-  IAN JAMES

GONAIVES, Haiti - Police attacked rebels holed up in a slum in the port city of St. Marc on Wednesday and gunmen loyal to President Jean-Bertrand Aristide torched homes, killing two people as looting and reprisals raged in a popular revolt that has left at least 45 dead.

Outside Gonaives , where the uprising began last Thursday, witnesses said people "necklaced" a man accused of being an Aristide spy. "They put tires on him, poured gasoline and burned him," 17-year-old Patricia Joseph told a reporter. "Everyone stood up and said it was good."

With the Haitian government locked in a deadly battle with opponents, the White House on Wednesday issued a rebuke of Aristide’s government.

"We are extremely concerned about the wave of violence spreading through Haiti . And we certainly deeply regret the loss of life," said Scott McClellan, press secretary to President Bush . "We call on the government to respect the rights, especially human rights, of the citizens and residents of Haiti ."

Haiti has suffered increasing violence since Aristide’s party swept flawed legislative elections in 2000 and international donors blocked millions in aid. Opponents say they will not take part in new elections unless Aristide resigns.

In St. Marc, an important port 45 miles west of Port-au-Prince, gunmen loyal to Aristide shot up a southern neighborhood before dawn Wednesday and torched three houses, witnesses told The Associated Press. They said two people were killed ; it was unclear whether they died in the blaze or in the shooting.

Government opponents burned down a clinic because officials refused to hand over two wounded anti-government militants, Radio Vision 2000 reported. It said Aristide militants seeking revenge then set an opposition radio station ablaze.

In the northern port of Cap-Haitien , sporadic gunshots crackled overnight and attackers looted a food warehouse, taking advantage of a blackout because the city has run out of fuel for generators.

Aristide supporters set up blazing barricades, blocking the city for a second day against a possible rebel incursion.

"We’re going to devour them," Jean-Claude Joseph, 35, said at a roadblock.

In Gonaives , rebels controlled crowds fighting over dwindling gasoline supplies.

"Get in line. Don’t push !" shouted three rebels who held their rifles high in the air in warning. People obeyed.

"I’ve been here since 6 o’clock ," Antrecil Petithomme, in her 60s, complained in the crowd hoping to fill jerry cans.

"I want to resell it and try to buy some flour to make food," she said, explaining food prices have multiplied since rebels and citizens supporting them have blocked roads with massive barricades against a possible counterattack by police.

But no police were seen near the city 60 miles from Port-au-Prince , and government officials indicated that, to prevent civilian casualties, any counterattack might take time.

"To avoid the suffering and involvement of the civilian population, we have to implement a strategy," Gerard Dubreuille, undersecretary for public security, said Tuesday. "Our reaction may be slow, it will be efficient."

Police have retaken three of 11 towns in northern and western Haiti .

Radio reports said gunmen had torched two northern police stations on Monday, forcing police to flee from Limbe and Bassin Bleu. Police stations are a major target of the revolt, which the government calls a coup attempt, because officers are accused of siding with government supporters in increasingly violent protests that began mid-September.

In St. Marc, a city of about 100,000 people, witnesses said police were firing at rebels holed up in a midtown slum.

Rebels seized the city Sunday, and hundreds of residents looted shipping containers.

On Monday, after sporadic gunbattles, police reoccupied the town.

The Haitian Red Cross and the International Committee of the Red Cross said they were having difficulty evacuating wounded people and supplying hospitals, and complained armed people were breaking into hospitals.

"Each day wounded people in dire need of medical care are being rushed to hospitals," said a statement.

The World Health Organization said a food crisis is looming because roadblocks are preventing deliveries to 268,000 people in the north dependent on food aid.

Dozens of barricades, made up of burned-out trucks, commandeered cars, boulders, felled trees and blazing tires set atop heaps of garbage, have blocked the road to northern Haiti , particularly at Gonaives .

The Democratic Platform opposition coalition said it was trying to get government permission for a peaceful demonstration in Port-au-Prince on Thursday. The coalition has distanced itself from the bloody uprising, led by a gang formerly allied with Aristide and former soldiers who helped oust him in a 1991 coup.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1244

Haïti : la moitié du pays échappe à Aristide

12 février 2004

-  François Hauter (Le Figaro)

Haïti implose. Tout le Nord de l’île est entré en sécession contre le président Jean-Bertrand Aristide qui se bat maintenant pour le contrôle du territoire national. Hier, c’est Cap-Haïtien, la seconde ville du pays, qui était menacée par les forces rebelles. Celles-ci tiennent déjà une demi-douzaine de villes et les affrontements depuis une semaine ont déjà fait 42 victimes. Trois ans après son retour au pouvoir, Aristide entre dans la phase active de décomposition de son régime.

Les émeutes, dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde, font réagir les agences des Nations unies : « Cette insécurité et cette violence nous font craindre une crise humanitaire majeure », déclarait, hier, Elizabeth Byrs, porte-parole du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHOA), « l’OCHOA est préoccupée par cette détérioration de la situation humanitaire due à la violence, l’insécurité et les catastrophes naturelles comme les récentes tornades qui ont dévasté le pays, laissant 25 000 personnes sans nourriture dans les villages du nord », a-t-elle ajouté.

L’ONU, les Etats-Unis et la France réagissent, pour le moment sans agir. Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, annonce que son organisation va « très prochainement » augmenter son engagement en Haïti, sans davantage de précisions. Les Etats-Unis, à travers le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher, fustigent le gouvernement Aristide : « Il y a des bandes violentes, des brutes, des deux côtés qui ont été impliquées dans des actes violents, regrette-t-il, avant d’ajouter : « La réaction du gouvernement a contribué assez souvent à la violence. » La France est plus laconique : elle « appelle à l’arrêt immédiat des violences d’où qu’elles viennent et au respect des règles de droit ».

On en est très loin sur le terrain. Alors que dans toutes les villes tombées aux mains des forces rebelles - des bandes disparates de pilleurs -, les policiers avaient donné le signal de la curée en désertant leurs commissariats, les derniers partisans d’Aristide à Cap-Haïtien se barricadent : l’agence Associated Press rapportait qu’hier matin les derniers défenseurs du chef de l’Etat érigeaient des barricades autour de la ville, pour pouvoir la défendre contre les « rebelles ».

Ces forces de soudards sont devenues incontrôlables. Formées d’anciennes bandes de voyous armées par le régime d’Aristide (les « chimères ») et trahies par lui lorsqu’elles devenaient trop puissantes, elles n’ont pour seule motivation que de se tailler des fiefs et de faire régner un ordre barbare, en attendant de négocier les conditions financières de leur reddition. Armés d’AK 47, de fusils à pompes et de machettes, ils pratiquent une justice effarante. la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens (NCHR) rapportait, hier, que dans la ville des Gonaïves, « un policier blessé transporté à l’hôpital la Providence a été arraché sur la table d’opération et exécuté en public par les membres du front de résistance de l’Antibonite. Un présumé voleur a aussi été exécuté dans cette ville. Les corps des policiers tués n’ont pas été remis à leurs parents pour inhumation, ils ont été carbonisés en public ».

Les nervis armés par Aristide pour défendre son pouvoir, des voyous des bidonvilles, ne sont pas en reste. « Au moins cinq partisans de l’opposition ont été exécutés sommairement par les partisans armés du pouvoir » dans le bidonville géant de Cité Soleil, constate le NCHR, en précisant que « les journalistes de la presse libre sont dans la ligne de mire du pouvoir. Une liste de journalistes, de militants des droits humains, de personnalités politiques et de personnalités du secteur privé à abattre circule à Port-au-Prince ».

Jean-Bertrand Aristide, qui a dissous l’armée pour ne plus compter que sur une force de 5 000 policiers, voit sa politique d’anarchie programmée lui revenir au visage comme un boomerang. Ses bandes de malfrats, qui avaient instauré un régime de terreur dans toutes les grandes villes du pays, sentent le pouvoir affaibli et deviennent de redoutables électrons libres. Le premier ministre, Yvon Neptune, avouait hier son impuissance : « La police nationale ne peut plus restaurer l’ordre seule », déclarait-il. Comme c’est déjà arrivé au cours de la si terrible histoire d’Haïti, de vastes régions échappent désormais au contrôle de Port-au-Prince. Dans ce climat de violence absolue où le pouvoir d’Aristide se décompose tragiquement, l’opposition refuse de s’associer aux exactions des bandes armées insurgées.

« Nous ne nous reconnaissons pas dans l’insurrection armée, déclarait lundi Misha Gaillard, un politicien local proche de la plate-forme des personnalités qui ont lancé l’an dernier le mouvement contre Jean-Bertrand Aristide. Andy Apaid, qui dirige le groupe dit des 184 (une vaste coalition des forces civiles haïtiennes) et l’opposition la plus responsable au régime actuel, déclarait hier à Libération : « Nous sommes face à une situation presque insurrectionnelle qui s’aggrave. Un mouvement qui n’est pas coordonné. (...) Nous, nous tenons à ce que notre mouvement pacifiste reste la référence politique pour aider notre pays à sortir de cette situation. »

De fait, l’opposition haïtienne n’a strictement aucun moyen de contrôler le pays, qui sombre dans une révolte anarchique et sanglante, les bandes de malfrats armés par le pouvoir réglant leurs comptes sauvagement. Face à cette énième décomposition du pouvoir haïtien, les Etats-Unis, l’ONU et la communauté internationale n’éviteront pas une nouvelle intervention militaire pour ramener la paix dans cette première république noire, qui célèbre si dramatiquement son bicentennaire.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1240

Haïti : troubles à Port-au-Prince, annulation d’une manifestation d’opposants

12 février 2004

 

Le centre de la capitale de Haïti, Port-au-Prince, a été envahi jeudi par plusieurs centaines de partisans du président Jean Bertrand Aristide voulant empêcher une manifestation de l’opposition, finalement annulée par peur de violences.

"Nous sommes ici pour empêcher l’opposition terroriste de prendre d’assaut un commissariat", a expliqué à l’AFP Herold Geffrad, l’un de ces partisans.

Autour de lui, des centaines de jeunes avaient érigé plus tôt des barricades de pneus enflammés afin de bloquer les artères donnant accès à la place du "Canapé vert", où avait été convoquée la manifestation de l’opposition.

Membres d’Organisations populaires (OP) du parti Lavalas au pouvoir, ces jeunes empêchaient tout véhicule d’approcher et pourchassaient des passants présumés venir manifester pour réclamer la démission de M. Aristide, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les jeunes des OP ont réclamé que le président reste en fonctions jusqu’au terme de son mandat, en 2006.

Par crainte de violences, l’opposition a annulé sa manifestation, comme elle l’avait déjà fait dimanche.

"La vie des manifestants est menacée", a déclaré à l’AFP le socialiste Micha Gaillard, un des dirigeants de l’opposition. "Nous ne voulons pas tomber dans la provocation violente et éviter l’amalgame" avec l’insurrection armée lancée il y a une semaine, précise un communiqué de l’opposition.

Depuis le 5 février, la ville des Gonaïves (nord-ouest), 4e localité du pays avec 200.000 habitants, est aux mains d’un groupe armé qui réclame la démission du président Aristide. Mercredi, un pillard aurait été exécuté par ce groupe tandis qu’un cadavre était signalé par des témoins. Ces deux morts feraient porter le bilan des violences en une semaine à 49 morts.

A Port-au-Prince, André Apaid, un dirigeant de la Plate-forme démocratique de la société civile, qui réunit quelque 200 organisations et associations, a réfuté toute collusion entre l’opposition et le mouvement insurrectionnel. Il a aussi dénoncé la complicité de la police avec les OP du parti Lavalas et l’utilisation de la violence par M. Aristide.

André Apaid a enfin souligné à l’intention de la communauté internationale qu’il était impossible de participer à des élections avec le président Aristide au pouvoir.

A Washington, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a assuré que les Etats-Unis ne visaient pas à un "changement de régime" mais à trouver une "solution politique et constitutionnelle". Il s’est toutefois déclaré "déçu" par l’incapacité du président Aristide à bâtir une démocratie stable.

"On doit respecter le président élu", souligne sur la place du "Canapé vert" Herold Geffrad, qui se présente comme un simple partisan du chef de l’Etat, mais qui semble avoir une influence sur les manifestants.

Si nous utilisons des armes, "c’est pour nous défendre quand nous sommes attaqués (...) Il n’y aura pas de guerre en civile en Haiti, nous sommes capables de contrôler le pays", ajoute-t-il.

Sur la place trônent sur un énorme panneau les portraits de François Toussaint Louverture, père de l’indépendance haïtienne proclamée il y a 200 ans, et d’Aristide, au-dessus du slogan : "Deux hommes, deux siècle, une vision". Les jeunes rappellent que ce lieu rénové leur a été donné par le président haïtien.

Dans la matinée, un photographe de l’Agence France-Presse, Thony Bélizaire, a été agressé par des membres d’OP, qui lui ont donné des coups de poing dans le dos. Le journaliste, qui n’a pas été blessé, a pu quitter les lieux par la suite.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1239

Situation tendue en Haïti, au moins cinq morts à St-Marc

12 février 2004

(AFP) La situation était toujours tendue mercredi en Haïti où une ville restait occupée par les rebelles et où au moins cinq personnes ont été tuées à Saint-Marc (nord de la capitale), portant le bilan à 47 morts depuis près d’une semaine.

L’opposition réclame la démission du président Jean Bertrand Aristide et des affrontements sanglants ont également lieu entre bandes rivales.

Le président contesté a assuré qu’il n’envisageait pas d’écourter son mandat qui, a-t-il précisé, se termine "le 7 février 2006". Il a appelé, devant la presse internationale mercredi soir, l’opposition à ne pas "utiliser la violence mais le dialogue" car "il n’y a pas d’autre solution pour résoudre la crise".

"Il y a eu 32 coups d’Etat en Haïti en 200 ans d’indépendance mais nous devons allés maintenant d’une élection démocratique à une autre élection démocratique", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont indiqué mercredi être "extrêmement inquiets de la vague de violence qui touche l’ensemble de Haïti" et "regretter profondément les morts". La veille, ils avaient de nouveau vivement recommandé aux Américains de "quitter le pays s’ils peuvent le faire en sécurité".

Mercredi, la France a de nouveau appelé à "l’arrêt immédiat de toutes les violences" en Haïti et déconseillé à ses ressortissants tous les voyages non indispensables dans ce pays. Mardi, Ottawa avait lancé le même conseil aux Canadiens.

Selon un premier bilan, au moins cinq personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Marc, à 96 km au nord de Port-au-Prince, au cours de violences entre groupes armés antagonistes.

La police nationale d’Haïti (PNH) accompagnée de militants proches du pouvoir du groupe armé "Balai Rouzé" a mené mercredi matin une opération contre un groupe armé local d’opposition de Saint-Marc, verrou stratégique entre Port-au-Prince et les Gonaïves (nord-ouest), repris par la police lundi.

Deux des victimes étaient considérées comme proches de l’opposition.

Un journaliste de l’AFP sur place a vu par ailleurs les corps de trois jeunes gens tués par balles.

Le local d’une radio privée accusée par les partisans du pouvoir d’être proche de l’opposition, Radio "Tête à tête", a été incendié ainsi que la maison d’un prêtre du vaudou, père du directeur en exil de cette station.

Au Cap-Haïtien (nord), deuxième ville du pays, un dépôt de produits alimentaires a été pillé puis incendié par des inconnus armés dans la nuit de mardi à mercredi.

La situation était, par ailleurs, calme à Port-au-Prince où aucun incident n’était signalé mercredi.

Outre Saint-Marc, le gouvernement a également repris aux rebelles les bourgades de Grand-Goâve (sud-ouest) et de Dondon (nord).

La seule ville échappant aux forces de police reste les Gonaïves (200.000 habitants), quatrième cité du pays, qui est depuis jeudi sous le contrôle des rebelles du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite.

Au cours d’une conférence de presse, les responsables de ce mouvement ont affirmé être "prêts" à se battre "jusqu’au départ du président Aristide" et, pour cela, envisager de marcher vers d’autres villes, comme Cap-Haïtien ou Port-au-Prince.

"Aux Gonaïves, nous avons un petit groupes de bandits, de terroristes liés à l’opposition", a déclaré le président Aristide, en accusant le Front d’utiliser "des femmes et des enfants pour se protéger quand ses membres tirent sur la police ou brûlent des commissariats".

Le Front a démenti tout lien avec l’opposition.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4403

Les partisans de l’opposition traqués en province
Posté le 12 février 2004

Des membres d’organisations populaires pro-lavalas font la chasse aux présumés partisans de l’opposition dans plusieurs villes de province, particulièrement à Saint-Marc, à Grand Goâve et à Petit-Goâve.

ARTIBONITE

Saint-Marc - Au moins 7 cadavres, dont trois carbonisés, ont été dénombrés dans la ville portuaire, au jeudi 12 février. Un climat de terreur règne à Saint-Marc depuis l’intervention musclée lundi de la police et des civils armés pro-lavalas dans le quartier de la Scierie, fief de RAMIKOSM, un groupe de l’opposition. Plusieurs maisons ont été incendiées et des opposants sont traqués par les activistes du pouvoir en place.

Gonaïves - Le Front de résistance révolutionnaire a toujours le contrôle de la Cité de l’indépendance. Le 11 février passé, les membres du front ont démoli l’édifice du commissariat de police Toussaint Louverture qu’ils avaient déjà incendié le jeudi 5 février. Par ailleurs, les responsables du groupe armé ont rappelé qu’ils déposeraient les armes aussitôt après l’installation d’un nouveau gouvernement. Ils ont aussi déclaré qu’ils n’entretenaient aucune relation avec la plate-forme démocratique, un important regroupement de l’opposition, basé dans la capitale, engagé dans une lutte « pacifique » pour obtenir également le départ du chef de l’État.

Gros-Morne - Deux personnes, blessées par balles lors d’une intervention musclée d’agents anti-émeutes pour disperser une manifestation anti-lavalas, ont succombé à leurs blessures. Un autre citoyen avait trouvé sur place le même jour. OUEST

Grand-Goâve - Les partisans du pouvoir ont engagé une chasse aux proches de l’opposition. Une situation similaire se développe à Petit-Goâve, une ville voisine, où les membres de l’opposition sont recherchés par des lavalassiens qui s’en prennent à la population. Plusieurs riverains ont déjà abandonné la région.

SUD-EST

Jacmel - Des proches du pouvoir, ayant à leur tête le chef d’organisation populaire Jean Marc Jacquet, dit « ti Maya », ont dispersé mercredi à coups de gaz lacrymogène une manifestation anti-Arihttp://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4401

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4408

Saint-Marc : 9 morts, de nombreux blessés et des maisons incendiées
Posté le 13 février 2004

L’intervention des forces de police dans la ville de Saint-Marc ( 96 kilomètres au nord-ouest de Port-au-Prince) a fait au moins 9 morts et de nombreux blessés, selon ce qu’ont indiqué différentes sources. Des maisons et des véhicules ont été incendiés.

La police nationale semble avoir repris totalement le contrôle de la ville de Saint-Marc suite à une intervention musclée mercredi au cours de laquelle au moins 9 personnes ont été tuées par balle. Les corps ont été retrouvés entre mercredi et jeudi et certains seraient en décomposition, selon des témoins qui qualifient de massacre l’intervention de la police. Des partisans du pouvoir regroupés au sein de l’organisation « Bale Rouze » avaient pris part à cette opération.

Un dirigeant local de l’opposition considère que la police a commis un véritable génocide dans la ville de Saint-Marc, affirmant que des cadavres de personnes abattues lors de l’opération ont été emportés par les policiers.

Par ailleurs, environ 8 maisons et deux véhicules ont été incendiés et d’autres saccagés par des proches du pouvoir ou des partisans de l’opposition. La maison du secrétaire général de Ramicosm (opposition) et la clinique d’un médecin proche du pouvoir ont été brulées.

Samedi dernier la ville de Saint-Marc était tombée aux mains des militants du groupe Ramicosm (Rassemblement des militants de Saint-Marc). Cette organisation proche de l’opposition avait occupé le commissariat de la ville déserté par la police, ses militants avaient ensuite libéré les prisonniers et brulés certains batiments publics. Selon un bilan partiel non officiel, au moins 49 personnes sont mortes en Haïti depuis le début de l’insurrection du Front de résistance révolutionnaire des Gonaïves.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1229

Haïti : les rebelles prêts pour l’offensive policière

13 février 2004

 

(AP) Les rebelles haïtiens se sont regroupés jeudi dans le nord dans l’attente d’une offensive de police tandis que les diplomates des Etats des Caraïbes devaient se réunir vendredi à Washington, pour des négociations visant à mettre fin au soulèvement populaire qui a fait 49 morts et menace la présidence de Jean-Bertrand Aristide.

 

Dans la capitale Port-au-Prince qui n’est pas touchée par la violence, des militants haïtiens loyalistes, partisans d’Aristide, ont réprimé une manifestation contre Aristide avant qu’elle ne démarre jeudi, mettant le feu à des barricades le long du trajet du défilé de protestation et lançant des pierres aux manifestants.

 

Les chefs de l’opposition ont accusé Aristide d’orchestrer la répression. "Aristide a confirmé qu’il est un président délinquant et hors-la-loi", a déclaré Evans Paul, chef de l’opposition et ancien directeur de campagne d’Aristide.

 

Ces accusations ont été démenties par le pouvoir. "Le gouvernement condamne ce qui s’est passé", a déclaré le porte-parole du gouvernement haïtien, Mario Dupuy.

 

De son côté, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell a estimé jeudi à Washington qu’un "changement de régime" ne constituait pas une solution pour sortir ce pays de la violence. "La politique de l’administration (Bush) n’est pas un changement de régime", a-t-il déclaré devant la commission des relations étrangères du Sénat américain.

 

Vendredi, les chefs d’Etat des Caraïbes doivent se retrouver dans la capitale américaine afin de discuter de la situation en Haïti.

 

Le soulèvement populaire qui a démarré il y a une semaine à Gonaives, la quatrième ville du pays, a fait 49 morts et bloqué l’arrivée de nourriture et d’essence dans l’ouest et le nord de Haïti.

 

Les prix de l’essence et de la nourriture sont ainsi multipliés par 10 dans certaines régions, tandis que plus d’une dizaine de postes de police, symboles du pouvoir d’Aristide, ont été incendiés.

 

Jeudi, les rebelles qui tenaient Gonaives se préparaient à un assaut des forces de police. Alors que des résidants paniqués évoquaient une contre-attaque de la police arrivée par bateaux, des tireurs se sont lancés vers le port où ils ont ouvert le feu sur une embarcation qui a fait demi-tour. Il était impossible de dire si des policiers étaient à bord.

 

Selon l’un des chefs rebelles, Winter Etienne, les forces de l’opposition vont se soulever dans d’autres villes comme Saint-Marc et Cap-Haïtien.

 

Selon Raoul Elysee, président de la Croix rouge haïtienne dans la région de Gonaives, des dizaines de milliers de personnes ont fui la violence au cours des derniers mois.

 

Haïti a vécu 32 coups d’Etat en 200 ans d’histoire, le dernier étant survenu en 1991 lorsqu’Aristide a été écarté du pouvoir huit mois après son élection.

 

En 1994, le président Bill Clinton a envoyé 20.000 soldats américains sur le sol haïtien pour mettre fin à la dictature militaire, réinstaller Aristide au pouvoir et arrêter le flot d’immigrés haïtiens qui arrivaient en Floride en bateaux.

 

http://fr.news.yahoo.com/040214/5/3n7a9.html

samedi 14 février 2004, 16h31

Les rebelles s'emparent d'une ville du nord d'Haïti

LES GONAIVES, Haïti (AP) - Les rebelles haïtiens se sont emparés de Sainte-Suzanne, dans le nord de l'île, a-t-on appris samedi auprès de témoins joints par téléphone. Aux Gonaïves, ils craignaient une contre-attaque de la police.

D'après ces sources, les rebelles ont attaqué et fait fuir la police dans la nuit de vendredi à samedi, mettant le feu au poste, mais personne n'a été tué dans cette petite ville située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince. Haïti ne compte que 5.000 policiers.

Non loin de là, ils ont barré la route reliant Trou-du-Nord à Ouanaminthe, à la frontière dominicaine. Selon des marchands obligés de rebrousser chemin samedi, l'acheminement de vivres et de carburant de République dominicaine est ainsi interrompu.

Les rebelles ont par ailleurs enflammé des barrages de pneus samedi matin à l'entrée sud des Gonaïves qu'ils contrôlent depuis le 5 février et patrouillaient armés de fusils alors que la rumeur prédisait une contre-attaque policière.

D'autres opposants au président Jean-Bertrand Aristide ont appelé à une manifestation de masse dimanche à Port-au-Prince, la capitale. Au moins 58 personnes, des opposants pour la plupart, sont mortes depuis le début du soulèvement populaire à la mi-septembre.

Les organisations humanitaires redoutent une crise alimentaire et médicale. Les Nations unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire menant au nord d'Haïti. AP

http://fr.news.yahoo.com/040214/202/3n7kc.html

samedi 14 février 2004, 20h46

Haïti: la violence s'intensifie dans le nord

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le climat de violence en Haïti qui a déjà fait une cinquantaine de morts depuis plus d'une semaine s'est accentué ces derniers jours notamment dans la partie nord du pays où les rebelles sont les plus actifs.

Parallèlement les opposants politique qui réclament la démission du président haïtien Jean Bertrand Aristide, ont accusé la diplomatie étrangère de cécité devant les exactions des partisans du pouvoir.

L'opposition politique et un de ses principaux responsables Evans Paul a d'ailleurs vivement critiqué samedi les propos tenus vendredi par le secrétaire d'Etat américain Colin Powell qui s'oppose à tout "départ illégal" du président Aristide.

M. Evans Paul a accusé le responsable américain de "ne pas voir" les victimes du parti Lavalas au pouvoir.

"Il faut trouver une solution pacifique à la crise sans (le président) Aristide et c'est sur ce point que nous divergeons avec les Etats-Unis" a déclaré à l'AFP, Evans Paul.

L'opposition prépare d'ailleurs une nouvelle manifestation pacifique dimanche à Port-au-Prince pour demander la démission du chef de l'Etat.

Par ailleurs, selon une source gouvernementale, l'épouse du président Aristide a quitté samedi la capitale Port-au-Prince pour se rendre à Miami (Floride). Mme Aristide est aux Etats Unis pour assister à des obsèques d'un membre de sa famille et doit regagnera lundi Haïti, a-t-on précisé de même source.

Près de la localité de Dondon (dans le nord du pays, près du Cap Haïtien) des dizaines de maisons appartenant à des partisans du pouvoir, mais aussi à des membres de l'opposition, ont été incendiées ces derniers jours, a indiqué samedi le maire de Cap-Haïtien, Wilmar Innocent.

Des opposants armés ont également pris le contrôle et bloquent une des principales routes du nord du pays, a ajouté le maire.

Suite à ces incidents le gouvernement a réagi samedi et le secrétaire d'Etat à la communication Mario Dupuy, a indiqué qu'il s'agissait "d'incursions, ils (les rebelles) créent la panique et ils s'en vont".

Des rebelles armés très mobiles, qui compteraient dans leurs rangs d'anciens militaires de l'armée haïtienne dissoute en 1995 par le président Jean Bertrand Aristide sont particulièrement actifs dans la région du nord. Ils ont pour base de départ la région de Saint-Michel de l'Atalaye (est), selon des informations concordantes recueillies par l'AFP.

Ces rebelles qui appartiennent au groupe dit de Pernales (centre-est d'Haïti) et agiraient en liaison avec les rebelles des Gonaïves (nord-ouest), ville toujours aux mains du Front Anti-Aristide.

La situation étaient par ailleurs très calme dans la capitale et au Cap-Haïtien, deuxième ville d'Haïti et grande métropole côtière du nord, aucun incident n'étant signalé.

En raison de ces tensions, un paquebot de croisière de la compagnie américano-norvégienne Royal Caraibbean Cruise Line a annulé son escale prévue lundi à l'ouest du Cap-Haïtien, a-t-on appris de source proche de la compagnie.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1267

Haiti ’s militias have become the law

14 février 2004

 

The gatekeeper to the town of St Marc wears a black balaclava with full military fatigues and carries his rifle as high as the Caribbean midday sun. Every occupant of every tap-tap — local bus — and truck must meet his approval. He orders them out with his rifle and his comrades frisk them.

 

Behind him is a town emptied by fear — a place where people whisper in the darkness of their own homes with the curtains drawn against the crackle of gunfire. The usually bustling market is still ; those who brave the streets are fidgety.

 

An anti-government gang, Ramicos, overran the police station and took over St Marc, 88km north of Haiti ’s capital Port-au-Prince , last Saturday. On Monday the government took it back.

 

But the gatekeeper, who holds the keys to the town in the barrel of his gun, is not a policeman. He is a member of Bale Wouze, a gang that supports President Jean-Bertrand Aristide and is leading the charge to regain control of the town. Its Creole name means "sweep them out and mop them up". And that is what they have been doing these past few days ; searching for leaders of Ramicos, burning them out of their homes and executing them.

 

"There is a formal connection between us and the government," says Bale Wouze’s founder, Amanous Mayette. "We are collaborating with the authorities so that they can control the situation."

 

But the truth is that Bale Wouze are the authorities, and Mayette is their don. This is mob rule. Young men walk in and out of his compound carrying guns and cartons of spaghetti. The police happily defer to them, waving vehicles through the official checkpoint so that the gatekeeper can do his job.

 

Civil decay

 

"People are afraid that the Bale Wouze are about to burn down their houses," whispers a young car mechanic, before ushering me out of his back door for fear of reprisals. "They do whatever they want."

 

Such is the nature of the political violence and civil decay that has brought Haiti to the brink of civil war. The absence of political leadership on both sides has left ample space for gangsters to roam freely.

 

With no military and only a few thousand police officers, Aristide relies on the muscle of groups like the Bale Wouze to stay in power. He is too weak to rule effectively by force alone, and, after a litany of claims of human rights abusesand election-rigging, he cannot rule by consent.

 

"We have 4 000 policemen who are ill-equipped and ill-trained," says the minister for Haitians living abroad, Leslie Voltaire. "But what is happening now could not happen in a dictatorship."

 

Yet with no viable strategy for getting rid of Aristide and no clear agenda beyond his departure, the opposition has cleared the path for an armed insurrection that they are both unwilling and unable to lead.

 

"We have not proposed an alternative," says the student leader Guy Leveille, an Aristide opponent. "We believe in democracy and the people."

 

The opposition’s refusal to negotiate, even with the mediation of the international community, ensures deadlock. Anti-government gangs such as Ramicos and the Cannibal Army, which still control the country’s fourth largest city, Gonaive, present themselves as the only means of breaking that deadlock.

 

The political culture is becoming increasingly militarised. With no moderate or moderating voices the media, trade unions and professional associations have all divided into pro- or anti-Aristide camps. And since the gun alone is law, there is little prospect of order. Many, including much of the international community, are far more afraid of the chaos that might ensue if Aristide resigned than of the chaos over which he is presiding.

 

"We are extremely worried by the potential for a downward spiral into increasingly widespread and acute political violence that would place fundamental rights even further in jeopardy," said Amnesty International last month, as it criticised both the government and the opposition. "The threats to human rights in Haiti are the most serious we have seen since the 1994 return to democratic order."

 

In a country where phones are unreliable, television signals outside the capital are often unavailable, most people cannot read newspapers and radio stations are partisan, rumour is the common currency.

 

In such situations geography takes on a particular significance. In Montrouis, 15 minutes’ drive from St Marc, the streets are full as people go about their daily business as normal. The carnage in Gonaives — where the mutilated bodies of dead policemen were paraded around the town — is easier to imagine for those in the west, who can see it on television, than it is in the slums of Port-au-Prince , where most cannot.

 

The answer to the question of whether Haiti is about to explode depends on whom you speak to, where they are, what they have seen, and to whom they have spoken. Fear travels faster than facts ; news moves slowly, and when it arrives it is heavily embellished and highly subjective. Ask about the numbers on a demonstration and the estimates range from 10 000 to a million.

 

The picture Aristide would like us to see was portrayed on a huge poster celebrating Haiti ’s 200th anniversary in Port-au-Prince’s Canape Vert. On one side was Toussaint L’Ouverture, the former slave who led the rebellion to make Haiti the world’s first black republic. On the other was Aristide. The slogan said : "Two men, two centuries, one vision".

 

In 1990, when Aristide, then a young ascetic priest and liberation theologian, became the country’s first legitimately elected president, it was the kind of comparison many Haitians fervently hoped would be proved true.

 

Seven months later the dream died when he was ousted in a coup, only to be born again four years later, when he returned to huge popular acclaim with the assistance of the United States military and conditions imposed by the World Bank and the International Monetary Fund.

 

Priest or predator ?

 

Many of those who oppose Aristide now were with him then. The picture they now see lurked below the poster on Thursday, when pro-Aristide mobs gathered at Canape Vert, burning tyres and throwing rocks to stop an opposition demonstration.

 

Some critics believe that power has transformed Aristide, from priest to predator. Others feel they simply invested hope in the wrong man.

 

"He hasn’t changed," says Jean-Claude Bajeux, the director of the ecumenical centre for human rights. "We made the mistake of thinking that he was a political leader. But he does not know or understand what a political party is for."

 

Having fixed the vote in favour of his Lavalas party in 2000, the opposition claims, Aristide is devoid of democratic legitimacy. But he still retains some popular support, with a strong base among the poor.

 

There are many of them. According to Christian Aid the average Haitian earns £340 a year, with the poorest 10% bringing home less than £20. It has the highest rates of HIV infection and adult illiteracy and the lowest life expectancy — 53 — in the Americas .

 

It is here that Aristide and his government are vulnerable. Undermining the wealthy will not help the poor. Economic violence, caused in no small part by unfair trade rules and an international embargo, plays a considerable role in making political violence possible.

 

"Our weakness is economic," says Voltaire. "A lot of people are not happy with us because we have not delivered for them." — Guardian Unlimited © Guardian Newspapers Limited 2003

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1261

Les violences se poursuivent à Port-au-Prince

14 février 2004

 

La route défoncée perce les quartiers populaires de Port-au-Prince, un triste et abrupt embrouillamini d’habitations aussi cubiques qu’inachevées. Ambiance parpaings gris sous le soleil, à peine égayée par des fresques publicitaires éclatantes. Sur le bas-côté, des nuées de vendeurs ambulants et de gargotes improvisées. Le travail informel bat son plein. Dans ce pays en pleine déconfiture, ravagé par la misère, les gangs armés et les violences politiques, l’écrasante majorité des huit millions d’Haïtiens survit grâce à la débrouille.

 

Un pick-up vert se fraie avec autorité une troisième voie à travers la circulation chaotique. Pas de plaques d’immatriculation. Les voitures s’effacent poliment. « Ce sont des chimères, les partisans zélés du président Aristide », signale un chauffeur de taxi d’un imperceptible signe de tête. « Ils sont lourdement armés et très dangereux. Ils persécutent les opposants », ajoute-t-il en fronçant les sourcils. Enrôlés dans les bidonvilles des grandes villes, ces mercenaires, souvent commandés par des repris de justice, sont le bras armé du régime de Jean-Bertrand Aristide. Cet ex-prêtre salésien, élu président en 1990, démis par un coup d’Etat militaire en 1991 puis revenu au pays en 1994 à la faveur de l’intervention militaire américaine « Restore Democracy », a été réélu président en 2001 pour cinq ans. Une opposition hétéroclite réclame aujourd’hui la démission de cet ancien messie des bas quartiers descendu de son piédestal à la suite de violations répétées des règles les plus élémentaires de la démocratie.

 

Mais le président « Titid » s’accroche au pouvoir, et martèle qu’il ne permettra jamais un nouveau coup d’Etat ourdi par les « terroristes ». Jeudi matin, dans la capitale, une manifestation organisée par la Plate-Forme démocratique, la principale coalition de l’opposition qui a pris ses distances avec l’insurrection armée, a été étouffée dans l’oeuf par des « chimères » et autres OP (Organisations populaires) Lavalas, du nom du parti au pouvoir. Postés dès l’aube dans la zone du Canapé-Vert, où était prévu le rassemblement, ces fidèles d’Aristide ont enflammé des pneus et chassé les premiers manifestants à coups de caillasses et de tirs de sommation. Une personne aurait été blessée par balle. Acquise à la cause du gouvernement, la police a omis de réagir, et la manifestation a été remise à dimanche.

 

Si à Port-au-Prince la situation semble encore contenue, le reste du pays sombre dans l’anarchie.

 

Depuis le 5 février et le début de la révolte armée, une cinquantaine de personnes au moins ont trouvé la mort, victimes des tirs croisés, des exactions et de la « justice » expéditive pratiquées par les deux camps. Entre deux airs de merengue, une musique tropicale en vogue dans les Caraïbes, les radios d’opposition annoncent que les opposants doivent « prendre le maquis » à Saint-Marc et Cap-Haïtien, en proie à de violentes répressions policières après avoir été un temps prises par les rebelles. Une vingtaine de maisons et les locaux d’une station de radio critique du régime ont été incendiés, les écoles sont fermées, les rues entravées de barricades enflammées. Bandes pro et anti-Lavalas se disputent le contrôle d’une dizaine de villes, notamment dans la partie nord d’Haïti.

 

Vendredi, la ville des Gonaïves (nord-ouest), où en 1804 était proclamée contre les troupes napoléoniennes l’indépendance de la première « République noire », était toujours aux mains des rebelles du Front de résistance de l’Artibonite. Ces ex-séides du pouvoir, autrefois connus comme l’« Armée cannibale », se sont retournés contre Aristide après l’assassinat de leur chef en septembre dernier, imputé au gouvernement. Ils seraient quelque deux cents combattants armés de fusils à pompe, voire pour certains de fusils d’assaut M 16.

 

Les communications téléphoniques avec cette glauque métropole de 200 000 habitants, plantée dans une région désertique, sont coupées depuis une semaine, et les routes d’accès vers la partie nord du pays demeurent partiellement bloquées. « Il y avait déjà une situation de crise humanitaire larvée dans cette zone, explique à Port-au-Prince un coopérant français. Mais le blocage des routes pourrait générer une pénurie d’essence, donc plus d’électricité, une raréfaction de la nourriture et de l’eau potable, et ainsi entraîner une situation catastrophique. » Déjà, depuis le début des violences, les prix de certaines denrées de base ont été décuplés en province.

 

Vendredi, à Port-au-Prince, des rumeurs persistantes faisaient état d’une intervention imminente de la police (l’armée a été dissoute par Aristide) et des groupes armés pro-Aristide aux Gonaïves. Les rebelles se préparent à l’assaut, les habitants se terrent.

 

De nombreuses ONG craignent un sinistre scénario. Les Etats-Unis ont recommandé à leurs ressortissants de quitter le pays. Selon l’agence Reuters, Washington aménagerait même une partie de sa base de Guantanamo, sur l’île voisine de Cuba, pour accueillir 50 000 éventuels réfugiés haïtiens. Histoire d’éviter qu’un flot de boat people ne déferle à nouveau sur les côtes américaines, comme ce fut le cas en 1994.

 

« Haïti subit aujourd’hui une dictature qui repose sur le vol, le trafic de drogues, les assassinats et la violation des droits de l’homme. C’est la voyoucratie de M. Aristide. La communauté internationale, qui a remis Aristide au pouvoir, a un devoir impérieux envers le peuple haïtien », lance l’opposant Pierre Robert Auguste, président de l’Association des entrepreneurs de l’Artibonite et membre fondateur du « Groupe des 184 » (un ensemble de politiques et d’intellectuels qui réclament la démission du président). Originaire des Gonaïves et aujourd’hui planqué à Port-au-Prince, il appelle de ses voeux une intervention étrangère mandatée par l’ONU pour sortir Haïti de l’impasse.

 

Jeudi, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a écarté la possibilité d’une intervention militaire et annoncé que les Etats-Unis privilégiaient une solution politique à la crise. Il devait se réunir vendredi avec les représentants de l’OEA (Organisation des Etats d’Amérique) et de la Caricom (Communauté des Caraïbes) pour étudier le dossier haïtien.

 

Roméo Langlois et Pascale Mariani

Le Figaro.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4412

Le front repousse une nouvelle tentative de la police d’entrer aux Gonaïves
Posté le 14 février 2004

Le Front de résistance révolutionnaire aurait repoussé vendredi une tentative des forces de police d’entrer dans la ville côtière des Gonaïves, tombée entre les mains des rebelles, il y a plus d’une semaine.

C’est ce qu’a déclaré vendredi le porte-parole du front Winter Etienne, dans la presse locale. La direction générale de la police nationale n’a pas confirmé cette information.

M. Etienne a déclaré que les rebelles avaient fait échec à une opération menée par des policiers à bord d’un bateau de la garde-côte haïtienne. Ce qui représenterait un deuxième échec de la police en une semaine.

Samedi 7 février, des agents anti-émeutes ont été contraints d’effectuer « un retrait stratégique » face à la résistance des insurgés des Gonaïves, la quatrième ville du pays. Cette première opération avait fait un mort parmi les policiers, selon un bilan provisoire de la police. Les radios locales avaient fait état de sept policiers tués.

Le porte-parole Winter Etienne a affirmé vendredi que le front était équipé aussi bien pour les combats terrestres que les attaques par mer. Les rebelles auraient quatre chaloupes en leur possession, selon M. Etienne qui a annoncé l’acquisition prochaine d’un hélicoptère.

http://fr.news.yahoo.com/040215/5/3n7qm.html

dimanche 15 février 2004, 5h50

Les rebelles haïtiens recoivent des renforts

LES GONAIVES, Haïti (AP) - Les rebelles haïtiens qui cherchent à renverser le président Jean-Bertrand Aristide ont reçu samedi des renforts venus de la République dominicaine voisine, selon des témoins joints par téléphone, tandis que les forces de police haïtienne se sont enfuies de deux villes du Nord du pays.

Une vingtaine de commandos sont arrivés samedi en Haïti, menés par Louis-Jodel Chamblain, un ancien soldat haïtien, chef des escadrons de la mort en 1987 ainsi que de la milice connue sous le nom de Front pour l'avancement et le progrès de Haïti (FRAPH), responsable de la mort et de la mutilation de nombreux Haïtiens au début des années 1990.

Guy Philippe, un ex-chef de police qui s'est enfui en République dominicaine après avoir été accusé par le gouvernement haïtien d'avoir fomenté un coup d'Etat en 2002, est également arrivé aux Gonaïves pour aider les rebelles dans leur bras-de-fer avec le président Aristide.

Selon des témoins joints par téléphone, ces hommes fraîchement débarqués sur l'île travaillent avec les rebelles basés aux Gonaïves, mais se regroupent pour l'heure à Saint-Michel de l'Atalaye, à environ 45km à l'est de Gonaïves.

"Chamblain et ses hommes sont en train de profiter de la situation pour arriver à leurs propres fins, ce qui signifie la perversion du mouvement démocratique", a déclaré Himler Rebu, un des chefs de l'opposition et ancien colonel de l'armée à la tête d'un coup d'Etat raté de 1989 contre le général Prosper Avril.

Par ailleurs, les rebelles ont repris samedi la ville de Dondon dans le nord du pays, selon des témoins, et se sont emparés de Sainte-Suzanne, deux localités situées près du port de Cap-Haïtien.

Non loin de là, ils ont barré la route reliant Trou-du-Nord à Ouanaminthe, à la frontière dominicaine. Selon des marchands obligés de rebrousser chemin samedi, l'acheminement de vivres et de carburant de République dominicaine est ainsi interrompu.

Les rebelles ont par ailleurs enflammé des barrages de pneus samedi matin à l'entrée sud des Gonaïves qu'ils contrôlent depuis le 5 février et patrouillaient armés de fusils alors que la rumeur prédisait une contre-attaque policière.

D'autres opposants au président Jean-Bertrand Aristide ont appelé à une manifestation de masse dimanche à Port-au-Prince, la capitale. Au moins 58 personnes, des opposants pour la plupart, sont mortes depuis le début du soulèvement populaire à la mi-septembre.

Les organisations humanitaires redoutent une crise alimentaire et médicale. Les Nations unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire menant au nord d'Haïti.

"La population, qui est complètement coupée des autres parties du pays, se trouve dans une situation très risquée, très dangereuse", a déclaré le Premier ministre Yvon Neptune depuis la capitale, Port-au-Prince. AP

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1269

Situation toujours tendue dans le nord, des dizaines de maisons incendiées

15 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE, 14 fév (AFP) - La situation était toujours très tendue dans le nord d’Haïti ou des dizaines de maisons appartenant à des partisans du pouvoir, mais aussi à des membres de l’opposition, ont été incendiées, a annoncé samedi le maire du Cap-Haïtien, Wilmar Innocent. Ces maisons ont été incendiées ces derniers jours dans la bourgade de Dondon, à une trentaine de kilomètres au sud de Cap-Haitien. Selon M. Innocent, neuf maisons appartenant à des membres de l’opposition ont d’abord été incendiées en représailles à une attaque d’hommes armés, en début de semaine. Par la suite, une cinquantaine d’habitations de partisans du parti Lavalas au pouvoir ont subi le même sort, lorsque ces mêmes hommes en armes sont revenus dans la localité, selon la même source. Des opposants armés installés contrôlent Dondon, a précisé le maire, ajoutant que d’autres rebelles armés bloquent également une importante route dans le nord du pays. Des rebelles très mobiles, qui compteraient dans leurs rangs d’anciens militaires de l’armée haïtienne dissoute en 1995 par le président Jean Bertrand Aristide, et qui appartiennent au groupe dit de Pernales (centre-est d’Haïti) opéreraient désormais dans le nord avec pour base de départ la région de Saint-Michel de l’Atalaye (est), selon des informations concordantes recueillies par l’AFP. Ces anciens militaires agissent en liaison avec les rebelles des Gonaïves (nord-ouest). La situation était par ailleurs très calme à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien ou aucun incident n’avait été signalé. Par ailleurs, un paquebot de croisière de la compagnie américano-norvégienne Royal Caraibbean Cruise Line a annulé son escale prévue lundi sur la plage de Labadie à l’ouest du Cap-Haïtien, a-t-on appris de source proche de la compagnie.

 

http://fr.news.yahoo.com/040215/202/3n8ge.html

dimanche 15 février 2004, 21h42

Haïti: manifestation de l'opposition à Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Un peu plus d'un millier de manifestants anti-Aristide ont manifesté dimanche dans les rues de Port-au-Prince sous la protection de la police qui a du faire usage de gaz lacrymogène pour disperser un groupe qui avait quitté le cortège principal.

Malgré le nombre réduit de participants, la manifestation a eu une grande portée symbolique, aussi bien pour l'opposition que pour le pouvoir. Elle avait déjà été reportée à deux reprises par crainte d'incidents.

"Nous ne serions que cinq, nous serions des héros", commentait au début de la manifestation André Apaid, leader du groupe des 184 qui regroupe la société civile et le patronat. "Aujourd'hui, les gens ont peur de manifester", a-t-il affirmé.

La police haïtienne était présente et encadrait la manifestation avec des forces anti-émeutes. Une ambulance suivait également le cortège.

Les manifestants se sont mis en marche vers 10H30 locales (15H30 GMT) depuis la banlieue résidentielle de Pétionville au sud de Port-au-Prince, en criant des slogans réclamant la démission du président haïtien.

Sur son parcours, le cortège s'est scindé en deux. D'un côté, le gros de la manifestation a suivi les indications de la police, quittant l'autoroute de Delmas, à l'est de la capitale, et se dispersant sans incident.

Passant le barrage de police, quelques deux cents jeunes manifestants ont poursuivi leur chemin sur l'autoroute, s'approchant d'une zone où étaient concentrés des partisans du président Aristide.

La police s'est interposée pour empêcher les deux groupes d'entrer en contact. Après avoir demandé aux jeunes de rebrousser chemin, elle a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser. Dans leur retraite, les jeunes ont dispersé des pierres et des pneus pour bloquer la circulation.

La police a ensuite procédé à des arrestations, quatre au moins, selon le journaliste de l'AFP.

André Apaid a estimé qu'il y avait des "infiltrés qui devaient jouer le rôle de provocateurs". Il a réaffirmé qu'il voulait le départ du président haïtien par des moyens pacifiques et voulait éviter l'amalgame avec les insurgés des Gonaïves, au nord de la capitale, qui ont choisi la voie armée.

Interrogé par l'AFP sur l'alliance de Louis-Jodel Chamblain, un des chefs des paramilitaires haïtiens de la dictature du général Raoul Cédras (1991-1994) et de l'ex-commissaire Guy Philippe avec les rebelles des Gonaïves, André Apaid a estimé qu'ils représentaient "une vision du passé dont le peuple haïtien ne veut plus".

"Nous soutenons le peuple du Nord d'Haïti qui demande le départ de Jean Bertrand Aristide mais pas la lutte armée", a-t-il indiqué.

"Nous voulons que M. Aristide démissionne, ce qui est constitutionnel. Le danger c'est lui. Et le plus vite il partira, le plus vite on pourra réconcilier le peuple haïtien", a-t-il affirmé.

Questionné à propos de l'enquête demandée par l'avocat du gouvernement haïtien, Ira Kurzban, au département américain (ministère) de la Justice à propos d'éventuelles violations de la législation américaine ("neutrality act") à cause de sa nationalité américaine, M. Apaid a répondu qu'il s'agissait "d'une diversion", au moment où le pays vit une crise majeure.

"Je suis haïtien d'origine, mes parents sont nés en Haïti" a-t-il répondu.

http://www.azcentral.com/spanish/latin-america/articles/latin-america_95519.html

Rebeldes haitianos se preparan para una ofensiva gubernamental

The Associated Press

02/15/2004

- GONAIVES, Haití (AP) _ Los rebeldes haitianos trabajan con fuerzas exiliadas de la República Dominicana , entre quienes se encuentran un ex soldado que encabezó a escuadrones de la muerte en la década de 1980 y un ex jefe policiaco acusado de fomentar un golpe de estado.

Algunos testigos refirieron que la policía huyó de dos poblaciones del norte de Haití.

Un comando de 20 hombres llegó de la vecina República Dominicana, encabezados por Louis-Jodel Chamblain, un soldado que dirigió a los escuadrones de la muerte del ejército en 1987 y formó parte del Frente para el Avance y Progreso de Haití (FRAPH), que asesinó o mutiló a decenas de personas entre 1992 y 1994.

Por su parte, el ex jefe de la policía, Guy Philippe, quien huyó a la República Dominicana después de que fue acusado por el gobierno de Haití de fomentar un golpe de estado en el 2002, estaba entre las personas que ayudan a los rebeldes a prepararse para una esperada ofensiva gubernamental. Se desconoce cuándo llegaron estos voluntarios.

Algunos testigos entrevistados por teléfono indicaron que los hombres trabajaban con los rebeldes en Gonaives, pero estaban acumulando fuerzas en Saint-Michel de l'Atalaye, aproximadamente 45 kilómetros al este de Gonaives.

Los rebeldes iniciaron un sangriento levantamiento armado hace nueve días desde esta ciudad, la cuarta del país, ubicada a unos 100 kilómetros al nordeste de Puerto Príncipe. En los enfrentamientos han muerto 50 personas.

Unas horas antes, la policía abandonó sus cuarteles y escapó ante la llegada de rebeldes que atacaron un pueblo del norte de Haití y bloquearon la principal ruta que conduce a la República Dominicana , dijeron el sábado testigos presenciales.

Durante la noche, un contingente rebelde atacó a la policía de Saint Suzanne, un pequeño pueblo a 30 kilómetros al suroeste del puerto septentrional de Cap-Haitien, según testigos contactados por teléfono.

Los testigos dijeron que la policía escapó y los rebeldes incendiaron la comisaría, pero no hubo víctimas.

Entretanto, el personal de las agencias humanitarias advirtió acerca de la posibilidad de que se desatase una crisis alimentaria y médica como resultado del levantamiento popular, que ha ocasionado medio centenar de muertes.

En Washington, la Organización de Estados Americanos instó a todas las partes interesadas a asegurar que la insurgencia, que dura ya nueve días, tenga una salida democrática.

Se anticipa que los suministros de harina, aceite de cocina y otros productos básicos podrían agotarse en cuatro días en las regiones del norte cuyas carreteras están bloqueadas por los rebeldes que han capturado Gonaives y han quemado estaciones policiales en otros pueblos de la región.

"El problema es muy grave", dijo Raoul Elysee, funcionario de la Cruz Roja haitiana en Gonaives.

El primer ministro Yvon Neptune dijo a la prensa en Puerto Príncipe que "la población que ha quedado totalmente aislada del resto del país se encuentra en una situación muy, muy peligrosa".

http://www.europasur.com/edicion/mundo/mundo402097.htm

La familia de Aristide abandona Haití

Fuentes oficiales aseguran que se ha desplazado a Florida "para asistir a un funeral"

 

AGENCIAS.       Recomienda esta noticia

 

PUERTO PRÍNCIPE. La familia del presidente de Haití, Jean-Bertrand Aristide, ha abandonado de forma imprevista el país hacia Estados Unidos, lo que ha incrementado la incertidumbre en la crisis política del país.

 

La primera dama, Mildred Trouillot, sus dos hijas menores y su madre abandonaron Haití en un avión comercial con destino a Fort Lauderdale, en Miami, para asistir, según fuentes oficiales, a un funeral.

 

La noticia de este viaje se produjo horas después del secuestro por desconocidos de un familiar de la primera dama y de una rueda de prensa del primer ministro, Yvon Neptune, en la que aseguró que su Gobierno controlaba la situación frente a la insurrección registrada en el norte del país.

 

Al menos 50 personas han muerto en disturbios y manifestaciones de grupos de la oposición, que exigen la salida del Gobierno de Aristide, a quien acusan de ser el causante de la crisis económica y social.

 

En su rueda de prensa con periodistas extranjeros, Neptune aseguró el viernes que el Gobierno mantiene el control del país, a pesar de la ocupación por rebeldes armados de Gonaïves y otras ciudades del norte, donde sigue la tensión y los enfrentamientos.

 

Neptune reiteró que, en el caso de Gonaïves, donde surgió una insurrección popular el 5 de febrero, la Policía hizo una "retirada estratégica" para no causar "víctimas" entre la población civil del norte, por quienes expresó su inquietud. Ayer, los incidentes volvieron a multiplicarse en varias ciudades.

 

El responsable del Programa Mundial de Alimentos en Haití, Guy Gauvreau, declaró en Puerto Príncipe que la inseguridad es el mayor problema que afrontan los organismos de ayuda humanitaria para prestar asistencia.

 

http://fr.news.yahoo.com/040215/85/3n8gk.html

dimanche 15 février 2004, 22h13

Heurts à Haïti entre partisans et adversaires d'Aristide

Par Michael Christie

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - La première manifestation de l'opposition politique haïtienne depuis le soulèvement qui a éclaté il y a dix jours a dégénéré dimanche à Port-au-Prince en échange de jets de pierres entre des étudiants et des partisans du président Jean-Bertrand Aristide.

La police a dispersé les manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes et en tirant en l'air, et peu après le départ des étudiants opposés à Aristide, des partisans du président se sont répandus dans les rues aux cris de "Aristide pour la vie".

Aucun blessé n'a été signalé à l'issue de ces heurts.

Les dirigeants de l'opposition avaient appelé à manifester dimanche après l'échec, jeudi, d'une tentative de manifestation, des partisans d'Aristide ayant bloqué les accès au lieu de rassemblement.

Au début, la manifestation de dimanche, dans le quartier bourgeois de Petionville, sur une colline surplombant la capitale, n'a réuni que 150 personnes.

Mais après l'arrivée d'une cinquantaine de policiers équipés de casques et de masques à gaz venus escorter les manifestants, plusieurs centaines de personnes supplémentaires, apparemment rassurées par cette présence policière, ont surgi de maisons et de rues adjacentes pour se joindre aux protestataires.

"Nous les gens d'Haïti sommes morts en 1804 pour libérer ce pays et nous devons mourir en 2004 pour nous libérer d'Aristide", a déclaré Jacques Robert, un manifestant de 53 ans, en faisant allusion à la sanglante révolte contre les colons français qui a abouti à l'indépendance d'Haïti.

La manifestation a dégénéré au bout de deux heures environ lorsque la moitié des manifestants sont passés outre aux ordres de la police qui leur enjoignait de contourner un quartier populaire, théâtre de troubles fréquents lors de précédentes manifestations.

S'écartant des dirigeants politiques de l'opposition, des étudiants se sont engagés dans une artère principale et ont entrepris de jeter des pierres sur des personnes soupçonnées d'être des membres du Parti de la famille Lavalas, au pouvoir, et de les attendre avec des armes.

Des jets de pierre ont été échangés et quelques coups de feu ont été entendus.

Les policiers, tirant en l'air, sont entrés dans le bidonville où se trouvaient les partisans de Lavalas, mais ils en sont ressortis sans avoir procédé à aucune arrestation.

Des heurts ont éclaté entre policiers et étudiants et la police s'est servie de gaz lacrymogènes et a tiré en l'air pour disperser les manifestants.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4416

Le directeur départemental de police du Centre tué par des rebelles
Posté le 16 février 2004

Le directeur départemental du Centre Jonas Maxime, ainsi que son garde du corps, a été assassiné lundi 16 février par un commando armé qui a attaqué le commissariat de Hinche, a rapporté un correspondant local.

Le directeur départemental de police du Centre et son garde du corps ont été abattus au moment où des rebelles ont attaqué le commissariat central de Hinche(128 kilomètres au nord-est de la capitale, 87 000 habitants). Deux écoliers ont été blessés par balles lors de cette opération.

Jusqu’aux environs de 15 heures, les combats se poursuivaient entre les policiers, regroupés dans le commissariat, et les assaillants en tenue de militaire.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4420

La ville de Hinche totalement contrôlée par des rebelles antigouvernementaux
Posté le 16 février 2004

La ville de Hinche (87000 habitants et 128km à l’est du pays) est passée lundi en début soirée sous contrôle d’un groupe d’hommes armés opposés au Président Jean Bertrand Aristide, ont confirmé des journalistes sur place.

Les rebelles qui se sont emparés du commissariat de police de la ville aux termes de près de deux heures de combat qui ont fait au moins trois morts dont le chef de la police régionale, ont ensuite libéré les détenus de la prison, ont constaté des témoins. Au moins trois personnes ont été blessées lors des affrontements. Le directeur départemental de la PNH M. Jonas Maxime a été abattu ainsi que son garde du corps à quelques mètres du commissariat. Un autre policier a été également tué. L’ancien responsable de l’organisation paramilitaire FRAPH Louis Jodel Chambelain aurait conduit cette opération avec une cinquantaine d’hommes armés, ont rapporté les correspondants locaux. A port-au-Prince, la direction de la police a confirmé cette attaque et annoncé l’envoi de renforts sur le terrain. Samedi, M. Chamblain avait publiquement fait alliance avec les insurgés des Gonaïves qu’ont rejoint des anciens militaires et l’ex-commissaire de police Guy Philippe.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4421

Saint-Marc compte encore des morts
Posté le 16 février 2004

La ville de Hinche est depuis lundi-après-midi tombée dans le camp des rebelles. Trois personnes sont tuées lors des attaques.

ARTIBONITE

Saint-Marc – Violence à Saint-Marc. Nixon François, 33 ans et un autre membre du groupe RAMIKOSM ont été assassinés à Mogé, une localité proche de la ville, alors qu’ils tentaient de quitter la ville, on rapporté des témoins. Selon Jean Hugues Narcisse, secrétaire général de RAMICOSM (actuellement dans le maquis), ses camarades ont été tués par des des membres de l’organisation populaire pro-lavalas « Balé rouze ». le corps de Nixon père de trois enfants en bas-âge aurait été brûlé. Par ailleurs, le coordonnateur du RAMIKOSM a lancé un avis de recherche pour deux membres de sa famille, Michel richard Morransy et Mathieu Narcisse porté-disparus depuis le début des violences organisées par des proches du pouvoir pour reprendre le contrôle de la ville.

Jusqu’à présent aucun bilan définitif des actes de violence enregistrés à Saint-Marc n’a pu être établi, a indiqué un représentant d’organisme de défense des droits humains. Selon le militant des droits humains, des corps de jeunes tués lors des combats sont encore dans les mornes qui entourent la ville. Certains corps seraient dévorés par des chiens a rapporté l’enquêteur.

L’ancien député lavalas Amanus Mayette, dénoncé comme étant le chef des opérations meurtrières survenues à Saint-Marc a présenté des excuses publiques à la population saint-marcoise. Il a lancé un appel à l’union aux haïtiens en soutenant que c’était aux haïtiens de résoudre la crise. Il a invité tous les civils armés à déposer leurs armes pour que la paix revienne dans la cité de Nissage Saget.

Gonaïves – Les rebelles ont toujours le contrôle de la cité de l’indépendance. Des riverains n’ont exprimé aucune préoccupation quant à l’absence d’autorités policières dans la ville. Les membres du Front ont enlevé trois monuments de héros de l’indépendance Christophe, Pétion, Toussaint de la place d’armes des Gonaïves sous prétexte que ces monuments placés par les autorités devant l’empereur Dessalines empêcheraient le père de la patrie de chasser le président Aristide. Les communicationes téléphoniques sont toujours coupées dans la ville. Les activités fonctionnent timidement.

CENTRE

Hinche – Des civils armés menés par Louis Jodel Chamblain ont pris le contrôle du commissariat principal de la ville ce lundi. Le commissaire divisionnaire et directeur départemental, Jonas Maxime, et son garde du corps ont été tués par les assaillants. Deux élèves auraient été blessés. Les policiers ont déserté et tous les prisonniers se sont échappés. Des habitants ont ensuite investi les locaux du commissariat en criant « vive Gonaïves ». Selon les dernières informations, les assaillants auraient mis le feu à la résidence du délégué départemental, Bazelais François.

A Mirebalais, on assiste à un renforcement des dispositifs de sécurité dans la perspective d’une attaque d’hommes. La population locale est paniquée et des civils armés sont aperçus avec les policiers.

http://www.edicom.ch/news/international/040216021337.mo.shtml

16 février 2004 

Manifestation contre Aristide à Port-au-Prince

par Michael Norton

 

PORT-AU-PRINCE, Haïti (AP) -- Malgré la menace des partisans du président Jean-Bertrand Aristide, les sympathisants de la Plate-forme démocratique de l'opposition haïtienne se sont rassemblés dimanche pour une grande manifestation à Port-au-Prince.

Les rebelles quant à eux auraient reçu le renfort d'une vingtaine de miliciens revenus de leur exil en République dominicaine voisine. Au moins 58 personnes sont mortes depuis la mi-septembre.

Se rassemblant aux cris d'»A bas Aristide», les membres de la Plate-forme ont déclaré qu'ils ne soutenaient pas la violence mais qu'ils voulaient comme les rebelles renverser le président. Mardi dernier, lors d'une telle manifestation, des partisans de l'ancien prêtre ont jeté des pierres et bloqué les protestataires.

Les rebelles ont lancé leur soulèvement neuf jours auparavant des Gonaïves, quatrième ville du pays située à 110km au nord-ouest de la capitale et qu'ils contrôlent. Ils seraient moins nombreux que les 5.000 policiers mais une vingtaine de miliciens et policiers en exil en République dominicaine, qui partage l'île avec Haïti, seraient venus en renfort ces derniers jours.

Un ancien soldat et milicien haïtien, Louis-Jodel Chamblain, a ainsi été vu aux Gonaïves par plusieurs témoins. Il avait dirigé les escadrons militaires de la mort en 1987 ainsi que le groupe paramilitaire du FRAPH (Front pour l'avancement et le progrès haïtien) qui avait tué et mutilé des centaines de personnes entre 1991 et 94. Il s'était exilé en République dominicaine au milieu des années 90.

Guy Philippe, ancien chef de la police exilé de l'autre côté de la frontière après avoir été accusé de fomenter un coup d'Etat en 2002, a également été repéré.

Dans un entretien filmé obtenu par l'Associated Press Television News (APTN), Guy Philippe a assuré qu'il était rentré en Haïti pour se battre pour le peuple, affirmant qu'il n'a pas d'aspirations politiques.

»Nous n'avons pas de plate-forme politique», a déclaré l'ancien chef de police âgé de 35 ans. «Notre combat est pour (avoir) un meilleur pays. (...) Nous luttons pour la présidence, pour le peuple, pour nos convictions.»

Il a ajouté que les rebelles disposaient d'un arsenal et qu'il n'était pas dans l'intérêt des Etats-Unis d'intervenir en Haïti. »Nous ne voulons pas nous battre contre eux», a-t-il déclaré. «Nous nous battons pour notre propre cause.»

Des témoins joints par téléphone affirment que la vingtaine de miliciens et de policiers arrivés en renfort travaillent avec les rebelles aux Gonaïves mais se rassemblaient à Saint-Michel de l'Atalaye, à 45km à l'est de la ville.

Haïti voit le mécontentement grandir parmi ses huit millions d'habitants depuis que le parti d'Aristide a remporté des élections législatives truquées en 2000 et que plusieurs millions de dollars d'aide internationale ont été gelés. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a néanmoins déclaré vendredi que les Etats-Unis et le reste de la communauté internationale «n'accepteraient aucun résultat (...) qui soit une tentative de destituer le président d'Haïti».

Redoutant une crise alimentaire et médicale, les Nations unies ont demandé aux belligérants d'ouvrir un couloir humanitaire menant au nord d'Haïti, où 268.000 personnes dépendant de l'aide alimentaire en sont privées. AP

st/v266/kb/v22

 

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http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1286

La guerre civile en Haïti

16 février 2004

Le pouvoir central est au bord de l’explosion dans la capitale où une manifestation était organisée hier par l’opposition.

 

La capitale haïtienne Port-au-Prince restait hier sous contrôle du pouvoir. En revanche dans le reste du pays, le gouvernement ne possède plus qu’une influence limitée avec des forces de police insuffisantes et une administration en décomposition. Mais même Port-au-Prince commence à être désorganisée. L’université est fermée depuis que des bandes armées y sont entrées le 5 décembre et l’hôpital général est à moitié déserté. Le parti au pouvoir accuse la communauté internationale et l’opposition haïtienne d’être responsables du climat insurrectionnel qui règne dans le pays alors que les opposants dénoncent la responsabilité du président Jean-Bertrand Aristide dans cette vague de violence qui a fait une cinquantaine de morts. Au cours des deux dernières semaines, dix villes « ont été prises en otage », selon la formule de Jonas Petit, porte-parole du parti Lavalas au pouvoir. Certaines ont été reprises, mais au nord de la capitale dans l’Artibonide, les Gonaïves, quatrième ville du pays, reste aux mains d’insurgés armés qui menacent de marcher sur Port-au-Prince. Ils ont reçu le soutien d’anciens paramilitaires de l’ex-dictateur Raoul Cedras (1991-1994) avec à leur tête l’un de leurs chefs, Louis-Jodel Chamblain, et de l’ex-commissaire Guy Phillipe. Tous deux sont revenus en Haïti alors qu’ils étaient en exil en République dominicaine voisine. Des incidents violents ont aussi touché la localité de Dondon, non loin de la deuxième ville du pays Cap Haïtien (nord) qui sont attribués au groupe dit de Pernales (centre-est). « Nous sommes dans une situation effervescente au plus haut point », dit Jonas Petit. « Les forces de police, composées de moins de 5000 hommes sont insuffisantes », explique-t-il. « On ne peut assurer la sécurité dans tout le pays et la priorité a été donnée à Port-au-Prince », ajoute-t-il. Selon lui, personne ne pourrait arrêter une colonne de 500 hommes bien armés.

 

Gonaïves : de nos envoyés spéciaux Pascale Mariani et Roméo Langlois [16 février 2004]

 

Au coeur de la cité rebelle des Gonaïves, le commissariat de police et sa prison attenante ne sont plus qu’un fatras de décombres. Le squelette calciné de l’édifice achève de s’effriter sous les coups de gourdins de quelques jeunes acharnés, résolus à raser définitivement ce symbole honni du pouvoir présidentiel. « Les policiers ne sont pas près de revenir », se réjouit-on. Plus de troupes loyalistes ni de maire dans cette ville de 200 000 âmes plantée sur une côte désertique du nord-ouest haïtien. Le 5 février, le Front de résistance de l’Artibonite, du nom de la région, a pris le contrôle des Gonaïves lors d’une attaque en règle contre le commissariat. Une dizaine de policiers ont trouvé la mort, les survivants ont détalé, une centaine de prisonniers ont été libérés.

 

Ce fut la première victoire de l’opposition armée contre le chef de l’Etat Jean-Bertrand Aristide. Depuis, la guérilla s’est étendue à une bonne moitié nord du pays, aujourd’hui en proie à un chaos grandissant. Lunettes noires et airs de matamores sous des coupes rastas ou des bobs militaires, les combattants du Front de résistance sillonnent les Gonaïves toutes mitrailleuses dehors, à moto ou entassés sur des pick-up tout-terrain. Pas une ruelle n’a été épargnée par l’ouragan insurrectionnel. Barricades, pneus enflammés et tas d’ordures, carcasses de voitures démembrées, bus renversés, chaussées semées de gravats et sentinelles par centaines.

 

La reprise de la ville par les forces gouvernementales s’annonce malaisée. Les seules voitures autorisées à zigzaguer entre les décombres sont celles de la presse. Et « seuls les journalistes Blancs », donc étrangers, sont admis, a précisé un porte-parole des rebelles, afin d’éviter toute infiltration des partisans du parti Lavalas au pouvoir. « Depuis que cette ville a vu le jour, elle a toujours été frondeuse », explique un prêtre des Gonaïves. C’est notamment ici que fut proclamée en 1804 l’indépendance de la « première République noire » en 1804, et que les dictateurs Duvalier père et fils ont eu le plus de fil à retordre. Cette fois, la révolte contre Aristide est partie de Raboteau, un secteur miséreux proche du centre-ville. Au croisement de deux artères populeuses trône une tombe, surmontée d’un buste de bronze, et ornée de la sinistre photo du cadavre aux yeux arrachés d’Amiot Métayer.

 

Cet enfant du quartier devenu chef de gang s’était pourtant battu pour le retour d’Aristide au pouvoir, en exil aux Etats-Unis après un coup d’Etat militaire en 1991. Aristide revenu au pays suite à une intervention militaire américaine en 1994, puis réélu en 2000 pour cinq ans, Amiot Métayer était devenu dans la région des Gonaïves le chef de l’« Armée cannibale », une milice armée et arrosée par Aristide pour étouffer toute velléité contestatrice. « Aujourd’hui, les armes fournies par Aristide se retournent contre lui », résume un jeune de Raboteau. Car le 21 septembre 2003, l’assassinat du cacique Métayer (« le sacrifice » corrigent ses fidèles), imputé à des sbires du président, a mis le feu aux poudres. Jean-Bertrand Aristide aurait fait liquider ce gênant témoin des exactions du régime quand l’Organisation des Etats américains (OEA) a réclamé son arrestation. Fatale erreur. Le quartier de Raboteau, d’où partaient autrefois les raids punitifs contre les opposants, basculait aussitôt contre le pouvoir et les balles commençaient à fuser dans les rues des Gonaïves. L’Armée cannibale est devenue le Front de résistance, commandé par Butteur Métayer, frère du défunt. Voilà ce dernier en chapeau de cow-boy, escorté d’hommes en mini-Uzis, improvisant samedi une conférence de presse en créole dans une baraque du port de Raboteau.

 

Il explique partager le même objectif que l’opposition du Groupe des 184 et de la Plateforme démocratique, deux coalitions de mouvements politiques non armés qui réclament la démission d’Aristide. « Mais nous ne travaillons pas ensemble », précise-t-il. « Si l’ONU et l’OEA chassent Aristide, nous déposerons les armes demain matin. Un coup de fil de George Bush suffirait à le faire partir. »

 

Mais lors de son dernier appel au calme, vendredi, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a réitéré que Washington « n’acceptera pas d’issue qui viserait à démettre le président élu de Haïti ». Les rebelles n’ayant d’autre objectif que celui-ci, une solution négociée ne semble pas être à l’ordre du jour. D’autant que le Front fanfaronne, et semble sûr de sa force. « Nous n’avons pas de nourriture, mais sommes des soldats aguerris et bien armés. Pour des raisons tactiques, je ne dirai pas combien, mais nous sommes bien plus de deux cents. Et à raison de mille cartouches par jour et par soldat, nous pouvons tenir un an », a déclaré au Figaro Winter Etienne, porte-parole des rebelles des Gonaïves. Fusils M 16, M 14 et Galil, plus quelques mitrailleuses M 60, l’homme énumère son arsenal. Et se gausse bien des 5 000 policiers d’Aristide. « Ils n’osent pas venir aux Gonaïves. Ils ont bien essayé il y a huit jours. Nous en avons tué quatorze, les autres se sont enfuis. » Pour preuve, il sort de sa poche les cartes de fonction de plusieurs des victimes, avant de raconter comment il est entré en communication mystique avec feu son ami Amiot Métayer lors d’une séance de vaudou.

 

Outre les armes fournies ces dernières années par Aristide, les réserves récupérées dans les commissariats d’une douzaine de villes du nord tenues par les rebelles ont accru leur puissance de feu. D’anciens combattants de l’armée nationale (dissoute en 1995 par Aristide) et autres chefs de guerre d’Haïti ont en plus annoncé samedi qu’ils s’alliaient au Front. L’objectif : « Nous proclamerons d’abord la République indépendante du grand nord d’Haïti, puis nous marcherons sur Port-au-Prince. En mars, nous serons au palais présidentiel », annonce Winter Etienne.

 

Certains habitants avancent même qu’il pourrait attaquer Port-au-Prince, à 150 kilomètres plus au sud, bien avant ce délai. « Ils ont déjà des hommes dans la capitale », chuchote un civil. Autre point fort des rebelles : « Le Front a le soutien de la plupart des habitants de Gonaïves. Terrorisés jusqu’alors par les exactions des policiers, ils le considèrent comme un moindre mal », estime Raoul Elysée, président du comité régional de la Croix-Rouge haïtienne. Et de montrer les photographies d’un jeune détenu des Gonaïves torturé au plastique fondu par les forces de l’ordre. Selon lui, un calme relatif est revenu dans la cité de l’indépendance depuis l’attaque du commissariat. Depuis janvier, les combats de rues étaient presque quotidiens. Raoul Elysée décompte plus de 200 blessés. « Le Front organise à présent des battues aux voleurs dénoncés par les habitants. Il y a des exécutions tous les jours. Leurs corps sont brûlés et jetés dans les rues. » Outre le rationnement d’électricité, la paralysie des transports et des communications téléphoniques, la pénurie aggravée de médicaments et d’aliments, c’est surtout la peur d’une contre-attaque des forces gouvernementales qui ronge les habitants des Gonaïves, dont les rues sont désertes dès la tombée du jour.

 

Le Figaro.

 

http://fr.news.yahoo.com/040217/85/3nf8k.html

mardi 17 février 2004, 21h46

Haïti demande une aide internationale, l'insurrection progresse

Par Amy Bracken

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Le gouvernement haïtien a appelé mardi à l'aide internationale pour mettre un terme à la violente insurrection qui a gagné une nouvelle ville du centre du pays et menace de plus en plus le président Jean-Bertrand Aristide.

Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a exclu tout envoi, dans l'immédiat, d'une force armée en Haïti tandis que le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin a fait part de la disponibilité de la communauté internationale pour aider à résoudre politiquement la crise.

"L'aide de la communauté internationale est essentielle", a déclaré à Port-au-Prince le Premier ministre haïtien Yvon Neptune, qui a précisé que les autorités tentaient de reprendre le contrôle de la ville de Hinche, dans le centre du pays.

Aidés par des combattants de retour d'exil, une quinzaine d'insurgés ont attaqué lundi le poste de police de cette localité, a-t-on appris de source proche de la police. Les policiers, à cours de munitions, ont été autorisés à partir.

Le gouvernement a attribué l'attaque de Hinche à Louis Jodel Chamblain, ancien responsable d'une milice d'extrême droite qui a terrorisé les Haïtiens au début des années 1990.

Un correspondant de Reuters présent dans la ville, Michael Christie, a pu voir Chamblain pénétrer mardi à Hinche en tête d'un convoi de 4X4, escorté de quelque 25 hommes en armes et en tenue de camouflage. Les habitants qui n'ont pas fui la ville ont applaudi à son passage.

Chamblain et Guy Philippe, ancien chef de la police haïtienne, seraient rentrés ce week-end dans le pays en franchissant la frontière depuis la République dominicaine.

Une cinquantaine de personnes sont mortes à Haïti depuis que des insurgés ont pris, le 5 février, le contrôle de Gonaïves.

LE RETOUR DE COMBATTANTS EXILES

Neptune a affirmé que d'anciens membres de l'armée ou de milices paramilitaires avaient pu rentrer au pays parce que les Etats-Unis et la République dominicaine, qui leur avaient accordé l'asile, n'avaient pas pris les dispositions nécessaires pour les empêcher de retourner en Haïti.

Il a ajouté que le gouvernement haïtien était incapable de protéger des petites villes comme Hinche avec ses seules forces de police sous-entraînées et mal payées.

Aristide a démantelé son armée après avoir été rétabli au pouvoir en 1994 par les Etats-Unis à la suite d'un coup d'Etat contre lui. La police, qui ne compte que 5.000 hommes, a été dépassée aux Gonaïves et dans bien d'autres villes.

L'attaque de Hinche marque une nouvelle étape dans la crise haïtienne, où la situation semblait s'être stabilisée ces derniers jours. Les rebelles des Gonaïves eux-mêmes ont dit se sentir renforcés par l'arrivée de combattants de l'étrangers, en ajoutant qu'ils envisageaient d'avancer dans le pays.

La République dominicaine, qui partage avec Haïti la même île d'Hispaniola, a aussi demandé mardi l'aide internationale.

"Il est temps pour la communauté internationale, pour les agences de prêts multinationales et pour les gouvernements amis d'intervenir (...) dans l'aggravation d'une crise qui pourrait s'avérer très préjudiciable pour la région", a déclaré Francisco Guerrero Prats, chef de la diplomatie dominicaine.

"TROUVER UNE SOLUTION POLITIQUE"

Neptune a estimé que les Etats-Unis auraient pu empêcher la prise de Hinche en fournissant davantage d'entraînement et de soutien logistique à la police.

Mais Powell a affirmé que Washington n'envisageait pas d'envoyer à ce stade une force militaire et préférait agir sur le terrain diplomatique.

"Nous ne sommes franchement pas enthousiastes à l'idée d'envoyer maintenant des forces militaires ou des forces de police pour mettre un terme aux violences auxquelles nous assistons", a-t-il dit. "A l'heure actuelle, nous souhaitons trouver une solution politique. Plusieurs pays sont d'accord pour, par la suite, envoyer une force de police pour observer le respect d'un accord politique."

Mardi matin, sur les ondes de France Inter, Dominique de Villepin a de son côté appelé la classe politique haïtienne à "un sursaut" et a fait part de la disponibilité de la communauté internationale à aider au retour au calme.

Le ministre des Affaires étrangères a précisé avoir "demandé qu'une cellule de crise puisse se réunir au Quai d'Orsay en urgence aujourd'hui pour rassembler l'ensemble des administrations françaises et voir ce que nous pourrions faire comme contribution immédiate".

Interrogé sur l'éventuel envoi d'une force de paix dans l'île en proie à la violence, Dominique de Villepin a rappelé que la France était en liaison avec ses partenaires "dans le cadre des Nations unies, qui ont envoyé une mission humanitaire".

Le Parti socialiste français a de son côté invité le président Aristide à démissionner pour créer les conditions d'un retour à la paix civile, tout en précisant dans un communiqué que les "bandes armées (...) qui contrôlent une partie du territoire ne constituent en aucune manière la relève démocratique attendue par la population" et en renouvelant son soutien "aux forces démocratiques et pacifiques" du pays.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4423

Les rebelles prennent au moins trois nouvelles localités dans le centre
Posté le 17 février 2004

Au moins trois nouvelles localités (centre-est) sont tombées mardi entre les mains des rebelles qui réclament la démission du président Jean Bertrand Aristide, a confirmé l’envoyé spécial de l’agence dans la région.

Le groupe d’anciens millitaires armés, ayant à sa tête l’ancien responsable du l’ex-Front pour l’avancement et le progrès d’Haïti (FRAPH) Louis Jodel Chambelain, a progressé vers Saint-Michel de l’Attalaye, Thomonde et Maïssade où ils ont trouvé des commissariats abandonnés par les policiers en faction.

Un peu plus tôt mardi, le chef du gouvernement Yvon Neptune avait précisé que les autorités tentaient de reprendre Hinche, la ville la plus importante de la région, dont les assaillants avaient pris le contrôle la veille, après au moins deux heures d’affrontements avec les forces de l'ordre. Les combats avaient fait au moins trois morts, dont le chef de la police régionale et son garde du corps, et trois blessés.

Les rebelles seraient en provenance de Pernales, une localité voisine où des incidents violents, attribués par le gouvernement à un groupe d’anciens militaires, étaient enregistrés depuis plusieurs mois.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4427

Le calme est revenu à Hinche
Posté le 17 février 2004

Un jour après l’attaque menée par un groupe d’individus armés contre le commissariat principal de Hinche, le calme règne : assaillants et policiers ayant vidé les lieux.

CENTRE

Hinche – La ville s’est réveillée dans le calme mardi 17 février, au lendemain de l’attaque d’individus armés sur le commissariat local. Pas un seul policier ni un assaillant n’a été aperçu dans la ville. Un bilan partiel de l’opération fait état de trois morts, deux policiers et un prisonnier, et deux élèves blessés. Les sous-commissariats de Pandiasso et de Maïssade ont été également incendiés.

ARTIBONITE

Gros-Morne – Des membres du Front de résistance révolutionnaire des Gonaïves, ayant à leur tête le fugitif Jean Pierre dit Jean Tatoun, ont visité mardi la commune. Les rebelles ont annoncé une chasse aux partisans armés du pouvoir qui terrorisent les populations locales. Une manifestation anti-Aristide a été organisée pour saluer le passage des insurgés.

Gonaïves - Le Front de résistance révolutionnaire anti-Aristide a été rebaptisé Front pour la libération et la reconstruction nationale (FLRN), selon Winter Etienne, porte-parole du groupe qui exige le départ du président Aristide. M. Etienne a confirmé que l’ancien commissaire de police Guy Philippe, exilé en République voisine, a refait surface aux Gonaïves et s’est allié au front depuis son retour au pays. M. Etienne a invité tous les citoyens qui approuvent les actions du front à les rejoindre pour la libération des principales villes du pays.

SUD-EST

Jacmel – Des membres d’organisations populaires (OP) pro-lavalas ont remplacé mardi à la direction de la douane locale, Edouard Saint-Pierre, installé récemment, par Valès François, un des leurs. M. Saint Pierre n’a passé qu’une semaine á son poste.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4428

De nouvelles localités abandonées par la Police nationale
Posté le 18 février 2004

La police nationale a déserté un certain nombre de villes dans le département du centre où la ville de Hinche (12000 habitants) était déjà tombée lundi aux mains des rebelles antigouvernementaux.

Mardi, les agents de la police nationale se sont retirés sans combattre des villes de Mirebalais (10000 habitans), Thomonde, Lascahobas, Maïssade (de 6 à 7 milles habitants et de la localité de Cange devant l’avancée des anciens militaires qui sont entrés dans ce département limitrophe avec la république dominicaine. C’est l’ex-paramilitaire Louis Jodel Chamblain à la tête d’une vingtaine d’hommes armés qui s’était emparé de la ville de Hinche. Depuis, les policiers ont abandonné les localités avoisinantes et les villes importantes du Centre, ont confirmé des témoins sur place.

A Port-au-Prince, une source proche de la direction générale de la PNH a confirmé le retrait des policiers dans les villes du Centre. La source qui a souhaité garder l’anonymat explique que les policiers n’avaient plus aucun contact entre-eux et avaient perdu leurs principales bases dans les villes de Hinche et Mirebalais.

Selon un reporter de Haiti Press Network envoyé dans le département du centre, plusieurs centaines de personnes parmi la population auraient apporté leur appui au mouvement des rebelles. Des manifestations spontanées ont été organisées dans les villes abandonnées par la police régulière.

Depuis l’éclatement de la rébellion armée contre le gouvernement du Président Aristide, de nombreuses villes et localités du pays sont tombées aux mains des rebelles du Front de résistance des Gonaïves et des anciens militaires venus pour la plupart de la République dominicaine. Pour l’instant le gouvernement n’a plus le contrôle des départements de l’Artibonite et du Centre et a perdu une partie du Nord et u Nord’est.

http://fr.news.yahoo.com/040218/5/3nimb.html

mercredi 18 février 2004, 15h57

Quatre villes haïtiennes désertées par la police

PORT-AU-PRINCE (AP) - Quatre villes haïtiennes ont été désertées par la police, ont rapporté mercredi les radios de l'île.

Radio Métropole a affirmé que 30 policiers armés, qui s'étaient barricadés dans la ville de Mirebalais, ont fui dans la nuit de mardi à mercredi. Des postes de police ont également été désertés mardi à Belladere (nord), le long de la frontière avec la République dominicaine, ainsi que dans les villes de Savanette et Las Cahobas (centre).

Ces antennes sont généralement occupées par une dizaine d'officiers simplement armés de revolvers, et parfois d'un fusil. Des témoins ont rapporté que certains policiers étaient tellement effrayés qu'ils avaient ôté leur uniforme.

L'Union européenne a par ailleurs exhorté mercredi le gouvernement haïtien et l'opposition à mettre un coup d'arrêt à la violence et à rechercher une solution politique à la crise. "Toutes les solutions constitutionnelles doivent être prises en compte", soulignent les Quinze dans un communiqué. AP

http://www.haiti-info.com/imprimer.php3?id_article=1338

Saint-Domingue reconnaît qu’il lui est difficile de contrôler la frontière

18 février 2004

 

SAINT-DOMINGUE, 18 fév (AFP) - Le président de la Républicaine dominicaine Hipolito Mejia a reconnu mercredi qu’il était difficile pour son pays de contrôler la frontière avec Haïti que certains opposants au président Jean-Bertrand Aristide exilés ont franchi ces derniers jours. "La frontière est très difficile de contrôler, je l’ai dit avec franchise", a dit le président Mejia, qui a cependant affirmé que les opposants haïtiens ne pourront plus revenir en République dominicaine. Mardi, l’ambassadeur de Haïti à Cuba Marie-Andrine Constant a déclaré que "la moitié des putschistes et ceux qui ont attaqué Hinche (centre de Haïti) vivent en République dominicaine". Interrogé par les journalistes à ce sujet, le président dominicain a répondu : "c’est possible, c’est possible". "J’ai déjà parlé de cela à la frontière et je l’ai dit. C’est possible, là où il y en a le plus c’est là, c’est vrai", a-t-il ajouté. La République dominicaine partage avec Haïti l’île d’Hispaniola.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1330

Plusieurs localités dans l’est d’Haïti désertées par la police

19 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE, 18 fév (AFP) - Plusieurs localités de l’est d’Haïti ont été désertées par les policiers devant la menace des insurgés armés qui opérent dans la région depuis le début de la semaine, selon des informations recueillies mercredi par l’AFP. Les insurgés contrôlent depuis lundi Hinche, le chef-lieu de cette région. Les localités concernées sont notamment les communes de Maïssade, Belladère, Thomonde, Pandiassou et Savanette, où les insurgés, très mobiles avec des véhicules tout terrain de fabrication récente, font des incursions sporadiques. A Belladère, les policiers ont donné à la population le mobilier du commissariat, dont des matelas, avant de quitter la ville. Par la suite, des habitants ont enlevé les portes et les fenêtres du bâtiment. La ville de Mirebalais, à 57 km au nord-est de Port-au-Prince, comptait encore des membres de la police dans son commissariat mercredi matin, selon un journaliste local contacté par l’AFP par téléphone. "Une atmosphère de peur règne toutefois dans la ville dont la population craint une attaque des insurgés", a précisé ce correspondant. A Port-au-Prince, la capitale, le calme régnait mercredi matin de même qu’au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays et objectif déclaré des insurgés armés. Les violences ont fait plus de 50 morts en Haïti depuis qu’un groupe armé a pris le contrôle des Gonaïves (nord-ouest), la quatrième ville du pays, le 5 février.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4437

Fort-Liberté et Ouanaminthe sans policiers
Posté le 20 février 2004

La police nationale a abandonné jeudi ses commissariats dans les deux plus importantes villes du Nord-Est, les populations locales ont pillé les postes et emporté des armes, a appris HPN auprès de témoins sur place.

Les policiers cantonnés à Ouanaminthe, ville voisine de la Répulique dominicaine, ont fui leur commissariat, attaqué jeudi par un groupe d’hommes armés. A Fort-Liberté, les riverains ont incendié la douane et le bureau de l’Autorité portuaire nationale après que les policiers ont quitté volontairement leur poste. Aucune victime n’a été signalée.

Le commissariat de la commune du Trou du Nord, la deuxième ville du département par sa population (37400 habitants), avait été assauté et incendié au début du mois par un groupe de civils armés.

La police a également déserté cette semaine au moins cinq communes du département limitrophe du Centre après la prise lundi de la ville de Hinche, 87000 habitants, (voir photo) par des rebelles dirigés par Louis Jodel Chamblain, ex-numéro deux du groupe paramilitaire FRAPH.

Jeudi, un vent de panique a soufflé sur le Cap-Haïtien à la suite de la fausse annonce du débarquement de rebelles dans la deuxième ville du pays. Les policiers qui ont dans un premier temps quitté leur commissariat ont ensuite repris leur poste.

CR/JEC

 

http://fr.news.yahoo.com/040220/202/3nnms.html

vendredi 20 février 2004, 22h38

Un plan soumis à Haïti, 12 blessés lors d'une manifestation

PORT-AU-PRINCE, 20 fév (AFP) - Un plan international de réglement de la crise en Haïti, excluant les insurgés armés, a été soumis vendredi au président haïtien Jean Bertrand Aristide tandis que ses partisans armés faisaient 12 blessés lors d'une manifestation de l'opposition à Port-au-Prince.

Ce plan, remis par des diplomates en poste dans la capitale, s'appuie sur la nomination d'un nouveau Premier ministre, neutre et indépendant, jouissant de la confiance de la population, selon des sources diplomatiques.

A Port-au-Prince, douze personnes, dont deux journalistes, un haïtien et un étranger, ont été blessées lors d'une manifestation d'étudiants réclamant la démission du chef de l'Etat haïtien, selon un journaliste de l'AFP. Des membres armés d'Organisations populaires (OP) du parti Famille Lavalas au pouvoir ont attaqué des étudiants qui réclamaient la démission du président.

Dix manifestants ont été blessés par balles ou touchés par des pierres, selon des informations recueillies dans un hôpital. Un journaliste haïtien, Claude Bellevue, de Radio Ibo, a reçu une balle dans le dos tandis qu'un cameraman espagnol, à l'identité non révélée, était blessé d'un coup de machette à l'oreille.

Le plan international de réglement de la crise politique, qui secoue le pays depuis 2000, prévoit que Jean Bertrand Aristide demeure président jusqu'au terme de son mandat, en février 2006. Ce projet "ne demande pas le départ du président", mais le pays a besoin d'un "nouveau gouvernement (...) indépendant, crédible et rassembleur", selon le département d'Etat.

Selon le projet, Jean Bertrand Aristide resterait chef de l'Etat jusqu'à la fin de son mandat, en février 2006, sous condition qu'il accepte des réformes. Le plan ne prévoit pas son départ anticipé, selon la Maison Blanche.

La communauté internationale devra aussi convaincre l'opposition. Depuis le début de l'année, celle-ci a considérablement durci sa position, rejetant tout compromis et jugeant que seul un départ du président peut régler la crise.

 

Selon des diplomates, le plan prévoit aussi la création d'un groupe de trois personnes - un représentant d'Aristide, un de l'opposition et un de la communauté internationale - qui serait chargé de désigner un conseil de 9 à 15 personnes censées traduire la diversité de la société haïtienne. Ce conseil participerait à la désignation du nouveau Premier ministre et du gouvernement.

 

Le plan prévoit aussi la libération de prisonniers politiques, la réforme de la police et le désarmement des militants du parti au pouvoir Famille Lavalas.

"La situation n'est pas bonne actuellement" et "l'implosion" du pays "est une réelle menace si" le président et l'opposition "n'adhèrent pas" au plan international, souligne un diplomate. "Il n'y a pas de plan B", ajoute-t-il.

Le projet n'évoque pas les insurgés qui contrôlent les Gonaïves (nord-ouest), quatrième ville du pays, depuis le 5 février. Dirigés par un ex-commissaire et militaire, Guy Philippe, ces quelque 300 hommes bien armés et en uniformes menacent de s'en prendre à Cap-Haïtien et Port-au-Prince.

 

Depuis le début de l'insurrection armée, 58 personnes sont décédées dans des violences.

Une délégation ministérielle comprenant le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé de l'Amérique latine, Roger Noriega, et des représentants du Canada, de la France et de la Communauté des pays des Caraïbes (Caricom), est attendue samedi en Haïti pour faire pression sur le président et l'opposition.

 

Le Canada sera représenté par son ministre de la Francophonie, Denis Coderre, la France par son ambassadeur à Port-au-Prince, Thierry Burkard.

La situation était calme vendredi en Haïti où la population a commencé la célébration du carnaval, une fête annuelle très importante pour les Haïtiens, qui dure jusqu'à mardi inclus. Elle se traduit dans les localités par des défilés colorés et très animés.

A Fort-Liberté, chef-lieu du département du Nord-Est, les policiers ont subitement abandonné le commissariat qui a ensuite été pillé par la population, selon un témoin. La population a ensuite incendié le bureau de l'Administration portuaire nationale et la douane de cette ville côtière, selon la même source.

A Paris, les organisations humanitaires Médecins du Monde (MDM) et Caritas ont fait part de leur inquiétude. "Les heurts entre partisans et opposants du président Aristide font des centaines de blessés parmi les combattants mais aussi au sein de la population civile", selon MDM.

La Maison Blanche a averti que les Etats-Unis refouleraient d'éventuels réfugiés haïtiens qui arriveraient sur leurs côtes, tandis que Ottawa et Washington appelaient leurs ressortissants (20.000 Américains) à quitter Haïti.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1371

Attaque de la ville frontalière de Ouanamindhe

20 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE, 19 fév (AFP) - Un groupe d’hommes armés a attaqué jeudi le commissariat de police de la ville frontalière de Ouanamindhe, à une cinquantaine de kilomètres à l’est du Cap-Haïtien, en faisant fuir les policiers qui s’y trouvaient, selon un journaliste local de Radio Vision 2000. Après l’attaque, les assaillants, qui ne sont pas restés dans la ville voisine de la République dominicaine, ont incendié le commissariat. Ils se sont également emparés de deux véhicules tout-terrain appartenant à une organisation non gouvernementale basée dans la ville, selon le journaliste de cette radio privée de la capitale, citant le témoignage d’un policier de la ville voisine de Fort-Liberté. Il n’a pas été possible d’obtenir confirmation de cette attaque d’une autre source. Pour sa part, le maire du Cap-Haïtien, Wilmar Innocent, s’est borné à indiquer qu’un vent de panique avait soufflé sur la ville à la suite d’une rumeur annonçant l’attaque du commissariat de la ville par des hommes armés. Dans un premier temps, les policiers avaient fui le commissariat, mais ils sont ensuite retournés à leur poste, constatant que la nouvelle était fausse, selon le maire.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1413

Un commissariat attaqué près de Port-au-Prince : un mort

22 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE, 22 fév (AFP) - Un groupe d’inconnus armés a attaqué dans la nuit de samedi à dimanche le commissariat de Bon Repos, dans la banlieue nord-est de Port-au-Prince, tuant un passant, ont annoncé des riverains. Cette attaque a été confirmée par une source policière. On ignorait dimanche en début d’après-midi si cette attaque était le fait d’insurgés armés liés aux rebelles du nord ou à une autre organisation. Une soixantaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées en Haïti depuis le début, le 5 février, d’une insurrection armée réclamant la démission du président Jean Bertrand Aristide.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1414

Les insurgés s’emparent de Cap-Haïtien, deuxième ville d’Haïti

22 février 2004

 

PORT-AU-PRINCE, 22 fév (AFP) -Les insurgés haïtiens se sont emparés facilement dimanche de Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville du pays, faisant deux morts, et ils contrôlent désormais près de la moitié d’Haïti.

 

L’ensemble du département du nord du pays est désormais sous la coupe de ces insurgés, réunis au sein d’un Front de résistance nationale qui veut le départ du président Jean Bertrand Aristide.

 

Ils s’étaient déjà emparés de celui de l’Artibonite, du département du Nord-est et de la plus grande partie de celui du Centre et en partie de celui du Nord-ouest sur les neufs départements que compte le pays.

 

Un commissariat a aussi été attaqué dimanche matin dans la banlieue nord-est de Port-au-Prince, à Bon Repos, a indiqué la police sans préciser s’il s’agissait d’insurgés en treillis militaires. Un passant a été tué.

 

Après être entrés dimanche matin dans l’aéroport de Cap-Haïtien, situé à l’est de cette métropole d’un million d’habitants, en passant par la localité de Petite Anse, plusieurs dizaines d’hommes en treillis militaire ont pénétré dans Cap-Haïtien où ils se sont emparés du commissariat central après "des tirs intenses", selon des habitants contactés par l’AFP.

 

Toutefois, ces sources n’ont pas été témoins d’affrontements.

 

Les prisonniers ont été libérés de la prison toute proche, installée dans l’ancien arsenal de la ville. Le feu y a été mis.

 

Le commissariat central et le bâtiment de la direction départementale ont ensuite été pillés, puis incendiés par la population, selon les mêmes témoins.

 

Deux radios favorables au pouvoir, Radio Africa de l’ex-député Nahum Marcellus, considéré comme un des durs du parti Lavalas au pouvoir, et RTK (radio télé Kumbite) ont été saccagées par des manifestants encadrés par des hommes du Front, a constaté un journaliste local.

 

Les deux tués seraient des partisans du pouvoir.

 

La police haïtienne à Port-au-Prince a confirmé la prise du commissariat et ne plus être en contact avec ses hommes à Cap-Haïtien.

 

Les policiers et les responsables du parti Lavalas du président Aristide ont fui et auraient quitté la ville. Selon un responsable de la compagnie aérienne haïtienne "Tropical airways", des hommes armés habillés en noir ont saisi l’un de ses avions. D’autres résidents de Cap-Haïtien ont été vus s’enfuir par la mer dans des embarcations en tirant en l’air.

 

Les insurgés ont ensuite patrouillé dans la ville et ont organisé une parade. Ils ont été accueillis favorablement par une partie de la population. Ils sont arrivés par Petite Anse à bord de deux camions et de plusieurs véhicules tout-terrain, selon des témoins.

 

Il y aurait encore dans Cap-Haïtien des poches d’hommes en armes favorables au président Aristide. Des témoins ont indiqué cependant que les coups de feu avaient cessé dans l’après-midi.

 

Vendredi, le porte-parole du Front de résistance Winter Etienne avait annoncé aux Gonaïves, le chef-lieu de l’Artibonite d’où est partie l’insurrection début février, que ses hommes prendraient ce week-end Cap-Haïtien. "Nous avons 200 hommes divisés en quatre groupes autour de Cap-Haïtien", avait-il précisé à l’AFP.

 

Il avait aussi annoncé une attaque sur Saint-Marc (160.000 habitants), à 90 km au nord de Port-au-Prince. En début d’après-midi dimanche, Saint-Marc était calme.

 

Winter Etienne a aussi affirmé que des éléments de ses troupes étaient déjà à Port-au-Prince, attendant des ordres pour attaquer.

 

Les insurgés ne font pas partie des discussions menées par la communauté internationale avec le président Aristide, l’opposition politique et issue de la société civile pour tenter de résoudre la crise en Haïti.

 

http://fr.news.yahoo.com/040223/5/3nrus.html

lundi 23 février 2004, 19h28

Cap-Haïtien livrée aux pillages, les rebelles menacent la capitale

 

CAP-HAITIEN, Haïti (AP) - Après la prise de Cap-Haïtien, objectif Port-au-Prince. Les rebelles ont affirmé leur intention de prendre le contrôle de la totalité d'Haïti d'ici "moins de 15 jours", alors que les habitants se livraient lundi à des représailles et des pillages dans la deuxième ville du pays, dans le nord.

Alors que le régime d'Aristide est de plus en plus acculé, Paris a appelé ses ressortissants à quitter Haïti, alors que côté américain, on dépêchait un contingent de 50 Marines sur place pour assurer la sécurité de l'ambassade.

Pour empêcher la progression des rebelles jusqu'à Port-au-Prince, des centaines de partisans armés du président Jean-Bertrand Aristide, de plus en plus nerveux, ont installé une dizaine de barricades enflammées le long de la route venant du nord, à proximité de l'aéroport international. Les insurgés ont de leur côté coupé les lignes de téléphone à Cap-Haïtien pour empêcher tout contact avec la capitale.

"Je pense que d'ici moins de 15 jours, nous contrôlerons l'ensemble d'Haïti", a prévenu Guy Philippe, le nouveau chef des rebelles, ajoutant qu'il souhaitait voir Aristide en prison, tout en disant ne pas savoir quelles charges pourraient être retenues contre lui.

Après la prise de Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, plus grande victoire depuis le début de l'insurrection, la rébellion contrôle désormais la moitié d'Haïti. De sources proches du gouvernement, plusieurs ministres auraient demandé à leurs amis des endroits où se réfugier en cas d'attaque contre la capitale. Une bombe artisanale a explosé dans la nuit de dimanche à lundi lors du Carnaval, en plein centre-ville, tuant un adolescent et blessant deux autres personnes, ont rapporté les radios.

A Cap-Haïtien, où on continuait à entendre des échanges de tirs, les rebelles ont commencé à arrêter des partisans présumés d'Aristide. Principales cibles de la "chasse" en cours, les "chimères", ces miliciens qui ont terrorisé la population.

La ville était par ailleurs en proie au pillage, les habitants s'emparant notamment de 800 tonnes de vivres dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM), selon Andrea Bagnoli, de l'agence onusienne. "Nous avons tous faim", a confié Jean-Luc, 11 ans, avec ses quatre sacs de riz de 50 kilos, volés au port, ficelés sur son vélo.

Fort de la principale victoire depuis le début de l'insurrection, le chef des rebelles jugeait impossible de stopper ces pillages, accusant le gouvernement d'Aristide d'avoir affamé la majorité des huit millions d'Haïtiens.

La population a aussi incendié la maison du maire, Wilmar Innocent et manifesté son hostilité au régime, des milliers de personnes défilant en scandant: "Aristide, fous le camp" ou encore "Au revoir Aristide".

Au chapitre diplomatique, la pression s'accentue sur l'opposition, qui exige le départ d'Aristide et devait donner sa réponse sur le plan de paix international lundi à 17h (22h00 GMT). Samedi, à l'issue d'une rencontre avec une mission diplomatique menée par les Etats-Unis, Aristide avait donné son accord à ce plan de sortie de crise, prévoyant la nomination d'un nouveau Premier ministre et la formation d'un nouveau gouvernement.

Cinquante Marines étaient attendus à Haïti lundi pour assurer la protection du personnel diplomatique américain. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a pour sa part demandé à ses ressortissants de quitter Haïti pour éviter le "chaos actuel". "Nous sommes convaincus que tous ceux qui n'ont pas vocation à être présents sur place ne doivent pas rester", a-t-il déclaré. Deux mille Français vivent en Haïti. AP

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1426

Le Monde

En Haïti, le pouvoir chancelle face à la progression des insurgés

23 février 2004

 

Le pouvoir du président haïtien Jean-Bertrand Aristide semblait de plus en plus menacé, lundi 23 février. Pour la première fois, la mission diplomatique, qui avait proposé un plan de sortie de crise refusé, dans un premier temps, par l’opposition démocratique, a évoqué un possible départ du président pour mettre fin au chaos grandissant. Les insurgés, qui comptent bon nombre d’anciens militaires ou de miliciens déçus par le pouvoir, contrôlent désormais plus de la moitié du pays. Dimanche, ils se sont emparés du grand port du nord, Cap-Haïtien, où ils ont été accueillis triomphalement par la population. Cette "Nouvelle armée haïtienne" promet de marcher sur la capitale, Port-au-Prince, "avant deux ou trois jours".

Hinche (centre-est d’Haïti) de notre envoyé spécial

 

Cap-Haïtien, le grand port du nord du pays, a été attaqué par les insurgés, dimanche 22 février au matin. Comme dans les autres villes prises par les rebelles, la police et les bandes armées à la solde du gouvernement se sont enfuies dès les premiers coups de feu. Les seuls combats meurtriers ont eu lieu à l’aéroport, où huit personnes auraient été tuées.

 

La deuxième ville d’Haïti - un million d’habitants - est ainsi tombée aux mains des insurgés en quelques heures. Aussitôt, la population, largement favorable aux rebelles, a pillé, saccagé ou incendié les commissariats de police, divers bâtiments officiels, deux stations de radio progouvernementales et des entrepôts de marchandises sur le port. Un commando a attaqué la prison et libéré plus de 200 détenus. Les partisans du président Jean-Bertrand Aristide sont partis vers le sud ou se cachent dans la campagne, en particulier les "chimères", ces bandes armées à la solde du pouvoir.

 

Une semaine après avoir pris la ville de Hinche, quelques dizaines de rebelles armés venus de République dominicaine contrôlaient les zones montagneuses de l’est du pays et le plateau central. Faute de pouvoir occuper en permanence toutes les zones habitées, les insurgés se déplacent sans arrêt d’une ville à l’autre, et font des apparitions surprises sur les marchés ou dans les gares routières.

 

VIEUX FUSILS

 

Les rebelles circulent à bord de pick-up Toyota et de camionnettes tout-terrain, souvent "réquisitionnées" sur place. Certains portent des treillis, des casques, des gilets pare-balles et des armes lourdes, tandis que d’autres, en tenue civile, ne possèdent que de vieux fusils en mauvais état. Bien ou mal équipés, ils refusent d’être assimilés à une bande d’insurgés : ils se considèrent comme l’armée régulière haïtienne, dissoute par le président Aristide en 1994 mais reconstituée clandestinement. De nombreux soldats avaient très mal vécu cette démobilisation forcée, d’autant que le président avait aussi confisqué leurs fonds de retraite. Certains étaient partis en exil en République dominicaine, où ils se sont organisés dans le but de reconquérir le pouvoir en Haïti.

 

Dans la région de Hinche, les chefs de la rébellion sont deux anciens officiers très actifs au sein des réseaux de militaires exilés, Jean-Baptiste Joseph et surtout le commandant Ravix, un homme au physique imposant et à la voix puissante, habillé en civil mais portant un pistolet à la ceinture. M. Ravix affirme au Monde qu’il est désormais le seul détenteur de l’autorité dans le secteur, et qu’il dirige un détachement de la "Nouvelle armée haïtienne", l’ancienne armée ressuscitée.

 

Pourtant, il existe à Hinche un autre centre de pouvoir : le quartier général du Mouvement paysan papaye (MPP), à la fois syndicat agricole très combatif et mouvement politique militant pour le développement durable et la démocratisation du pays. Son chef, Chavannes Jean-Baptiste, a été pendant longtemps un compagnon de lutte de Jean-Bertand Aristide, avant de rompre avec lui puis de devenir l’un de ses adversaires les plus farouches.

 

Dès leur arrivée à Hinche, les leaders de la "Nouvelle armée" ont décidé d’aller rencontrer Chavannes Jean-Baptiste dans son fief, un hameau à l’écart de la ville, et de lui demander avec insistance son soutien public. Tout en sachant que le rapport de forces n’est pas à son avantage, Chavannes Jean-Baptiste a refusé, rappelant aux militaires qu’il a consacré toute sa vie à la lutte non-violente.

 

OBJECTIF PRIORITAIRE

 

Deux jours plus tard, il ne cache pas au Monde son inquiétude : "Ils sont ici ; nous ne pouvons rien contre eux ; ils viennent s’exprimer sur notre station de radio, mais nous ne connaissons pas leur projet politique, si toutefois ils en ont un. Peut-être qu’un jour nous nous retrouverons face à eux." Cela dit, il reconnaît qu’à court terme le MPP et la "Nouvelle armée" ont le même objectif prioritaire : la démission du président Aristide.

 

Après plusieurs jours d’incertitude, le MPP organise une manifestation, comme il le fait régulièrement depuis des mois. Aussitôt, le commandant Ravix fait savoir qu’il viendra avec ses troupes, pour assurer la sécurité. Alors que la manifestation approche de la ville, les soldats apparaissent, entassés dans leurs voitures, en tenue de combat et lourdement armés.

 

Il y a un moment de flottement mais, lorsque la jonction se fait entre le cortège du MPP et le convoi militaire, la foule se met à applaudir et à crier : "Vive l’armée !" Bientôt, toute la ville accueille les soldats en héros, on chante et on danse dans les rues au son des tambours. Courant à côté des pick-up, des femmes font aux soldats des compliments très crus sur leur virilité et se lancent dans des danses suggestives.

 

CHANSONS DE COMBAT

 

Les militants MPP, plus sérieux, entonnent des chansons de combat et récitent les noms des habitants de la ville tués par les "chimères". Un étudiant promu porte-parole de son quartier résume l’état d’esprit général : "C’est vrai qu’on ne sait pas ce que les militaires nous réservent, mais les "chimères" ont été pires que tout. Depuis qu’ils sont en fuite, nous nous sentons libres."

 

A l’arrière du cortège, Pierre-Louis Richel, 23 ans, marche doucement en grimaçant. En mars 2003, il a été battu par les "chimères" et laissé pour mort parce qu’il portait un tee-shirt orné du logo d’un parti d’opposition. Il souffre encore de graves séquelles au cou, au dos, au bras et à la vessie. "Je n’ai pas beaucoup de forces, mais je voulais être là pour que les gens se souviennent", dit-il.

 

Sur la place centrale, le commandant Ravix, revolver au poing, exulte : "Le peuple est avec nous, tout va aller très vite maintenant." En attendant, ses hommes doivent assurer le service d’ordre, car les manifestants se répandent en désordre dans la ville. Des "chimères", qui se cachaient chez des proches, sont débusqués et livrés aux soldats.

 

Vers le sud, le territoire de la "Nouvelle armée" s’étendait, dimanche, jusqu’aux abords de Mirebalais, petite ville située à une heure et demie de Port-au-Prince. Les insurgés proclament à présent que leur prochain objectif est la capitale. "Nous serons à Port-au-Prince avant deux ou trois jours", assure l’un de leurs représentants. Pour contenir l’avancée de la rébellion, le gouvernement y a installé les troupes d’élite habituellement chargées de protéger le palais présidentiel.

 

  Yves Eudes

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1423

Attaque d’un poste de police à l’est de Port-au-Prince

23 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 23 fév (AFP) - Un poste de police de Terre Rouge, colline dominant l’est de la capitale haïtienne, a été attaqué dimanche soir par un commando d’hommes armés qui ont mis en fuite les policiers qui l’occupaient, a annoncé lundi une radio privée de Port-au-Prince, Radio Kiskéya, citant une source policière.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4465

Le soulèvement touche la presqu’île du Nord-Ouest

Posté le 24 février 2004

 

Le soulèvement a atteint lundi soir la ville côtière de Port-de-Paix, à 173 kilomètres à l’ouest du Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays tombée entre les mains des insurgés, le dimanche 22 février, ont rapporté des stations de Port-au-Prince.

 

Des civils armés, en provenance de plusieurs quartiers populaires de la ville, selon la presse locale, ont attaqué une ville livrée à elle-même, que la police avait fuie auparavant. Le commissariat central et des bureaux de l’administration publique, notamment celui de l’autorité portuaire nationale, ont été pillés et les prisonniers libérés.

 

Mardi également, de fortes tensions régnaient dans la troisième ville du pays, Les Cayes, au lendemain d’un défilé carnavalesque qui a dégénéré en affrontement entre proches et opposants du gouvernement de Jean Bertrand Aristide. Des barricades de pneus enflammés ont été érigées dans des quartiers de la ville et des maisons ont été incendiées par de présumés proches du pouvoir.

 

Le chef de l’Etat, qui fait face à la plus importante opposition depuis le début de son second mandat, a refusé une fois de plus de quitter le Palais national avant le 6 février 2006 et annoncé la tenue de nouvelles élections législatives, en novembre. En janvier dernier, le président Jean Bertrand Aristide avait promis des élections dans les six prochains mois..

 

Par ailleurs, l’Agence France Presse a annoncé mardi que le secrétaire d’Etat au travail et ancien chef de la police, Jean Claude Jean-Baptiste, avait quitté le pays, pour des raisons non encore élucidées. L’AFP a également confirmé le départ du sénateur Sonson Prince Pierre cette fois pour des raisons de sécurité.

JEC

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1463

Les insurgés tentent de faire régner l’ordre à Cap-Haïtien

25 février 2004

(AFP) Les forces insurgées qui ont pris dimanche le contrôle de Cap-Haïtien, deuxième ville d’Haïti (nord), tentaient mardi d’assurer l’ordre face aux pillards dont l’un a été tué, selon un photographe de l’AFP.

Ils ont tué un pillard dont le corps gisait près du port, a-t-il constaté.

Les pillages avaient commencé dimanche. Le commissariat, la prison, le port, l’aéroport, la douane et les entrepôts de produits alimentaires ont été saccagés.

Les réserves de 800 tonnes du Programme alimentaire mondiale (PAM) destinées aux écoles et aux centres de santé des départements du Nord et du Nord-Est, l’entrepôt de l’organisation humanitaire américaine CARE et ceux d’un importateur haïtien de riz, Virginie Saint-Pierre, ont été entièrement vidés.

Un cordon de sécurité d’anciens militaires qui composent les forces insurgées a été déployé au port, tandis que d’autres patrouillaient dans la ville où ils sont plus d’une centaine.

Ils recherchaient également des partisans du président Jean Bertrand Aristide. Des maisons ont été incendiées, a également constaté le photographe.

 

http://www.elcaribecdn.com.do/articulo_multimedios.aspx?id=2272&guid=8F78ABA130234314AF7C3A09D0C51ED1&Seccion=64

Saquean ONG alemana que lucha contra el hambre en Haití 

La entidad trabaja en Haití desde el 1975

Por Redacción / elcaribecdn.com

Miercoles 25 de febrero del 2004 actualizado a las 10:46 AM

BERLIN.- Grupos armados han asaltado y saqueado la oficina de la organización humanitaria alemana Ayuda contra el Hambre en el Mundo en Haití, informó hoy el organismo, con sede en Bonn.

En un escueto comunicado, la organización no gubernamental añadió que las actividades de la citada oficina están suspendidas debido a los enfrentamientos que se están viviendo en ese país desde comienzos de febrero.

La organización humanitaria trabaja en Haití desde 1975, esencialmente en proyectos agrícolas, de abastecimiento de agua y de infraestructura.  

Desde 1975 hasta 2003, la organización ha apoyado proyectos con un total de 33 millones de euros.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1458

Port-au-Prince attend dans l’improvisation et le désordre l’attaque de la rébellion haïtienne

25 février 2004

-  Yves Eudes

(Le Monde) Port-au-Prince de notre envoyé spécial

Depuis dimanche 22 février, les unités d’élite de la police, les militants politiques soutenant le président Jean-Bertrand Aristide et les bandes armées à son service tentent de s’organiser pour faire face à une éventuelle attaque de Port-au-Prince par les rebelles armés, qui occupent tout le nord du pays. Les préparatifs se font dans une ambiance générale de désordre et d’improvisation. L’agitation est très forte dans les quartiers pauvres du nord de la capitale, qui sont entièrement contrôlés par les partisans du pouvoir. Ils se retrouveraient en première ligne en cas d’offensive venue du nord.

A Cité-Soleil, le bidonville le plus misérable et le plus dur de Port-au-Prince, des hommes armés de fusils à pompe et de fusils-mitrailleurs ont bloqué l’avenue principale avec des barricades faites de rochers, de blocs de béton, de carcasses de voitures, de vieux pneus et de gravats. Certains sont habillés pauvrement, comme le reste de la population, d’autres portent des habits coûteux et voyants, semblables à ceux des chanteurs de rap américains. Ils montent la garde jour et nuit, hurlant et gesticulant au moindre incident, tirant en l’air à l’occasion.

Les piétons et les vélos passent en général sans encombre, mais toutes les voitures sont arrêtées et parfois fouillées. Les automobilistes récalcitrants sont frappés à coup de crosse ou tenus en joue. Au cours de la journée, d’autres jeunes, moins menaçants, ont monté à leur tour de petits barrages filtrants dans tout le quartier, sans plan d’ensemble. Ils laissent passer certains véhicules et en bloquent d’autres, selon l’humeur du moment.

BARRAGES VOLANTS

Un peu plus à l’est, le quartier populaire de Bon-Repos est occupé par une unité d’élite de la police, habituellement chargée de la protection du palais présidentiel. Les policiers établissent des barrages volants, vérifiant l’identité des automobilistes et fouillant les voitures. Tout autour, des groupes d’hommes et de femmes désœuvrés les regardent faire.

Un homme, qui se présente comme un professeur de l’école du quartier, est venu avec quelques amis pour montrer aux policiers que la population est avec eux. "Je n’appartiens à aucun parti, mais je soutiens notre président, assure-t-il, comme la majorité des gens de Bon-Repos. Nous sommes tous très soudés ici, nous ne voulons pas d’un retour au pouvoir des anciens militaires. Nous n’avons pas d’armes à feu, mais si les rebelles essaient d’entrer, nous les combattrons avec les moyens du bord. Et si les policiers se sentent soutenus par la population, ils se battront. Nous allons rester avec eux toute la nuit." Derrière lui, les passants approuvent mollement, les yeux baissés.

PETITES BARRICADES

En fait, la police locale a quitté le quartier depuis vendredi, à la suite d’une attaque menée par un commando non identifié. Un gradé de l’unité spéciale qui les a remplacés leur trouve des excuses : "Ils n’étaient pas assez armés, ils ont dû s’en aller. Mais quand les assaillants se sont aperçus que la population leur était hostile, ils sont partis très vite." Depuis cet incident, le commissariat est occupé par les gens du quartier, qui disent vouloir le protéger contre les pillards. Dans les rues adjacentes, des groupes de très jeunes gens ont érigé de petites barricades mal agencées.

Dès la tombée de la nuit, les barrages des faubourgs nord sont devenus totalement infranchissables. De nombreux employés, travaillant au centre-ville et habitant à la périphérie, ne peuvent pas ou n’osent pas rentrer chez eux, et s’apprêtent à dormir chez des amis, à l’hôtel, ou dans leur voiture. L’ambassade américaine, située en bord de mer non loin de ces quartiers dangereux, est désormais gardée par une unité de cinquante marines.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1474

Des magasins de voitures pillés à Port-au-Prince

26 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 25 fév (AFP) - Deux vendeurs de voitures ont vu leurs magasins pillés mercredi alors que des coups de feu étaient entendus à Port-au-Prince, selon des témoins et l’opposition. La Plate-forme démocratique de la société civile et des partis d’opposition a attribué ce pillage à des groupes partisans du président Jean Bertrand Aristide, qui multipliaient la construction de barricades dans la capitale haïtienne, ainsi qu’à ses entrées nord, est et ouest. Selon des témoins, des coups de feu sont survenus dans le quartier du port et le quartier pauvre de Cité du Soleil, resté fidèle au président haïtien.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1469

Haïti : des insurgés s’emparent de l’île de la Tortue

26 février 2004

PORT-AU-PRINCE - Des insurgés haïtiens se sont emparés de l’île de la Tortue, dans le nord du pays, selon des sources policières. L’île est habitée par 50 000 personnes et constitue la plaque tournante du commerce avec les Etats-Unis et les Bahamas. [ats] - Cette attaque n’a pas fait de victimes, selon ces sources. Le commissariat de l’île a été attaqué par un commando d’hommes armés qui ont mis à sac le bâtiment avant de l’incendier. Le chef du commissariat Jean Alexis et deux policiers ont pu quitter au préalable leurs bureaux et se sont réfugiés chez des habitants de l’île.

Située au large de la côte nord-ouest de Haïti, l’île de la Tortue est le dernier territoire du nord d’Haïti qui n’était pas sous le contrôle des insurgés. Cette île dispose de liaisons maritimes régulières avec la Floride, aux Etats-Unis, et l’archipel des Bahamas.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1517

Haïti : la ville de Mirebalais est tombée aux mains des insurgés

27 février 2004

PORT-AU-PRINCE - La tension continue de monter en Haïti. Les insurgés du Front de résistance nationale ont pris le contrôle de la ville haïtienne de Mirebalais. Cette localité de 140 000 habitants se situe à 57 km au nord de Port-au-Prince.

La prise de contrôle par les rebelles a été annoncée par un journaliste local joint par l’AFP. Il était impossible de savoir dans un premier temps si cette attaque a fait des victimes, ni le nombre des assaillants. Des tirs étaient entendus dans la ville, mais il pourrait s’agir de tirs en l’air d’intimidation, selon la même source.

Mirebalais est avec la ville de Saint-Marc, à 96 km au nord de la capitale, l’un des deux verrous stratégiques menant vers la capitale. A Saint-Marc, dernière ville du nord du pays à être tenue par la police fidèle au président Jean Bertrand Aristide, la situation était calme, selon un autre journaliste local joint par l’AFP.

A Mirebalais, une quinzaine de policiers avaient ont évacué le commissariat il y a 48 heures après avoir distribué son mobilier aux habitants. Il ne restait dans la ville qu’une vingtaine de policiers membres de l’administration pénitentiaire nationale (Apena) qui gardaient 67 détenus de la prison.

Selon le journaliste local, tous les détenus ont été libérés lors de l’attaque. Ils ont quitté la prison en emportant des matelas, a-t-on précisé de même source. Plusieurs d’entre eux criaient "Vive l’armée", alors que la population restait calfeutrée chez elle.

Les insurgés armés comptent dans leurs rangs plusieurs anciens membres de l’ex-armée haïtienne, dissoute en 1995 par le président Aristide.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1508

La ville des Cayes, 3e du pays, tombe aux mains d’opposants

27 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 26 fév (AFP) - La ville des Cayes (sud), troisième ville d’Haïti avec 125.000 habitants, est passée jeudi sous le contrôle d’opposants armés au président Jean Bertrand Aristide, a-t-on appris de sources policières. Aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles victimes. Le commissariat central de cette ville, située à environ 200 km de Port-au-Prince, a été abandonné par les policiers haïtiens après une attaque d’opposants armés au président, membres d’un groupe local appelé Base Résistance, selon les mêmes sources. Les commissariats de deux autres bourgades du sud d’Haïti, à Côtes-de-Fer et à Cavaillon (40.000 habitants), ont également fait l’objet d’attaques du même groupe d’opposants et ont été abandonnés par les policiers, selon des sources policières.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1522

Morts et scènes de pillages à Port-au-Prince

27 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 27 fév (AFP) - Des troubles ont fait vendredi plusieurs morts à Port-au-Prince, ville de 2,5 millions d’habitants, théâtre également de scènes de pillage notamment dans la zone du port, ont constaté des journalistes de l’AFP. Plusieurs centaines de personnes ont été observées pillant des entrepôts, et les corps d’au moins trois hommes, vraisemblablement exécutés par des tirs dans la tête, étaient visibles à Poupelard et Christ-Roi, des quartiers périphériques de la capitale haïtienne. L’un des cadavres avait les poings liés mais les habitants ont indiqué n’avoir aucune information sur les auteurs des meurtres. Des témoins ont signalé à l’AFP avoir vu la présence d’autres corps dans les rues de la ville, sillonnées par des camions remplis d’hommes en armes. Autour du Palais présidentiel, les barricades ont été renforcées vendredi matin et étaient gardées par des hommes en armes. Les banques et les magasins étaient fermés et la circulation était presque totalement arrêtée. Les militants armés du président Jean Bertrand Aristide tentaient d’arrêter les rares véhicules encore en circulation, en agressant les occupants, leur lançant notamment des grosses pierres. "On a eu de la chance d’en sortir vivants", a déclaré à l’AFP un automobiliste, dont la voiture transportant un autre passager a été la cible d’une attaque et qui n’a dû son salut qu’à une marche arrière en catastrophe. Les violences se sont intensifiées à Port-au-Prince alors que les insurgés armés ont pris vendredi aux premières heures le contrôle de Mirebalais (140.000 habitants), à 57 km au nord de la capitale, selon un journaliste local joint par l’AFP. 67 prisonniers de la prison de la ville ont été libérés par les insurgés. La veille, un groupe d’opposants armés, sans lien apparent avec Guy Philippe, s’était emparé de la troisième ville du pays, les Cayes, au sud du pays. La deuxième ville, Cap Haïtien (nord), était tombée dimanche. Les jours semblent désormais comptés pour le président Aristide, totalement lâché par Paris, Washington et Ottawa, bien qu’il ait encore affirmé jeudi sa détermination à s’accrocher au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat en 2006 en dépit des pressions internationales. L’insurrection armée est entrée jeudi dans sa quatrième semaine. Les violences des partisans d’Aristide et l’insurrection ont fait depuis début février plus de 70 morts et plusieurs centaines de blessés.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1528

Washington appelle Aristide et les insurgés à faire cesser les violences

 

PORT-AU-PRINCE, 27 fév (AFP) - Le gouvernement américain a lancé vendredi des "appels solennels" au président haïtien Jean Bertrand Aristide pour qu’il fasse cesser les violences commises par ses partisans, et aux insurgés pour qu’ils "arrêtent leur avance" sur Port-au-Prince. Dans une déclaration rendue publique vendredi soir, au terme d’une journée de violences à Port-au-Prince, par l’ambassade américaine à Port-au-Prince, "le gouvernement des Etats-Unis constate avec stupéfaction que les organisation populaires pro-gouvernementales à Port-au-prince commencent à brûler, piller et tuer" et lance "un appel solennel au président Aristide de donner toutes les instructions nécessaires pour que ses partisans arrêtent cette violence aveugle à l’encontre de la population civile et des biens publics et économiques du pays". "Même un hôpital serait en train d’être attaqué en ce moment. Des gangs armés qui sèment la terreur et qui s’attaquent aux civils et à la population en général agissent au nom de Jean Bertrand Aristide", relèvent encore les autorités américaines. "Nous voudrions faire comprendre à M. Aristide que son honneur, son héritage, et sa réputation sont en jeu", ajoute-t-il. "Nous saisissons l’occasion de faire aussi un appel solennel aux forces armées du nord pour qu’elles arrêtent leur avance, afin d’épargner à la capitale des violences qui s’ajouteraient à celles perpétrées actuellement à Port-au-Prince par les gangs armés pro-gouvernementaux", précise encore cette déclaration, publiée en français. "Il faut que tous comprennent que la communauté internationale est pleinement saisie de cette crise et oeuvre énergiquement pour épargner encore des souffrances au peuple haïtien", conclut-elle

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1545

Les pillages se poursuivent au port de Port-au-Prince

28 février 2004

PORT-AU-PRINCE, 28 fév (AFP) - Les pillages se poursuivaient samedi au port de Port-au-Prince, alors que la plus grande partie de la capitale haïtienne passait une journée plutôt calme, au lendemain d’une journée de violences et de pillages presque généralisés. Des centaines de pillards, pour beaucoup armés, s’emparaient de tout ce qu’ils pouvaient emporter, selon les journalistes de l’AFP. Certains mettaient en vente leur butin sitôt sortis de l’enceinte du port. Un calme précaire régnait samedi matin dans le reste de la ville, où les barricades érigées par les militants ont été abandonnées, l’appel du président Aristide à ses partisans de ne pas agir illégalement semblant avoir été entendu.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1544

Des corps abandonnés dans les rues après une journée de violences

28 février 2004

(AFP) Huit corps au moins, dont l’un baignant samedi matin dans une mare de sang, ont été abandonnés dans différents endroits de la capitale haïtienne après une journée de violences, règlements de compte et pillages mis sur le compte des partisans du président Jean Bertrand Aristide.

Ces huit victimes ont, semble-t-il, toutes été tuées de tirs de balles dans la tête, selon les journalistes de l’AFP.

Dans le quartier périphérique de Carrefour, les corps de cinq jeunes gens ont été laissés sur le sol alors que la ville se réveillait dans un calme précaire sous d’épaisses brumes matinales, après une nuit de fortes pluies émaillée de tirs sporadiques.

Deux autres corps sans vie ont été vus près d’un cimetière du quartier de Petionville.

Devant le principal hôpital de Port-au-Prince, un homme aux yeux bandés baignait, face contre terre, dans une mare de sang samedi matin, tué d’une balle dans la tête. Il avait les mains attachés dans le dos.

Un petit groupe de curieux discutaient autour du cadavre du tissu vert utilisé pour le menotter.

Aucun des participants à la discussion n’a pu identifier le corps. Tous marquaient une grande réticence à spéculer sur les circonstances de la mort de cet inconnu.

La veille, la ville a été le théâtre de scènes anarchiques particulièrement violentes, marquée par des règlements de comptes meurtriers et pillages de nombreux entrepôts dans les quartiers près du port.

Selon un diplomate, qui s’exprimait sous couvert d’anonymat, ces violences étaient orchestrées par des "gangs pro-Aristide qui ont reçu l’ordre de terroriser la population".

Certains de ces militants du président Jean Bertrand Aristide ont également attaqué à trois reprises l’Hôpital adventiste de Port-au-Prince dans la nuit, ont expliqué à l’AFP des membres de son personnel.

A deux reprises ils sont venus pour voler de l’argent et des médicaments. Une autre fois ils étaient entrés en force pour faire soigner un de leurs hommes.

Samedi matin, quelques rares piétons arpentaient les rues du centre jonchées de détritus alors que les forces de l’ordre se montraient particulièrement discrètes.

Seuls quelques véhicules de police banalisés circulaient dans les rues quasi désertes.

"Il y a eu beaucoup de bruit et de combats la nuit dernière mais maintenant c’est calme", lance un jeune Haïtien qui se fait appeler "Boss Tom" parmi un groupe d’une dizaine de jeunes gens déambulant près de l’aéroport. "Nous avons tous écouté le président cette nuit", ajoute-t-il avant de reprendre une gorgée de rhum local.

Le président Aristide s’est adressé à la population aux premières heures samedi matin sur la télévision nationale en les appelant au calme.

"Cinq ans, cinq ans", scandent alors les jeunes Haïtiens, en référence à la durée du mandat du président qui expire en février 2006, tout en assurant qu’ils restent prêts à redescendre dans la rue pour le défendre.

http://www.haiti-info.com/imprimer.php3?id_article=1541

Dans le chaos, Haïti attend la chute de Jean-Bertrand Aristide

Le Monde, 28 février 2004

Les heures du régime semblent comptées. La rébellion armée n’était plus, samedi matin, qu’à quelques dizaines de kilomètres de Port-au-Prince. La France, les Etats-Unis et le Canada demandent le départ du président. Dans la capitale, les pillages et les violences se multiplient.

Port-au-Prince de notre envoyé spécial Avec la prise de Mirebalais, les rebelles armés qui tiennent le nord du pays sont désormais à deux heures de route des faubourgs de Port-au-Prince. La ville est tombée sans combat. Les unités d’élite de la police, qui l’occupaient depuis une semaine, l’avaient quittée la veille après avoir distribué leurs vivres et leurs fournitures aux habitants. Comme partout ailleurs, les soldats de la "nouvelle armée haïtienne" ont été accueillis ici en libérateurs, et la population a improvisé une fête en leur honneur. Peu après, les rebelles ont quitté la ville, ne laissant sur place qu’une quinzaine d’hommes. La piste étroite et caillouteuse menant de Mirebalais à Port-au-Prince est dégagée, et ouverte au trafic venant de l’est et du nord. Des camions et des autocars bondés descendent de Belladère, ville située à la frontière de la République dominicaine. Les passagers, qui vont à Port-au-Prince dans l’espoir de trouver un peu d’argent, affirment qu’à Belladère, la police a disparu, mais que les rebelles ne sont pas encore arrivés. La seule localité de la région encore sous le contrôle des partisans du président Aristide, Croix-des-Bouquets, est en fait une banlieue de Port-au-Prince. La résidence privée du président Aristide et le petit aéroport qu’il utilise parfois ne sont qu’à quelques kilomètres. L’entrée nord de Croix-des-Bouquets est bloquée par un groupe de "chimères" armés de pistolets et de machettes, qui ont construit une barricade rudimentaire avec des rochers, des gravats et des planches. Beaucoup sont ivres ou drogués, et agressent sans raison les automobilistes qui essaient de négocier leur passage, y compris les journalistes étrangers. A l’intérieur de Croix-des-Bouquets, d’autres groupes de "chimères" fortement armés patrouillent à toute allure à bord de camionnettes et de pick-up Toyota surchargés. La police locale est encore là, mais elle semble dépassée par la situation. Dans le commissariat, les policiers, sans armes et habillés en civil, écoutent de la musique sur leurs walkmans en buvant du Coca-Cola. Leur chef, le commissaire Germain Saint Fleur, a conservé son uniforme, mais ses propos sont très prudents : "La police est apolitique, notre rôle est d’assurer la sécurité de la population, et de préserver la viabilité de notre institution en toutes circonstances. Nous manquons de moyens, nous sommes peu nombreux, et de toute façon, notre mission n’est absolument pas militaire." A Port-au-Prince, la situation a fortement empiré en vingt-quatre heures. La circulation est presque nulle à cause de la pénurie d’essence. Tout est fermé, les gens n’osent plus se rendre à leur travail, l’électricité fonctionne par intermittence. Retranché dans son palais présidentiel inaccessible, Jean-Bertrand Aristide refuse de quitter le pouvoir : "Ma vie est liée à la vie de 8 millions de personnes, j’ai la responsabilité comme président élu de rester où je suis, pour protéger les gens", déclare-t-il. Les "chimères" et les gangs de rue se déchaînent dans toute la ville, plus aucun quartier n’est épargné. Des groupes de jeunes hommes armés roulent dans les avenues sans but précis, parfois à bord de véhicules officiels équipés de sirènes. D’autres établissent des barrages n’importe où, selon leur humeur. Certains ont installé au milieu des rues des tables, des chaises et des bancs pour être plus à leur aise, car ils ont l’intention d’y passer la journée et peut-être la nuit. Ils rançonnent ou brutalisent les rares automobilistes, volent des voitures, insultent et menacent ceux qui tentent de les approcher.

ENTREPÔTS ATTAQUÉS Quelques-uns acceptent de parler à la presse, mais n’ont pas grand-chose à dire. Ils préfèrent chanter des chansons à la gloire du président Aristide et répéter inlassablement les mêmes slogans : "Si vous ne voulez pas de Titid pour cinq ans, vous l’aurez pour la vie !" "Si les riches chassent Titid, nous brûlerons leurs maisons !" Les membres d’une bande particulièrement agitée, qui occupe un carrefour du bas de la ville, portent autour du cou deux images naïves, l’une de Jésus-Christ et l’autre du président Aristide. Ils jurent que si les rebelles arrivent en ville, ils les combattront, mais, visiblement, ils n’ont aucune idée de la façon dont ils vont s’y prendre. Un gang a attaqué et occupé un hôpital, sans expliquer la raison de cette agression. Vendredi, dans un communiqué, l’ambassade américaine a accusé les partisans d’Aristide d’"incendier, de piller et de tuer". L’évacuation des ressortissants étrangers se poursuit à partir de différentes ambassades choisies comme centres de regroupement. La République dominicaine a décidé d’accélérer les transferts vers l’aéroport en utilisant des hélicoptères militaires. Sur le port, les entrepôts ont été attaqués et pillés le matin, puis à nouveau l’après-midi, par des foules compactes d’hommes, de femmes et d’enfants. Ceux qui ne trouvent pas de nourriture repartent avec n’importe quoi, y compris des pièces de machines. Non loin de là, les gardes-côtes américains sont en train de faire débarquer plus de 500 Haïtiens interceptés en mer alors qu’ils tentaient de gagner la Floride par bateau. Des familles hébétées, l’air désespéré, restent assises par terre. Dans un quartier voisin, des commandos ont exécuté d’une balle dans la tête deux hommes dont les mains avaient été liées dans le dos, et ont abandonné leurs corps ensanglantés sur le trottoir. Yves Eudes

Paris veut un "gouvernement de transition"

La France, qui avait été la première à demander le départ du président Aristide mercredi, s’est faite plus pressante vendredi matin, lorsqu’une délégation du gouvernement haïtien a été reçue pendant une heure au Quai d’Orsay. Le ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a appelé à "la mise en place d’un gouvernement de transition". Il a déclaré à son homologue haïtien, Joseph Philippe Antonio, que "chaque heure comptait si l’on voulait éviter une spirale de violence qui serait incontrôlable" et que c’était "au président Aristide, qui porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle, qu’il appartenait de tirer les conséquences de l’impasse", a rapporté le porte-parole du Quai d’Orsay. M. de Villepin "a souligné la totale convergence de vues qui existe à cet égard entre les Etats-Unis, le Canada et la France", a-t-il ajouté. Le ministre français devait également recevoir des représentants de l’opposition haïtienne, mais ils n’ont pas pu quitter l’île.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4479

Grand désordre dans la capitale : au moins dix morts
Posté le 28 février 2004

Au moins dix personnes ont été tuées, vendredi à Port-au-Prince, dans des scènes de pillage et des règlements de compte quelques heures après les appels français, américain et canadien à la démission du président Jean Bertrand Aristide.

Un présumé partisan du pouvoir a été tué, dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 février, alors qu’il braquait d’une fausse arme un automobiliste qui tentait de dépasser une des nombreuses barricades érigées par des militants du pouvoir. Une deuxième personne a été abattue vendredi matin à Pétion-Ville par des camarades de la victime.

Les cadavres de cinq présumés pillards et partisans du pouvoir étaient visibles dans la périphérie sud de la capitale. Les corps d’au moins trois inconnus, atteints de tirs dans la tête, ont été découverts à l’autre côté de la ville.

Le président Aristide a une fois de plus appelé ses partisans à se mobiliser pacifiquement pour protéger la démocratie, tout en condamnant les derniers actes de violence et de pillage. Depuis plus d’une semaine, les activités commerciales sont paralysées dans la capitale.

Auparavant, l’ambassade des Etats-Unis avait lancé « un appel solennel au président Aristide de donner toutes les instructions nécessaires pour que ses partisans arrêtent cette violence aveugle à l’encontre de la population civile et aux biens publics et économiques du pays », après le constat des actes de pillage de la part « d’organisations populaires progouvernementales ».

Le chef de l’Etat a une nouvelle fois écarté toute possibilité de départ anticipé, taxant de « rumeurs sans fondement qui sont véhiculées par les leaders de l'opposition pour provoquer la population et des désordres dans le pays », les appels français, américain et canadien à sa démission.

Dans une interview téléphonique diffusée vendredi soir par la chaîne de télévision publique, il a demandé « aux 46 000 fonctionnaires de l'Etat d'être présents lundi à leur poste », promettant qu’il serait lui-même à son poste lundi.

http://fr.news.yahoo.com/040229/85/3o4f8.html

dimanche 29 février 2004, 16h36

Haïti tourne la page Aristide après 24 jours de troubles

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Confronté à une insurrection armée et cédant aux pressions de la communauté internationale, le président haïtien Jean-Bertrand Aristide a démissionné dimanche et aussitôt quitté Haïti.

Un responsable gouvernemental dominicain a tout d'abord déclaré qu'Aristide s'était rendu en République dominicaine, pays voisin d'Haïti sur l'île d'Hispanola.

Un peu plus tard, le consul d'Haïti en République dominicaine déclarait que le président démissionnaire se rendait probablement au Maroc, mais dans ce pays, le ministère des Affaires étrangères annonçait dans l'après-midi que Rabat n'accorderait pas l'asile politique à Aristide.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Haïti a déclaré que des forces militaires internationales "seraient rapidement en Haïti", pays où des troupes américaines étaient intervenues en 1994 pour rétablir au pouvoir Aristide, trois ans après son renversement par une junte militaire.

Le président de la Cour suprême, Boniface Alexandre, a été investi président dans la journée, conformément à la Constitution qui veut que le détenteur de cette fonction assure l'intérim à la tête de l'Etat en cas de vacance du poste. Alexandre avait été nommé par Aristide lui-même à la tête de la Cour suprême.

Lors d'une cérémonie à la résidence du Premier ministre Yvon Neptune, Alexandre a fait savoir qu'il "accepte cette responsabilité avec sincérité".

Neptune a lu de son côté une déclaration d'Aristide, dans laquelle ce dernier dit avoir démissionné "pour éviter un bain de sang".

A Washington, un haut responsable américain a déclaré que "l'administration pense qu'Aristide a, en démissionnant, pris la bonne décision dans l'intérêt du peuple haïtien".

A Paris, le ministre des Affaires étrangères français Dominique de Villepin a déclaré que le départ du président haïtien ouvrait la voie "à un retour à l'ordre constitutionnel" et à "la mise en place d'une union nationale" dans l'île.

"En démissionnant, le président Aristide a tiré les conséquences de la situation", écrit le ministre dans un communiqué publié peu après l'annonce du départ d'Haïti du président Aristide, confronté à une insurrection armée et aux pressions internationales.

Dans les rues de la capitale Port-au-Prince, des bandes de membres des "chimères" - la milice de partisans d'Aristide - circulaient dans les rues à bord de camionnettes, armés de fusils. Des pillards s'en sont pris à un poste de police de Pétionville, un faubourg sur les hauteurs de la capitale.

Le départ d'Aristide, sous la pression des Etats-Unis, de la France et d'autres pays, intervient 24 jours après le commencement d'une insurrection partie de la région des Gonaïves, dans le nord d'Haïti, et qui a fait depuis le 5 février près de 70 morts.

"C'est formidable pour le pays. C'est ce que nous attendions", a déclaré à Port-au-Prince Charles Baker, dirigeant d'une coalition d'organisations politiques et des droits civiques. "Maintenant, nous faisons la fête. Ensuite, nous reprendrons le travail".

Aristide, ancien prêtre catholique, avait pris ses fonctions en 1991, mais avait été chassé du pouvoir par un coup d'Etat quelques mois plus tard. Il avait été rétabli par une intervention armée américaine en 1994, puis réélu en 2000 pour un second mandat qu'il comptait bien exercer jusqu'à son terme, en 2006.

http://fr.news.yahoo.com/040229/202/3o4nx.html

dimanche 29 février 2004, 22h46

Jean Bertrand Aristide démissionne et fuit Haïti

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Jean Bertrand Aristide a démissionné dimanche de la présidence haïtienne et pris le chemin de l'exil sous la double pression d'une insurrection armée et de la communauté internationale qui devrait déployer une force de sécurité en Haïti, où la capitale est en proie au chaos.

"Ma démission évitera un bain de sang", a expliqué Aristide, 50 ans, dans un texte rédigé en créole lu par son Premier ministre Yvon Neptune. "La vie pour tous, la mort pour personne", a souligné l'ex-président qui a signé sa lettre de démission devant des témoins.

Il a ensuite quitté en avion son pays. Le Panama a décidé dimanche d'accorder un asile temporaire à l'ancien président haïtien Jean Bertrand Aristide à la demande des Etats-Unis, selon le ministre des Affaires étrangères, Harmodio Arias.

Un responsable américain a démenti qu'il se soit rendu en République dominicaine comme l'avait dit dans un premier temps la présidence de ce pays. Les Etats-Unis ont "facilité" son départ dans "des conditions de sécurité".

La fuite de Jean Bertrand Aristide a provoqué des scènes de violences de ses partisans à Port-au-Prince. Autour du Palais présidentiel, des jeunes en armes, surtout dotés de pistolets, fusils, mais aussi de machettes, s'en sont pris aux voitures de journalistes, les seules à circuler, alors que de nombreux coups de feu résonnaient dans la ville.

Au moins quatre personnes ont été tuées par balles dimanche dans la capitale haïtienne. Ces cadavres ont été aperçus notamment dans le quartier de Lalue, non loin du centre-ville.

Les Chimères, milices armées d'Aristide, mais aussi la population se sont livrées à des pillages. Plusieurs centaines de détenus se sont évadés du pénitencier national de Port-au-Prince.

Depuis le déclenchement début février d'une insurrection armée, une centaine de personnes sont mortes et plusieurs centaines blessées.

Un des responsables de la police de Port-au-Prince a annoncé l'instauration par les forces de police d'un couvre-feu sur la capitale haïtienne, de 18h00 dimanche (23h00 GMT) à 06h00 lundi (11h00 GMT), afin de "rétablir l'ordre".

Les Etats-Unis vont envoyer en Haïti un contingent de Marines, comme premier élément d'une force internationale de sécurité, a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Richard Boucher. Un détachement de quelque 200 Marines américains est parti dimanche de la base de Camp Lejeune en Caroline du Nord, selon le département de la Défense.

Ils font partis d'un premier contingent de troupes américaines qui pourrait être rejoint ultérieurement par les membres d'une force de paix internationale, a-t-il ajouté.

Les ambassadeurs américain et français, James Foley et Thierry Burkard, ont annoncé l'arrivée dans les jours à venir de troupes internationales, comprenant des unités américaines et françaises.

La France a décidé dimanche d'envoyer un détachement militaire en Haïti afin d'assurer la sécurité de ses ressortissants.

"La France a décidé d'envoyer un détachement militaire, de l'ordre de la compagnie, en Haïti, en coordination avec les Etats-Unis", a précisé la porte-parole de l'Elysée Catherine Colonna. "La France, par ailleurs, poursuit ses efforts pour mobiliser la communauté internationale en vue d'une solution de réconciliation nationale en Haïti", a-t-elle ajouté.

Le Canada participera à une force multinationale en Haïti, a indiqué de son côté le ministre canadien des Affaires étrangères Bill Graham.

L'un des dirigeants de l'opposition haïtienne, Evans Paul, a affirmé qu'il n'y avait plus aucune raison de refuser le plan international, rejeté mardi parce qu'il prévoyait un maintien au pouvoir d'Aristide jusqu'au terme de son mandat, en février 2006.

Peu après le départ d'Aristide, le président de la Cour de cassation d'Haïti Boniface Alexandre a annoncé qu'il assurait l'intérim en vertu de la Constitution.

"Le président Aristide vient de donner sa démission et conformément à ce qui est prescrit par la Constitution, l'intérim doit être assuré par le président de la Cour de cassation", a-t-il dit lors de sa prestation de serment, en présence des ambassadeurs français et américain. Il a exhorté la population haïtienne au calme.

Le départ d'Aristide, qui domine la vie politique haïtienne depuis 1990 et a déjà exercé une première présidence de 1991 à 1996, entrecoupée d'un coup d'Etat militaire sanglant, a été accueilli favorablement à l'étranger.

Le pape Jean Paul II a appelé les Haïtiens à avoir le "courage" de "prendre les décisions qui s'imposent pour le bien du pays".

La France a appelé à l'arrêt des violences. "La France appelle toutes les forces politiques de Haïti qui veulent le retour à la paix et qui refusent la la violence à se rassembler et à participer à la réconciliation nationale", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin.

 

http://fr.news.yahoo.com/040229/5/3o4oy.html

dimanche 29 février 2004, 19h57

Haïti: Aristide est parti

PORT-AU-PRINCE (AP) - Jean-Bertrand Aristide est parti. Moins d'un mois après le début de l'insurrection à Haïti, le président, lâché par Paris et Washington, a quitté dimanche un pays en proie au chaos. Son départ, réclamé par l'opposition et les rebelles, ouvre la voie à l'arrivée prochaine d'une force internationale, mais laisse encore beaucoup d'incertitudes sur l'avenir de cet Etat rongé par l'instabilité et la pauvreté.

Le chef de l'Etat, qui avait assuré jusqu'à la dernière minute qu'il irait jusqu'au bout de son mandat en 2006, a finalement choisi de s'envoler dimanche vers un exil encore inconnu. Plusieurs pays ont été évoqués dont le Maroc, Taïwan et l'Afrique du-Sud, mais pour l'heure, seul le Panama a fait savoir qu'il était prêt à envisager d'accueillir Aristide.

"Si ma démission peut prévenir un bain de sang, j'accepte de partir", a écrit le président haïtien dans une lettre lue après son départ par son Premier ministre Yvon Neptune. Aux portes de Port-au-Prince, les rebelles, qui se sont emparés de plus de la moitié du territoire depuis le début de l'insurrection aux Gonaïves le 5 février, avaient annoncé la veille qu'ils attendraient un ou deux jours avant de donner l'assaut pour laisser une chance à un réglement pacifique.

Trois heures après l'annonce du départ d'Aristide, le président de la Cour suprême haïtienne Boniface Alexandre, un homme réputé honnête, annonçait qu'il assurait l'intérim conformément à la constitution et appelait la population au calme. Conséquence de l'impasse politique en Haïti, il n'y a plus légalement de Parlement pour approuver cette désignation, les mandats ayant expiré en janvier sans que des élections aient pu avoir lieu.

Le président américain George W. Bush a néanmoins rapidement reconnu le successeur constitutionnel d'Aristide. "C'est le début d'un nouveau chapitre" de l'histoire haïtienne, a déclaré le chef de la Maison Blanche à la presse. Le président américain a annoncé l'envoi de Marines à Haïti pour contribuer à ramener le calme, notamment à Port-au-Prince.

"La voie est ouverte à un retour à l'ordre constitutionnel et à la mise en place d'une union nationale", s'est de son côté félicité le ministre français des Affaires Dominique de Villepin en visite au Japon.

Lançant un appel à toutes les forces politiques de Haïti qui "veulent le retour à la paix", le chef de la diplomatie française a rappelé que la France était "prête à prendre toute sa part dans la mobilisation de la communauté régionale et internationale qui doit désormais soutenir Haïti".

L'envoi d'une force internationale en Haïti, proposée dans la semaine par Dominique de Villepin, se dessine à présent. Les membres clés du Conseil de sécurité devaient commencer à discuter dimanche d'une résolution autorisant son déploiement, selon des diplomates des Nations unies.

Paris disait espérer à présent la formation d'un gouvernement nationale, auquel la Plate-forme démocratique, qui réunit les partis d'opposition, refusait de participer tant qu'Aristide serait au pouvoir. Mais il restait encore à déterminer quelle serait l'attitude de l'opposition, comme celle des rebelles.

A Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, tombée aux mains des insurgés dimanche dernier, les rebelles ont salué son départ aux cris d'"Aristide est parti! Aristide est dehors!". Leur chef, Guy Philippe, a annoncé dimanche que ses troupes viendraient prochainement dans la capitale "apporter la sécurité aux gens". Port-au-Prince avait basculé dans l'anarchie ces derniers jours, les partisans d'Aristide multipliant les violences, tandis que le port était livré aux pillards.

Un autre commandant rebelle, Winter Etienne, a déclaré que les rebelles désarmeraient une fois un nouveau gouvernement en place. Les rebelles forment des forces disparates dirigées par un ancien chef d'une milice pro-Aristide, Butteur Métayer, un ex-patron de la police de Cap-Haïtien, Guy Philippe et un ancien chef d'une milice paramilitaire responsable de tortures sous la junte après le renversement de Jean-Bertrand Aristide en 1991, Louis-Jodel Chamblain.

Plusieurs heures après l'annonce de son départ, le lieu du futur exil d'Aristide n'était toujours pas connu. Alors que l'un de ses conseillers avait déclaré qu'il comptait demander l'asile au Maroc, à Taïwan ou au Panama, seul ce dernier pays a dit être prêt à envisager d'accueillir le président déchu. Le Maroc "n'a pas l'intention de répondre favorablement" à une éventuelle demande d'asile d'Aristide.

Un responsable américain a déclaré sous couvert de l'anonymat que l'Afrique du Sud était le pays le plus fréquemment cité. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell s'était entretenu samedi avec le président sud-africain Thabo Mbeki, et a également eu des conversations avec ses homologues français, argentin, jamaïcain et panaméen.

Le porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher a par ailleurs confié que les Etats-Unis avaient aidé le président haïtien à quitter le pays, sans apporter d'autres détails. AP

http://fr.news.yahoo.com/040229/202/3o4si.html

dimanche 29 février 2004, 20h41

Aristide laisse Port-au-Prince en plein chaos

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Jean Bertrand Aristide a laissé la capitale Port-au-Prince, sur laquelle flottaient d'immenses volutes de fumée noire, à la merci de bandes armées et d'une foule qui multipliait les pillages.

Des forces spéciales canadiennes ont pris le contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince, pour permettre l'évacuation de Canadiens en toute sécurité. Quelque 2.000 à 3.000 Canadiens vivent en Haïti.

La plus grande prison du pays, le Pénitencier national, a été prise d'assaut dans la matinée par des pillards permettant aux centaines de détenus de s'évader, dont un ex-président, le général Prosper Avril (1988-90), détenu sans jugement.

Plusieurs immeubles sont en feu ainsi qu'une station-service dans le centre-ville. En face du palais présidentiel, une grande bâtisse blanche entourée de grilles, un bâtiment a été incendié.

Des partisans d'Aristide ont érigé de nouvelles barricades et tiraient des coups de feu en l'air.

Des Haïtiens couraient des sacs de riz et sucre sur les épaules, dans des rues encombrées de débris de barrages, couvertes de détritus et désertées par les automobilistes pour la troisième journée consécutive.

De nombreuses succursales des principales banques privées ont été attaquées et pillées. Des hommes portant des valises de billets de banque et fuyant en tirant des coups de feu en l'air ont été vus par un témoin.

L'hôpital adventiste de Diquini, dans la banlieue sud de la capitale, a été saccagé et pillé par des groupes armés proches de l'ancien président.

Les militants pro-Aristide, les "Chimères", se déplacent armés de pistolets et de machettes, chantant des slogans pro-Aristide et menaçant de couper les têtes de leurs ennemis.

Très agressifs, ces jeunes gens pénétrent dans des maisons privées à la recherche d'armes et se livrent à des pillages dans des résidences d'anciens dignitaires du régime.

Ils accusent également les gouvernements du Canada, de la France et des Etats-Unis d'être responsables du départ du président Jean Bertrand Aristide, pour l'avoir encouragé à quitter le pouvoir pour assurer le retour au calme.

Un journaliste de l'AFP a été menacé par des armes, quatre fois en moins d'une demi-heure, et expulsé de sa voiture, un fusil à pompe pointé sur la poitrine. Un des jeunes, armé d'un revolver, avait déjà pris le volant de la voiture quand un de ses amis également armé, reconnaissant un journaliste français, lui a demandé de le laisser partir. "Je suis Français, moi aussi", a-t-il lancé.

D'autres groupes de militants se jetaient sur les équipes de télévisions américaines pour leur dérober leur matériel.

Le Premier ministre Yvon Neptune a lancé dimanche matin un "appel solennel à la police nationale" pour qu'elle reprenne le contrôle de la rue.

Dans les bureaux du Premier ministre haïtien, le président de la Cour de cassation, Boniface Alexandre, a prêté serment pour assurer la présidence haïtienne par intérim, en présence des ambassadeurs français et américain, Thierry Bukard, et James Foley.

Selon des témoins, le commissariat de police central de Port-au-Prince, près du Palais national, a été pillé par des partisans armés d'Aristide.

Le commissariat de Pétionville, banlieue sud sur les hauteurs de la capitale, a été pillé par la population après que les policiers qui l'occupaient se sont enfuis. Celui de Carrefour, dans la banlieue sud de la capitale, des inconnus se sont emparés d'un stock d'armes mordernes.

Depuis trois jours, la vie s'est arrêtée dans la capitale, à laquelle des insurgés, contrôlant le nord du pays, ont menacé de s'attaquer. Les commerces, les banques, l'administration ne fonctionnent plus. Vendredi, les violences avaient fait au moins huit morts.

 

http://fr.news.yahoo.com/040229/5/3o4kb.html

dimanche 29 février 2004, 18h26

Chronologie de la crise haïtienne depuis le début de l'insurrection

PORT-AU-PRINCE (AP) - La chronologie de la crise haïtienne depuis le début de l'insurrection, début février 2004.

- 5 février: des rebelles armés s'emparent des Gonaïves, la quatrième ville du pays, début d'une insurrection qui menace la présidence. Le mouvement est lancée par l'ex-Armée cannibale, milice pro-Aristide passée à l'opposition.

- 8 février: les forces de police quittent les Gonaïves qu'elles avaient tenté de reprendre aux rebelles.

- 9 février: le soulèvement s'étend désormais à 11 villes du Nord et de l'Ouest.

- 10 février: après des combats sporadiques, la police reprend le contrôle de trois villes, dont Saint-Marc, à 70 km à l'ouest de Port-au-Prince.

- 11 février: affrontements à Saint-Marc entre policiers et rebelles.

- 12 février: les partisans d'Aristide dressent des barricades enflammées à Port-au-Prince et s'en prennent à des membres de l'opposition, entraînant l'annulation de la manifestation prévue contre le président.

- 14 février: le secrétaire d'Etat américain Colin Powell appelle le président Aristide à agir et négocier avec l'opposition pour mettre fin à la crise.

- 15 février: manifestation de la Plate-forme démocratique de l'opposition à Port-au-Prince.

- 16 février: Les rebelles prennent le contrôle d'Hinche, ville stratégique dans le centre du pays.

- 17 février: le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin appelle le président Aristide "à avancer dans le sens du dialogue" pour que cesse la violence en Haïti, un pays "au bord du chaos".

- 18 février: l'ancien chef de la police de Cap-Haïtien Guy Philippe est désormais le chef des rebelles.

- 19 février: Washington demande à ses ressortissants de quitter le pays.

- 21 février: visite d'une délégation internationale venu présenter le plan de sortie de crise présenté par la France, les Etats-Unis, le Canada, l'OEA (Organisation des Etats américains) et la Caricom (Communauté des Caraïbes), qui prévoit un gouvernement d'union. Jean-Bertrand Aristide accepte de nommer un nouveau Premier ministre, mais l'opposition refuse toute solution ne comprenant pas la démission du président Haïtien.

- 22 février: les rebelles s'emparent de Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays. Ils contrôlent désormais plus de la moitié du territoire et annoncent qu'ils vont marcher sur Port-au-Prince.

- 23 février: à la demande de Washington, l'opposition diffère de 24 heures sa réponse au plan de paix international.

- 24 février: l'opposition politique au président haïtien Jean-Bertrand Aristide rejette le plan de paix international. A Budapest, le président français Jacques Chirac estime que Jean-Bertrand Aristide a gouverné "depuis bien longtemps de façon désastreuse".

- 25 février: le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin appelle le président Jean-Bertrand Aristide, qui "porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle", à "en tirer les conséquences" et propose la mise en place d'une "force civile de paix".

- 26 février: le secrétaire d'Etat américain Colin Powell envisage ouvertement le départ d'Aristide, l'appelant à examiner "dans l'intérêt du peuple haïtien" la question de savoir s'il peut rester au pouvoir. Les rebelles annoncent qu'ils vont marcher sur Port-au-Prince, Aristide assure sur CNN qu'il ira au bout de son mandat.

- 27 février: le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin reçoit une délégation du gouvernement haïtien à Paris et répète qu'Aristide doit tirer les conséquences de la crise. Violences et pillages à Port-au-Prince, dont les rebelles ne se trouvent plus qu'à 40km. Allocution radio d'Aristide qui maintient qu'il va rester au pouvoir.

- 28 février: la Maison Blanche demande implicitement le départ du président haïtien estimant que "cette crise qui couve depuis longtemps est en grande partie due à M. Aristide". Affirmant céder aux appels de Washington, le chef des rebelles haïtiens Guy Philippe annonce que ses forces attendraient "un ou deux jours" avant d'attaquer la capitale, déjà en proie aux violences et pillages. Retranché à Port-au-Prince, le président Jean-Bertrand Aristide reste lui sur ses positions, assurant qu'il est "hors de question" pour lui de partir.

- 29 février: Jean-Bertrand Aristide quitte Haïti, pour éviter un bain de sang selon son Premier ministre. Le président de la Cour suprême de Haïti, Boniface Alexandre, annonce qu'il assure l'intérim de la présidence.

http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=644

Le film de la fin du régime Aristide

Source : AFP, 29 février 2004

 

Voici le film de la journée de dimanche, qui a marqué la fin du régime du président haïtien Jean Bertrand Aristide après quatre semaines de violences qui ont fait près d'une centaine de morts :

 

- Le président Aristide signe sa lettre de démission à 6h00 locales (11h00 devant des témoins.

 

- A 6h34, il quitte Haïti dans un avion blanc non immatriculé pour une destination inconnue. Plus tard, le porte-parole du département d'Etat américain, Richard Boucher fait valoir que les Etats-Unis ont "facilité" le départ d'Aristide dans "des conditions de sécurité".

 

- Le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin appelle à la fin des combats et à "la mise en place d'une aide humanitaire d'urgence".

 

- Moins de deux heures après le départ de l'ex-président, des violences éclatent dans le centre de Port-au-Prince. En fin d'après-midi, le bilan provisoire s'établit à 10 morts et 10 blessés par balle.

 

- L'un des dirigeants de l'opposition haïtienne, Evans Paul affirme qu'il n'y a plus aucune raison de refuser le plan de réglement de la crise de la communauté internationale prévoyant l'envoi d'une force de sécurité en Haïti.

 

- Vers 14h45 GMT, le président de la Cour de cassation d'Haïti, Boniface Alexandre annonce qu'il assume le pouvoir par intérim après le départ du président Aristide.

 

- Vers 15h15 GMT, le Premier ministre Yvon Neptune lit une déclaration d'Aristide disant avoir démissionné pour "éviter un bain de sang".

 

- Les insurgés, par la voie de leur chef Guy Philippe, se disent prêts à déposer les armes et souhaitent l'arrivée d'une force internationale le plus rapidement possible.

 

- Un responsable américain affirme en milieu de journée qu'Aristide est toujours dans un avion pour une destination inconnue.

 

- Les Etats-Unis annoncent qu'ils souhaitent obtenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour un "soutien international" en vue d'une "transition pacifique" en Haïti.

 

- Juste après 18h00 GMT, le président américain George W. Bush annonce avoir donné l'ordre à un contingent de Marines de se déployer en Haïti. Il exhorte les Haïtiens à rejeter la violence afin de donner au processus politique "une chance de réussir".

 

- Une vingtaine d'insurgés armés sont vus dans Port-au Prince, selon des témoins. Leur chef, Guy Philippe, annonce sur CNN qu'il sera dimanche soir ou lundi matin à Port-au-Prince.

 

- Un détachement de quelque 200 Marines américains part de la base de Camp Lejeune en Caroline du Nord (sud-est), selon le Pentagone.

 

- La France annonce le départ dans les heures à venir de quelque 200 militaires en Haïti qui doivent être rejoints lundi par une centaine de gendarmes de la métropole, selon l'état-major des armées.

 

- Le président par interim Boniface Alexandre demande à l'ONU d'envoyer une force de paix.

 

- Les premiers éléments de la force internationale destinée à rétablir l'ordre en Haïti arrivent dans l'île, annonce l'ambassadeur américain à Port-au-Prince James Foley.

 

- Le couvre-feu est instauré sur la capitale haïtienne à partir de 18h00 dimanche (23h00 GMT). Il devra être maintenu en vigueur jusqu'à 06h00 lundi (11h00 GMT).

 

- Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit pour une réunion d'urgence destinée à autoriser l'envoi d'une force multinationale.

 

http://www.mediatropical.com/fr/news/infos_article.php?idrub=617&idart=7822

Au lendemain du départ de Jean-Bertrand Aristide, la presse reste sur ses gardes

par Reporters sans frontières, le 4-3-2004 à 14:53:29

 

HAÏTI - 1er mars 2004

Cinq médias ont été attaqués le 29 février

Malgré les attaques contre les médias qui ont suivi le départ du président Jean-Bertrand Aristide, les journalistes poursuivent leur travail.

 

Reporters sans frontières a interrogé quelques-uns d'entre eux sur le climat dans lequel ils ont repris leurs activités ce 1er mars. "On ne peut pas parler de terreur. Simplement, on reste sur nos gardes car les chimères sont toujours armées", explique Achille Louis-Marie, rédacteur en chef de Radio Métropole. Un avis partagé par Vario Sérant, rédacteur en chef de la chaîne Télé Haïti : "Nous restons prudents. Je vous rappelle que plusieurs d'entre nous ont dû se mettre à couvert ces derniers jours pour échapper à une agression". "Jusqu'à hier après-midi les chimères étaient devant certaines radios. On reprend mais on fait très attention. La situation est toujours très difficile", résume de son côté Marie-Lucie Bonhomme, rédactrice en chef de Radio Vision 2000.

 

Au cours de la seule journée du 29 février, cinq stations ont été attaquées par des partisans de Jean-Bertrand Aristide. Reporters sans frontières avait plusieurs fois appelé les parties à mettre fin à l'usage de la violence. "Dans cette situation d'extrême confusion, la société haïtienne a avant tout besoin d'information indépendante et fiable", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

 

La plupart des médias progouvernementaux ont cessé leurs émissions. Radio et Télé Ti Moun, deux médias appartenant à la fondation du président démissionnaire, et les chaînes Télé Eclair et Télé Max ont mis fin à leur diffusion peu avant le départ du Président. La chaîne publique Télévision nationale d'Haïti (TNH) a continué d'émettre le 29 février, donnant la parole au président intérimaire et, dans la soirée, à l'opposition.

 

Dans la nuit du 27 au 28 février, des partisans de Fanmi Lavalas ont mitraillé les bureaux de Radio Vision 2000, une des principales stations privées de Port-au-Prince. Selon le directeur de la radio, Léopold Berlanger, la radio a dû fermer. Suite à cette attaque, la station privée Kiskeya avait momentanément suspendu ses programmes d'information. Le 29 février, l'immeuble de Radio Vision 2000 a été de nouveau mitraillé et en partie incendié. La radio espère bénéficier d'une protection de la police et reprendre ses programmes dès le 2 mars.

 

Le 29 février, des hommes armés ont saccagé et pillé les locaux de Télé Haïti, la dernière chaîne de télévision indépendante du pouvoir. "Tout a été volé ou cassé", a expliqué Marie-Christine Blanc, directrice de Télé Haïti dans un message reçu par Reporters sans frontières. Cette dernière a expliqué que les agresseurs ont enfoncé la barrière de la station avec un bus en fin de matinée provoquant la fuite des agents de sécurité. Vers 17 heures, un membre de la chaîne a pu rentrer, accompagné par la police. Selon Vario Sérant, directeur de l'information de Télé Haïti, certains des agresseurs portaient des T-shirts à l'effigie d'Aristide et le bâtiment était encerclé depuis la veille au soir. Les dégâts sont estimés à plusieurs centaines de milliers de dollars. Le bâtiment abrite également le bureau de la station française Radio France internationale (RFI) qui a brièvement suspendu ses émissions sur Haïti.

 

Quatre jours plus tôt, une équipe de Télé Haïti, composée de la journaliste Jhenny Favélus et du cameraman Claude Cléus, avait été menacée et prise à partie alors qu'elle tentait de regagner ses bureaux. Leurs agresseurs avaient menacé de "marcher sur Télé Haïti". Selon Vario Sérant, ils avaient alors brûlé des pneus et érigé des barricades devant la station contraignant le personnel à quitter les lieux. Les agresseurs avaient recommencé le lendemain.

 

Toujours le 29 février, selon Radio Métropole, la station privée de Port-au-Prince, Radio Ibo, aurait été victime d'une attaque et contrainte de suspendre ses émissions d'information. Une autre radio de la capitale, Signal FM, a essuyé des tirs. Après avoir reçu des menaces téléphoniques, Radio Métropole a interrompu ses programmes d'information de 14 heures à 16 heures. A Léogane, Radio Passion a été saccagée par des partisans d'Aristide.

 

Au moins trois autres médias ont été attaqués ou menacés au cours de la semaine dernière.

 

Le 26 février, les locaux de la radio Echo 2000, de Petit-Goâve (70 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince), ont été incendiés par des partisans présumés du président Aristide. Le 3 décembre 2001, Brignol Lindor, un journaliste de cette station avait été assassiné par des partisans du pouvoir qui n'ont depuis jamais été inquiétés malgré des aveux publics.

 

Le 24 février, Michel Jean et Sylvain Richard, journaliste et cameraman de la chaine de télévision Radio Canada, avaient été la cible de tirs de la part de chimères pro-Aristide dans le nord de Port-au-Prince. Dans un communiqué publié le 23 février, Reporters sans frontières avait dénoncé des attaques inédites dirigées contre la presse étrangère la semaine précédente.

 

Pour sa part, la direction de Radio Solidarité, proche du pouvoir, avait dénoncé le 26 février avoir reçu des menaces de mort et d'incendie la veille au soir.

 

http://www.24heures.ch/home/journal/index.php?Page_ID=12437&id=159169&rubrique_news=international

1/03/2004    

Des soldats et gendarmes français en route pour Haïti

 

 PARIS (AP) - Un premier contingent de près de 300 soldats et gendarmes étaient en route pour Haïti lundi pour assurer la protection des ressortissants étrangers et se joindre à la force internationale demandée par les Nations unies.

Un contingent de 200 soldats français a décollé lundi de Fort-de-France en Martinique à destination d'Haïti tandis que 75 gendarmes vont partir de Mont-de-Marsan dans les Landes, a précisé le porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau.

Jean-François Bureau a expliqué à l'Associated Press que la »mission première» de cette force est «la sécurité des Européens, des Occidentaux et d'autres ressortissants étrangers, et à partir de là, elle peut participer à la force internationale».

Les soldats français «peuvent jouer un rôle dans la protection de l'électricité, des communications, etc... afin que les civils puissent rapidement reprendre une vie normale et dissuader ceux qui voudraient avoir une solution par la force plutôt que politique», a dit Bureau interrogé au téléphone.

Dimanche soir, le colonel Christian Baptiste, porte-parole du chef d'état-major des armées françaises avait apporté des précisions sur France-Info en déclarant: «Nous allons également projeter des véhicules pour motoriser ces personnels, à partir d'un bâtiment de transport léger, le 'Champlain', et une frégate qui appartient au dispositif de la Marine des Antilles, la frégate 'Ventôse', qui va également participer à cette opération».

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait voté à l'unanimité dimanche soir l'envoi immédiat pour trois mois d'une force militaire internationale chargée de rétablir l'ordre en Haïti. Le vote est intervenu quelques minutes après l'annonce par le Pentagone du début du déploiement des premiers Marines constituant l'avant-garde de cette force internationale. Ces soldats américains devraient être rejoints dans les prochains jours par des troupes françaises, canadiennes et de plusieurs nations des Caraïbes. AP

ma/v212/54

 

http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp_article.php?rub=../special/afrique&idArticle=040301112001.unkpiyuf.xml

Le président haïtien en fuite accueilli en Centrafrique

BANGUI (AFP) - 01/03/2004 11h19 - Le président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide est arrivé lundi matin à Bangui où il a été accueilli à titre "humanitaire", après trois semaines de révolte dans son pays, mais il ne devrait rester en Centrafrique que quelques jours, avant un exil probable en Afrique du Sud.

 

"Je déclare qu'en me renversant, on a abattu le tronc de l'arbre de la Paix, mais il repoussera car ses racines sont +louverturiennes+", a déclaré, au cours d'une courte allocution, l'ex-président haïtien, en référence à Toussaint Louverture, chef de la révolte des esclaves noirs à Haïti en 1791.

 

La présidence centrafricaine a indiqué, dans un communiqué lu lundi à la télévision nationale, avoir accepté d'accueillir Jean-Bertrand Aristide sur son sol à la demande du chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba.

 

"A la demande de son frère et aîné, doyen des chefs d'Etat d'Afrique centrale, son excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba, le président de la République (François Bozizé, ndlr) a accepté de recevoir et d'accueillir l'ancien président de la toute première république noire du monde, Haïti, monsieur Jean-Bertrand Aristide", indique le communiqué signé du ministre de la Communication, Parfait M'bay.

 

C'est "un acte à caractère purement humanitaire", précise le texte, qui ne donne aucune indication sur la durée du séjour de M. Aristide en Centrafrique, ni n'évoque une éventuelle future destination.

 

Au cours de ses premières déclarations depuis son départ dimanche du pouvoir et de son pays, Jean-Bertrand Aristide a remercié lundi sur les ondes de la radio nationale centrafricaine, les autorités de Bangui de l'avoir accueilli, estimant qu'en le renversant ses opposants avaient compromis la paix.

 

Pas plus que la présidence centrafricaine, Jean-Bertrand Aristide n'a précisé la durée de son séjour à Bangui ou une éventuelle future destination après la Centrafrique.

 

Lundi matin, une source proche du protocole avait affirmé que M. Aristide ne devrait rester à Bangui que quelques jours avant un départ pour un exil en Afrique du Sud.

 

Pretoria a toutefois indiqué, après l'atterrissage de l'avion de M. Aristide à Bangui, "ne pas être au courant" d'une éventuelle arrivée de ce dernier, précisant n'avoir reçu aucune demande d'asile.

 

La ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, est "en contact" avec ses homologues d'autres pays concernant le cas de M. Aristide, a indiqué lundi son adjoint, Aziz Pahad.

 

Arrivé vers 07H15 locales (06H15 GMT) en compagnie de son épouse Mildred, dans un avion civil aux couleurs d'Haïti, Jean Bertrand Aristide avait été accueilli à l'aéroport de Bangui par le porte-parole du gouvernement centrafricain, Parfait M'bay.

 

Il s'est ensuite entretenu une vingtaine de minutes avec M. M'bay, le ministre délégué aux Affaires étrangères Guy Moskit, et le chef d'état-major des Forces armées centrafricaines (FACA), Antoine Bamdi, avant de partir en direction du centre-ville, pour une destination inconnue.

 

Son arrivée à Bangui met fin à près de vingt heures de spéculations sur sa localisation depuis son départ de Port-au-Prince sous la pression de la rue et de la communauté internationale, après trois semaines de troubles armés en Haïti.

 

M. Aristide avait été annoncé successivement en République Dominicaine puis au Panama, avant que le présidente panaméenne ne révèle que le président déchu désirait s'exiler "dans un pays africain".

 

Les autorités du Maroc, un temps évoqué comme destination finale, ont fait savoir qu'elles refuseraient de donner asile à l'ex-président. Taïwan, également cité, et dont Haïti est l'un des rares pays à reconnaître la souveraineté, a, de son côté, fait valoir qu'il n'avait pas reçu de demande d'asile.

 

http://www.liberation.fr/page.php?Article=182512

Embryon de force multinationale en Haïti
01 mars 11:04:38

PORT-AU-PRINCE - Un premier groupe de Marines américains est arrivé dimanche soir dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où ils constituent l'embryon de la force multinationale dont le Conseil de sécurité de l'Onu a approuvé à l'unanimité le déploiement.

Plus de 120 militaires français doivent arriver lundi, et le Canada, qui dispose d'une cinquantaine de soldats dans le pays, a indiqué qu'il allait en envoyer sous peu une centaine d'autres. Le Brésil devrait lui aussi contribuer à la force multinationale.

Le président démissionnaire, Jean-Bertrand Aristide est arrivé en République centrafricaine, après un parcours en avion qui l'a conduit successivement en République dominicaine puis à Antigua et à la Barbade dans les Caraïbes.

Il a été accueilli par deux ministres et a été conduit au palais présidentiel. On ignore s'il s'agit de sa destination définitive ou s'il effectue là une halte avant de gagner son véritable pays d'exil.

Plusieurs centaines de Marines sont arrivés en provenance de leur base de Caroline du Nord, quelques heures après l'ordre donné par le président George Bush d'envoyer des troupes américaines en Haïti afin d'y maintenir l'ordre dans la période consécutive au départ, dimanche, du président Jean-Bertrand Aristide.

D'autres Marines doivent suivre. "Les effectifs définitifs de la contribution (américaine) à la force multinationale de transition restent à déterminer", a déclaré le Pentagone.

"C'est le commencement d'un nouveau chapitre de l'histoire de ce pays", a déclaré George Bush.

Aristide, qui dit avoir démissionné pour éviter un "bain de sang", a été escorté dimanche matin vers l'aéroport de Port-au-Prince par des soldats américains, d'où il a décollé vers la République dominicaine.

Washington, à qui l'on a reproché sa lenteur à tenter de désamorcer l'insurrection anti-Aristide, craint que les rebelles ne comblent le vide du pouvoir en Haïti et s'est empressé dimanche d'annoncer l'envoi de troupes de maintien de la paix.

EVITER UN EXODE

"La Constitution de Haïti est à l'oeuvre. Il y a un président par intérim, en place en vertu de la constitution", a déclaré Bush après l'investiture du président de la Cour suprême, Boniface Alexandre, à la tête du pays en l'attente d'une élection présidentielle.

Bush a demandé au peuple haïtien de cesser toute violence, alors que l'on signalait des scènes de pillages dans des magasins de la capitale et l'évasion d'un grand nombre de détenus des prisons du pays.

Peu après le discours du président américain, un chef rebelle haïtien a fait savoir que ses forces cesseraient le combat et a salué la décision d'envoi de forces américaines pour rétablir l'ordre.

* Guy Philippe, ancien chef de la police accusé d'avoir fomenté par le passé des tentatives de putsch et qui a rejoint les rangs des insurgés, a déclaré à CNN que les Marines seraient les bienvenus. "Nous les attendons. Nous avons besoin d'eux. Ils auront droit à notre entière coopération".

En période électorale, l'administration Bush ne veut pas que les plages de Floride connaissent un afflux d'immigrants haïtiens, font remarquer des politologues américains. Des dizaines de milliers de Haïtiens avaient fui les troubles dans leur pays à bord de navires de fortune dans les années 1990 et avaient tenté d'atteindre la Floride.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté à l'unanimité de ses 15 membres une résolution autorisant le déploiement en Haïti d'une force de maintien de la paix destinée à "contribuer au rétablissement d'un environnement sûr et stable" dans le pays, pour une durée maximale de trois mois, après quoi une force de stabilisation de l'Onu prendrait la relève.

Le Conseil a déclaré avoir pris cette décision après avoir reçu un appel à un "soutien urgent de la communauté internationale pour rétablir la paix et la sécurité en Haïti" de Boniface Alexandre.

L'insurrection a commencé le 5 février aux Gonaïves, dans l'ouest du pays, et a fait plus de 70 morts.

(url manquant)

Pillages, déroute des "chimères" et couvre-feu à Port-au-Prince après le départ du président Aristide

LE MONDE | 01.03.04 | 12h57

 reportage "Ils se cachent, mais les habitants les connaissent. Nous allons les arrêter"

Port-au-prince de notre envoyé spécial

Dimanche 29 février à l'aube, la population de Port-au-Prince apprend par la radio que le président Jean-Bertrand Aristide a quitté Haïti. Aussitôt, de petits groupes d'hommes et de femmes se forment dans les rues, hésitants et silencieux. Certains commencent à marcher lentement vers le palais présidentiel, et un rassemblement de plus en plus joyeux se forme sur le Champ-de-Mars, un parc proche du palais.

Voyant que la police a déserté le quartier, la foule pacifique se transforme rapidement en une armée de pillards. Les hommes vont chercher des outils pour défoncer les grilles et les rideaux de fer des magasins, puis des sacs et des brouettes pour transporter les marchandises. Des enfants entrent dans le commissariat et commencent à sortir les meubles et le matériel informatique. Très vite, l'ambiance s'envenime : les pillards se battent pour le partage des objets les plus précieux. Une femme lourdement chargée est rattrapée par un groupe d'hommes, qui la frappent violemment et lui dérobent son butin. Elle se relève, les insulte puis repart en sens inverse pour se réapprovisionner. Personne ne semble se soucier du palais national, vide et silencieux.

Soudain, plusieurs groupes de "chimères", bandes armées à la solde du président déchu, arrivent en trombe dans le quartier à bord de camionnettes tout-terrain et de pick-up Toyota. Ils tournent plusieurs fois autour du palais, puis, désemparés et ivres de rage, foncent sur la foule en tirant au hasard. Les pillards s'enfuient ou se cachent comme ils peuvent, sans lâcher leur butin. Quelques "chimères" veulent participer au pillage, mais d'autres continuent à tourner en rond et à tirer au hasard. Une masse compacte d'hommes, de femmes et d'enfants venus des bidonvilles du port traverse le quartier pour aller piller plus loin. Les "chimères" tentent d'incendier plusieurs bâtiments du quartier : une fumée noire envahit le parc. D'autres attrapent des passants, les jettent dans les pick-up à coups de crosse, et repartent.

TIRS SANS SOMMATION

Le règne des "chimères" sur le centre-ville se termine brusquement en fin de matinée, avec l'arrivée des grosses voitures tout-terrain des Compagnies d'intervention et de maintien de l'ordre (CIMO), la police antiémeute qui, la veille encore, les laissait agir impunément. Les CIMO, en tenue de combat, tirent sans sommation sur les "chimères", qui s'enfuient immédiatement. Les policiers se tournent alors contre les pillards, tirant de longues rafales sur les trottoirs et à l'intérieur des magasins. Une femme, propriétaire d'une boutique, hurle de rage : "Vous arrivez trop tard, comme d'habitude."

Après avoir dégagé les abords du palais, les CIMO s'engouffrent dans les rues adjacentes, arrêtent tous les passants pour les fouiller et tirent dès qu'ils repèrent un homme armé. Ils entrent dans les maisons pour obliger les habitants à venir démanteler les barricades construites les jours précédents par les partisans du président Aristide. Les voitures qui essaient de forcer le passage sont mitraillées, et leurs occupants, morts ou blessés, sont laissés à l'abandon.

En début d'après-midi, la nouvelle se répand que les marines américains vont arriver et s'emparer de l'aéroport. La police municipale, en chemisette et casquette, fait alors sa réapparition en ville. En quelques minutes, des dizaines de voitures patrouillent en tous sens, sirènes hurlantes. Un gradé affirme qu'il cherche des "chimères", mais qu'il n'en a trouvé aucun : "Ils se cachent, mais les habitants les connaissent. Ils vont nous informer : nous allons les arrêter." Il reconnaît, de mauvaise grâce, que lui aussi les connaît, ce qui va faciliter son enquête. En milieu d'après-midi, un seul quartier du centre-ville reste aux mains des "chimères". Protégés par des barricades enflammées, ils continuent à tirer sur tous ceux qui approchent, mais sans conviction. Un à un, ils disparaissent dans les ruelles.

Le quartier de Pétionville, où habite la bourgeoisie de Port-au-Prince, est aussi en effervescence. Les partisans du président Aristide, qui avaient osé occuper quelques avenues et carrefours au début de la semaine, ont disparu. Des jeunes gens bien habillés, circulant dans des voitures neuves et armés de fusils, célèbrent leur "libération" et hurlent qu'ils cherchent des "chimères" pour les tuer. Le bidonville de Jalousie, construit sur une colline proche de Pétionville, s'est barricadé dans l'espoir de rester à l'écart des troubles.

RÉUNION D'URGENCE

Pendant ce temps, l'état-major de la Plate-forme démocratique, regroupant les principaux mouvements de l'opposition, organise une réunion d'urgence dans un hôtel-casino de Pétionville, sous la garde d'une délégation de policiers venus faire allégeance. Après plusieurs heures de discussions, deux des principaux leaders, Evans Paul pour les partis politiques et André Apaid pour la société civile, font une première série de déclarations. Ils s'engagent à rester unis dans la victoire, comme ils sont su l'être dans l'opposition. Leur objectif à court terme est la mise en route de leur plan d'action, publié il y a plusieurs semaines, qui s'inspire du projet présenté par la communauté internationale : création d'un "comité des sages" chargé de proposer un nouveau premier ministre, et nomination d'un juge de la Cour de cassation comme président de la République intérimaire. En privé, ils souhaitent que le président de la Cour, Boniface Alexandre, se récuse et laisse la place à un autre juge.

Interrogés sur leur stratégie face aux rebelles armés qui occupent le nord du pays, ils rappellent que Guy Philippe, l'un de leurs chefs, a souvent répété qu'il déposerait les armes dès le départ du président Aristide et ne chercherait pas à s'emparer du pouvoir : "Nous comptons sur lui pour qu'il respecte sa parole." Ils reconnaissent que l'action des rebelles armés "a changé la donne", et qu'ils feront partie du processus de reconstruction nationale. Micha Gaillard, autre leader de la Plate-forme, confirme que des contacts ont été pris avec plusieurs de leurs chefs, et qu'il espère les rencontrer lundi. Il sait que les rebelles vont exiger la restauration de l'armée haïtienne dissoute en 1994, mais il s'inquiète du coût d'une telle mesure.

Les leaders de la Plate-forme annoncent l'organisation, dans les jours prochains, d'une manifestation de soutien à la démocratie naissante et d'une fête de la réconciliation. Mais, pour ce soir, la police a décrété un couvre-feu total qui, en milieu de soirée, semblait à peu près respecté. Pour sa première nuit sans Aristide, Port-au-Prince va se coucher de bonne heure.

Yves Eudes


Un témoin : "Lui ne voulait pas partir"

La résidence de Jean-Bertrand Aristide, située à Tabarre, sur les hauteurs de Port-au-Prince, a été épargnée par les pillards. les envoyés spéciaux de Libérationet de RTL ont recueilli le témoignage du concierge de la maison, Joseph Pierre. Son récit jette un doute sur les circonstances de la démission du président haïtien. A-t-il été exfiltré ou enlevé par les marines américains ? "Des Blancs américains sont venus le chercher en hélicoptère, raconte Joseph Pierre. Ils ont aussi emmené les hommes chargés de sa sécurité. C'était vers 2 heures. Lui ne voulait pas partir. Les soldats américains l'ont forcé. A cause des armes qu'ils ont pointées sur lui, il a été obligé de les suivre. Les Américains sont les plus forts après Dieu", écrit Libération du 1er mars.


La Caricom critique "la destitution"

La Communauté et Marché commun des Caraïbes (Caricom), qui a été au premier plan des efforts pour trouver une solution à la crise haïtienne, a déploré, dimanche 29 février, le "renvoi" du président Aristide. "Nous devons nous interroger sur le caractère volontaire de sa démission, qui survient après la prise de régions de Haïti par des insurgés armés et après l'échec de la communauté internationale à fournir le soutien nécessaire, malgré les appels de la Caricom", a déclaré son actuel président, le premier ministre de la Jamaïque, M. Patterson. "La destitution du président Aristide, dans ces circonstances, établit un précédent dangereux pour les gouvernements démocratiquement élus un peu partout, car elle va dans le sens d'un remplacement, sous l'action de forces rebelles, de personnes élues en bonne et due forme", ajoute M. Patterson. – (Reuters.)

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.03.04

 

http://www.libe.fr/page.php?Article=182471#

Haïti/«Libération» a rencontré le concierge de la résidence présidentielle, juste après le départ d'Aristide:
«Il ne voulait pas partir, les Américains l'ont forcé»

Par Jean-Pierre PERRIN
lundi 01 mars 2004

Port-au-Prince envoyé spécial

Le drapeau haïtien bat encore fièrement au vent. Mais, devant l'entrée de la résidence du président Aristide, à Tabarre, sur les hauteurs de Port-au-Prince, pas le moindre policier ou soldat pour monter la garde. Le grand portail est juste fermé par un crochet. Les pillards ne sont pas passés. Peut-être n'ont-ils pas osé. Une fois le battant poussé, un parc se découvre. Des coqs de parade et des poules naines partagent la pelouse avec les deux hélicoptères présidentiels. Quatre véhicules tout-terrain, avec l'immatriculation «Palais national», sont alignés, mais un cinquième est en travers de l'allée ombragée, dressant un illusoire barrage.

Terrorisé. La résidence, une demeure coloniale blanche, avec un seul un étage, se dresse avec élégance un peu plus loin. Toujours pas de garde en vue. La porte n'est pas davantage fermée à clé. A l'étage, un vieil homme est tapi. On croit que c'est un pillard qui se cache, mais ce n'est que le concierge de la résidence. Il s'appelle Joseph Pierre. Il est encore terrorisé par les événements de la nuit, mais ne s'inquiète pas de savoir ce que peuvent faire deux journalistes occidentaux dans la demeure de son ancien patron.

En créole, il raconte une histoire contraire à la version officielle, qui veut que le chef de l'Etat a accepté de partir de son plein gré. Joseph Pierre assure, d'une voix où la peur perce encore, que l'ex-président a été enlevé dans la nuit de dimanche à lundi par l'armée américaine : «Des Blancs américains sont venus le chercher en hélicoptère. Ils ont emmené aussi les hommes chargés de sa sécurité. C'était vers 2 heures du matin. Lui ne voulait pas partir. Les soldats américains l'ont forcé. A cause des armes qu'ils ont pointées sur lui, il a été obligé de les suivre. Les Américains sont les plus forts après Dieu.» Dans la résidence, excepté une vitre cassée, tout respire l'ordre.

Castro. La demeure est meublée avec un luxe discret. Aux murs, de belles illustrations de l'art naïf haïtien. Les ventilateurs tournent dans le salon. Dans la chambre, le lit est à peine froissé. Pas de désordre dans le bureau, mais une sacoche en cuir semble avoir été vidée avec précipitation et abandonnée dans un coin. Posées sur un frigo de la cuisine, de vieilles cartes postales de Fidel Castro et Che Guevara. Dans un autre, on découvre que le président déchu appréciait le champagne rosé Moët et Chandon. En sortant du bâtiment, comme surgi de nulle part, apparaît un Noir armé d'un fusil M-16 américain avec un gilet pare-balles. Il disparaît sans poser de questions ni daigner répondre aux nôtres. Un garde présidentiel oublié ou un homme des forces spéciales américaines ?

© Libération

http://www.libe.fr/page.php?Article=182469#

Haïti
Exit Aristide, Port-au-Prince en furie
Au moins dix morts et des pillages dans la capitale, après le départ du président Aristide emmené de force hier par des soldats américains.

Par Jean-Pierre PERRIN
lundi 01 mars 2004

Port-au-Prince envoyé spécial

Dans la capitale haïtienne, le mot du jour est déchoukaj (1). Il est dans toutes les bouches et de toutes les conversations. Pour les pauvres, il a la saveur magique du fruit défendu. Pour les riches, il fait peur. A Pétion-Ville, les beaux quartiers de Port-au-Prince, la cible du déchoukaj est le grand commissariat. Hommes, femmes et fillettes, ils sont des dizaines à avoir entrepris, dès que la chute du président Jean-Bertrand Aristide a été connue, le pillage systématique des bâtiments. «Ils vont tout emporter, même la céramique», s'exclame un chauffeur de taxi. Tout est bon à prendre : le mobilier, les ordinateurs, les matraques, les casquettes et les chemises des policiers et même les gilets pare-balles que certains déchoukeurs portent comme s'il s'agissait de simples tricots. Mais c'est une mise à sac joyeuse, une folie mâtinée de bonne humeur, avec peu de violences, même quand plusieurs pillards se disputent le même butin. Depuis le premier étage, un adolescent a enfilé un casque lourd sur son bonnet et s'est mis à danser face à la foule. Un homme, qui porte un réfrigérateur, admet : «Je n'ai pas l'électricité chez moi, mais tant pis.» Surgit un coupé BMW, conduit par Mario, un chauffeur aux allures de gangster latino. Avec une joie un peu mauvaise, il lâche : «Même si on met un chien à la place d'Aristide, ça sera mieux.» A ses côtés, l'ancien candidat du quartier aux législatives, Patrick Bautus, commente le pillage : «C'est à cause du délabrement provoqué par Aristide. Ces gens prennent le peu qu'il reste. Voyez, une chaise ou un sac de riz.» Parmi la foule, d'autres spectateurs. «Non, je ne suis pas venu dévaliser. Je suis venu regarder l'euphorie du peuple. L'histoire d'Haïti nous rapporte qu'il y a toujours des déchoukajs à la chute d'un gouvernement. C'est une façon pour les gens de montrer qu'ils ne sont pas contents», résume Yves Torchon, un entrepreneur de 46 ans. Face à cette nouvelle et folle liberté, les «chimères», ces gangs de jeunes souvent armés, à la solde du pouvoir, qui terrorisaient le quartier ces derniers jours, semblent loin. «Y a plus de chimères. Les chimères sont multiformes. C'est Aristide qui les a créées et, maintenant qu'il est parti, elles sont redevenues des Haïtiens comme les autres», estime-t-il.

Le commissariat n'est pas encore tout à fait pillé que certains songent à y mettre le feu. Fait irruption un petit groupe d'hommes armés qui s'y opposent. L'un d'eux, Jean Robert, un administrateur de 57 ans, le pistolet à la main, cherche à mettre fin au déchoukaj. «Quittez ça, tite (petite, ndlr) chérie», ordonne-t-il à une adolescente qui a volé un extincteur. Il n'est pas écouté. Mais il arrive à convaincre les pillards de ne pas brûler les bâtiments. «On ne doit accepter ni déchoukaj, ni incendie. Il faut sauver le commissariat. On n'a pas d'argent pour le reconstruire.»

Mais les chimères ne sont pas si loin. Elles sont à quelques centaines de mètres de là, retranchées au fond du marché de la rue des Frères. Hier matin, ces gangs ont braqué et détroussé les journalistes qui descendaient vers le palais national. Ils ont tiré sur leurs voitures, quasiment les seules à circuler dans la capitale, où les boutiques sont demeurées fermées. Port-au-Prince est encore maillé de barricades abandonnées faites de voitures carbonisées, de pierres, de troncs et de pneus brûlés, dont l'odeur empeste la ville. La peur est encore générale. A l'église Saint-Jean-Bosco, où officia un temps Aristide quand il était prêtre, les fidèles se sont enfermés pour la messe. Autour du palais national, les chimères sont regroupées en bandes. Elles aussi pillent, cette fois les supermarchés. Impossible d'approcher. Les bouteilles de bière se mettent à voler dès qu'une voiture approche. Au moins dix personnes ont été tuées hier.

(1) Vient du vieux mot français déchouquer, qui signifie arracher les racines, déraciner.

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4490

Port-au-Prince découvre les horreurs de la violence
Posté le 1 mars 2004

De nombreux curieux se sont précipités lundi dans les rues pour découvrir les dégats causés après le départ du président Aristide. Dans les rues encombrées de restes de barricades, la ville tente de reprendre ses activités…

Des dizaines de personnes ont investi tôt lundi les rues de la capitale au centre-ville et dans le quartier commercial de Lalue pour constater l’ampleur des actes de vandalisme qui ont marqué la journée du 29 février quelques heures après l’annonce du départ en exil du Président Jean Bertrand Aristide. Locaux de banques privées éventrés et pillés, magasins dévalisés, stations d’essence incendiées, les pertes sont énormes pour le secteur commercial. Aucun bilan chiffré n’est encore établi mais on parle de milliards de dollars de perte. Pour le président de la chambre de commerce d’Haïti, Maurice Lafortune, le secteur a pris un sérieux coup. « Il mettra des années avant de se relever ».

Sur les ruines des incendies provoquées dans la ville des camionnettes bourrées de passagers tentent de se frayer un chemin sur la Grand’rue où aucun service d’ordre n’est assuré. La circulation se fait au petit bonheur, à la bonne volonté des conducteurs. Dans les quartiers du centre-ville le regard des gens rassemblés sur les trottoirs en dit long sur leur stupéfaction et leur déception. C’est dans ces quartiers proches des bidonvilles que vivent les nombreux partisans du Président déchu. Ici c’est le silence. « On ne commente pas les nouvelles », répond un jeune qui dit chercher de quoi manger. C’est en effet la première préoccupation dans ce milieu. Depuis une semaine les activités sont paralysées, les marchés ne fonctionnent pas, les tap-tap ne roulent pas. « La vie était bloquée », commente une femme qui amasse quelques vivres pour ses enfants.

Les marchandes reviennent timidement sur les trottoirs de la Grand-rue et tentent de recréer l’animation quotidienne faite de bruits de férailles, de klaxons de véhicules et de marchands ambulants qui offrent un colas glacé et des biscuits. Port-au-Prince essaie de renaitre de ses cendres…

CR

http://www.usatoday.com/news/world/2004-03-01-haiticolor_x.htm

Posted 3/1/2004 12:36 AM     Updated 3/1/2004 12:38 AM

Looters seize streets of Port-au-Prince

By Jim Michaels, USA TODAY

PORT-AU-PRINCE , Haiti — Crouched on the second-floor terrace of the Palace Hotel, lawyer Frederick Denize II watched as this city's streets became a battlefield. With rebels in control of much of Haiti , armed mobs roamed the capital's streets. 

By Jaime Razuri, AFP/Getty Images

Bands of armed gangs loyal to ousted President Jean-Bertrand Aristide ran down the avenues with guns, sticks and machetes. They clustered at a police station and fired on the building. Hundreds of looters smashed through the locked door of a store across the street from the hotel and swarmed inside. The popping of small arms filled the streets. There was so much shooting it was hard to tell where it was coming from.

"Are (peacekeepers) waiting for everything to be looted before they come in?" Denize, 47, asked. "In the past two days, (rioters) could've killed all of us."

A contingent of U.S. Marines, an advance party of a larger international force, arrived late Sunday. Prior to that, others had time to help themselves. When news spread of Aristide's departure under U.S. guard, out came the "chimeras" — the name given to the armed thugs whom Aristide gave wide latitude to silence his critics.

Chimeras clad in bandannas and jeans had been rampaging through the capital city for several days, killing, carjacking and robbing. But at dawn Sunday, the capital was quiet. Residents peeked out windows and stood in doorways, uncertain what would happen.

They soon found out.

By midmorning, the streets were again filled with rampaging gangs and mobs of looters. At first there was no reaction from police. Most officers didn't fight the rebels outside the capital. They instead went home and left it to the rebels to restore order once they moved into the capital. But the rebels had stayed out of Port-au-Prince .

Rebel leader Guy Philippe was leading a convoy from Cap-Haitien in the north to Gonaives . He said the rebels would move into the capital later. To cheers, Philippe yelled to a crowd of supporters: "Aristide's out! He's gone!"

In the capital, near the National Palace , men spent almost an hour breaking the locks on the door of a large store. When the door finally gave way, hundreds swarmed inside. Streets were filled with people lugging televisions, computer monitors and small refrigerators.

Inmates were freed from prisons and jails around the country.

Gangs roving the streets shouted, "Chop off their heads and burn their homes," echoing the war cry of Jean-Jacques Dessalines, the general who ousted French troops and torched plantations to end slavery and colonial rule in Haiti 200 years ago.

The streets around the Palace Hotel swarmed with looters and gang members. One chimera pointed to a camera on the terrace of the hotel and shouted at the cameraman to stop filming.

Amid the chaos, a white pickup screeched to a halt across the Rue Capois, in front of the looted store. After a morning in which looters had rampaged unchecked, the police had arrived.

Looters seemed surprised to see uniforms and stopped and stared before realizing the men in the truck were police. The officers, members of an elite anti-riot squad, took cover behind the car, leveled their assault weapons and fired. Looters dropped their goods and ran. Minutes later, three more pickups full of police arrived.

The officers raced through streets, tossing aside barricades of burning tires and cinder blocks set up by pro-Aristide chimeras. At each barricade, they jumped from their pickups and fired at fleeing youths. As the police passed, men and boys pulled up their shirts to show that they didn't have handguns stuck in their waistbands.

The chimeras soon regrouped. A car full of journalists followed the police before turning toward the outskirts of the city. Dozens of young men on a street corner waved handguns and yelled at the car to stop. When the car sped through, several men fired. They missed.

All around the city, frightened residents waited for word on their country's future.

"Some people cried" at the news that Aristide had fled, Jackson Thomas, 32, said in La Saline , a garbage-strewn slum that was a stronghold of the former president. "He loves us. He was going to get rid of the slum," Thomas said.

In the St. Louis Bourdon neighborhood of the capital, the bodies of two young men traveling in a minibus were all that remained of a confrontation with police. The windshield was shattered by bullets. One body was sprawled outside the vehicle. The bare feet of the second man were sticking out the side door.

In upscale Petionville, armed business owners gathered at the police station to protect what remained of their property.

"We're trying to keep the peace in Petionville until whoever is supposed to be in charge comes here," Peter Calixtim said.

 

http://www.haitipressnetwork.com/news.cfm?articleID=4495

La résidence du président déchu pillée
Posté le 2 mars 2004

La résidence de l’ex-chef d’Etat haïtien Jean Bertrand Aristide a été pillée et de nombreux objets de valeur emportés. D’autres biens appartenant à l’ancienne famille présidentielle ont été également saccagés.

La propriété de Jean Bertrand Aristide sur le boulevard 15 octobre (1994) – date de son retour de l’exil de son premier mandat quinquennal (1991-1996) –, à Tabarre, nord-est de la capitale, dont l’entrée est encore gardée par trois hommes, a été dévastée, ainsi que les locaux de la Fondation Aristide pour la démocratie, qui logeait la radio et la télévision Timoun.

L’université de la Fondation Aristide, fondée avec la coopération des gouvernements haïtien, taïwanais et cubain, a été également pillée.

Depuis le départ de Jean Bertrand Aristide dimanche, des scènes de pillage ont été enregistrées dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince. Des banques commerciales, des stations-services, des stations de radio et d’autres entreprises ont été saccagées ou incendiées.

JEC

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1554

Affrontements à Port-au-Prince entre rebelles et partisans d’Aristide

3 mars 2004

PORT-AU-PRINCE, Haïti (AP) - Une fusillade a éclaté mercredi entre des rebelles et des partisans de Jean-Bertrand Aristide à La Salines, un bidonville de Port-au-Prince, fief du président haïtien déchu, ont constaté des journalistes sur place. Aucun signe de troupes françaises ou américaines n’était visible.

En revanche, des Marines américains ont barré la route à des rebelles qui pourchassaient des fidèles de Jean-Bertrand Aristide qui fuyaient vers l’aéroport, semble-t-il la première action d’interposition des forces américaines en Haïti.

Le chef des rebelles Guy Philippe, qui s’était proclamé la veille "chef militaire" d’Haïti, est allé mercredi rencontrer l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince James Foley.

Des images d’Associated Press Television News (APTN) montrent Guy Philippe, accompagné de son bras droit Gilbert Dragon et trois autres rebelles, se présentant dans un véhicule tout-terrain à l’entrée de la résidence de l’ambassadeur, entourée de barricades. Des Marines postés devant la résidence les ont laissé entrer. Après une quinzaine de minutes, les rebelles sont sortis sans faire de déclarations. L’ambassade américaine n’a pas non plus de commentaire.

A La Salines, des journalistes, qui tentaient de se mettre à l’abri, ont téléphoné la nouvelle des affrontements, tentant de hurler pour se faire entendre, les coups de feu couvrant leur voix.

A la morgue de Port-au-Prince, 30 corps avaient été apportés depuis dimanche, selon un membre du personnel hospitalier. Une odeur de chair putréfiée empestait l’air, a-t-il raconté, la morgue n’étant pas réfrigérée faute de carburant pour alimenter les générateurs.

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1562

Haïti : les insurgés s’inclinent, renforts étrangers à Port-au-Prince

3 mars 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Les insurgés haïtiens ont accepté mercredi de déposer les armes sous la pression de Washington, alors que des renforts militaires étrangers continuaient à arriver en Haïti pour y assurer la sécurité.

"Nous avons reçu la garantie que la démocratie sera mise en oeuvre à Haïti" et que la sécurité des Haïtiens "serait assurée", a déclaré le chef militaire des insurgés Guy Philippe, en indiquant accepter de déposer les armes. "Notre premier objectif a été atteint, c’est-à-dire le départ de Jean Bertrand Aristide du pouvoir", a-t-il fait valoir.

Peu avant, les Etats-Unis avaient nettement haussé le ton à son égard, en le faisant recevoir par un colonel des Marines. Ce dernier lui a dit qu’il n’avait aucun rôle dans l’avenir politique de Haïti et qu’il devait abandonner toute ambition de contrôler le pays, selon une source diplomatique.

Guy Philippe, qui a contribué fortement au départ d’Aristide en prenant le contrôle de la moitié d’Haïti, dispose de quelque 350 hommes à Port-au-Prince, en uniformes et bien armés.

Mardi, les insurgés avaient pourtant clamé leur refus de désarmer tant que les "Chimères" pro-Aristide, toujours actives, n’auraient pas déposé leurs armes. "Il faut que Guy Philippe soit nommé commandant en chef des forces armées haïtiennes", avait souligné à l’AFP Winter Etienne, responsable politique du Front de résistance nationale.

Des fusillades mercredi entre "Chimères" et dizaines de policiers haïtiens, dans le sud-ouest et est de Port-au-Prince, ont fait au moins trois morts, selon des témoins.

Avec en oeil de mire les insurgés, les militaires américains ont effectué une nouvelle démonstration de force, en positionnant sept blindés et deux Humvee dans l’enceinte du Palais national, siège de la présidence, certains dotés de lance-missiles pointés vers la rue.

D’autres ont été déployés près des bureaux du Premier ministre haïtien, Yvon Neptune, un proche de Jean Bertrand Aristide, menacé d’arrestation par les insurgés mardi.

Une autre démonstration de force était prévue dans l’après-midi au Palais national, avec une prise d’armes américano-française destinée aussi à montrer l’excellence des relations bilatérales. Dimanche, lors de la prestation de serment du président par intérim Boniface Alexandre, l’ambassadeur français Thierry Burkard avait indiqué n’avoir "pas participé à la phase finale" des discussions ayant conduit Aristide à fuir Haïti dans un avion américain.

Des gendarmes français sont arrivés mercredi à l’aéroport de Port-au-Prince, portant à 250 le nombre de militaires français déployés en Haïti. "Nous avons une mission de maintien de l’ordre", a déclaré le capitaine Thierry Gineste.

Environ 110 militaires du 3e Régiment étranger d’Infanterie basé à Cayenne (Guyane) devaient arriver dans la foulée à Port-au-Prince. Au total, 800 soldats français ont été mobilisés pour Haïti, dont 600 sur le terrain et ils seront opérationnels jeudi, selon l’armée.

134 soldats chiliens étaient attendus mercredi soir et seront renforcés prochainement par 180 fantassins et logisticiens.

L’aéroport a été réouvert aux vols civils et un avion d’aide humanitaire y a atterri mercredi pour la première fois depuis plusieurs semaines.

Au plan politique, plusieurs entités de la société civile ont désigné leurs représentants à un futur Conseil d’une dizaine de sages, dont la création est prévue par le plan international de réglement de la crise.

Une fois formé, ce Conseil, représentant la diversité de la société haïtienne, devrait désigner un nouveau Premier ministre, bénéficiant de la confiance de la population, ouvrant la voie à des élections parlementaires.

M. Aristide était toujours mercredi en République centrafricaine, où il a été prié d’observer un devoir de réserve, tandis que Prétoria semble de moins en moins enclin à lui accorder l’asile.

La reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son intégralité ou en partie, nécessitent l'autorisation préalable et expresse de AFP.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1572

US, France flex muscle in violent Haitian capital as rebels pledge to disarm

3 mars 2004

PORT-AU-PRINCE , March 3 (AFP) - US and French troops staged a show of force in Haiti ’s capital Wednesday as rebels agreed to disarm and the government decreed a state of emergency following deadly new gun battles between police and gangs loyal to fallen president Jean Bertrand Aristide. At least three people were killed in morning fighting in downtown Port-au-Prince when police tried to re-establish control in the La Saline slum, a bastion of pro-Aristide militants, before US Marines and French forces began patrolling to restore order to display their firepower. They cruised through the streets of the capital in tank-like, light-armored vehicles to prevent a resurgence of killing, looting and arson sprees that erupted after Aristide’s flight into exile on Sunday and dissuade the rebels from trying to fill the power vacuum that ensued. Rebel leader Guy Philippe bowed to pressure to disarm his men after getting what he said were security guarantees from the commander of the international force, US Marine Colonel Mark Gurganus, in the first meeting between the two sides since the uprising began last month. "Now that President Aristide, the main problem for democracy, has gone ; now there are foreign troops who are going to guarantee security, and as we have no intention of taking power with weapons, we thought it would be best for the Haitian people to lay down our arms," Philippe said. A day earlier, emboldened by his rapturous welcome on entering the capital, he had said he was in military and police control of the country and that his troops would not lay down their weapons until the pro-Aristide gangs, or "chimeres," were also disarmed. The rebels had also threatened to arrest Prime Minister Yvon Neptune, a close Aristide ally who remains temporarily in office pending the appointment of a new premier and government under an internationally backed power sharing plan aimed at ending Haiti ’s political crisis. Alarmed by the rebels’ increasing attempts to exert control, the United States and France agreed to expand their limited military operations to include patrols of the city and the US embassy in Port-au-Prince asked Gurganus to meet with Philippe to demand he stand down. A diplomatic source told AFP that Gurganus had delivered "an extremely blunt message" to Philippe, repeating the US position that he and his forces have no place in Haiti ’s political future and that they should make good on earlier pledges to disarm now that Aristide was gone. Gurganus later told reporters at his headquarters at Toussaint Louverture International Airport that the 10-minute meeting had been "polite" and that he had been pleased by Philippe’s reaction. "I was very happy with his responses," the colonel said on the tarmac where some of the 1,100 US Marines and 600 French forces now on the ground in Haiti — the vanguard of a UN-authorized multinational stabilization force — continued to unload equipment from military aircraft. "I think he is a man of honor and he will do what he said," Gurganus said, standing alongside French commander Colonel Daniel Leplatois as they announced the start of the security patrols. US and French forces also parked armored vehicles and Humvees and took up positions on the lawn of the presidential palace next to Port-au-Prince’s main police station and the former army headquarters where the rebels had held court before huge, chanting crowds for the past two days. Both colonels said their troops were not charged with arresting and disarming either the chimeres or the rebels and would open fire only if attacked or found themselves in imminent danger. "We are not choosing sides against Mr Philippe or anyone else," Gurganus said. "We are (patrolling) to establish a presence and let the Haitian people know we are here." On the streets, many passersby and motorists reacted with seeming indifference to the appearance of foreign troops and military vehicles which were equipped with gun turrets, mounted machine guns and, in some cases, missile launchers. Some, however, smiled and waved at the soldiers who returned the greetings and a small number were effusive in their appreciation. "I am very happy, this means peace in Haiti ," said Rico Laxamar, an artist and vendor, as a French patrol paused near his roadside stand. Although traffic in the capital resumed its usual congested state and tension had noticeably eased since anarchy gripped the city in the hours after Aristide resigned and went into exile in Africa, Neptune declared a state of emergency in part because of the continuing clashes. "To restore calm, a state of emergency had to be decreed on the entire territory," Neptune told reporters at his office which has been guarded by US Marines since the rebel threat to arrest him on Tuesday. Officials said this implied certain constitutional guarantees would be suspended. He said vandalism and looting had left 300 million dollars of damage — violence largely blamed on the chimeres — and announced the creation of a commission that will coordinate national security issues until a new government is installed. "More seriously there has been a loss of human lives and desperation is leading many groups of Haitians to risk the perilous crossing towards foreign coasts," he said. Hundreds of Haitians have been intercepted at sea and repatriated by the US Coast Guard since the crisis began. Neptune also said that, in accordance with the power-sharing plan, he would resign as soon as steps are taken to name a successor. Meanwhile Aristide’s successor, interim President Boniface Alexandre, named Haitian Coast Guard boss Leonce Charles to be the new national police chief, according to opposition leader Charles Henri Becker. As stability haltingly returned, commerical airline services resumed to Port-au-Prince after nearly a week’s suspension with the first scheduled flight to land at the airport a Dutch Caribbean Airlines MD-80 from Miami . A planeload of emergency medical supplies also arrived Wednesday on the first humanitarian flight in weeks. The plane chartered by the UN Children’s Fund (UNICEF) brought 30 tonnes of medical supplies to cover the immediate needs of 30,000 Haitians for three months.

 

La reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son intégralité ou en partie, nécessitent l'autorisation préalable et expresse de AFP.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1582

Another failed state

3 mars 2004

 

Sometimes there are no good choices - just bad, worse and worst. The easiest choice certainly would have been for the United States to stay out of the awful mess that is Haiti . But, with a lot of well-founded misgivings and reluctance, we already have moved beyond that stage. Right now, we are probably looking at a situation that could be categorized as "bad." On Sunday, the first U.S. Marines started moving back into Haiti to restore peace and calm to the same impoverished island we last invaded under Bill Clinton in 1994. Who would want to go back to Haiti after $3 billion in wasted U.S. aid and the deployment of 20,000 U.S. troops just a decade ago ? Our previous intervention was a totally misguided effort, not to mention an expensive one. The Bush administration’s reluctance to get deeply involved in what can only be described as Haiti’s "quagmire" hopefully indicates that the administration will look for other ways to be involved other than sending in thousands of Marines again. Yet, there are also worse and worst. Worse would be for the United States to go into Haiti alone. Sometimes multilateralism has its uses, and in this case, it is better to let others share the burden - Canadians, possibly Latin and South American nations, even the French and the United Nations. Haiti is a tragic case of a failed state, but it is not a security threat to the United States  ; this is one case where a coalition approach makes sense. Furthermore, like a lot of other failed states around the world, Haiti was once a French colony ; its former dictator "Baby Doc" Duvalier remains in exile in France . Absolutely worst of all would have been for the United States to return to Haiti to restore former President Jean-Bertrand Aristide to power again, as he was repeatedly pleading for over the past three weeks. After it became clear that he had no support from the United States , France , or Haitian citizens, for that matter, the former president left Haiti on Sunday for the Central African Republic . His departure constitutes by far the best chance Haitians have had in years for a decent system of governance. That is indeed a silver lining. Now, there are plenty of Democrats here in Washington and on the campaign trail that have screamed "racism" and accused the Bush administration of letting Haitian democracy down. Mr. Aristide now claims preposterously he was kidnapped by American soldiers, a charge repeated by Rep. Maxine Waters, TransAfrica funder Randall Robinson and the Rev. Jesse Jackson. "Shattered Democracy in Haiti " ran the headline on a New York Times editorial. "President Bush’s delay in sending the Marines to Haiti has left democratic institutions there on shaky ground," said the newspaper. Actually, we just gave Haiti a second or a third chance. Anyone who has watched Haiti under Mr. Aristide will know his tenure in the presidency - before and after his gilded exile in Georgetown from 1990 to 1994 - was characterized by political violence and corruption. He even endorsed the practice of "necklacing" political opponents : That is, hanging a gasoline-filled tire around a person’s neck and setting it on fire with a gruesome death to follow. Mr. Aristide was re-elected to the presidency in 2000 with 92 percent of the vote, and his Fanmi Lavalas Party swept into power in parliament. This was after an election campaign that sought to intimidate and silence the opposition, which finally refused to take part. Anyone that still calls Mr. Aristide a "democrat" should consult the 2003 "Freedom in the World" published by Freedom House. The following is what that human rights organization had to say about Haiti last year : " Haiti is a nation under siege, beset by extreme levels of political and criminal violence, lawlessness, and corruption. The past year saw no progress in stemming the absolute decline of the political and economic conditions that, for most Haitians, make life extremely difficult. Haiti has the lowest life expectancy and highest infant mortality rates of the Western Hemisphere ." Such was the state of the nation over which Mr. Aristide presided, and which rebel leaders eventually rose up against. Our best hope now is to allow Haitians to forge a peace settlement of their own and to help guide them toward a responsible government. Rebel leaders, who halted their advance outside Port-au-Prince , showed unusual restraint and called off the fighting once Mr. Aristide had agreed to leave. According to Haiti ’s constitution, Supreme Court Chief Justice Boniface Alexandre will assume the presidency and may help guide Haiti toward new elections. It is a process the United States and the international community can support and guide, but Haitians need to take the lead.


-  Helle Dale, director of Foreign Policy and Defense Studies at the Heritage Foundation

La reproduction, la redistribution ou la syndication du texte ci-dessus, dans son intégralité ou en partie, nécessitent l'autorisation préalable et expresse de Washington Times.

 

http://www.liberation.fr/page.php?Article=183413#

A Haïti, les rebelles prêts à désarmer, pas les chimères
Malgré la présence de soldats français et américains, les pillages continuent à Port-au-Prince. L'état d'urgence a été décrété.

Par Jean-Pierre PERRIN
jeudi 04 mars 2004
Port-au-Prince envoyé spécial

Chaque jour voit le Palais national davantage investi par l'armée américaine. Quelques hommes lundi, quelques véhicules mardi et, hier, des GI et des civils armés partout, dans tous les coins, jusque sur les toits de l'imposant édifice blanc, tandis qu'une dizaine d'engins blindés labourent à présent l'impeccable pelouse émeraude. De l'autre côté de l'enceinte, la foule, plusieurs centaines de personnes, n'est pas du tout contente. «Les soldats américains sont au palais mais les problèmes ne sont pas là. Les problèmes sont dans la rue. Pourquoi ils ne viennent pas dans la rue ? Pourquoi ils ne désarment pas les chimères ?» réagit Olibrius Belonet, un étudiant en sciences sociales. Autour de lui, la foule, essentiellement des hommes, approuve, bruyamment. «La population demande l'aide des Américains mais ils ne font rien pour l'aider. Et les soldats français, qu'est-ce qu'ils font ? Rien, non plus. Ils laissent les chimères continuer de nous terroriser», renchérit Mathieu Lubnet, un ancien responsable de la douane haïtienne, révoqué et emprisonné par Jean-Bertrand Aristide.

Pillages. C'est vrai que ni les marsouins français ni les GI ne sont visibles dans les rues. Dès lors, si le centre-ville et certains secteurs aisés de la capitale échappent désormais au contrôle des gangs de jeunes longtemps à la solde du Président déchu, ces derniers continuent de tenir sous leur coupe nombre de quartiers, notamment les plus populaires : Cité-Soleil, Petit Bois, Bel Air... «Dans mon quartier, j'ai entendu des rafales toute la nuit», raconte Alexis Jérémie, un chauffeur de taxi. Même dans le port, toujours en partie sous le contrôle de chimères, les pillages de conteneurs ont continué dans la nuit de mardi à mercredi. Les marines ont dû venir faire une démonstration de force, en s'y présentant avec des... missiles sol-sol. «Avec la concentration de population qui existe à Port-au-Prince, gare aux dégâts collatéraux», commente un fonctionnaire international.

Trois jours après le départ d'Aristide, les hôpitaux de Port-au-Prince, y compris l'Hôpital général, ne sont toujours pas protégés. D'où la peur des malades de se faire enlever ou assassiner s'ils y passent la nuit. C'est le cas à Canapé-Vert, l'un des meilleurs établissements de la ville, qui, depuis peu, a retrouvé un chirurgien pour opérer. «Alors les gens préfèrent rester chez eux plutôt que de venir se faire soigner», commente un membre du Comité international de la Croix-Rouge.

Espoir. Face à la démission de la communauté internationale, qui a fait partir Aristide mais n'a rien prévu pour maintenir l'ordre, les Haïtiens se tournent vers Guy Philippe et son Front de résistance nationale, qui compterait à présent quelque 350 hommes dans la capitale. Autour du Palais national, il représente l'espoir de la foule qui prononce son nom presque avec vénération. «Oui, nous l'aimons. Comme on aime Jacques Chirac», déclare un étudiant.

Après son entrée triomphale dans Port-au-Prince, lundi, l'ex-commissaire de police n'a guère donné l'exemple de la réconciliation. Mardi après-midi, ses hommes se sont livrés au «déchoucage» (attaques contre des biens ou des personnes) du musée de l'Indépendance, devenu son quartier général. Les insurgés ont jeté par-dessus le balcon à la fois des peintures de l'art naïf haïtien et les objets ­ statues, cercueils, chaises rituelles, bustes, croix et tableaux ­ exposés dans les salles consacrées au vaudou. La foule les a piétinées en criant «Alléluia», avant d'en faire un gigantesque feu de joie. Le vandalisme a commencé juste après le départ de Guy Philippe, qui s'était fait acclamer par les mêmes manifestants.

Désarmement. En dépit de l'insécurité, les Etats-Unis viennent d'engager un bras de fer avec les insurgés pour les obliger à déposer les armes. Comme les «chimères», «les rebelles doivent se démobiliser et rentrer chez eux», a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher. Washington est favorable à des discussions avec l'opposition démocratique haïtienne, mais pas avec «les rebelles, les groupes armés, les voyous, les restes de l'ancienne armée, les anciens escadrons de la mort». Le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires américaines, Roger Noriega, a été encore plus dur. Guy Philippe «n'a de contrôle sur rien, mis à part une bande de gens en haillons». Mais le chef des rebelles n'a pas l'air de vouloir fléchir : «Nous ne déposerons pas les armes tant qu'il y aura des chimères, il faut protéger le peuple haïtien. Seul le peuple peut nous demander ce qu'il veut.» Finalement, Guy Philippe a annoncé, hier soir, avoir déposé les armes. Et le Premier ministre haïtien Yvon Neptune a imposé l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire haïtien, «pour rétablir le calme et éviter les débordements».

http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=649

Reprise partielle des activités dans la capitale
Source : AFP, 4 mars 2004

La vie reprend timidement son cours normal à Port-au-Prince, jeudi 4 mars, quatre jours après le départ de l’ancien président Jean Bertrand Aristide. Les transports en commun ont repris alors que certaines rues sont toujours bloquées. Une grande affluence a été observée au niveau des banques commerciales, qui n’avaient pas ouvert leurs portes depuis deux semaines. Des patrouilles de policiers haïtiens et de militaires étrangers ont sillonné plusieurs endroits du centre-ville. Tandis que les bandits continuent d’enchaîner les scènes de pillage. Jeudi encore, ils ont attaqué Haïti Terminal au bord de mer. La veille, des hommes armés avaient tenté de piller la Brasserie nationale.

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La commission tripartite de transition a tenu sa première réunion de travail ce jeudi 4 mars. Cette commission est formée du ministre des Haïtiens vivant à l’étranger du gouvernement Lavalas, Lesly Voltaire, représentant de son parti, l’ancien sénateur Paul Denis, pour la plate-forme démocratique et du représentant du sytème des Nations unies en Haïti, Adama Guindo, pour la communauté internationale. Ce comité doit travailler à la mise sur pied d’un Conseil de sages pour accompagner le président intérimaire Boniface Alexandre, dans la formation d’un nouveau gouvernement.

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Maître Boniface Alexandre, actuel président intérimaire d’Haïti, a nommé mercredi le commissaire divisionnaire Léonce Charles, directeur général en chef par intérim de la police nationale. M. Charles, âgé de 38 ans, est originaire de Saint-Marc. Il était commandant de la Garde côtière haïtienne. Il a été nommé en remplacement de Mme Jocelyne Pierre, démise de ses fonctions par le président provisoire.

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La plate-forme démocratique a annoncé mercredi la tenue d’une manifestation de rues pour le dimanche 7 mars. Selon Evans Paul, cette marche sera organisée pour remercier celles et ceux qui ont lutté pour le départ du président Arsitide et aussi pour exiger justice et réparation pour tous les crimes commis par l’ancien chef de l’Etat et ses acolytes. Les membres de la plate-forme entend également appeler au désarmement des bandes armées, principalement les activistes lavalas, appelés « chimères », et aussi à réclamer de meilleures conditions de vie pour la population haïtienne.

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La ministre sud-africaine des Affaires étrangères et la Caricom ont réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances du départ de l’ancien chef de l’État haïtien, Jean Bertrand Aristide, actuellement en République centre-africaine. Selon les déclarations de M. Aristide, reprises par des membres du Black Caucus, l’administration Bush l’aurait contraint à la démission. Mercredi matin, intervenant sur CNN international, l’ambassadeur américain en Haïti, James B. Foley, a soutenu que le départ d’Aristide n’etait pas forcé, arguant que les conditions étaient réunies. Il a expliqué que le président Aristide avait à plusieurs reprises exprimé ses inquiétudes quant à son maintien au pouvoir allant jusqu’à se demander si sa démission pourrait ramener le calme dans le pays.

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La Coalition nationale pour la défense des Haïtiens a communiqué les résultats de son enquête sur les violences commises dans la ville de Saint-Marc à la mi-février. Ce rapport fait état d’une cinquantaine de morts et de plus d’une dizaine de maisons incendiées par les proches du pouvoir, membres de « Bale Rouze », une organisation populaire pro-lavalas, ayant à sa tête l’ancien député Amanus Mayette. La NCHR a rappelé que ces violences sont intervenues moins de 48 ans heures après la visite du Premier ministre Yvon Neptune à Saint-Marc, annonçant que le calme allait revenir dans la Cité Nissage Saget, qui était alors tombée sous le contrôle d’opposants.

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La décision du commandant des insurgés, Guy Philippe d’annoncer que le front du Nord entend déposer les armes, comme promis, n’enchante guère les habitants des Gonaïves. Ces derniers ont indiqué que les rebelles ne devraient pas désarmer tout autant que les proches du pouvoir n’aient pas déposé les armes.

CJD/JEC

http://fr.news.yahoo.com/040305/202/3ofie.html

vendredi 5 mars 2004, 7h42 

Poursuite des pillages et nouveau couvre-feu dans la capitale haïtienne

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Des partisans armés de l'ex-président haïtien Jean Bertrand Aristide ont poursuivi leurs pillages jeudi dans la périphérie nord de Port-au-Prince, où le couvre-feu a été reconduit pour la cinquième soirée consécutive, mais reculé de 22H00 à 06H00 vendredi.

Un des plus importants terminaux portuaires de la capitale haïtienne, Haïti Terminal, qui concentre environ 35% des containers importés par le secteur privé haïtien et qui avait dans ses entrepôts de 1.500 à 2.000 containers a continué jeudi à être le théâtre de pillages.

"C'est une désastre et il faut agir rapidement pour sauver ce qui reste de containers avant que la catastrophe ne soit totale" a déclaré le responsable de Haïti Terminal, Georges Roumain, qui a pu se rendre brièvement sur place jeudi avec quelques militaires américains du corps des Marines qui l'escortaient.

"Il faut que la zone soit rapidement sécurisée avec une force de militaires américains français ou de policiers de la Police Nationale d'Haïti (PNH)" a-t-il estimé.

Les Port-au-princiens ont par ailleurs pris d'assaut les succursales de banques ouvertes quelques heures de 9 heures à 13 heures locales à Pétion-Ville (banlieue résidentielle sur les hauteurs de la capitale) pour les banques privées et au centre ville pour les deux banques de l'Etat.

Les banques étaient fermées depuis deux semaines, d'abord en raison du long congé de Mardi Gras (carnaval) et n'avaient pu ensuite réouvrir en raison des violences politiques.

Les banques privées ont été l'une des principales cibles des pillages généralisés commis notamment dimanche, lundi et mardi à Port-au-Prince par les partisans armés du président déchu.

La communauté internationale, notamment les Etats-Unis et la France qui disposaient de forces militaires d'intervention se sont révélés totalement impuissants à protéger les biens du secteur privé haïtien et étranger en particulier français.

Après l'annonce mercredi d'un dépôt des armes par les insurgés de Guy Philippe, ce qui ne veut pas dire qu'ils vont s'en débarrasser, des Marines et des militaires français ont patrouillé jeudi avec des policiers haïtiens dans les rues de Port-au-Prince.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé jeudi s'attendre à la désignation d'ici à la fin de la semaine prochaine d'un nouveau gouvernement en Haïti, où le président déchu Jean Bertrand Aristide veut revenir.

"Je ne suis pas fait pour rester en exil (...) S'il faut faire une escale en Afrique du Sud, je le ferai, avant de rentrer chez moi", a déclaré M. Aristide, actuellement à Bangui, lors d'un entretien téléphonique enregistré avec un proche, dont l'AFP a obtenu une copie.

"Il n'y a pas eu démission formelle selon les normes", a déclaré M. Aristide à l'écrivain français et spécialiste de Haïti, Claude Ribbe. Selon lui, son "enlèvement politique était le prix à payer pour éviter un bain de sang".

L'ex-chef d'Etat a, par ailleurs, accusé la France de "complicité dans son enlèvement politique" avec les Etats-Unis, en affirmant que Paris avait agi en rétorsion à sa demande de restitution de la "dette de l'indépendance" estimée à 21,7 milliards de dollars par Haïti.

L'OEA a accueilli dans ses locaux à Port-au-Prince une première réunion d'un comité tripartite haïtien, réunissant des représentants de l'opposition, du parti Lavalas de M. Aristide et de la communauté internationale, et créé en application d'un plan international de règlement de la crise. Ce comité doit former un Conseil de sages de sept membres qui, à son tour, proposera au président par intérim Boniface Alexandre la candidature d'un Premier ministre et sera associé à la composition de son gouvernement.

"Ce processus doit se dérouler dans les meilleurs délais, une semaine au maximum en tout", précise un communiqué de l'OEA.

Le comité comprend l'ex-sénateur Paul Denis (opposition politique et civile), du ministre des Haïtiens de l'étranger Leslie Voltaire (Lavalas), et de Adama Guindo (ONU).

 

http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=651

En route vers la constitution du nouveau gouvernement
Source : HPN, 5 mars 2004

La Commission tripartite a communiqué la liste des personnalités devant faire partie du Conseil des sages, chargé de désigner un nouveau Premier ministre et entamer le processus de la formation du prochain gouvernement. Le conseil est constitué de Anne-Marie Issa pour le secteur privé, Lamartine Clermont pour l’Eglise catholique, Christian Rousseau pour l’Université, Danielle Magloire pour les droits humains, Ariel Henry pour la plate-forme démocratique, Jean Mac-Donald pour l’Eglise épiscopale et Simon Paul-Émile pour la Lafanmi Lavalas, parti du président déchu Jean Bertrand Aristide. Selon Paul Denis, membre de la Commission tripartite, le prochain gouvernement devrait agir avec l’urgence nécessaire pour mettre de l’ordre dans l’administration publique et régler la question de l’insécurité, deux axes prioritaires d’intervention.

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Charles Henry Becker, membre du groupe des 184, a annoncé qu’une procédure judiciaire visant l’arrestation du Premier ministre Yvon Neptune était en cours. Entre autres faits reprochés à Yvon Neptune, M. Becker a surtout insisté sur son implication présumée dans les violences survenues à Saint-Marc à la mi-février. La Coalition nationale pour la défense des droits des Haïtiens a fait état d’au moins cinquante morts et de plus d’une dizaine de maisons incendiées par les partisans lavalas. L’industriel a indiqué qu’une action similaire serait entreprise contre l’ancien président Jean Bertrand Arsitide.

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« Les USA ont pris le commandement des forces étrangères fraîchement débarquées en Haïti. » Cette annonce a été faite par le général Henry Clément Bonnet, commandant les unités françaises envoyées dans le pays. Selon le général, cette force internationale déployée en Haïti représente les éléments avancés de la future force de stabilisation de l’Organisation des Nations unies qui sera créée en quelques mois en Haïti.

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Les scènes de pillage se poursuivent dans plusieurs endroits de la capitale. Ce vendredi 5 mars 2004, des individus ont attaqué des entrepôts du parc industriel sur la route de l’aéroport international de Port-au-Prince. A Carrefour, banlieue sud de la capitale, des sous-commissariats sont pillés ainsi que des entreprises privées.

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La compagnie de ramassage des ordures SMCRS a réclamé du carburant pour recommencer à fonctionner. Des tas de détritus jonchent certaines rues de la capitale allant jusqu’à paralyser la circulation. Par ailleurs, un syndicat d’employés de l’EDH (Electricité d’Haïti) a soulevé le manque de carburant pour expliquer l’obscurité qui s’abatte sur le pays depuis plus d’une semaine.

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Des barricades sont encore érigées sur des voies reliant la capitale et certaines villes de province comme le Cap-Haïtien, Les Gonaïves et des villes du Sud. Les chauffeurs dénoncent la présence d’individus armés qui opèrent à visière levée et terrorisent les usagers. Ils demandent à l’Etat haïtien de prendre ses responsabilités pour leur permettre de reprendre leurs activités.

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Intervenant sur une station de la capitale, l’ancien colonel Himmler Rébu a exprimé ses préoccupations devant le renvoi de 654 policiers sur les 700 affectés à la sécurité du Palais national. Ces derniers, sans être avertis, ont été interdits d’accès au palais présidentiel jeudi. M. Rébu s’interroge sur l’avenir de ces agents qui n’ont d’ailleurs pas été désarmés.

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Le responsable de « Gaz Industriel Associé » a lancé un appel d’urgence aux autorités face au risque d’explosion qui menace la seule usine d’oxygène médical du pays. Ce vendredi 5 mars 2004, des individus ont mis le feu à un dépôt de nourriture situé à moins de 400 mètres de l’usine.

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Des troupes étrangères déployées dans le pays ont effectué une visite vendredi 5 mars dans la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien, ainsi que dans la Cité de l’indépendance, les Gonaïves, pour examiner les conditions de sécurité de ces villes.

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Des milliers de manifestants pro-Aristide ont gagné vendredi les rues de la capitale pour réclamer le retour de l’ancien chef d’Etat haïtien qui a démissionné du pouvoir le 29 février passé. CJD/JEC

http://fr.news.yahoo.com/040305/5/3ohhv.html

samedi 6 mars 2004, 4h54

Des milliers de Haïtiens réclament le retour de Jean-Bertrand Aristide

PORT-AU-PRINCE (AP) - Plusieurs milliers de personnes réclamant le retour de Jean-Bertrand Aristide ont défilé vendredi à Port-au-Prince en direction des ambassades des Etats-Unis et de France, exprimant leur colère et dénonçant l'"occupation" des Marines américains et des légionnaires français.

Un Conseil des sages composé de sept membres a par ailleurs été choisi vendredi par des membres du parti Lavalas, de l'opposition et de la communauté internationale, selon le porte-parole de l'Organisation des Etats américains Edward Alexander. Le Conseil s'est aussitôt attelé à la tâche de proposer le nom d'un nouveau Premier ministre pour diriger un gouvernement de transition. Mais une session d'une heure à huis-clos s'est terminée sans qu'aucune décision ne soit prise.

Quelque 3.000 protestataires, dont quelques uns étaient dotés d'armes à feu, ont marché en direction des ambassades des Etats-Unis et de France et du palais présidentiel, aux cris de "Allez Aristide, à bas Bush!". Il s'agissait de la première manifestation d'envergure en faveur du président déchu depuis son départ en Afrique dimanche. Les forces américaines présentes sur place ne sont pas intervenues.

Le leader des rebelles en Haïti, Guy Philippe, a déclaré vendredi qu'il était en train de rassembler des signatures pour une pétition demandant le rétablissement de l'armée en Haïti.

Guy Philippe a ajouté qu'il espérait se rendre la semaine prochaine devant la justice afin d'essayer de révoquer la décision d'Aristide.

Il a par ailleurs expliqué qu'il avait rencontré vendredi les chefs rebelles des Gonaïves et leur avait demandé de déposer les armes.

"Au début, il n'ont pas compris, mais je leur ai parlé et je leur ai expliqué", a-t-il dit. "C'est OK, aucun problème", auraient ensuite répondu les rebelles.

Un peu plus tôt dans la journée, le général américain James Hill s'était vivement élevé contre l'idée du rétablissement d'une armée, estimant que le pays n'en avait "nullement besoin".

Paul Arcelin, un collaborateur de Guy Philippe, a déclaré à l'Associated Press que les rebelles conserveraient leurs armes tant que les partisans de Jean-Bertrand Aristide seraient armés. AP

cr/fb/v84

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1621

Le Figaro

Haïti : la France et les Etats-Unis au milieu de l’imbroglio

6 mars 2004

Le renvoi improvisé samedi dernier de Jean-Bertrand Aristide par les troupes américaines a créé les conditions d’une impasse politique à Port-au-Prince. Les Etats-Unis et la France se retrouvent au milieu d’un imbroglio très haïtien, où les faubourgs miséreux de la capitale grondent de colère, réclamant Aristide, et où son parti Lavalas (« le torrent », en créole) bloque le processus de nomination d’un nouveau premier ministre. Haïti, sans tête, reste un chaudron : la peur des uns le dispute au désarroi des autres. A l’aéroport de Port-au-Prince, où l’activité militaire reste nonchalante sous la garde des militaires canadiens, un douanier se lamente : « Non ce n’est pas fini, vraiment pas fini ! »

Hier matin, dans le quartier de Cité Soleil, un bidonville de 600 000 habitants au nord de la capitale, les Chimères (les bandes armées par Aristide pour faire régner son ordre de terreur) défilaient pour manifester à la fois leur présence et leur importance. Et l’on patientait en vain pour la nomination d’un nouveau chef de l’exécutif, attendue en principe dans la journée. C’est que le processus imaginé par Washington, Paris et Ottawa pour remettre Haïti sur les voies de la démocratie tourne au vinaigre. « C’est la m... totale », résumait un peu crûment un diplomate occidental.

La situation dérape sur deux fronts. Le plus visible est celui des quartiers populaires « extrêmement chauds », comme le constate un prêtre qui les connaît bien. « Le départ d’Aristide reste très questionné, remarque cet observateur, et le mouvement Lavalas, ce n’est pas fini pour tous ces gens. » Un animateur d’ONG le confirme : « Les habitants de ces bidonvilles ont besoin d’un chef, les gosses demandent : « Quand Aristide reviendra-t-il ? » A Cité Soleil, la population est à 100 % derrière Aristide. Quant aux Chimères, ils manifestent pour dire qu’ils existent encore, qu’il faut compter avec eux. Ils veulent bien désarmer. Mais leurs armes sont leur seul capital. Il n’y a personne pour discuter leur reddition. »  

Cité Soleil n’est pas le seul quartier dangereux de la ville. Même si les hélicoptères américains et français tournent la nuit sur la ville, tous feux éteints pour impressionner la population, même si des patrouilles de marines commencent à s’aventurer dans les bidonvilles en rasant les barricades, l’inquiétude est à son comble. A Nan Ravine, à Fort Mercredi, à Nan Fon, ces bastions des Chimères, les pillages se poursuivent. « Face à cette violence, on est momifiés, on est comme des zombies », dit une journaliste haïtienne.

Les destructions dans le bas de la ville, principalement opérées le week-end dernier juste au moment du départ forcé d’Aristide, sont impressionnantes, et la rue en porte les cicatrices bien visibles. « Des familles de la bourgeoisie locale ont tout perdu, constate un diplomate européen, et les dégâts se chiffrent entre 300 et 500 millions de dollars, ce qui est considérable pour Haïti. » Un fonctionnaire de police résume le dilemme actuel des occupants américains et français : « Qui gère les problèmes énormes du moment ? C’est confus. On ne sait pas trop qui commande. »

C’est là l’autre problématique de ce bourbier. Les amis du président déchu, toujours au pouvoir, du moins théoriquement, ne veulent pas composer avec l’opposition, malgré les pressions américaines et françaises. Le processus de transition du pouvoir est assez flou pour leur en laisser la latitude. Il consiste dans une première étape, qui aurait déjà dû être réglée cette semaine, à ce qu’un « comité tripartite » désigne une « commission des sages » de sept membres, cette dernière commission désignant à son tour un nouveau premier ministre.

Le « comité tripartite » est composé d’un représentant du gouvernement actuel (Leslie Voltaire, ancien ministre des Haïtiens de l’étranger), d’un autre de l’opposition (l’ex-sénateur Paul Denis), et d’un diplomate malien, pour la communauté internationale. Dans ce petit jeu, le premier ministre sortant, Yvon Neptune, joue le pourrissement de la situation, en faisant systématiquement récuser par Leslie Voltaire les listes proposées par l’opposition. Micha Gaillard, le porte-parole de cette opposition, expliquait hier : « Leslie Voltaire affirme que ces personnalités ne sont pas suffisamment « sages », car elles ont toutes été contre le parti Lavalas. » Et d’ajouter : « Yvon Neptune veut gagner du temps pour faire disparaître les preuves des malversations de son gouvernement dans l’administration publique. Et nous, nous ne pouvons pas le dire clairement à la population, pour ne pas entraver le processus actuel. » Américains et Français se retrouvent véritablement encalminés dans cette affaire qui ressemble à une farce. Au fur et à mesure que tous les détails sur le départ forcé d’Aristide commencent à être connus, il s’avère que cette « démission » du chef de l’Etat haïtien a été fort mal improvisée par Washington. Ainsi, Aristide, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, a même attendu une heure durant, à l’aéroport de Port-au-Prince, l’avion qui devait l’emmener vers un exil improvisé. Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, aurait dans cette situation téléphoné à son homologue, Dominique de Villepin, et la destination de Bangui aurait alors été trouvée par le Français. Ce coup d’Etat qui ne veut pas dire son nom, aujourd’hui éventé, met déjà les Américains et les Français dans une position défensive en Haïti.

C’est d’ailleurs l’impression que donnent les deux puissances occupantes ici. Les Américains utilisent leurs troupes pour encercler le palais présidentiel, lieu symbolique du pouvoir, et isoler dans sa primature le premier ministre Yvon Neptune, qui refuse de convoquer son gouvernement, car, dit-il, « le président n’a pas été sorti du pays légalement ». Les militaires français gardent l’ambassade, la résidence de l’ambassadeur, le lycée français, et assurent, à sa demande, la protection de Leslie Voltaire qui bloque la négociation avec l’opposition...

Comment sortir de ce guêpier sans provoquer la colère des déçus d’Aristide ? L’ex-chef de l’Etat a été stupidement transformé en victime par ceux qui l’ont expulsé d’Haïti manu militari, et ses amis nombreux dans le pays comptent bien maintenant exploiter cette faille, quoi qu’il en coûte à leur malheureux pays.

  François Hauter

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1632

AFP

Calme à Port-au-Prince, mais poursuite des pillages en banlieue sud-ouest

6 mars 2004

Le calme est revenu samedi à la périphérie nord de Port-au-Prince, théâtre de pillages répétés depuis dimanche, mais ils se poursuivaient dans la banlieue sud-ouest de la capitale, ont indiqué des témoins à l’AFP.

Des éléments militaires américains et français se sont déployés vendredi soir à Port-au-Prince. Des Marines américains ont pris position pour protéger les terminaux portuaires pillés ces derniers jours, notamment Haïti Terminal, l’un des plus grands du pays.

« C’est catastrophique, seuls 30% des 1 500 à 2 000 conteneurs vont être sauvés », a déclaré à l’AFP le responsable du terminal, Georges Roumain.

Une compagnie de 140 hommes du 3ème Régiment étranger d’infanterie (REI, Légion étrangère) de Kourou (Guyane) s’est déployée pour sa part au terminal pétrolier de la compagnie française Total.

 

http://www.haiti-info.com/article.php3?id_article=1633

Haïti/Le bilan de l’insurrection aurait été sous-estimé

6 mars 2004

WASHINGTON (Reuters) - L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a fait savoir que la morgue du principal hôpital de Port-au-Prince détenait les corps de près de 200 victimes des violences liées à l’insurrection armée haïtienne, laissant penser que le bilan de cette révolte a été sous-estimé.

La morgue de l’hôpital universitaire de Port-au-Prince renferme environ 800 cadavres, a précisé l’OPS, une des premières organisations internationales fournissant un bilan de l’insurrection, "dont 200 sont ceux de victimes de violences perpétrées lors des deux dernières semaines".

L’insurrection a débuté le 5 février et mené au départ en exil, dimanche, du président Jean-Bertrand Aristide. Le bilan était jusque là estimé à une centaine de morts.

L’hôpital universitaire de Port-au-Prince est le plus grand établissement de soin de la capitale et de ses alentours.

Les responsables de l’OPS ont dit qu’ils ne savaient pas si les autres morgues du pays détenaient les corps de victimes de cette révolte.

Dans un communiqué, l’OPS rapporte que le système de santé haïtien est sorti complètement désorganisé de la période insurrectionnelle.

"Depuis le début de la crise, l’hôpital universitaire est fermé. Son personnel n’est pas retourné travailler car il n’est pas payé."

Dans le cadre d’un accord d’assistance signé entre La Havane et le gouvernement d’Aristide, quelque 500 médecins cubains ont été envoyés en Haïti, où ils sont restés malgré les violences.

Plusieurs pays ont fait des dons d’argent ou d’équipement au système de santé haïtien.

 

http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/afp/20040307/wl_afp/haiti_040307150749

Opposition protest kicks off in Haiti amid US, French security  

Sun Mar 7, 10:07 AM ET   Add World - AFP to My Yahoo!

 

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Hundreds of opposition supporters set off on a march to Haiti 's presidential palace, backed by heavily armed US marines and French gendarmes, amid fears of clashes with a rival demonstration.

Protesters waved banners reading "Never again" and "Peace for Haiti " as they began their protest in the Petion-Ville neighborhood.

Several dozen marines and gendarmes, along with Haitian police in riot gear, accompanied the protesters, who marched with Humvees with machine guns mounted on them and armored trucks trailing along.

"We're working with the security forces to support Haitian police, in coordination with the Americans," French Major Xavier Pons said.

Meanwhile, supporters of ex-president Jean-Bertrand Aristide were expected to march from the Cite-Soleil neighborhood, prompting fears that the rival protests could turn violent in a city alread rocked by unrest and chaotic looting following Aristide's resignation and flight one week ago.

Leonce Charles, named police chief following Aristide's departure, has asked the 2,500-strong multinational contingent to help ensure the rival marches do not end in more violence in a city shattered by days of killing and looting.

As the opposition marched toward the presidential palace, which is heavily guarded by US Marines, Aristide supporters planned their own protest to counter the march by their foes.

"Anytime there is the possibility that two opposing groups can clash, in my business, yes there is a concern," said US Marine Colonel Mark Gurganus, who heads the multinational force.

"Will we have the forces in place to ensure a quiet day? We will absolutely try to."

US military spokesman Major Richard Crusan said the Haitian police and the multinational force planned to provide "safety and ensure stability between the two groups that are marching.

"I'm sure it will be a very robust and coordinated effort."

Renewed looting was reported Saturday at the Shell terminal in Bizoton, just outside the capital and in the Martissant neighborhood, according to witnesses.

But most parts of the city were calm as US and French troops patrolled the streets on foot and in all-terrain vehicles and protected key installations, including the presidential palace and the city's main port.

"We have Marines at the port on a full-time basis," said Gurganus.

US Special Forces also were deployed to the northern city of Gonaives , following an assessment mission to that city and to Cap-Haitien in the past week, the US military said.

"You'll see joint military forces operating throughout the country at some date in the future," said Gurganus.

Since the military patrols started Wednesday, the armed insurgents who had made a triumphant entrance in the capital after Aristide's departure have kept off the streets.

But they have yet to lay down their weapons, as they vowed they would do.

As the multinational force made its presence known in Haiti , the government Aristide left behind and the political opposition have moved closer to meeting the requirements of an internationally backed power-sharing proposal. A council of seven "wise men" formed Friday by the government, opposition and international representatives was to name a new prime minister and government within a week.

 

http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/ap/20040307/ap_on_re_la_am_ca/haiti_040307214761

Shots Fired at Haiti Protesters Kill 5

Sun Mar 7, 5:22 PM ET     

By IAN JAMES and PAISLEY DODDS

PORT-AU-PRINCE , Haiti - Gunshots erupted Sunday at a protest to demand that ousted Haitian President Jean-Bertrand Aristide be tried for corruption and fomenting violence. At least four demonstrators and a foreign journalist were killed.

Witnesses blamed Aristide militants, but that could not immediately be confirmed. The shooting occured as crowds gathered in front of the presidential National Palace .

Cameraman Ricardo Ortega of Spain 's Antena 3 television network was shot in the stomach and died at Port-au-Prince's private Canape Vert Hospital .

Blood covered the floor there as the emergency room quickly filled with more than 30 injured people.

Among them was Ft. Lauderdale Sun-Sentinel photographer Michael Laughlin, 37. He was shot in the shoulder and face but was in stable condition at the hospital.

Witnesses said they saw Aristide supporters shooting at the crowd in front of the National Palace , and they complained that peacekeepers did nothing to prevent the violence.

"The peacekeepers were nowhere near where the shooting was," said Almil Costel, 31, who was shot twice in the left shoulder.

French commander Col. Daniel Leplatois defended the peacekeepers. "We're not able to secure the lives of all of the demonstrators," he said.

After the shooting, a truck with speakers bolted to its frame paraded around the palace, blasting music. One man speaking over a truck loudspeaker shouted at the U.S. Marines: "People are dying every day in this country. You have to do something about it."

Haitian police and U.S. and French troops who had been guarding the march route began patrolling the area of the shooting to bring it back under control.

Aristide supporters had planned a joint demonstration Sunday but said they were offered no protection by the peacekeepers and were afraid of reprisal attacks from anti-Aristide activists. Their protest was rescheduled for Monday, though organizers said they were trying to determine how much security they could depend on.

"The Americans are only here to protect those who helped oust Aristide," said Ednar Ducoste, 23, an Aristide supporter. "If we had guns, we would be fighting against them right now."

Aristide released a statement Sunday through government officials in the Central African Republic , where he is in exile, saying he was "well-looked after" by his hosts and will personally address reporters at an unspecified time. Aristide has said the United States forced him from power, something U.S. officials deny.

Peacekeepers have removed barricades in central neighborhoods but have avoided Aristide strongholds, like La Saline and Cite Soleil.

"They come here with their missiles, and they do nothing for us," said Leo Bertrand, 27. "They kidnapped our president, and now they're here to hold us down."

Earlier during Sunday's march in Port-au-Prince , demonstrators tore down a billboard featuring Aristide's face and the slogan: " Haiti is the mother of freedom," then carried it to the palace and set it on fire. Military helicopters circled overhead as black smoke billowed from the front gate.

Rebel leader Guy Philippe was hoisted onto supporters' shoulders as they chanted "Guy Philippe — hero! Aristide — zero!"

Philippe, a former Aristide police chief accused of coup-plotting, reiterated Sunday that he had no political aspirations. On Wednesday, he said his fighters would lay down their arms. There were no weapons in sight Sunday.

There were also cheers for Louis-Jodel Chamblain, an ex-soldier convicted in the killings of Aristide supporters. Like film stars, both Chamblain and Philippe were surrounded by autograph-seekers.

Rebels have refused to give up their weapons, despite Philippe's pledge. Marines have faced hostility — so far, only shouted insults — from armed Aristide militants furious over their leader's ouster and what they call "an occupation army."

Sunday's anti-Aristide crowd also took up a cry of "Help, yes. Occupation, no!"

It swelled quickly to thousands who ran and danced through the city, chanting, "Try Aristide! Jail Aristide!"

Businessman Liastaud Michel, 56, called the event "a victory march ... to celebrate. We want things to change."

A recently appointed seven-member "Council of Sages" met for a third day Sunday in the capital to choose a new prime minister. Officials said they hoped to have a decision by Tuesday.

One possibility is Lt. Gen. Herard Abraham, probably the only Haitian army officer to voluntarily surrender power to a civilian. Abraham succeeded ousted Gen. Prosper Avril in 1990 and immediately handed power to Haiti 's Supreme Court justice. That allowed the transition that led to Haiti 's first free elections in December 1990, which Aristide won in a landslide.

Another choice is Smarck Michel, a businessman who was Aristide's prime minister in 1994-1995 but resigned over differences in economic policy.

The U.S. Marine presence is the third American military intervention in Haiti , which has suffered under civilian and military dictators since a slave rebellion won independence from France in 1804.

The United States sent troops in 1915 who occupied the country for 25 years. In 1994, 20,000 troops came to end a brutal military dictatorship, halt an exodus of boat people to Florida and restore Aristide, who had been ousted in 1991.

Aristide was a wildly popular slum priest when he became Haiti 's first freely elected leader in 1990. But his popularity diminished after he was re-elected in 2000. Haitians said he failed to improve their lives, condoned corruption and used police and armed supporters to attack his political opponents.

Associated Press writer Joseph B. Frazier contributed to this report from Cap-Haitien.

http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=19408

Notre édition du Lundi, 08/03/2004

Une manifestation de l'opposition dégénère: au moins 6 morts et 26 blessés

Au moins six personnes ont été tuées par balles, dont un journaliste espagnol, et plus de 26 autres blessées dimanche à Port-au-Prince, dont certaines grièvement, lors de la dispersion d'une manifestation de l'opposition au président déchu Jean Bertrand Aristide, selon des sources médicales et des témoignages.

Après ces nouvelles violences, Guy Philippe, le chef des insurgés haïtiens qui ont contribué à la chute d'Aristide, parti précipitamment le 29 février en Centrafrique, s'est dit prêt à reprendre les armes.

Il a déclaré à la radio privée Radio Vision 2000 qu'il serait »très bientôt dans l'obligation de donner l'ordre à ses troupes de reprendre les armes qu'elles avaient déposées».

La protection des militaires américains et français qui a permis aux quelque 10.000 manifestants de l'opposition de traverser la capitale haïtienne pendant quatre heures sans incidents s'est révélée totalement inopérante pour empêcher l'éruption de tirs lors de la dislocation de la manifestation sur le champ de mars, face au palais présidentiel.

Les coups de feu, attribués aux chimères, les groupes de civils armés par le président déchu, ont éclaté aussi bien de l'intérieur de la foule sur l'esplanade, que de l'extérieur, en provenance de la zone du cinéma Capitole, selon des témoins.

Un groupe de huit journalistes, qui avait quitté la manifestation pour filmer un corps, a été pris dans des échanges de coups de feu entre assaillants et policiers.

Un photographe américain du Sun Sentinel a d'abord été blessé à l'épaule par une balle, raconte Peter Andrew Bosch, photographe du Miami Herald qui faisait partie du groupe.

»Nous nous sommes mis à l'abri dans une maison pour lui donner les premiers soins, mais deux autres sont sortis et ont été pris sous le feu des tireurs qui s'étaient postés sur un toit». Un journaliste espagnol, Ricardo Ortega, a été grièvement blessé ainsi qu'un photographe, poursuit-il. Le journaliste, qui travaillait pour la chaîne de télévision Antena 3, est décédé plus tard à l'hôpital du Canapé vert.

Selon Vision 2000, qui affirme avoir vu ses papiers d'identité, un des morts est un jeune manifestant, Josephat Luckner.

La police nationale d'Haïti (PNH) et la force militaire américano-française ont été mises en accusation après ces attaques.

Outre Guy Philippe, qui a accusé les forces étrangères de ne pas prendre ses »responsabilités», des membres de l'opposition se sont élevés contre »l'inaction» de cette force face aux attaques des chimères.

Pour Micha Gaillard, responsable socialiste de l'opposition, »une manifestation pour fêter la libération d'Haïti du despotisme s'est terminée en catastrophe sanglante». »La population manifestait pacifiquement en ayant confiance en la police haïtienne et dans la force de sécurité internationale, malheureusement elles n'ont pas agi», a-t-il déploré.

Des déclarations faites sur des radios privées haïtiennes depuis l'hôpital du Canapé Vert par un responsable militaire français, le colonel Daniel Leplatois, commandant en second du dispositif français en Haïti, selon qui »dans toute manifestation, il y a des dérapages», ont suscité un tollé à Port-au-Prince.

De nombreuses protestations d'auditeurs ont suivi, certains réclamant des »excuses» face à ce qu'ils considérent comme un »massacre» et non un dérapage.

Le nouveau directeur général de la police Léonce Charles, qui a rendu visite aux blessés à l'hôpital du Canapé Vert, très ému, a assuré que »la police ne restera pas les bras croisés».

Quelque 2.500 militaires américains, français, canadiens et chiliens ont été envoyés en Haïti pour stabiliser la situation en attendant l'envoi d'une force multinationale sous l'égide de l'ONU.

Samedi, de nouveaux pillages accompagnés de règlements de compte s'étaient produits dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince.

 

http://www.casanet.net.ma/infos/includes/detail.asp?lmodule=USA&article_id=4580

Une manifestation de l'opposition dégénère à Haïti: au moins 6 morts

(8/3/2004)

Au moins six personnes, dont un journaliste espagnol, ont été tuées par balles et plus de 20 autres blessées dimanche à Port-au-Prince, dont certaines grièvement, lors de la dispersion d'une manifestation de l'opposition au président déchu Jean Bertrand Aristide
Le journaliste, Ricardo Ortega, qui travaillait pour Antena 3, est mort d'une balle dans la poitrine près du palais présidentiel en couvrant les violences opposant les partisans du président haïtien déchu Jean Bertrand Aristide aux manifestants de l'opposition, a précisé un photographe du quotidien américain Miami Herald qui accompagnait Ricardo Ortega.

Après ces nouvelles violences, Guy Philippe, le chef des insurgés haïtiens qui ont contribué à la chute d'Aristide, s'est dit prêt à reprendre les armes.

"Deux corps ont été apportés à l'hôpital du Canapé Vert", a indiqué par téléphone Ketly Julien, responsable de l'institut mobile d'éducation démocratique, une organisation humanitaire. Mme Julien accueille les blessés à l'hôpital.

Ce bilan est encore très provisoire, les blessés continuant d'arriver, a-t-elle précisé.

Deux autres corps ont été trouvés dans les environs du palais présidentiel au centre de la capitale haïtienne.

Les incidents se sont produits lors de tirs des chimères, des partisans de l'ex-président Aristide, qui ont pris pour cible les manifestants de l'opposition au président déchu lors de leur dispersion dans le centre-ville.

Plusieurs blindés américains sont sortis du palais présidentiel et ont pris position sur la place du champ de Mars qui lui face, a-t-on constaté.

Selon la radio Vision 2000, qui affirme avoir vu ses papiers d'identité, un des morts est un jeune manifestant, Josephat Luckner. Les circonstances de son décès n'ont pas pu être déterminées dans l'immédiat.

Les manifestants, selon les radios, ont exprimé leur colère contre les forces de l'ordre auxquelles ils ont reproché de ne pas être intervenues au cours des violences.

La manifestation de l'opposition au président déchu avait rassemblé dimanche plus de 10.000 personnes et s'était déroulée dans la matinée sans incident sous la protection de la police anti-émeute haïtienne et des militaires américains et français.

Partis du quartier résidentiel de Pétion-Ville sur les hauteurs de la capitale, plusieurs milliers de manifestants portaient des banderoles, proclamant "plus jamais ça" ou encore "la paix pour Haïti", et s'étaient rassemblés autour de l'Eglise Saint-Pierre.

Ils s'étaient ébranlés dans une ambiance bon enfant en scandant en créole "Wé pas wé fok Aristide jugé" ("qu'on le veuille ou non Aristide doit être jugé"), agitant des pancartes réclamant une police indépendante et l'arrestation de Jean-Claude Jean Baptiste (le conseiller pour la sécurité du président déchu) et de Nahum Marcellus, un responsable de l'aile dure du parti Lavalas dans le nord du pays.

Jean Bertrand Aristide a dû quitter précipitamment Haïti pour la République Centrafricaine il y a une semaine à l'issue d'un mois d'insurrection dans le pays.

Quelque 2.500 militaires américains, français, canadiens et chiliens ont été envoyés en Haïti pour tenter de stabiliser la situation en attendant l'envoi d'une force multinationale sous l'égide de l'ONU.

Samedi, de nouveaux pillages accompagnés de règlements de compte s'étaient produits dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince, ont indiqué des témoins.

Ainsi, le terminal de la Shell à Bizoton n'était toujours pas sécurisé samedi, et de nouveaux pillages perpétrés par les "chimères" avaient été signalés à nouveau dans la nuit de vendredi à samedi en particulier dans le quartier de Martissant où des dépôts de riz ont été pillés.AFP

http://www.courrierinternational.com/afp/resultatDepeche.asp?id=040308172830.21yoi2le

Pillages à Port-au-Prince, Aristide se dit toujours président d'Haïti
08/03/2004 - 18:28

PORT-AU-PRINCE, 8 mars (AFP) -

Plusieurs centaines d'Haïtiens ont pillé lundi une zone industrielle près de l'aéroport de Port-au-Prince, tandis qu'à Bangui Jean Bertrand Aristide se disait toujours président d'Haïti.

Dans la journée, le chef d'Etat provisoire du pays, Boniface Alexandre, devait une nouvelle fois prêter serment. Il l'avait déjà fait le 29 février dans la foulée du départ d'Aristide.

Mardi, un nouveau Premier ministre devrait être nommé et la composition d'un gouvernement rendue publique samedi. Le général à la retraite Hérard Abraham, 63 ans, et le commerçant Smarck Michel, 67 ans, ancien Premier ministre d'Aristide (1994-1995) sont les deux personnalités les plus souvent citées.

Au lendemain de tirs ayant fait six morts près du Palais présidentiel, à la fin d'une manifestation de quelque 10.000 opposants à l'ex-chef d'Etat, aucune présence de policiers ou de troupes étrangères n'était visible pour assurer un semblant de sécurité dans la zone industrielle, cible de pillages répétés.

Les pilleurs, souvent âgés de moins de 20 ans, ont attaqué les automobilistes et menacé des journalistes avec des machettes, selon un journaliste de l'AFP.

Depuis le départ il y a plus d'une semaine d'Aristide, l'aide humanitaire à Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain, arrive au compte-gouttes.

Ils sont entrés sur la zone industrielle en sautant le mur d'enceinte ou en passant dans des trous, d'où ils sortaient peu après avec des cartons de marchandises (sacs alimentaires - céréales, sucre) et des vêtements, que certains revendaient presque aussitôt à d'autres.

Les Marines ont leur base à un kilomètre et demi de là, à l'aéroport, et des militaires français avaient patrouillé ce secteur dimanche.

"J'ai d'autres missions à effectuer, je ne peux pas tout faire", a souligné lundi lors d'une conférence de presse le chef des 600 militaires français déployés en Haïti, le colonel Daniel Lepatois. "Mon job n'est pas d'empêcher des pillages, je suis là pour protéger les gens qui sont en danger", a-t-il ajouté.

En Centrafrique, Jean Bertrand Aristide a affirmé être toujours "le président élu" d'Haïti. Il a appelé à la "résistance pacifique pour restaurer l'ordre constitutionnel", au cours de sa première apparition publique depuis son arrivée le 1er mars à Bangui.

L'ex-chef d'Etat, qui était calme et paraissait détendu, a également maintenu avoir été victime d'un "enlèvement politique". "Je suis le président démocratiquement élu et je le demeure, et c'est au nom de ceux qui m'ont élu que je plaide pour la restauration de l'ordre constitutionnel", a-t-il dit.

En fin de semaine dernière, Aristide avait fait part de son souhait de retourner dans son pays, où il conserve un soutien populaire dans les bidonvilles, notamment grâce à ses bandes armées, les "Chimères".

Une des six personnes mortes dimanche à Port-au-Prince était vraisemblablement l'un de ses partisans. Elle a été tuée par des Marines, a indiqué lundi à la presse le colonel américain Mark Gurganus, qui a raconté que les militaires américains avaient riposté contre deux hommes armés tirant sur eux alors qu'ils étaient près du Palais National, siège de la présidence. "Les Marines ont visé les tireurs, un a été tué, l'autre s'est enfui", a-t-il déclaré.

Parmi les morts figure aussi un journaliste espagnol, Ricardo Ortega, 37 ans, premier journaliste étranger tué depuis l'aggravation de la crise haïtienne en septembre. Plus de 34 personnes ont aussi été blessées par les tirs dimanche.

La police nationale d'Haïti et les troupes américaines et françaises ont été mises en accusation pour leur inaction par des membres de l'opposition haïtienne.

Lundi matin, la France a appelé au "désarmement immédiat" des milices en Haïti. "La France condamne avec la plus grande vigueur les actes criminels perpétrés hier à Port-au-Prince, par des bandes armées non encore identifiées", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hervé Ladsous.

© 2004 AFP

http://www.haitipressnetwork.com/presse/index.cfm?pressID=652

Le sang a coulé le 7 mars à Port-au-Prince
Source : AFP, 8 mars 2004

Au moins 6 morts et 38 blessés, tel est le bilan de la marche du 7 mars de la plate-forme démocratique attaquée par des individus armés identifiés comme des partisans de Lavalas, « des chimères ». Cette manifestation était organisée pour célébrer le départ de l’ancien chef de l’Etat haïtien. Plusieurs responsables politiques et d’organismes de défense des droits humains ont condamné l’attitude des soldats étrangers qu’ils accusent de ne pas avoir réagi à l’attaque des bandits. Parmi les personnes tuées figurent un journaliste espagnol, le cameraman Ricardo Ortega, qui s’est proposé volontairement, alors qu’il était en vacances, pour couvrir les événements en Haïti, deux agents de la SWAT TEAM ont aussi été blessés.

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Guy Philippe, le commandant du Front pour la libération et la reconstruction nationale, a annoncé dimanche que son groupe pourrait reprendre les armes si la police et les forces internationales ne voulaient pas sécuriser la population. Il s’est déclaré offusqué par l’action des partisans armés du pouvoir lavalas. Il a rappelé qu’aucune victime n’a été enregistrée lors de la marche du 1er mars organisé par le front dans la capitale.

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Le Premier ministre Yvon Neptune a été mis à l’index par des leaders de l’opposition comme étant le responsable des actes de violence commis le 7 mars 2004 au Champ de mars. Il est accusé de continuer à payer des activistes lavalas pour qu’ils s’en prennent aux partisans de l’opposition. Parallèlement le Bureau du Premier ministre a condamné ces actes.

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Le nouveau directeur en chef de la police Léonce Charles a qualifié de massacre l’attaque perpétrée dimanche au Champ de mars par des civils armés proches du pouvoir lavalas contre des manifestants pacifique. Il a également annoncé que l’institution policière allait prendre les mesures nécessaires pour régulariser la situation. D’un autre côté, le commandant en second des troupes françaises déployées en Haïti, le colonel Daniel Leplatois, a qualifié de dérapage pouvant arriver dans toute manifestation, l’action de membres d’OP pro-lavalas qui a fait au moins 6 morts et 38 blessés. Il a aussi soutenu que les forces internationales n’avaient aucune responsabilité pour sécuriser les manifestations.

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Maître Boniface Alexandre est investi président intérimaire, lundi 8 mars 2004 au Palais national, en présence de plusieurs grandes personnalités. Dans son discours, le chef d’Etat provisoire a condamné les violences survenues le 7 mars passé au Champ de mars qui ont fait 5 morts et plus d’une trentaine de blessés. Le président a également présenté les quatre priorités de son mandat à savoir la réconciliation nationale, le rétablissement d’un climat sécuritaire dans le pays, la lutte contre la faim et pour la santé, et la réalisation d’élections crédibles et démocratiques.

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Plusieurs centaines de partisans de l’ancien président Jean Bertrand Aristide ont manifesté lundi dans des rues de la capitale au moment de l’investiture du président par intérim Boniface Alexandre. La manifestation des partisans d’Aristide s’est achevée sans incident.

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Le nom du nouveau Premier ministre devrait être connu au plus tard mardi 9 mars 2004, a annoncé un membre du Conseil des sages qui travaille sur ce dossier. Parmi les quatre candidatures retenues, deux concurrents sont plus en vue, l’ancien général retraité Hérard Abraham et l’ancien Premier ministre du gouvernement de Préval, Smarck Michel.

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Parmi les ministres du pouvoir lavalas, seul le titulaire du ministère de l’Education nationale, Camille Gouin, s’est présenté à son bureau le 8 mars 2004. D’un autre côté, l’incertitude continue de planer sur la réouverture de l’école. Les établissements congréganistes, qui avaient annoncé la reprise des activités scolaires pour ce 8 mars, ont repoussé la date en raison du maintien du climat de violence dans le pays.

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Le « porte-parole des forces armées d’Haïti », Joseph Jean-Baptiste a demandé au commandant des forces étrangères en Haïti de ne pas intervenir dans le Centre, bastion des militaires démobilisés. Ces derniers disent attendre une réponse des autorités en place concernant l’avenir des forces armées d’Haïti dissoutes par l’ancien chef d’Etat Jean Bertrand Aristide à son retour d’exil en 1994. M. Jean-Baptiste a indiqué que les soldats pouvaient maintenir un climat de sécurité dans le Plateau central, en collaboration avec la police.

CJD/JEC

http://www.liberation.fr/page.php?Article=184535#

A Petit-Goâve, les habitants livrés à eux-mêmes
Chimères chassés et administration désertée dans cette ville haïtienne.

Par Jean-Pierre PERRIN
mardi 09 mars 2004

Petit-Goâve envoyé spécial

Aux dires de la population, Wo-Wo, le chef d'un gang de chimères de Petit-Goâve, une ville assez importante située à une heure et demi de Port-au-Prince, violait tout ce qui portait jupon. Attrapé il y a quelques jours, il a été aussitôt lynché par la foule. Puis on a aspergé son cadavre d'essence et on l'a brûlé. Cela s'est passé en plein centre-ville, pas très loin du commissariat. Mais, depuis la chute du Président Jean- Bertrand Aristide, il n'y a plus un seul policier dans la ville. Tous se sont enfuis. Dès leur départ, le commissariat a d'ailleurs été pillé.

Portes fermées. Aujourd'hui, Petit-Goâve, comme nombre de localités haïtiennes, vit sans la moindre force publique. L'hôtel de ville a également fermé ses portes et personne ne sait où se trouve le maire. Pas de services publics non plus. Plus personne n'administre la ville. Heureusement, après plusieurs journées de «déchoucage» (pillage par vengeance), les chimères ont également disparu. Où ? «Ils ont pris le maquis», répond simplement un habitant. Ils se seraient réfugiés dans le port voisin de Miragoane. Impossible d'en savoir plus.

Même si l'endroit semble plutôt calme, tout Petit-Goâve est dans l'expectative. Et la peur ferme les bouches comme du temps du Président déchu. D'autant que l'absence de policiers inquiète. «La situation n'est pas très sûre. On voit encore des hommes en armes circuler dans des voitures», consent simplement à dire la patronne du restaurant, l'Impératrice, l'un des rares établissements ouverts. Devant sa petite librairie, le prêcheur Alphonse, de l'église méthodiste, admet qu'il a eu «des problèmes», mais ne veut pas dire lesquels. «Oui, des biens et des personnes ont été déchouqués», admet-il ensuite. Combien ? «Pour les gens, je ne peux pas dire. Pour les biens, beaucoup. Par exemple, la succursale de la Sogebank.» On n'en saura pas plus.

Lits à baldaquin. Dans les guides, Petit-Goâve est célèbre pour son hôtel, le Relais de l'Empereur, qui était naguère encore en 13e position sur la liste des plus beaux établissements de charme du monde. Ancienne résidence de Faustin Ier, second empereur de l'île (1849-1856), devenu ensuite un entrepôt, il avait été repris par un aventurier français, Olivier Coquelin (disparu en 1991) qui en avait fait un établissement réservé à la jet-set. Dix chambres seulement, mais avec des lits à baldaquin et des immenses baignoires à robinetterie plaquée or installées au beau milieu des pièces. L'hôtel n'a pas vu un chat depuis des mois, mais le personnel est cependant sur place, attendant le très improbable client. Le plus incroyable toutefois, c'est qu'il ait échappé au déchoucage. «Je me suis entendu avec la population qui a empêché qu'il soit pillé», explique son nouveau propriétaire, Zachée Michel, qui s'inquiète lui aussi du «vide politique» dans lequel sombre Haïti. Dans le hall sont affichés des reportages parus dans les années 70 dans Vogue ou Lui. L'île y est présentée comme l'un des derniers paradis du monde, un refuge pour top model, où la misère est totalement exclue du décor. On y voit même une longue interview du «Président à vie, Jean-Claude Duvalier», par Patrick Poivre-d'Arvor.

http://fr.news.yahoo.com/040309/202/3op30.html

mardi 9 mars 2004, 21h51

Haïti en proie à des violences, un Premier ministre choisi mardi

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Haïti était toujours mardi le théâtre de violences, en dépit d'une présence accrue de troupes étrangères, faisant au moins deux morts en moins de 24 heures à Port-au-Prince, alors que le pays devait se doter dans l'après-midi d'un nouveau Premier ministre.

Le général à la retraite Hérard Abraham, 63 ans, et le commerçant Smarck Michel, 67 ans, ancien Premier ministre d'Aristide (1994-1995), sont les deux personnalités les plus souvent citées pour prendre ce poste. Un nouveau gouvernement devrait être formé samedi.

Pour la deuxième fois en deux jours, les Marines ont ouvert le feu contre des Haïtiens. Après avoir tué dimanche un Haïtien qui les menaçait, des militaires américains ont abattu lundi soir un chauffeur de taxi de 31 ans à un barrage près de la zone industrielle jouxtant l'aéroport de Port-au-Prince.

"Il y a eu un Haïtien tué et un blessé" dans cette affaire survenue vers 20h00 locales, selon le Pentagone, qui a parlé d'une voiture arrivée au barrage "à très vive allure".

La voiture, sous l'impact des balles, s'est enflammée et sa carcasse brûlée était encore visible mardi matin, a constaté un journaliste de l'AFP. En signe de protestation, des habitants ont érigé mardi des barricades de pneus enflammés pour bloquer la circulation.

Dans la même zone, cible de multiples pillages depuis plusieurs jours, une personne a été tuée par balle et une autre blessée lors de violences mardi matin, a constaté un journaliste de l'AFP. Des témoins ont dit que les tirs venaient de la police, mais cette information n'a pu être confirmée.

Les Etats-Unis ont déployé 1.600 militaires en Haïti, les Français 600, les Chiliens 328 et les Canadiens une centaine.

Dans un communiqué, l'Union africaine a estimé que le départ du pouvoir du président déchu d'Haïti Jean Bertrand Aristide était "anticonstitutionnel". "La manière anticonstitutionnelle avec laquelle le président Aristide a été retiré du pouvoir constitue un dangereux précédent pour toute personne élue en bonne et due forme", précise le texte.

L'ex-président séjourne en Centrafrique depuis le 1er mars, au lendemain de son départ de Port-au-Prince, sous la pression conjuguée de la rue et de plusieurs pays, France, Etats-Unis et Canada notamment.

"Il n'a pas été forcé à partir, il n'a pas été enlevé", a rétorqué le secrétaire d'Etat américain Colin Powell. "Il était avec ses gens, ses gardes du corps, qui lui ont dit qu'il était temps de partir. Il a acquiescé, écrit sa lettre de démission, et est parti", a-t-il précisé.

Il y a bien eu "démission formelle" d'Aristide et "sa lettre de démission a été actée", a renchéri le ministère français des Affaires étrangères, en réponse à Aristide qui affirme être toujours le "président élu" de Haïti.

Pour le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, il n'y a pas eu de "coup d'Etat" en Haïti.

Un avocat américain d'Aristide, Ira Kurzban, a demandé au ministre américain de la Justice John Ashcroft d'enquêter sur l'"enlèvement" de son client, et réclamé des poursuites judiciaires contre ses auteurs.

Lors d'un discours devant le Parlement canadien, Kofi Annan a plaidé pour "un engagement à long terme" de la communauté internationale en Haïti. Une première équipe de l'ONU est attendue mercredi en Haïti pour préparer la mission des Casques bleus qui succéderont d'ici juin à la coalition militaire ad'hoc déployée aujourd'hui en Haïti.

L'ONU a lancé un appel urgent mardi pour réunir 35 millions de dollars pour ce pays de 8,3 millions d'habitants. "Pour éviter plus de souffrances, les donateurs doivent répondre rapidement", souligne un communiqué. En raison de l'insécurité, les 3/4 du pays restent toutefois inaccessibles aux organisations humanitaires.

"Il n'y a pas de signe de désastre humanitaire. Il y a suffisamment de nourriture dans le pays", a estimé à Washington le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, en se bornant à admettre la possibilité "de problèmes de distribution".

 

http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/ap/20040309/ap_on_re_la_am_ca/haiti_rebels_1

Anti-Aristide Force in No Rush to Disarm

Tue Mar 9, 1:23 PM ET     

By JOSEPH B. FRAZIER, Associated Press Writer

CAP-HAITIEN, Haiti - At the looted and idle docks in this northern port city, men in new camouflage uniforms clutch aging weapons as they lounge in the shade and discuss U.S. requests that they lay down their arms. But not very seriously.

"We will wait for the general to tell us our job is done," said one, referring to Guy Philippe, a former police chief who led the uprising that prompted President Jean-Bertrand Aristide to leave the country Feb. 29.

"We should stay three or four years because the Aristide people are everywhere, they are in the bushes," said another fighter.

Call them what you will, Haiti 's new army, rebels or, as some of them here prefer, "liberators," they are the only peacekeeping game in the region around Cap-Haitien, whose 500,000 people make it the country's second-biggest city.

The former rebels roam the city at night, but many residents welcome the patrols, saying the fighters are keeping houses from being burned and businesses robbed.

Local commanders instituted an overnight curfew beginning Monday evening, and one man was wounded for violating the order. The man, Tony Appollo, said he didn't know about the 6 p.m.- 6 a .m. curfew and was shot in the arm when he entered town.

So far the peace seems to be holding. Unlike Port-au-Prince , the capital, Cap-Haitien hasn't seen any rioting since Aristide's fall. Rebels and residents did torch some homes the day the fighters seized the city Feb. 22, and looters hauled off 800 tons of U.N.-supplied food from the port, but Philippe's force stopped the looting within two days.

At the emergency room of Cap-Haitien's public hospital, nurse Marianne Nonez said the numbers of shootings and stabbings were about the same as before the uprising broke out a month ago.

She said she didn't know if political reprisals were to blame for any of the cases. "They just drop them off here," she said.

The talk of Cap-Haitien now is whether any of the foreign troops in Port-au-Prince will be sent to this area, which while just 90 miles away is a seven-hour drive over potholed roads.

Maurice Daniel, who heads Philippe's force in Cap-Haitien, told The Associated Press he had been in touch with American officials, who have at least 1,600 Marines in the capital, along with 800 French and 300 Chilean soldiers.

"We will welcome (the foreign troops) with open arms if they can secure the security here," Daniel said.

Why hasn't his force disarmed?

"Oh my God, our job has just begun," Daniel said, referring to the attempt to disarm the former president's followers.

Pro-Aristide leaders apparently have fled, but the former president still has many supporters, particularly in the slums of Fort Saint Michel and Chat d'Or. It's unclear how strong pro-Aristide sentiment is in the city, which like many others voted overwhelmingly for Aristide in 2000 but grew disillusioned over his failure to help the poor and alleged violent tactics to quiet dissent.

People in the slums said patrols by the former rebels have dwindled to one a day or less. No one would admit knowing anyone with a gun.

Sitting near graffiti reading "Aristide, King of Haiti," a commander in the Philippe force, Pierre Devens, said about a dozen armed Aristide supporters had been arrested. He said they were held only a day or two because there are no jails or judges now.

Philippe said a week ago that he had left a couple of hundred fighters in Cap-Haitien, but their numbers appear to have dwindled.

Last week a U.S. military helicopter flew reconnaissance missions over the city and apparently dropped off an American assessment team. Airport workers said the team stayed in a cement building at the end of the runway but hadn't been seen for several days.

A businessman, who agreed to talk with a reporter only on condition of anonymity, said the Americans had asked if there was a mayor (he fled last week) and how U.S. troops would be received.

For now, the Philippe force appears determined to do things its way.

"You have American forces in Port-au-Prince , but do they know what is happening here?" said one fighter at the docks. "Do they know who is who? So who is better here, them or us?"

http://fr.news.yahoo.com/040310/85/3orlz.html

mercredi 10 mars 2004, 21h54

La tension persiste à Haïti

Par Ibon Villelabeitia et Michael Christie

 

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des Marines américains ont abattu mercredi deux hommes armés en Haïti, où une force internationale tente de contenir l'anarchie et les pillages qui persistent malgré le départ en exil du président Jean-Bertrand Aristide.

L'accrochage a eu lieu mardi soir près de la résidence du Premier ministre, quelques heures après qu'un conseil de "sages" eut nommé Gérard Latortue chef du gouvernement, poste où il remplace Yvon Neptune, allié d'Aristide, a annoncé un porte-parole militaire.

"Ils ont essuyé des tirs de nombreux hommes armés. Les Marines ont riposté, sécurisé le bâtiment d'où leur semblaient venir les coups de feu et signalé à leur commandement la mort de deux tireurs", a dit le porte-parole des Marines.

Les soldats américains ont de nouveau été pris pour cibles en revenant sur place avec des policiers haïtiens pour enlever les corps. Ils ont trouvé du sang, des douilles de cartouches et des impacts de balles mais aucun cadavre, selon le porte-parole.

La force internationale comprend 2.300 soldats et gendarmes envoyés par les Etats-Unis, la France, le Canada et le Chili. Elle a intensifié ses efforts pour rétablir l'ordre en lançant, avec la police haïtienne et le concours de la radio locale, une campagne pour le désarmement des factions rivales.

Latortue, adversaire d'Aristide installé en Floride comme consultant d'affaires, devait regagner Haïti mercredi pour y mettre en place un cabinet dans les prochains jours. Des membres du gouvernement sortant lui ont recommandé de ne pas en exclure les représentants du parti d'Aristide, la Famille Lavalas.

Dans certains bidonvilles de Port-au-Prince, des fidèles de l'ancien prêtre-président réclamaient le retour de celui qu'ils considèrent toujours comme un libérateur des pauvres, Aristide ayant d'abord mis fin à des décennies de dictatures et d'oppression par une minorité de possédants.

"Notre sang est le sang d'Aristide", scandait un groupe.

"VIEUX SYSTEME, CA NE MARCHE PAS"

"Aristide est le seul qui s'est occupé de nous. C'est notre président depuis cinq ans et nous continuerons à manifester pacifiquement, sans armes", indiquait un habitant, Jackson François.

Informé de la nomination de Latortue, qui représente la classe politique traditionnelle, les habitants d'un autre bidonville se montraient rétifs. "Il faut se débarrasser de ces vieux types. Amenez quelqu'un de nouveau. Vieux système, vieilles traditions, ça ne marche pas", estimait l'un d'eux, Clifford Pierre.

"S'ils ne ramènent pas Aristide, je vais tuer les Américains", lançait dans le faubourg de Belair un jeune en colère disant se nommer Samson et avoir eu un frère tué par les forces américaines lors de leur intervention en 1994.

"Si les Américains restent dans le pays, nous allons faire la guerre civile", renchérissait Jur Teuba.

Au milieu d'une rue gisait le corps d'un homme, la tête criblée de balles ou en partie tranchée par une machette. Sa présence ralentissait le trafic sans l'arrêter. Plus de 200 personnes ont été tuées depuis le 5 février, date du début de l'insurrection armée qui a fini par entraîner l'éviction d'Aristide le 29 février.

Aristide se trouve à Bangui (République centrafricaine), d'où il a appelé ses partisans à résister pacifiquement à ce qu'il présente comme une "occupation" américaine.

Une délégation de l'Afrique du Sud, pays qui s'est dit prêt à étudier une demande d'asile d'Aristide, a rencontré mercredi le président haïtien déchu à Bangui.

Au ministère centrafricain des Affaires étrangères, on a précisé que cette initiative s'inscrivait "dans le cadre d'une mission d'information sur les circonstances qui ont conduit celui-ci à quitter ses fonctions". La mission est menée en coordination avec l'Union africaine et la Communauté des Caraïbes (Caricom).

Lundi, l'Union africaine avait réclamé une enquête sous l'égide des Nations unies pour faire la lumière sur les conditions de son départ, que l'UA juge "inconstitutionnelles". La Caricom est elle aussi favorable à une enquête de l'Onu.

 

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Haïti : un nouveau Premier ministre désigné
Source : HPN, 10 mars 2004

Gérald Latortue a été désigné, mardi 9 mars, par le Conseil des sages comme nouveau Premier ministre en remplacement de Yvon Neptune actuel ministre lavalas. Il a été choisi au détriment des deux favoris, le général retraité Hérard Abraham et l’ancien Premier ministre lavalas Smarck Michel.

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Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a apporté un démenti aux propos du président haïtien déchu Jean Bertrand Arsitide soutenant qu’il aurait été victime d’un coup d’Etat. M. Annan soutient que M. Aristide avait bel et bien démissionné. Si ça n’avait pas été le cas, l’Organisation des nations unies n’aurait pas envoyé ses troupes en Haïti, a-t-il dit.

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A Petit-Goâve, des activistes lavalas lourdement armés maintiennent un climat de terreur. Les habitants adressent un appel à l’aide aux autorités policières de la capitale.

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Le Premier ministre lavalas, Yvon Neptune, n’entend pas quitter le pays en dépit des menaces et des accusations dont il fait l’objet. Le chef du gouvernement partant a aussi souligné qu’il est resté à son poste pour éviter un désordre constitutionnel, le Président de la République ayant démissionné.

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Buteur Métayer, l’un des porte-parole du Front de résistance des Gonaïves, demande au président provisoire Boniface Alexandre de se rendre à la Cité de l’indépendance pour rencontrer le front de résistance. M. Métayer a réclamé la participation de son groupe au pouvoir. Le front a joué un grand rôle dans la lutte pour le départ de Jean Bertrand Aristide.

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Une commission de trois membres a été constituée en début de semaine pour administrer la ville de Hinche. Ce comité a rencontré les responsables de la police et des militaires démobilisés présents dans la ville. Le « porte-parole des forces armées d’Haïti » avait demandé à tous les soldats et officiers de l’armée de le rejoindre dans le Plateau central dans l’attente de la décision des politiques en ce qui les concerne.

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Un chauffeur de taxi a été tué et une autre personne blessée par des marines qui avaient ouvert le feu sur un véhicule qui aurait refusé de s’arrêter à un barrage. Ce mardi, des barricades de pneus enflammés ont été entreposées sur la route de l’aéroport international à hauteur du Parc industriel pour protester contre la présence des militaires étrangers dans le pays.

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Une patrouille étrangère a essuyé des tirs dans le quartier populaire de Bel-Air, lundi 8 mars. Les militaires américains n’ont pas riposté. Mardi, une patrouille française a sillonné la zone. Aucun incident n’a été enregistré.

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Le bureau des Nations unies chiffre à 35 millions de dollars U.S l’aide alimentaire à Haïti. Il en appelle aux bailleurs de fonds internationaux à intervenir d’urgence. Explication : ce pays qui gémit sous le poids d’une crise qui dure depuis plus de trois ans 3 ans frôle une catastrophe humanitaire.

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Un vent de panique a soufflé mardi 9 mars dans plusieurs quartier de la capitale face à une rumeur d’une attaque imminente des partisans armés lavalas contre des entreprises privées à Pétion-Ville. D’un autre côté, des riverains ont dénoncé la présence d’individus armés qui opèrent en toute quiétude dans la région métropolitaine volant et violant citoyens et citoyennes.

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Dans un communiqué présidentiel daté du mardi 9 mars, le président intérimaire Boniface Alexandre a demandé aux diplomates haïtiens de l’étranger de ne plus parler au nom d’Haïti et de rentrer au pays pour recevoir de nouvelles instructions de la part de l’Exécutif.

CJD/JEC

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Le nouveau Premier ministre rentre au pays
Source : HPN, 10 mars 2004

Gérard Latortue, qui se trouvait aux États Unis à l’annonce de son choix comme Premier ministre, est rentré au pays mercredi pour y prendre ses nouvelles fonctions. M. Latortue, désigné mardi par le Conseil des Sages, s’est présenté comme un rassembleur pouvant instaurer un gouvernement d’union nationale. Il a ajouté qu’il entendait s’entourer de personnes compétentes et intègres, avant d’annoncer un plan de recapitalisation du secteur privé haïtien durement touché par les scènes de pillage orchestrées par des partisans de l’ancien président Jean Bertrand Aristide. Une telle mesure est indispensable pour le développement économique, a-t-il dit.

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L’un des porte-parole de la plate-forme démocratique, Micha Gaillard, a qualifié de positif le choix de Gérard Latortue comme nouveau Premier ministre. M. Latortue est bien placé pour former un gouvernement d’union nationale, a-t-il laissé.

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La question de la rentrée universitaire fait l’objet de nombreuses réflexions. Le climat d’insécurité qui règne dans le pays constitue l’obstacle majeur à la reprise des activités académiques. Le président intérimaire, ancien professeur de droit civil à la faculté de Droit, s’est dit concerné par la situation des étudiants et a émis le souhait que le conseil de l’Université se penche sur l’élaboration d’un calendrier pour la relance des activités universitaires.

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Sur demande du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, Régis Debray va effectuer une nouvelle visite en Haïti toujours dans le cadre de la coopération française. Le quai d’Orsay a souligné que la France entendait soutenir le nouveau gouvernement haïtien dans le développement du pays.

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Des soldats américains ont échangé des tirs avec des individus armés non identifiés dans la nuit du 9 mars passé. Selon un porte-parole des troupes américaines en Haïti, deux pertes auraient été enregistrées dans le camp des civils armés qui auraient emmené les corps. Aucune victime n’est à déplorer parmi les marines.

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La police nationale va bénéficier de l’aide de la force multinationale pour procéder au désarmement des civils armés. Le responsable des troupes étrangères en Haïti a également indiqué que les détenteurs d’armes légales pouvaient les garder chez eux. Toutefois, à partir du mercredi 10 mars aucun civil armé ne sera toléré dans les rues.

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Le directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), Georges Tenneth, soutient que des affrontements et des meurtres pouvaient se produire encore en Haïti entre bandes rivales. Le rétablissement d’un climat sécuritaire dans le pays passe par le désarmement des groupes et la professionnalisation d’une force nationale, a-t-il dit.

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Des partisans de l’opposition continuent de célébrer le départ de l’ancien président Jean Bertrand Arsitide. Mercredi 10 mars, ils étaient plusieurs milliers à gagner les rues dans la ville côtière de Saint-Marc. Les manifestants ont chanté les funérailles symboliques de l’ancien député lavalas Amanus Mayette et l’ancien directeur local de l’APN, les deux chefs de file de l’organisation populaire pro-lavalas Bale Wouze. Les manifestants ont aussi souhaité l’arrestation de l’ancien Premier ministre Yvon Neptune, accusé de complicité dans le « massacre » commis mi-février dans la ville.

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Les responsables du ministère de l’Education nationale ont annoncé la reprise des activités scolaires et universitaires pour le lundi 15 mars 2004, avec la garantie, en ce qui concerne la sécurité, du directeur général par intérim de la police Léonce Charles. Les écoles n’ont pas ouvert leurs portes depuis le 20 février. Les parents continuent d’évoquer la dégradation des conditions de sécurité comme le principal obstacle à la réouverture, et disent craindre pour la vie de leurs enfants.

CJD/JEC

http://fr.news.yahoo.com/040311/202/3otwf.html

jeudi 11 mars 2004, 18h56

Haïti: dispersion d'une manifestation pro-Aristide, entretiens politiques

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Plus d'un millier de partisans de Jean Bertrand Aristide qui manifestaient jeudi à Port-au-Prince pour réclamer le retour du président déchu ont été dispersés par la police à l'aide de gaz lacrymogènes.

Un coup de feu a été entendu mais aucune victime n'a été immédiatement constatée.

Les manifestants avaient quitté dans la matinée les bidonvilles entourant la capitale pour rejoindre le Palais national, le siège de la présidence.

"Aristide doit revenir", scandaient les manifestants, ou encore "Arrêtez Jim Foley pour enlèvement", en référence à l'ambassadeur américain qu'ils accusent d'avoir organisé le départ précipité de l'ex-président le 29 février, ou enfin "Bush terroriste".

Les manifestants portaient des T-shirts et des parapluies arborant des photos de M. Aristide.

"Aristide est notre père, notre rêve. Nous n'avons pas besoin de l'armée française ou américaine. Il est le chef du peuple pauvre", a déclaré l'un des manifestants Pierre Jean-Louis, 52 ans.

Une force internationale composée notamment de militaires américains et français a été déployée en Haïti pour restaurer l'ordre après un mois d'insurrection qui a précédé le départ de Jean Bertrand Aristide vers la Centrafrique.

Dans le même temps, un entretien d'une heure s'est déroulé jeudi matin entre le président intérimaire haïtien Boniface Alexandre et le nouveau Premier ministre Gérard Latortue au Palais national, au cours duquel les deux hommes ont déclaré être "sur la même longueur d'ondes".

M. Latortue, chargé par un conseil des sages de former d'ici à la fin de la semaine un gouvernement d'union nationale après le départ controversé de M. Aristide, était arrivé en Haïti mercredi de Floride (sud-est des Etats-Unis).

"Nous sommes sur la même ligne", a déclaré à l'issue de l'entretien le président intérimaire Alexandre.

"Nous sommes exactement sur la même longueur d'ondes, nous allons travailler ensemble pour réconcilier le pays avec lui-même", a déclaré de son côté M. Latortue.

La composition du nouveau gouvernement haïtien doit être rendue publique samedi.

De son côté, le président centrafricain François Bozizé a déclaré jeudi à la radio nationale que M. Aristide resterait en Centrafrique "pour quelque temps".

"Nous sommes une terre d'hospitalité, c'est pourquoi Jean Bertrand Aristide est chez nous, et il y est pour quelque temps", a déclaré M. Bozizé qui s'exprimait pour la première fois sur la présence de M. Aristide dans son pays.

"A la longue, les négociations qui ont commencé avec la présence du président de la Commission de l'Union africaine (UA), et de la délégation sud-africaine, aboutiront", a encore affirmé M. Bozizé, en désignant implicitement l'Afrique du Sud comme futur pays d'accueil de M. Aristide.

Le président haïtien déchu, qui a quitté le pouvoir sous la pression conjuguée de l'insurrection et de la communauté internationale, n'a cessé depuis de rappeler qu'il est le "président démocratiquement élu (d'Haïti)" et d'affirmer avoir été victime "d'un enlèvement politique" de la part des Etats-Unis et de la France.

Pretoria, pressentie pour accueillir l'exil de M. Aristide depuis son départ du pouvoir, avait demandé le 4 mars "une enquête, sous les auspices de l'Onu", afin de clarifier les circonstances du départ de M. Aristide de Port-au-Prince.

 

http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/afp/20040311/ts_afp/haiti_040311193638

Haitian capital rocked by new unrest as police break up pro-Aristide demo

Thu Mar 11, 2:36 PM ET

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Haitian police fired tear gas to disperse followers of former president Jean Bertrand Aristide outside the presidential palace, sparking riots in the capital.

Loyalists of Aristide, who resigned and fled to Africa on February 29, got as far as the gates of the presidential palace when police stepped in.

Volleys of automatic gunfire were then heard and crowds then rampaged, vandalising cars and setting up barricades with the wrecks and burning tires in the Bel Air slum district.

One woman was taken to hospital with a bullet wound to the right arm.

"I was shot by the police," Nadia Joseph, 19, told AFP as a motorist took her to hospital with a bullet lodged in her arm.

"I was in the demonstration when I was shot," Joseph said.

Before police move in, demonstrators had marched through the Bel Air slum district toward the palace shouting "Aristide must return" and chanting for the arrest of US ambassador) James Foley.

The United States leads an international security force seeking to restore order in Haiti . But Aristide and his supporters have accused the United States and France of forcing him to leave.

US and French troops have struggled to restore order. On Sunday six people were killed during an opposition protest outside the palace. Demonstrators blamed at least four of the deaths on Aristide's militant supporters. US troops have killed at least two people since Sunday.

The renewed chaos came as new Prime Minister Gerard Latortue stepped up efforts form the first post-Aristide government.

"The security problem is out of hand. Disarmament is imperative," Latortue said on his return from Miami on Wednesday.

The new premier, who was briefly Haiti 's foreign minister in 1988 and was for years the highest-ranking Haitian official at the United Nations, referred to himself as a "man of compromise and unification."

Latortue is working to forming a new government with a council of seven eminent Haitians who named him on Tuesday.

"It is my wish that the foreign troops remain in the country as short a time as possible," said Latortue. "But, unfortunately, our police lack training and I am counting on the collaboration of the foreigners to depoliticize them and make them more professional."

There are currently around 2,600 US, French, Chilean and Canadian troops deployed in Haiti as a vanguard of the UN peacekeeping force due to be sent in June.

Troops patrolling the capital have started looking for illegal weapons, hoping that getting guns off the streets will help reduce the violence in the impoverished Caribbean country.

Washington bluntly blamed Aristide for the violence that has rocked Haiti .

Aristide for his part has insisted, from his exile in the Central African Republic, that he remains the constitutional president of Haiti and his lawyers said they would file charges against the US and French ambassadors in Port-au-Prince for kidnapping him. Both countries rejected the claims.

US lawmakers Wednesday questioned US policy toward Haiti , asking why the United States did not intervene sooner, despite Secretary of State Colin Powell's assertion in mid-February that he would not allow rebels to oust Aristide.

"We were not willing to risk American lives to keep him in power," Roger Noriega, assistant secretary of state for western hemisphere affairs, told a Senate Foreign Relations subcommittee hearing.

http://fr.news.yahoo.com/040312/5/3ouo2.html

vendredi 12 mars 2004, 2h19

Deux morts dans une manifestation à Haïti; Jean-Bertrand Aristide en Jamaïque la semaine prochaine

PORT-AU-PRINCE (AP) - Deux hommes ont été tués et sept autres blessés jeudi à Port-au-Prince lors d'une fusillade entre la police haïtienne et des manifestants exigeant le retour du président déchu Jean-Bertrand Aristide, qui doit effectuer prochainement une visite en Jamaïque.

L'ancien président d'Haïti se rendra en compagnie de son épouse en Jamaïque la semaine prochaine pour y retrouver ses deux filles, actuellement aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Premier ministre jamaïcain P.J Patterson.

Il ne devrait y rester que huit à dix semaines. Selon le Premier ministre jamaïcain, Jean-Bertrand Aristide ne souhaite pas obtenir l'asile politique sur cette île des Caraïbes et prévoit d'élire "résidence de manière permanente en dehors de la région".

Selon un responsable jamaïcain ayant requis l'anonymat, l'ancien prêtre des bidonvilles demandera probablement l'asile politique en Afrique du Sud après les élections organisées prochainement dans ce pays.

A Port-au-Prince jeudi, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans le quartier de Bel-Air, dans le centre-ville, criant "Aristide doit revenir! Nous ne voulons pas de Bush comme président!".

Des coups de feu ont été tirés, des manifestants ont sorti des armes, la police a usé de gaz lacrymogènes et une fusillade a suivi, selon des témoins. Deux jeunes hommes ont été tués et sept autres blessés, selon des responsables hospitaliers.

Les Marines américains ont déclaré qu'ils patrouillaient à proximité des lieux mais qu'ils n'avaient pas pris part à la fusillade. AP

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Objectifs communs pour le Premier ministre et le président provisoire
Source : HPN, 12 mars 2004

Le nouveau Premier ministre a effectué jeudi sa première rencontre avec le président intérimaire Boniface Alexandre. A l’issue de cette première réunion, les deux responsables ont déclaré qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes. Ils entendent travailler d’un commun accord pour mettre sur pied le prochain gouvernement.

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Le nouveau cabinet ministériel devrait se constituer le samedi 13 mars au plus tard, a laissé entendre l’un des membres du Conseil des sages qui a également indiqué que les critères de choix des responsables de ministère découlent des exigences conjoncturelles.

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Une manifestation pro-Aristide, ancien chef d’Etat haïtien déchu, a été dispersée à coups de gaz lacrymogène par des agents de la police au niveau du Palais national, jeudi 11 mars. Ces partisans de l’ancien président exilé réclament son retour au pouvoir.

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Quatre personnes ont été blessées par des soldats américains qui ont tiré sur une résidence privée à Delmas 65 dans la nuit du 9 au 10 mars passé. La maison a ensuite été fouillée de fond en comble. Aucune trace d’armes n’a toutefois été remarquées. Les victimes ont été conduites à l’hôpital. L’une d’entre elles a témoigné avoir reçu 4 balles aux fesses. Pour leur part, les marines ont déclaré qu’ils ont riposté à des tirs qui provenaient de cette maison.

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Selon Peter Deschazo, sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Amérique Latine, l’ancien président Jean Bertrand Arsitide est le responsable du chaos qui règne dans le pays pour avoir distribué des armes à des civils peu avant son départ pour l’exil.

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Le Front de résistance des Gonaïves dit approuver le choix de Gérard Latortue comme nouveau Premier ministre. Ce groupe qui avait recouru aux armes pour combattre le régime du président Aristide demande à la communauté internationale de collaborer avec le prochain gouvernement qui a la rude tâche de mettre le pays sur la voie du développement.

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L’eau potable pose problème dans la région métropolitaine. Plusieurs quartiers de la capitale en sont privés depuis tantôt deux semaines. Un sceau de cinq gallons se vend jusqu’à 15 gourdes.

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Un plan aurait été ourdi par des lavalassiens qui visent à assassiner le nouveau Premier ministre, Gérard Latortue, désigné mardi dernier par le Conseil des sages. C’est ce qu’a dénoncé le docteur Harrison Ernest, chef de file de la lutte des médecins haïtiens. Il a conseillé au nouveau chef du gouvernement de faire très attention.

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Des civils armés « dit chimères » continuent de multiplier les scènes de pillage de magasins dans la capitale. Un commerçant a été contraint de verser 15'000 dollars aux bandits pour sauver quelques caisses de marchandises. La plupart des entreprises pillées ont été incendiées par la suite. CJD/JEC

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Arrestation du bras droit de l’ancien président Aristide
Source : HPN, 12 mars 2004

L’ancien chef de la sécurité du président Aristide, déchu, Oriel Jean, a été arrêté dans la soirée du jeudi 11 mars à Toronto. Il est soupçonné d’implication dans le trafic illicite de stupéfiants. Il a été apprehendé en possession de U$ 17 000 et des ordres de paiement pour environ U$ 300 000, selon Radio Canada, citant la police.

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Le sénateur Dany Toussaint soutient que l’ancien président Jean Bertrand Aristide est responsable du climat de violence qui règne dans le pays. Depuis la République centrafricaine, M. Aristide maintien un contact téléphonique privilégié avec ses partisans en Haïti, a-t-il affirmé. Le parlementaire a également fait des révélations concernant les « chimères », civils armés pro-lavalas, qui sèment la panique dans le pays. Il a précisé que 126 groupes de fidèles au président déchu, avec parmi eux 500 soldats bien entraînés et lourdement armés, fonctionnaient à Port-au-Prince.

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Le Premier ministre Gérard Latortue a qualifié d’inamicale la décisison de Percival James Patterson, Premier ministre jamaïcain, d’inviter le président haïtien déchu, Jean Bertrand Aristide, à la Jamaïque. M. Patterson a évoqué des raisons humanitaires pour expliquer cette invitation susceptible, depuis Haïti, d’encourager les « chimères », partisans armés de l’ancien régime, à perpétrer davantage d’actes de violences contre la population haïtienne.

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Des civils armés ont attaqué le local de la maison Toyota à Delmas 2 dans la soirée du 11 mars écoulé. Ils se sont heurtés à une riposte des agents de la police. Des riverains ont déclaré avoir entendu des détonations « inhabituelles », le quartier étant souvent le théâtre d’affrontements armés. Le local voisin du service de la circulation avait essuyé des tirs la veille, a confirmé le directeur central de la police administrative intervenant sur une station de radio de la capitale. Par ailleurs, ce dernier a tenu à assurer la population quant à un rétablissement du climat sécuritaire dans le pays.

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Vendredi 12 mars, des civils armés ont pillé un magasin de tissu et un dépôt de boissons gazeuses dans la capitale. Un vent de panique avait soufflé au centre-ville la veille lorsque des partisans du président déchu ont orchestré des scènes de violence. Au moins deux personnes ont été tuées. Un témoin a rapporté que les « chimères » ont décapité un chauffeur de taxi et brisé plusieurs vitres de véhicules. Les bandits continuent de piller les entreprises privées de la capitale.

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Dans une lettre ouverte adressée au nouveau directeur de la police nationale, la Coalition nationale pour la défense des Haïtiens (NCHR) a fait plusieurs recommandations au garant de la sécurité publique pour un bon fonctionnement de l’institution policière. La NCHR a souhaité la disparition des cellules de tortures dans certains commissariats, l’exécution des mandats émis contre les policiers impliqués dans des actes criminels, l’arrestation des bandits évadés de prison, l’ouverture de centres de formation pour recruter de nouveaux agents, autant de suggestions faites à Léon Charles pour remettre la population en confiance.

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Une rencontre a eu lieu vendredi entre le nouveau Premier ministre et des délégations de la plate-forme démocratique et de Lafanmi Lavalas dans un hôtel huppé de la capitale. A l’ordre du jour, la question de la sécurité et l’éventuelle visite de l’ancien président Jean Bertrand Aristide à la Jamaïque. CJD /JEC

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Le nouveau gouvernement se fait attendre
Source : HPN, 15 mars 2004

Le nouveau Cabinet ministériel n’a été constitué ni le week-end écoulé ni ce lundi à la mi-journée, comme l’a prévu le Conseil des sages. Le Premier ministre a promis la publication de son gouvernement au plus tard le mardi 16 mars dans la soirée. Entre temps, les fonds publics sont gelés et l’administration publique est en dysfonctionnement. La population se retrouve privée des services de base : l’électricité, l’eau potable, les soins de santé, entre autres.

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Un soldat américain a été blessé dans un échange de tirs entre marines et civils armés dans le quartier populaire de Bel-Air, dimanche soir. Le soldat, dont l’identité n’a pas été révélée, a été rapatrié à Miami. Son état de santé serait stable, à en croire les responsables militaires américains.

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Le brigadier Ronald S. Coleman a été installé comme commandant en chef de la force multinationale en Haïti, lundi 15 mars. Il a fait l’objet d’un accueil chaleureux de la part des responsables du gouvernement. Le général Coleman soutient que cette force est là pour aider à l’établissement d’un climat de paix dans le pays. Il ne s’agit pas d’une force d’occupation, a-t-il précisé.

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Le chef des États majors de l’armée américaine, le général Richard Myers, a visité la force multinationale en Haïti le samedi 13 mars dernier. Le général Myers a indiqué que les forces étrangères étaient dans le pays pour combattre la violence et aboutir au désarmement des bandes illégales.

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Le Premier ministre Gérard Latortue a ordonné un gel des relations entre Haïti et la Jamaïque. Cette décision est intervenue en raison de l’invitation faite à l’ancien Président haïtien par le Premier ministre jamaïcain, Percival James Patterson. L’ancien chef de l’État a été autorisé à passer environ 10 semaines dans ce pays des Caraïbes. Cette décision du gouvernement jamaïcain a été mal accueillie par plusieurs secteurs de la vie nationale qui craignent une augmentation de la violence en Haïti à cause de la présence de Jean Bertrand Aristide dans la région.

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La sélection haïtienne de Foot-Ball a fait match nul (1-1 ) samedi soir contre la sélection américaine à l’Orange Bowl de Miami. Les joueurs haïtiens ont dominé d’un bout à l’autre la sélection adverse qui a pu arracher le nul à la dernière minute du temps additionnel de la rencontre. La sélection nationale aura à affronter l’équipe jamaïcaine dans le cadre de la deuxième phase des éliminatoires de la coupe du monde 2006 qui doit se dérouler en Allemagne.

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Plusieurs anciens membres du régime lavalas ont obtenu leur arrestation au cours du week-end écoulé. Par lesquels Jacques Anthony Nazaire, identifié comme un homme de main de l’ex- président, Paul Keller, ancien responsable du SMCRS, Harold Sévère, Rosny D. Pétion, alias Douze, bras droit de l’ancien chef de la police nationale Jean Claude Jean Baptiste, cité comme le responsable d’une cellule de zéro-tolérance.

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Des civils armés, identifiés comme des partisans de l’opposition, ont tiré sur la résidence de Elysée Sincère, correspondant de Vision 2000 à Petit-Goâve. Les bandits ont incendié le véhicule du journaliste et tué son chien. Les agresseurs ont reproché à M. Sincère d’avoir rapporté l’absence d’autorités policières dans la ville abandonnée aux mains de civils armés.

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Des partisans de l’opposition ont gagné les rues, dimanche 14 mars, pour réclamer l’arrestation des anciens responsables lavalas, notamment l’ex-président Aristide et son Premier ministre Yvon Neptune. Aucun incident n’a été enregistré. CJD/JEC